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samedi 12 octobre 2024

Électrons décarbonés – Chronique du 13 octobre

Bonjour-bonjour

 

La Présidente de l'Union française de l'électricité, Christine Goubet-Milhaud, a pris la parole pour nous expliquer les tarifs de l’électricité : « Tout d'abord, je voudrais revenir sur la facture d'électricité, car ce n'est pas si simple que ça de savoir qu'elle comporte trois briques, trois composantes. Une partie production, fourniture des électrons, une deuxième partie sur l'acheminement, les réseaux de distribution jusqu'à la maison ou jusque dans l'entreprise. Et la troisième partie qui est composée par des taxes. C'est de cela dont on va parler. »

 

Suit alors un exposé assez détaillé et technique montrant quelle est la politique d’importation/exportation du courant et ayant un impact sur la part d’électricité décarbonée utilisée dans le pays. Car, voilà ce qu’on apprend : la France peut dans le même temps importer du courant électrique et en exporter ce qui signifie qu’on n’en est pas à parer à une pénurie, mais plutôt à jouer sur les prix de l’énergie selon qu’elle est carbonée ou décarbonée.

 

Moi, bien sûr je ne regarde pas quelle est la mine des électrons qui sortent de mon compteur – je me contente de les consommer. Mais en réalité c’est là l’essentiel : face à une logique comptable, il y a une logique de décarbonation qu’il faut promouvoir. Or, le 1er ministre l’a dit fortement lors de son discours de politique générale : nous avons deux dettes, une dette financière et une dette environnementale. C’est en facilitant la production de l’énergie électrique décarbonée que l’on pourra répondre à ce projet – or il ne semble pas qu’on s’en approche si l’on s’en tient aux propos rapportés dans cet article.

 

Tout cela n’a pas encore été mis en débat à l’Assemblée, il faut donc être prudent avec les conclusions qu’il faut en tirer. Reste que le citoyen doit être informé pour participer à la vie politique de son pays. Pour cela il faut donc lui faire comprendre que le montant en euro des économies qu’il peut réaliser en choisissant son opérateur électricité n’est qu’un aspect des choses.

lundi 25 septembre 2023

Le réchauffement ? Je suis contre ! – Chronique du 26 septembre

Bonjour-bonjour

 

Le projet gouvernemental pour la planification écologique en France se heurte à un obstacle : elle doit être acceptée par le peuple. Finies ces taxes qui tombent du ciel pour pénaliser l’essence ; finies ces obligations de changer de système de chauffage avec demain pour date butoir ; finies ces contraintes sur les vieux véhicules : on ne veut plus risquer ces lamentations populaires, ou ces rassemblements hostiles qui finissent par dégénérer en manifestations.

Et ne croyez pas que ce soit là une spécificité française : l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, le Danemark et la Suède ont reporté des décisions autoritaires de cet acabit à plus tard – beaucoup plus tard. 

 

- Tout se passe comme si le réchauffement climatique obéissait aux décision d’un référendum : « Êtes-vous pour ou contre les mesures de décarbonation ? »

Comme si le réchauffement produit par le CO2 était sensible aux décisions prises dans les urnes. Comme si, alors qu’on se contente de faire rouler un peu plus longtemps sa vieille bagnole prolétarienne, ses gaz délétères n’agissaient miraculeusement plus sur le climat. 

- Lorsqu’en 1940 Churchill annonçait à ses concitoyen « Je n'ai à offrir que Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur » (lire ici), il ne faisait que dévoiler la réalité : rien ne pourrait être fait pour empêcher le sang et les larmes de couler ; ne restait que le choix de pleurer en se battant ou en subissant passivement. Nos concitoyens d’aujourd’hui choisissent de subir, car là est le sort qui leur parait le plus doux.

Il est vrai que les londoniens devaient faire ce choix alors que la Luftwaffe pilonnait déjà Londres ; quant à nous, nous nous contentons de transpirer et de nous lamenter devant les champs desséchés : ça ne nous suffit pas !

Hypothèse : à l’origine de ce refus (et encore une fois il est généralisé en Europe du moins) il y aurait une double croyance :

            - l’une consiste à croire en la toute-puissance du gouvernement, attisé par le « quoiqu’il en coute » pratiqué durant l’épidémie de covid ;

            - l’autre croyance suppose que le peuple souverain peut décider de tout rien que par l’expression de sa volonté démocratique. Comme si le CO2 émis par les voitures populaires n’était pas stocké dans l’atmosphère.