Affichage des articles dont le libellé est sobriété. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sobriété. Afficher tous les articles

mercredi 3 janvier 2024

Pour en finir avec la société de consommation – Chronique du 4 janvier

Bonjour-bonjour

 

Depuis les années 68, la lutte contre la société de consommation est engagée : il faut croire qu’elle a la vie dure, parce qu’aujourd’hui plus que jamais ce combat doit être réactivé. Nous participerons à cet effort de temps à autre, à commencer par aujourd’hui.

 

1/ Ne plus laver ses vêtements : « L’une des pires choses que l'on puisse faire à un vêtement, en termes de durabilité, c'est de le laver. Il peut se déchirer, rétrécir et perdre sa couleur », explique à la BBC Mark Sumner, maître conférencier spécialisé dans la mode durable.

En 2019, la créatrice de mode Stella McCartney déclarait en interview : « Ma règle de base, c'est que si votre vêtement n'a pas absolument besoin d'être lavé, ne le nettoyez pas. Je ne change pas de soutien-gorge tous les jours et je ne mets pas mes affaires à la machine à laver après les avoir portées une fois seulement. »

Pourquoi lave-t-on ses vêtements ? Parce qu’ils sont sales ? Pas seulement, puisque comme le dit ce texte on les met à la machine alors qu’ils ont été portés moins de 24 heures.

C’est ainsi qu’on lave ses vêtements pour des raisons d’odeurs : ils ont concentré la transpiration. 

- Pour éviter le lavage, plusieurs alternatives existent. Chelsea Harry, une cliente de Wool & Prince explique : « La nuit, j'aère mes vêtements. Pour les hauts, je vaporise un peu de vinaigre ou de vodka au niveau des aisselles. Et le lendemain, je les remets !». Bryan Szabo, organisateur de l'Indigo Invitational, opte lui pour des « bains de soleil » : il profite du beau temps pour exposer ses vêtements aux rayons UV.

Certes, Mark Sumner met en garde : « Il reste tout de même important de laver ses vêtements pour des raisons médicales et d'hygiène. Pour les personnes souffrant d'eczéma par exemple, la multiplication des bactéries naturelles de la peau à l'intérieur des vêtements pourrait entraîner des irritations. » (A consulter ici)

--> Bref, lavez mais seulement en cas de raison médicalement valable.

 

2/ Évitez de vous laver : on peut aussi éviter de se laver, ou du moins se laver avec modération et sans utiliser les produits de l’industrie cosmétique. Consultez ce site pour pratiquer l’hygiène de nos aïeux du 13ème siècle.

 

3/ Ne jetez rien : dans votre cuisine recyclez toutes vos épluchures. En cas de manque d’imagination, consultez le Frigomagic qui vous expliquera et vous donnera des exemples : chips d’épluchures de carottes, cake aux épluchures de légumes, chutney d’épluchures de fruits.

 

À suivre.

samedi 18 novembre 2023

Le Black Friday c’est dans 5 jours !– Chronique du 19 novembre

Bonjour-bonjour

 

Je sais que vous êtes dans les starting-blocks, chers amis : chaussures de sport pour éviter la fatigue des longues marches ; sac à dos pour les achats volumineux ; carte bancaire pleine à ras-bord. Le Black Friday c’est dans 5 jours !

 

Seulement, voilà le ministre de la transition écologique qui vient mettre le holà : « Moi, je vous le dis : je rêve d’un Green Friday où le récit de la sobriété est mis à l’honneur. ». Oui, je sais : ces propos sont ceux d’un rêveur qui croit que son imagination va gouverner la réalité. Christophe Béchu (oui, c’est son nom – comment peut-on s’appeler Béchu ? (1)) part en croisade contre « la culture de la surconsommation »…. (Lire ici)

- Attendez : la surconsommation ? Qu’est que c’est que ça ?

- Hé bien si on écoute le ministre (Christophe Béchu) on entend qu’il prône la réparation du vieux lave-linge ou la mise à jour de l’antique smartphone. Et si on ne peut réparer, louons au lieu d’acheter. Et quand on ne peut pas éviter d’acheter, le ministre nous recommande « d’hésiter avant d’acheter »

- Cet homme est un danger public : ne sait-il donc pas que c’est la consommation qui a fait les 30 glorieuses ? Et qu’on en arrive maintenant à vendre l’eau très cher, au prix des bouteilles qu’on va jeter ensuite pour pouvoir en racheter d’autres - alimentant ainsi un négoce très profitable. Et l’air irrespirable de nos villes, n’allons-nous pas le replacer pendant une semaine aux sports d’hiver – où, si on ne peut plus skier, on peut au moins respirer à pleins poumons ?


- Il y a 55 ans Guy Debord publiait La société du spectacle pour illustrer la façon dont le capitalisme utilisait le fétichisme de la marchandise pour faire commerce de tout.

Il faudrait aujourd’hui lui ajouter un tome 2 reprenant le sujet avec pour horizon la surconsommation, en particulier celle des produits dont la nature nous fournit gratuitement la jouissance.

Monsieur Béchu nous propose de construire non plus une société du spectacle mais de l’entr'acte : suspension de la consommation, digestion de tout ce qui circule déjà, et puis…

Retour à la lampe à huile ?

------------------------------

(1) En 1870 le gouverneur militaire de la place de Paris impuissant à défendre la ville contre les Prussiens s’appelait Trochu. Victor Hugo ironisait : « Trochu : participe passé du verbe trop choir »

Béchu, participe passé du verbe « Bien choir » ?

vendredi 21 juillet 2023

Avec nous le déluge – Chronique du 22 juillet

Bonjour-bonjour

 

S’il y a une chose qu’on ne pourra pas dire à titre d’excuse devant notre mollesse à lutter contre le dérèglement climatique, c’est qu’on ne savait pas. Jour après jour, record de chaleur après record de chaleur, il suffit de lire les études des scientifiques ou les rapports du GIEC pour le vérifier : c’était écrit noir sur blanc… il y a 20 ans. 

 

- Et aujourd’hui ? 

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais ce qui arrivera dans 50 ans me laisse de marbre : comme le disait Louis XV : « Après nous le déluge ». Qu’importe ce que sera le monde après notre mort ? Nous ne serons plus là pour le subir.

Seulement voilà : c’est aujourd’hui et pas demain que la chaleur nous accable et qu’on mendigote un peu d’eau potable. Le problème n’est pas pour nos enfants, mais pour notre génération – Et encore une chance si nous ne sommes touchés que par l’impossibilité d’aller visiter le Parthénon en plein mois de juillet. Car, en Grèce, il n’y pas que des monuments : il y a aussi des grecs qui réalisent qu’un jour très proche ils ne pourront plus vivre sur leurs terres dévorées par les incendies ou délavées par les pluies.

 

Vite ! Rectifions nos erreurs : que disent les scientifiques ? Qu’il n’est plus temps de lutter contre le dérèglement acquis : il n’y a pas de marche arrière au phénomène. La possibilité qui nous reste, c’est de nous adapter. Allons-nous peindre nos chaussées en blanc et réduire la taille de nos fenêtres ? Attendre la nuit pour l’apéro et remplacer notre barbaque grillée au bbq par des salades bien fraîches ?

C’est ça… a moins qu’on se contente de pousser la clim un peu plus histoire de vivre comme avant.

vendredi 28 octobre 2022

Avez-vous une bassine ? – Chronique du 29 octobre

 


Collectif "Bassines non merci" 


Bonjour-bonjour

 

« On les appelle « réserves », « bassines » ou « super-bassines », ces retenues d’eau qui permettent d’arroser les cultures pendant les périodes sans pluie cristallisent l’attention. »

En lisant cela, je sursaute : après tout quoi de plus normal que de stocker l’eau de pluie en hiver pour arroser en été ?

Renseignements pris (lire ici), le débat oppose ceux qui estiment que l’eau dérivée vers ces bassines serait de toute façon perdue pour la région, et ceux qui pensent qu’elle servirait au contraire à alimenter sur place les napes phréatiques. 

 

Conflit entre accapareurs et usagers ordinaires : on se croirait transportés au bord du Jourdain entre Israël et Jordanie. En sommes-nous là ?

Mais le grief des anti-bassines se révèle plus circonstancié : « Créer des réserves d’eau de plusieurs centaines de milliers de mètres cubes n’incite pas les agriculteurs à revoir les modèles de production gourmands en eau. » (Art. Cité)

- Nous voici avec un autre débat : faut-il – ou pas – changer de modèle de vie quand bien même on découvrirait le moyen de continuer comme avant sans ne plus rien perturber ? Par exemple dévorer les kilowatts avec de l’électricité obtenue par fusion nucléaire, ou voler d’un bout à l’autre de la planète avec des avions à hydrogène ? Car la thèse est que, quoiqu’il en soit, il faut que nos agriculteurs soient « moins gourmands » et qu’ils irriguent en suivant les modèles des régions désertiques.

Le problème est posé. Je doute que nos connaissances soient aujourd’hui suffisantes pour trancher le débat. Quant à moi, je suis d’une génération qui a gaspillé sans compter et qui n’a qu’une idée : continuer comme ça… sous réserve que ça ne gêne pas la nature.

lundi 24 octobre 2022

Éloge du bricolage – Chronique du 25 octobre

Bonjour-bonjour

 

En cette période de sobriété, de réduction de la consommation, on nous supplie de ne pas jeter, de recycler et, quand c’est possible, de réparer. Faire durer, voilà le maitre mot – et pour cela c’est vers le bricoleur qu’on se tourne.

 

- Il y a deux sortes de bricoleurs : celui qui fabrique et celui qui répare. Et deux types de moyens mobilisés : acheter chez Leroy-Merlin des outils spécialisés et super-performants ;

 


et avec des vieux clous et des bouts de ficelle reconstituer la pièce cassée et faire redémarrer la machine. Bien entendu, c’est ce personnage qui est valorisé en cette période anticonsumériste : Ne jetez plus ; réparez !

Mais qu’en pense le philosophe ?

 

- C’est chez Claude Lévi-Strauss qu’on trouve une philosophie du bricolage. A l’opposé de l’ingénieur qui œuvre dans un monde aux potentialités infinies, le bricoleur lévi-straussien « travaille dans un monde étroit, son univers instrumental est clos, et la règle de son jeu est de toujours s’arranger avec les « moyens du bord » (1). Rien ne se jette parce que « ça peut toujours servir » : nous sommes bien dans l'épargne préconisée de nos jours. Mais ne s’agit-il que de cela ?

 

- Si l’intelligence est bien la capacité à tirer des emplois nouveaux de matériaux anciens, de leur inventer des potentialités inimaginables - bref, de « tirer de l’organisé de l’inorganisé », comme dit Bergson, alors le bricolage est bien une activité intelligente par excellence – et donc, bricoler au sens indiqué ici va beaucoup plus loin qu’un plat souci de sobriété économique.


Face à un monde désormais clos, l’homme n’est plus seulement un ingénieur qui fait tout de neuf, mais il est celui qui tire de lui-même plutôt que de son environnement les ressources pour sa survie.

-------------------------

(1) « De nos jours, le bricoleur reste celui qui œuvre de ses mains, en utilisant des moyens détournés par comparaison avec ceux de l’homme de l’art. /…/Le bricoleur est apte à exécuter un grand nombre de tâches diversifiées ; mais, à la différence de l’ingénieur, il ne subordonne pas chacune d’elles à l’obtention de matières premières et d’outils conçus et procurés à la mesure de son projet: son univers instrumental est clos, et la règle de son jeu est de toujours s’arranger avec les « moyens du bord », c’est-à-dire un ensemble à chaque instant fini d’outils et de matériaux, hétéroclites au surplus, parce que la composition de l’ensemble n’est pas en rapport avec le projet du moment, ni d’ailleurs avec aucun projet particulier, mais est le résultat contingent de toutes les occasions qui se sont présentées de renouveler ou d’enrichir le stock, ou de l’entretenir avec les résidus de constructions et de destructions antérieures. L’ensemble des moyens du bricoleur n’est donc pas définissable par un projet (ce qui supposerait d’ailleurs, comme chez l’ingénieur, l’existence d’autant d’ensembles instrumentaux que de genres de projets, au moins en théorie) ; il se définit seulement par son instrumentalité, autrement dit, et pour employer le langage même du bricoleur, parce que les éléments sont recueillis ou conservés en vertu du principe que « ça peut toujours servir ». /…/ Sans jamais remplir son projet, le bricoleur y met toujours quelque chose de soi. » Lévi-Strauss, La pensée sauvage

vendredi 23 septembre 2022

La sobriété heureuse ? – Chronique du 24 septembre

Bonjour-bonjour

 

« L’imagination au pouvoir ! » : c’est avec ce slogan que les « révolutionnaire » de mai-68 prétendaient bouleverser la société. Au point que l’esprit de sérieux et d’organisation paraissait le comble du ridicule.

Or, on n’en fait plus mystère aujourd’hui : c’est à cette faculté d’imaginer et d’adopter de nouveaux scénarios que l’on doit faire appel pour réussir la transition énergétique – autrement dit « la sobriété heureuse ».

 

De quoi s’agit-il ? On veut transformer le désir – ni plus ni moins – des français de sorte qu’au lieu de consommer ce que tout le monde recherche (effet analysé par René Girard), voilà que notre sujet se met à désirer le contraire, c’est-à-dire renoncer à ce qui devrait logiquement lui apporter de la jouissance. Et cela non pas simplement par identification aux séductions d’un influenceur (1), mais bien par l’adhésion à des représentations imaginaires venues doubler le réel voire même se substituer à lui.

La jouissance dans la privation : voilà finalement ce que nous sommes supposés rechercher, pour le plus grand bien de la planète… mais pas pour celui des entreprises capitalistes qui profitent du marché.

Vous devinez, chers amis, que je suis personnellement attiré par cette position ascétique, ayant cru en sa vertu durant les années 68. Toutefois je suis plus lucide aujourd’hui qu’autrefois : dans cet affrontement nous sommes pris en otage par deux forces antagonistes : celle de la production et de la consommation ; et puis celles de la conquête du pouvoir politique. Qui plus est, notre imagination est au repos puisqu’il s’agit de consommer et de reproduire des scénarios inventés par des influenceurs (sans doute plus puissants que ceux qui s’affichent sur les réseaux sociaux).

Alors ? La sobriété ? Si je veux et quand je veux.

-------------------------------

(1) Voir schéma ici

mardi 20 septembre 2022

Sobriété énergétique à l’Université de Strasbourg – Chronique du 21 septembre

Bonjour-bonjour

 

Finies les propositions vagues et fumeuses pour assurer la sobriété énergétique des bâtiments public. Place au concret : ainsi de l’Université de Strasbourg qui, pour faire face à la pénurie énergétique, va non seulement réduire son chauffage à 19°, mais encore fermer deux semaines supplémentaires ses bâtiments.

« Les enseignants feront cours en couverture de survie, et les étudiants grelotteront de froid. On ne peut pas réussir ses études dans de telles conditions », a déploré la présidente de l’UNEF Imane Ouelhadj (lire ici)

 


Mode d’emploi inséré dans le livret d’accueil remis aux étudiants à la rentrée.

 

Bien sûr le pouvoir réagit comme il peut, c’est-à-dire en faisant des déclarations : « ça ne doit pas pénaliser les enseignements. On sort de périodes de Covid. On doit garder ces enseignements fortement en présentiel » et il ne faut « pas le retour au distanciel », a affirmé Sylvie Retailleau (ministre de l’Enseignement supérieur)

 

Mais rien n’y fait : les responsables de Strasbourg ne se contenteront pas de mots : ils ont fait un bilan prévisionnel de la facture énergétique qu’ils vont devoir acquitter l’an prochain, et ils ont mis en face les réductions imposées compte tenu de leur finances. Le bilan va, comme on le voit, bien au-delà des 19°, sorte de totem auquel le pouvoir se raccroche pour faire oublier que dans le même temps les français vont devoir se serrer la ceinture. Et comme disait ma grand-mère : « Quand les gros maigrissent, les maigres meurent de faim. »

 

Que le pouvoir fasse des déclarations tant qu’il veut, nous on s’en moque. Ce que nous cherchons ce sont les mesures prises dès aujourd’hui par les responsables sur le terrain. Et ce qu’on voit là ne nous rassure guère.

samedi 17 septembre 2022

Générosité ou prodigalité ?

A l’heure actuelle on demande la sobriété à tous, en excluant toutefois les pauvres qui sont dans la sobriété sans avoir à s’y plier volontairement. La vertu ne serait donc pas à la portée de tout le monde ? Y aurait-il, avec les pauvres, des gens qui n’y auraient pas droit parce qu’incapables de la réaliser ?

Par exemple : peut-on être généreux en étant pauvre, alors qu’on parvient à peine à se suffire à soi-même ?

 

 

La générosité a un signe distinctif : elle donne sans compter, mais du coup on se demande si elle est à la portée de tout le monde : le nécessiteux qui fait appel à la générosité des autres peut-il à son tour être également généreux ? Et si oui, qu’a-t-il à donner ?

 

Albert Camus écrivait « La pauvreté est un état dont la vertu est la générosité. »

Si nous le suivons, nous pourrons répondre affirmativement car il peut y avoir toute sorte de générosités, et même ceux qui ne possèdent pas de ressources financières peuvent encore être généreux :

            - parce que même dans le dénuement, on a encore quelque chose qui est du temps, de la durée ; le retraité passe bénévolement une après-midi entière à trier le courrier pour l’Assoc’.

            - parce qu’étant vivants, les pauvres peuvent encore prodiguer leurs sentiments, comme de la compassion ou les prières des dames patronnesses.

            - Albert Camus note pour sa part que la générosité est plutôt une vertu qu’un acte simplement objectif. La générosité réside dans la façon de donner plus que dans l’acte : on peut donner de son temps ou de son attention de plein de façons différentes, par ouverture aux autres – mais aussi par désir égoïste de se faire admirer.


Par nature la générosité consiste à ne pas distinguer le « mien » du « tien », mais il y a aussi des manières fort peu généreuses de donner à tout vent : le riche qui distribue des billets de banque fait peut être simplement preuve de prodigalité ; la belle femme qui ne ferme pas tout à fait la porte de la salle de bain est peut être exhibitionniste…


Simone de Beauvoir à Chicago en 1950 (photo (volée) de Art Shay


mardi 30 août 2022

A la chandelle, la chèvre semble demoiselle – Chronique du 31 août

Bonjour-bonjour

 

Madame Borne l’a dit : il faut s’attendre à des coupures de courant l’hiver prochain – coupure qui viendraient s’ajouter à celles qui affecteraient aussi le gaz.

Bien sûr, la première ministre a aussitôt ajouté que celles-ci ne pourraient survenir que « si toutes les mauvaises hypothèses se conjuguent : si la Russie coupe ses approvisionnements, si jamais il y a des tensions sur le GNL [gaz naturel liquéfié] et que les commandes qu’on a passées ne sont pas honorées, s’il y a un hiver très froid » (Voir ici)

Oui, mais le mal est fait : nous voici à gamberger sur une nuit sans lumière à la lueur de la chandelle.

 

- Occasion d’interroger nos ancêtres qui eux n’ont connu que cette lumière : ils affirment que la chandelle enjolive tout ce qu’elle éclaire. Une citation d’époque le dit : « A la chandelle, la chèvre semble demoiselle ». Eh bien, voilà de quoi nous faire espérer dans l’hiver prochain.

Il y a quand même aussi de quoi regretter la clarté - même crue et impitoyable - de la lumière électrique à la quelle nos yeux sont maintenant habitués au point de ne plus pouvoir s’en passer.


Quoique… Et si la chandelle venait au secours de notre imagination ? Si en effaçant les détails elle ouvrait le champ au fantasme ? Peut-être pas au point de voir une « demoiselle » dans une chèvre – sauf à avoir une imagination de légionnaire – mais quand même :

 


Georges de La Tour – La Madeleine à la veilleuse

 

Bien sûr l’essentiel n’est pas là. Il est dans la menace de voir nos précieux smartphones s’arrêter privés d’électricité. Alors répondons que d’abord on aura toujours de l’électricité, du moins de quoi recharger nos batteries ; et qu’ensuite quand bien même il faudrait limiter les heures d’écrans, ce serait enfin l’occasion de choisir entre les usages essentiels et ceux qui ne le sont pas.

lundi 22 août 2022

L’ère des pénuries : miam ! – Chronique du 23 août

Bonjour-bonjour

 

« Le tourisme bat des records, et les vendanges s’annoncent exceptionnelles en qualité mais aussi en quantité. » Cette nouvelle vous fait bondir de joie ? Non ? C’est que comme tout le monde vous n’êtes intéressé que par les mauvaises nouvelles, et en particulier par celles qui annoncent des pénuries.

Tenez, voyez celle-ci (qui a l’avantage de concerner plus spécialement nos voisins britanniques) : « Le Royaume-Uni souffre comme l'Union européenne de la crise énergétique provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine, mais également d'une perturbation des chaînes d'approvisionnements et d'un manque de travailleurs exacerbé par le Brexit. » Toutes ces pénuries réunies expliquent que l’inflation s’accélère, chez eux et bientôt chez nous.

 

- Notre attachement morbide aux mauvaises nouvelles explique-t-il que nous ne soyons pas sensibles aux bonnes tendances de notre économie, qui, selon certains spécialistes, ne se porte pas si mal ? Si nous ne voyons que les échecs et les régressions, est-ce à dire que nous soyons influencés par la propagande des partis d’opposition qui tirent une « rente calamité » des échecs du gouvernement ?

Sans doute, mais la gourmandise avec la quelle nous recherchons et consommons ces mauvaises nouvelles peut avoir une autre source.

--> Manque de gaz (ou d’électricité), pénurie de marchandises, manque de travailleurs… Nous, les enfants de la société de consommation, n’en revenons pas : alors que nous avions appris que grâce à la consommation tout allait bien au point que le mieux que nous ayons à faire était de passer le temps à bâfrer, voilà que la réalité nous impose la vertu de la sobriété. Toutefois, alors même que nous écoutons les (mauvaises) nouvelles de l’économie, nous continuons de consommer tant et plus, comme au bon vieux temps. C'est que la pénurie, nous n'y croyons pas vraiment.

Une preuve ? Avez-vous remarqué comme les conseils pour économiser l’eau ont le vent en poupe ces temps-ci ? Récupération des eaux grises, retraitement de celles-ci pour la consommation humaine, installation de citernes pour récupérer les eaux de pluie (quand il se remettra à pleuvoir), que sais-je encore ? Tous ces conseils et ces publicités nous intéressent comme si la pénurie d’eau était ce qu’il y avait le plus à craindre. Nous tremblons de ne plus avoir d’eau au robinet, et puis l’instant d’après nous allons nous ébrouer sous notre douche.

- Alors ? Je crois comprendre que nous aimons nous faire peur, comme les petits enfants qui adorent les histoires horribles simplement parce que ça leur donne des sensations fortes tout en n’étant que des fictions. Nous jouons à nous faire peur pour mieux jouir de la sécurité ambiante.

jeudi 18 août 2022

De la sobriété à l’ébriété – Chronique du 19 août

Bonjour-bonjour


« Combien ça coute ? » a été un magasine télé consacré à l'argent et la dénonciation des gaspillages économiques : on pourrait le reprendre aujourd’hui tant des sommes inimaginables sont investies dans des projets dont l’intérêt pour les hommes est sans rapport avec leur montant. Ainsi de lancement de la fusée SLS, le lanceur du programme Artemis.


- Si je m’intéresse à ce projet, c’est que chaque lanceur – non réutilisable – coute la somme de 2 milliards de dollars.On comparera cette somme à celle des programmes humanitaires, mais aussi au cout des recherches sur la fusion nucléaire visant à atténuer le dérèglement climatique promulgué aux Etats-Unis (« Inflation Reduction Act ») accorde ainsi 280 millions de dollars au programme national de développement de la fusion nucléaire. (Lire ici)

 


Que dira le philosophe devant cette gabegie ? Va-t-il relativiser en disant que de tels projets sont sans comparaison avec d’autres financements ? Que l’intérêt de conquête spatiale est sans commune mesure avec son coût ? Qu’on ne peut pas comparer ces investissements sans prendre en considération les sommes indispensables pour lancer de tels projets, qui varient justement selon les technologies à mobiliser ?


Oui… mais la tradition sans laquelle la philosophie serait bien fragile nous enseigne aussi que les hommes sont démunis devant les ressources dont ils disposent : savent-ils en profiter avec prudence et parcimonie ? On nous demande aujourd’hui de gérer avec lucidité les sources d’énergie à notre disposition, et même de faire preuve de sobriété en ouvrant le robinet de la salle de bain. Et voilà que des milliardaires financent la conquête spatiale, déversant à plein flot des dollars pour arriver à des résultats dont personne ne peut aujourd’hui garantir que leur succès présentera une quelconque avantage pour l’humanité.

Seulement voilà : l’argent, c’est du pouvoir, non pas sur tout ce qui existe, mais bien sur les hommes. Et comme tout pouvoir il ne connait pas de limites autres que celles que lui imposent ses ressources.

Payer une fusée qui ne servira qu’une fois 2 milliards de dollars, c’est là un exemple d’abus, mais ce n’est qu’un exemple d’un dérèglement partout présent.

C’est l’ébriété et non la sobriété qui est la règle.

-------------------------

N.B. Ce dérèglement dû à la profusion des biens est aussi constaté dans le monde animal avec les loups qui ravagent les troupeaux de brebis bien au-delà de leurs besoins comme si leur nombre était une invite à tuer sans utilité autre que de prendre du plaisir.

mardi 16 août 2022

La sobriété, une utopie… rationnelle ? – Chronique du 17 août

Bonjour-bonjour

 

Le dérèglement climatique est dans tous les esprits, alliant la crainte de canicules et de sécheresses qui transformeraient la Beauce en Sahara, à la peur des incendies et des inondations.

Cet article, signé par Franck Aggeri, fait le point sur cette question, montrant que la réalité est en effet très inquiétante, puisque rien ne permet d’espérer une quelconque modification des données actuelles. Lisez plutôt : « La consommation de ressources augmente au même rythme que celui du PIB. Le rapport /de l’Agence Environnementale Européenne/ conclut que ce découplage est hautement improbable avec le modèle économique dominant, intensif en besoins matériels. » 

 

--> La conséquence ne se fait pas attendre : selon Frank Aggeri il faut « inventer les manières de consommer moins et mieux. Cela passe à la fois par un travail d’éducation mais également par la production de nouveaux imaginaires où l’achat de produits de seconde main, reconditionnés ou réparés, ou encore la location et le partage ne sont plus dévalorisés mais sont, au contraire, considérés comme des actions positives. »

- Oui, vous avez bien lu : les spécialistes le disent tranquillement : il faut faire à nouveau rêver le peuple, mais cette fois en allant vers la frugalité – alors que la société de consommation allait quant à elle vers plus de destruction (car ne l’oublions pas : consommer, c’est détruire).


Alors, certes, il faut nuancer, car s'il s’agit « de la production d’un récit imaginaire » il doit néanmoins être « de l’ordre du réalisable, auquel est associée une démarche rationnelle visant à en évaluer les conditions et les conséquences plausibles ». Reste que l’Ademe (1) imagine non seulement une frugalité choisie mais également contrainte : réduction de la consommation de viande, limitation forte de la construction neuve et de la mobilité, développement des low-tech. 

Voilà le programme présenté aux générations frugales comme on aime à les appeler : des gens qui prendront du plaisir à ne pas consommer, à refuser la viande et les tout nouveaux bijoux de la higt-tech. 

o-o-o

Je passe sur le flou qui subsiste quant au modèle économique qui pourrait allier la croissance du PIB à la réduction de la consommation, pour me focaliser sur le triturage d’imaginaire qui seul permettra de réaliser ce bouleversement dans les habitudes.  

- Moi, je n’aime pas – mais alors pas du tout – qu’on vienne triturer mon imagination, et je considère comme des ennemis de l’humanité ceux qui se proposent de le faire en toute bonne conscience. Ne s’agit-il pas de procéder à une prise de possession analogue à celle que pratiquent les gourous dans les sectes qu’ils dominent ? Sommes-nous autre chose que ces pauvres disciples qui sont persuadés que l’humanité est sous la coupe des Illuminatis ou de satanistes pédophiles (2) ? 

- Oui, n’est-ce pas, ces mécanismes de décérébrations ne sont pas propres aux sectes, loin de là ; ils sont à l’œuvre partout où une communauté se soude autour de croyances et de symboles communs. Ces dérives ne sont pas accidentelles car on les trouve partout à l’œuvre. Elles ont accompagné le développement de l’humanité – sans doute pour son plus grand bénéfice. Mais aujourd’hui, et cela depuis les temps modernes, en tout cas depuis Descartes, nous avons appris que l’esprit critique devait accompagner toutes nos pensées. Car, il faut « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse être telle » Descartes - Discours de la méthode 

-------------------------------

(1) L’ADEME (ou Ademe) est l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie ; elle est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) français créé en 1991

(2) Tel est aux Etats-Unis le mouvement Qanon dont les adeptes « sont convaincus qu'une cabale politique satanique et pédophile contrôle secrètement le gouvernement américain. » (Lire ici)

mercredi 3 août 2022

The girl next door – Chronique du 4 août

Bonjour-bonjour

 

Il n’est plus temps de bloquer le réchauffement climatique mais seulement de s’adapter à ses effets.

Et de plus, c’est à la sécheresse qu’on a affaire aujourd’hui : économiser l’eau, tel est le maitre mot qu’on entend à présent, même quand on est parisien et qu’on n’a ni pelouse à arroser, ni rue où laver sa voiture. Alors que faire pour éviter de faire couler le robinet ?

Par exemple :

            - Récupérer l’eau qui a servi à laver la salade pour arroser les fleurs du balcon.

            - Alimenter la chasse-d ’eau avec le lave-main. Pas pratique, je vous le concède, mais possible quand même.

 

 

Catalogue Castorama

            - Ne vous douchez qu’un jour sur deux. Ou bien douchez-vous tous les jours, mais à deux. Vous vivez seul dans votre studio ? Allez toquer chez la voisine - the girl next door comme disent nos amis anglo-saxons : elle sera sans doute ravie de participer à votre effort d’économie.

 

 



Bon, je blague alors que la situation est sérieuse : c’est vrai et je m’en excuse. Mais que voulez-vous, ces changements radicaux ne seront vraiment acquis que lorsque l’éducation aura formé les générations pétries de sobriété. Moi, je viens d’un monde où on ne fermait pas toujours le robinet en se brossant les dents et où on n’éteignait pas forcement la lumière en sortant de la pièce.

dimanche 31 juillet 2022

Ils sont fous, ces allemands ! – Chronique du 1er août

Bonjour-bonjour

 

« L'Allemagne connait un boom des ventes de radiateurs électriques sans précédent. En cause, la crainte de voir l'approvisionnement en gaz réduit, voire arrêté, cet hiver. » (Lu ici)

- Cette information a dû vous faire sursauter, chers amis, vous qui transpirez par 30° à l’ombre. Oui, les allemands ont aussi chaud que nous, et pourtant ils se jettent comme des frustrés sur les radiateurs électriques qu’ils stockent. Sont-ils fous, ces allemands ? Non, ils craignent simplement la pénurie de gaz qui, l’hiver prochain pourrait bloquer leur chauffage domestique.

Et nous ? Devons-nous craindre aussi quelque pénurie qui viendrait obscurcir notre avenir ? Finis l’oubli et l’insouciance ? En plein repos, faut-il désormais renoncer au farniente pour penser aux soucis qui nous attendent pour l’année à venir en ayant l’œil rivé sur un horizon à 6 mois, afin de parer toute éventualité ?

Bien sûr on a déjà quelques pénuries dûes à cette anticipation de… la pénurie : raison pour laquelle on ne parvient toujours pas à regarnir les rayons d’huile ou de moutarde. Mais ce n’est qu’un début. Comme vous le savez, nous sommes moins exposés que nos voisins au manque de gaz, mais c’est principalement en raison de notre aptitude à produire de l’électricité nucléaire. Or, nos centrales sont vieilles et elles rouillent : les passer à la toile émeri pour leur rendre leur lustre, ça va prendre du temps.

 

Donc notre capacité à produire l’électricité dont nous avons besoin étant insuffisante, la solution consiste à importer des pays voisins l’électricité qu’ils produisent mais qu’ils ne consomment pas. Sauf que comme vous l’avez déjà deviné, les allemands avec leurs radiateurs électriques d’appoint vont consommer tout ce qu’ils vont produire…

- Et nous ? Nous allons devoir nous mettre la ceinture énergétique… et pas plus tard qu’aujourd’hui, depuis nos vacances de rêve, nous devrons nous habituer à débrancher tout ce qui peut l’être et à ne plus rebrancher tout ce qui n’est pas vital. Plus de clim ! Plus de télé allumée 24h/24, simplement pour faire un peu de lumière dans le studio, plus de congel poussé à fond rien que pour nos crèmes glacées.

Sinon ? Coupure !

 


Allez, bonnes vacances quand même. Et profitez bien !

samedi 23 juillet 2022

Du temps libre ! Mais pour quoi faire ? – Chronique du 24 juillet

Bonjour-bonjour

 

Dans le sillage de l’allocution d’Emmanuel Macron le 14 juillet, la Convention citoyenne pour le climat refait surface en préconisant l'abaissement de la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes – faisant suite à l’appel du Président à « rentrer collectivement dans une logique de sobriété » et à « organiser différemment nos vies pour lisser les pics » de consommation. Lire ici

Bien sûr la limitation à 110km/h sur autoroute risque bien de rester dans les cartons, parce qu’elle rappelle un peu trop la limitation à 80km/h sur route. Mais on trouvera bien d’autres choses, les administrations et les Grands groupes économiques étant sollicités pour fournir des projets, à l’image des espagnols qui vont réduire à Madrid la fréquence des métros. Moins de métro ou de RER, moins de vitesse sur les autoroutes : ne s’agit-il pas de mesures qui rejoignent la « sobriété écologique », celle que ses adeptes qualifient d’heureuse ?

 

A gauche : hier. A droite : demain

 

J’ai récemment évoqué cette sobriété, mais le sujet est vaste et il comporte un important aspect psychologique sur lequel il est bon d’insister. Nous suivrons les suggestions de cet article de La Croix.

- D’abord et avant tout, la sobriété ne peut être heureuse que si elle est choisie. Raison pour laquelle il est tout à fait inutile de la suggérer aux catégories sociales à faible revenu dont le budget consommation est contraint par la modicité de ses ressources. Aurez-vous l’impudence de demander aux gens qui vivent du RSA de réduire leur consommation de dosettes de café ?

- On peut aussi, comme dans les années-68 dénoncer le piège que constitue la « religion de la consommation » en démasquant le vide existentiel que prétend combler la surconsommation alors qu’en réalité elle le creuse. Ce qui ne dit pas par quoi on peut remplacer : l’article mentionné, issu du journal La Croix laisse bien entendre que le christianisme a une réponse – mais enfin on n’est pas là pour prêcher.

- Plus de voitures, plus de télé, encore moins d’écrans, smartphones réduits : voilà du temps libre à foison. Profitez-en pour vous promener dans la nature, pour discuter en famille, pour…

… Pour lutiner ma bonne amie ?

Pourquoi pas ? A part le gaspillage de spermatozoïdes, ça ne coute rien en matière de dépense énergétique. (1)

----------------------

(1) J’en profite pour rapporter une fois encore ces propos d’Antoinette Fouque, militante MLF : « L'économie du profit et de la capitalisation est une économie de gaspillage masculine. On sème à tout vent du sperme, qui se perd à chaque éjaculation. On le gaspille comme on gaspille les ressources. » 

mercredi 20 juillet 2022

Mobilisation générale des colibris – Chronique du 21 juillet

Bonjour-bonjour

 

On nous rebat les oreilles avec la légende du colibri qui verse sur l’incendie l’eau contenue dans son minuscule bec en disant « J’ai fait ma part » 

  


- Hé bien c’est loin d’être fini. Avec le conflit ukrainien voilà que chacun d’entre nous est prié de faire son colibri pour épargner de l’énergie : éteignez la box en partant en vacances, oubliez d’allumer le climatiseur, réglez le chauffe-eau sur 40°, débranchez les chargeurs – etc. (Lire ici)

 

Face à cet appel à la bonne conscience, j’ai comme à mon habitude une réaction un peu négative : « Périsse le monde, du moment que j’ai fait ce que j’ai pu pour l’éviter ». Inutile de chercher d’autres solutions, même si de toute manière une armée de colibris ne feront jamais rien d’utile pour lutter contre l’incendie, et même si d’autres façons pour les tout-petits de faire quelque chose s’avèrent beaucoup plus efficace (1).

On peut opposer le colibri au pélican qui reste sans rien faire avec son gros bec inemployé : le débat n’est pas là. Car, s’agissant de la protection de la planète, le colibri écolo fait face non seulement à l’incendie, aussi à des éperviers au bec plein de feu, qui sèment l’incendie et détruisent tous ceux qui cherchent à l’éviter. --> Plutôt que de chercher des canadairs pour éteindre l’incendie, mettons en ligne des Rafales pour détruire les incendiaires.

 

On pourrait toutefois me reprocher de me tromper de débat : après tout, l'écologie n'est pas en cause dans les plans des russes pour faiblir l'Europe. Reste que  les écologistes eux-mêmes se réjouissent secrètement que la guerre d’Ukraine provoque une pénurie de gaz puisqu'elle va réduire les émissions de CO2


Exact – Mais tant qu'à faire, pourquoi pas ne pas applaudir la famine issue de l’embargo sur le blé ? Car enfin voilà longtemps que l’augmentation de la population humaine dûe au progrès de la médecine met en péril l’humanité entière en accroissant le nombre de bouches à nourrir sans accroitre les capacité à les remplir.

----------------------

(1) On pense à madame Tao (lire ici), pauvre femme jetée à la rue et qui survit en vendant aux passants une sauce aigre-douce qu’elle vient d’inventer et qui fait sa fortune.

Le débat fait rage entre ceux qui font son éloge et ceux qui persistent à féliciter le colibri qui prend le risque de se brûler les ailes dans l’incendie. (Voir ici)

dimanche 3 juillet 2022

« Rien de trop », devise de la frugalité écologique –– Chronique du 4 juillet

Bonjour-bonjour

 

Sondages après sondages, les français disent le peu de considération qu’ils ont à l'égard de leur dirigeants. Élections après élections ils répètent qu’ils veulent des politiques qui leurs disent la vérité (ou du moins celle qu’ils aimeraient entendre) et qui agissent pour chasser les soucis et les difficultés de la vie.

- Et voilà aujourd’hui des PDG (ceux qui gouvernent réellement le pays en dirigeant les entreprises qui font ou défont la prospérité sans laquelle la politique ne sert plus à rien), qui prennent la parole pour délivrer un message que les partis politiques n’ont cessé de dire et redire : il faut accepter la « sobriété » ou plutôt – cette acceptation étant supposée admise – il faut « passer d'une sobriété d'urgence à une sobriété organisée ». 

Après donc avoir réduit notre consommation énergétique durant l’été, il faut penser à « Une sobriété durable qui passera obligatoirement par un partage de la valeur équitable et par une intégration du temps long au sein de l'entreprise, et donc par des évolutions de gouvernance » (1)

Bref : prenez une dose d’écologie, une autre de justice, ajoutez une bonne rasade de politique – et pour finir, versez juste un trait d’éthique. Voilà le cocktail de l’été et si possible des saisons suivantes.

 

Ce sont les patrons du CAC40 qui parlent : quoiqu’on en pense, leur regard porte loin, du moins quand il s’agit de prévoir les méandres de l’économie mondiale à venir. Reste à comprendre ce qu’ils nous veulent, en particulier avec cette « sobriété » dont on avouera que sa signification n’est pas très claire.

- Ouvrez votre dictionnaire des synonymes favori à l’article « sobriété » ; voici ce que, pour l’essentiel, vous trouverez : abstinence / frugalité / austérité / continence / modération / tempérance / et pour finir : sagesse.

Continence, abstinence, tempérance : une partie du concept est lié à la domination des mâles et à leur gaspillage sexuel (2). Françoise d’Eaubonne quant à elle affirmait que seules les femmes sauront protéger l’environnement. A vous de jouer, mesdames.

Austérité, frugalité, modération : nous sommes tous invités à la vigilance de la juste mesure. « Rien de trop » disait la devise de la sagesse grecque (3).

 

--> Éh bien, voilà où nous en sommes : au lieu de crier à l’écologie punitive voyons plutôt dans ces mesures une occasion de mieux coïncider avec notre véritable nature.

---------------------------------

(1) Dans ce texte co-signé par Jean-Bernard Lévy d'EDF, Hélène Bernicot du Crédit mutuel Arkéa et Pascal Demurger de l'assureur MAIF

(2) Antoinette Fouque, militante du MLF écrit : « L'économie du profit et de la capitalisation est une économie de gaspillage masculine. On sème à tout vent du sperme, qui se perd à chaque éjaculation. On le gaspille comme on gaspille les ressources. » Lire ici

(3) « Mêden agan » « Rien de trop », était l’une des maximes inscrites sur le temple de Delphes. Lire ici ce passionnant article sur les prophéties de la Pythie.

------------------------

En bref : avec la société de consommation nous étions dans un délire dionysien ; nous voici dans la rigueur apollinienne.

- Il faut relire Nietzsche