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vendredi 19 juin 2026

Marche à l’ombre ! – Chronique du 20 juin

 Bonjour-bonjour

 

40° à l’ombre ; toute une nuit à picoler en dansant frénétiquement : c’est ce qui vous attend demain, jour de la fête de la musique. Tiendrez-vous le coup ?

 


 

On sait que dans certaines villes les maires, se jugeant plus sages que leurs administrés ont carrément retiré à certaines manifestations leur autorisation. 

--> Ailleurs on s’est contenté de rappeler les mesures de prudence : 

- Restez au frais (chez vous ou dans un lieu rafraîchi)

- Buvez de l'eau, sans attendre d'avoir soif. Évitez la consommation d’alcool

- Rafraîchissez-vous le corps plusieurs fois par jour (douche, brumisateurs, etc.)

- Fermez les volets et fenêtres le jour, aérez la nui   

-Privilégiez les activités douces et sans effort

- Prenez des nouvelles de vos proches et des plus fragiles et/ou isolés

- Témoin d’une personne victime d'un malaise ? Appelez le 15 ou le 18 (Lu ici)

Après cela, direz-vous encore que le Gouvernement ne fait rien pour protéger les citoyens ? Qu’il n’a pas su anticiper ? A moins que vous lui reprochiez de se considérer comme ces parents revêches qui envoient leurs enfants au lit « de bonne heure », comme le petit Marcel de la Recherche ?

 

A côté de cela il y a ceux qui vous diront : « Voyez plutôt ce qui se passe au Carnaval de Rio. Dans la chaleur de la ville voilà des gens qui dansent toute la nuit tout en buvant des boissons fortes, genre punch. Croyez-vous qu’ils tombent par terre au petit matin ? Sûrement pas, et ils sont faits comme nous. »

Mes amis, ayez confiance dans la Nature : elle vous a fait comme des gens qui doivent pouvoir faire le fête quelle que soit la température extérieure. Certains protesteront : nous, serions les héritiers de lointaines générations vivant à l’ère glaciaire et qui dansaient autour de leurs menhirs – rien à voir avec le climat actuel. Mais notre héritage génétique remonte à bien plus loin – à une époque où on avait des chaleurs fortes, tout en bougeant frénétiquement au son des tambours.

vendredi 20 juin 2025

Climat tempéré – Chronique du 21 juin

Bonjour-bonjour

 

Depuis ce matin, c’est l’été. Saison des jours sans fins, devenue la saison des chaleurs sans rémission. Finis les vers que le poète consacrait aux pluies de l’été : « Pluie des matins d'été, inoubliable / Clapotement comme d'un premier froid / Sur la vitre du rêve » Yves Bonnefoy

 

- Oui, dans notre jeunesse notre climat était tempéré comme le temps du poète, ce qui veut dire que le « clapotement d’un premier froid » habitait nos petits matins. Ici et maintenant, c’est le soleil inexorable, le ciel d’un bleu fondu et la chaleur qui nous condamne aux retraits dans nos maisons obscures.

Bon. Et alors ? Nos poètes seront-ils désarçonnés par cette nouvelle saison ? Perdront-ils la verve de leurs muses, faute d’avoir une pluie de printemps le matin de l’été ? Faut-il donc changer de saison deux fois par jour pour être heureux ?

Posé comme ça la question passe un peu à côté du sujet. Car ce qui peut désespérer, c’est la certitude de l’avenir, ne serait-ce que celui qui est contenu entre le petit matin et le soir. Même quand rien ne change à notre destin, la couleur du ciel changeant peut apporter l’imprévu, quelque chose qui prouve que rien n’est inexorable. Le climat terrestre est souvent limité à deux situations qui se succèdent au bout de quelques mois : saison des pluies et saison sèche. Chez nous c’est au cours de la même journée que les saisons de l’année se succèdent, au point que bien des régions en font leur gloire : « En Bretagne, 4 saisons par jour »

… Mais ça, c’était avant…

lundi 17 février 2025

Bravo les hommes ! – Chronique du 18 février

Bonjour-bonjour

 

Voici l’info du jour, livrée avec le café crème du petit matin : selon le récent article publié dans Foreign Affairs par l’économiste américain Nicholas Eberstadt, « Pour la première fois depuis la peste noire dans les années 1300, la population mondiale va diminuer. » 

- On sait, oui. Mais poursuivons : « Là où la dépopulation observée il y a sept siècles a été causée par une maladie mortelle transmise par les puces, celle qui s’annonce sera entièrement due aux choix des individus ».

C’est comme pour le climat : tous responsables mais incapables de faire ce qu’il faudrait, c’est-à-dire suicider l’espèce ? Adieu monde cruel… 

L'article conclut alors sur une note malgré tout optimiste : « une société vieillissante et de moins en moins nombreuse peut maintenir et améliorer sa prospérité. » – A condition bien sûr de réagir à temps et de prendre les bonnes décisions…


- Ainsi, devenus décideurs, les humains s’empressent de ruiner l’espèce humaine et de détruire leur milieu naturel : bravo les hommes ! Voilà votre mortifère liberté récompensée pour son arrogance ! Ce n’est pourtant pas faute d’avoir été prévenus : tous les grands mythes fondateurs l’ont montré : laissés libres d’agir les humains ont troublé l’ordre voulu par les dieux et ont entrainé la destruction punitive de l’humanité – et même quand les femmes s’en sont mêlées (comme Pandora) le malheur a été le fruit de cette liberté.

Pourtant, comme on vient de le dire, à condition de revenir à la raison, même notre société vieillissante et de moins en moins nombreuse pourrait être sauvée.

Éh bien alors, qu’attendons-nous ? On le devine, c’est comme pour le climat : il faudrait faire aujourd’hui des sacrifices pour le bénéfice des générations de demain.

- Quoi ? Être la génération sacrifiée ? Sacrifier le temps court au bénéfice du temps long ? Voilà ce à quoi nous nous refusons de toute notre énergie.

... On devine la fin.

mardi 28 janvier 2025

Des puces jusque dans nos poubelles – Chronique du 29 janvier

Bonjour-bonjour

 

Au cours de cette année votre commune va peut-être l’annoncer : votre poubelle va être équipée d’une puce. Bien sûr il ne s’agit pas de cet indésirable petit insecte mais d’un équipement électronique bien dissimulé dans le conteneur :

- Voici comment les choses vont se passer :

« Le camion à ordures lève la poubelle, la bascule pour en vider le contenu dans sa benne et la repose au sol. Au passage, un ordinateur embarqué pèse la poubelle  deux fois - à la montée quand la poubelle est pleine, et à la descente, quand elle est vidée –  calculant  le poids des déchets ainsi collectés, tandis qu’est lue la puce, avec les coordonnées du foyer concerné. » (Lu ici)

- Les données correspondantes telles que le nombre de fois où la poubelle est vidée, sa localisation ou encore son poids, sont enregistrées afin de facturer la collecte en proportion. Il s’agit aussi, écrit notre article, de permettre aux ménages de « conscientiser leur consommation et gestion des déchets. »

« Conscientiser » : le mot est lâché. Nous n’avons pas conscience des « choses » mises dans notre poubelle – choses qui s’y transforment instantanément en déchets : tout s’anéantit en tombant dans notre poubelle.

Éh bien non : la réalité, c’est que le contenu de la poubelle va s'accumuler jusqu'à être collecté par camion, véhiculé jusqu’à une déchetterie et incinéré. 

--> Ça coute cher et c’est mauvais pour le dégagement de Co2 !  Grâce à la surveillance de ma poubelle, je pourrai dire par exemple au vu de ma facture : « J’ai produit 150 kilos de néant cette année : c’est encore trop ! »

 

Tout ça c’est quand même un peu hard, ne trouvez-vous pas ? Qu’on espion surveille votre poubelle, la pèse, en calcule le coût, détermine la fréquence de collecte (pas plus d’une fois toutes les trois semaines : vous n’oublierez sûrement pas de la sortir en été après le repas de sardines grillées). De toute façon, chaque collecte coûtera 1,20 € par ménage, le double pour des familles utilisant des bacs de 240 litres : ça en tout cas vous ne l’oublierez pas.

Et le climat ? Ces dispositifs permettent non seulement de mesurer la quantité de déchets jetés mais aussi d'optimiser la fréquence de la collecte, réduisant ainsi l'empreinte carbone liée au traitement des ordures. 

- Mais, je vous sens quand même mécontent : vous n’aimez pas être espionné dans vos actes – 

même les plus insignifiants. Il ne s’agit pas en effet de mettre un mouchard sous votre voiture, mais simplement de contrôler combien de fois vous jetez quelque chose : même ça vous parait invasif, surtout que ce n’est peut-être encore qu’une début. 

- Imaginez un peu : la consommation d’eau est devenue beaucoup trop importante compte tenu de la sécheresse estivale : on va vous inciter à moins consommer. Or, un usage surconsommateur, c’est la chasse d’eau. Bientôt grâce à une puce sur le mécanisme de votre chasse d’eau on saura combien de fois vous la tirez. Vous qui la faites fonctionner juste après un petit pipi, sachez que votre geste sera enregistré, comptabilisé et facturé pour ce qu’il est : du gaspillage.

Pour faire des économies vous devrez faire pipi en prenant votre douche.




vendredi 20 septembre 2024

Le Sahara inondé – Chronique du 21 septembre

Bonjour-bonjour

 

C’est l’été : profitez-en parce que demain ce sera l’automne.

Bien… est-ce avec cela qu’on va révolutionner notre journée en renouvelant notre regard sur le monde ?

Non ? Un peu de patience, s’il vous plait. Car l’info-climat de ce matin c’est que le Sahara est inondé par des pluies incessantes et cela depuis plusieurs semaines. Ainsi, voilà ce que les chameaux découvrent à présent :

 


Bon : les chameaux ont les pa-pattes dans l’eau : et alors ? Risquent-ils d’avoir des rhumatismes ?

En fait la chose est un peu plus sérieuse que cela – Voyez cet article du Huffington post : « Des images captées par des satellites de la NASA avant et après ces pluies montrent le verdissement d’une partie du désert vu de l’espace au cours des dernières semaines. La comparaison avec des prises de vues à la même date, en 2023, ne laisse aucun doute sur les conséquences du temps plus humide cette année sur la végétation. »

Autrement dit, alors que nos régions méditerranéennes se dessèchent et deviennent de vrais déserts, le Sahara … verdit

 

Pour qui a la mémoire longue et se rappelle des images désolantes prises au Sahel entre 1970 et 1990, montrant le dessèchement progressif et semble-t-il irréversible des régions subsahariennes, les images du Sahara d’aujourd’hui ont quelque chose d’irréel.

- Peut-être est-ce l’occasion de réfléchir sur la temporalité des phénomènes climatiques : les effets du changement climatique sont sans doute parfaitement réversibles, tout dépend de la durée durant laquelle les modifications ont été enregistrées.

Alors, certes nous n’avons pas de témoignages observables sur le réchauffement climatique ; mais on peut quand même en observer certains aspects avec le phénomène de glaciation : voyez la végétation d’altitude au-delà de 2000 mètres, tels les edelweiss. Du temps de la dernière glaciation, ces plantes étaient tout ce que la nature faisait croitre au-dessus des glaciers, et encore aujourd’hui elles marquent la limite qui séparait alors la vie de la stérilité. Tout ce qui pousse en-dessous de cette limite est revenu du néant, tout comme la frange verte au sud du Sahara qui apparait sur la photo-satellite a surgi des sables stériles.

Bien sûr, le Sahara n’est pas prêt de redevenir vert, et la longue durée pour voir cela sera sans doute une « très-longue » durée : je ne veux pas dire que nous pouvons dérégler le climat tranquilou, assurés qu’un jour ou l’autre on repassera le film à l’envers. Mais rappelons-nous que malgré sa complexité, la nature est avant tout une grosse machine et que ce qui a fonctionné dans un sens pourra un jour re-fonctionner dans l’autre.

vendredi 5 janvier 2024

Vague de froid en Laponie – Chronique du 6 janvier

Bonjour-bonjour

 

Oui, vous avez bien lu, chers amis : sortez les doudounes, il y a une vague de froid en Laponie ! Ça alors ! Habituellement en Laponie en janvier, il fait très froid. Mais aujourd’hui, « Il fait vraiment très très froid », ainsi que le déclare Cécile Christin, une Française propriétaire d'une entreprise de chiens de traîneau en Laponie suédoise, ajoutant avoir eu « jusqu'à - 40°C » durant la journée de jeudi. (Lu ici)

Bien sûr cette « vague de froid » nous concerne également, signifiant qu’il va falloir nous adapter à cette circonstance climatique tout à fait ordinaire en hiver, par exemple en enfilant plein de pulls les uns sur les autres.


--> Ainsi, cet épisode nous le rappelle : en matière de climat il est plus facile de s’adapter que de changer quoi que ce soit. C’est vrai quand on suit le cours habituel des saisons ; c’est vrai aussi lorsque le dérèglement s’installe suite à notre orgie de CO2.

Occasion de le rappeler : depuis les années 70 (voire même selon certaines sources depuis les années 50) les spécialistes prévoient le réchauffement et le dérèglement du climat, mais ils pronostiquent qu’il est déjà trop tard (en 1953 !) pour y changer quoi que ce soit ; reste à nous adapter dès que possible, ce que nous faisons maintenant assez naïvement en repeignant les chaussées en blanc et en plantant des arbres un peu partout où il y a de la place.


- Faudrait-il donc renoncer à arrêter le dérèglement pour concentrer nos efforts sur l’adaptation – partout où elle est possible – à ces changements ? Vérités ou intox ?

On nous dira qu’il faut faire les deux. C’est malin ! Mais comment croire qu’il faut rouler en électrique et couper le compteur quand nous quittons la maison, alors même qu’on sait que ça ne sert à rien, et que bientôt des millions d’hommes et de femmes assoiffés par la sécheresse et affamés par la désertification des sols vont déferler sur nos côtes. 

Que ferons-nous ? Les laisserons-nous se noyer dans la mer, au mépris de nos valeurs les plus élémentaires, ou bien nous préparerons-nous à les accueillir dans des conditions valables et pour eux et pour nous ?

Et si c’était ça le défi à relever ?

mercredi 9 août 2023

Ça balance dans le ciel de nos vacances – Chronique du 10 aout

Un pic de chaleur arrive ce mercredi en France : un pic de chaleur est attendu ce mercredi 9 août, avec un mercure qui culminera entre 30 et 36 degrés dans le sud de l’Hexagone, prévoit Météo France. Mais les fortes chaleurs ne devraient pas durer (lire la suite ici)

 

 

C’est un effet de « balancier » de masses d’air. Nous allons passer d’une masse d’air très fraîche, à une situation complètement inversée en milieu de semaine prochaine. L’anticyclone des Açores va remonter vers la France, et entraîner une masse d’air chaude d’origine subtropical, qui sera particulièrement impressionnante dans le sud-ouest de la France, où les températures pourront grimper de 15 à 20 degrés par rapport à ce week-end.

 

 

Bonjour-bonjour

 

Pour qui souhaite chroniquer l’actualité, cet été reste une source d’inspiration prolifique, avec ses troubles de la météo qui alimentent comme jamais le souci du temps-qu’il-fait. Chacun y va de son observation – observation du ciel mais aussi observation de son humeur car c’est bien la météo de nos états d’âme qui passe avant toute chose

Pour prendre un peu d’altitude, on est tenté de faire un portrait aussi fidèle que possible de ces commentaires du climat.

            - On est d’abord dans le jamais-vu. Les gens, surtout les plus âgés, se présentent pour dire que c’est la première fois qu’il voient ça – qu’il s’agisse de la rivière à sec, des torrents de boue dans les rues ou des grêlons qui sont forcément de la taille d’une balle (de golf voire même de tennis !)

            - On arrive à la cause : dans les années 60 il y avait le cas des travaux réalisés dans la forêt de Fontainebleau pour la « percée » de l’autoroute du sud et qui avaient provoqué un bouleversement des courants d’air. On connait la fortune de la théorie du battement d’aile du papillon : c’était la même chose (1)

            - On a enfin les ressources pour effacer possiblement ces effets nocifs. La moyen âge a eu les prières pour obtenir de Dieu (ou de ses saints) la pluie ardemment désirée. Et puis on a eu les précautions à prendre : en effet, si le battement d’aile d’un papillon peut déclencher une tornade, il peut aussi l’empêcher. 

            - Mais surtout, on trouve paradoxalement la volonté de conserver ces perturbations : de quel ennui serait notre vie sans elles !

dimanche 6 août 2023

Vie quotidienne – Chronique du 7 aout

Bonjour-bonjour

 

Vous vous demandez peut-être de quoi est faite la vie d’un chroniqueur au mois d’aout, quand rien ne se passe, sauf les feux de forêt ou les inondations de campings ? Éh bien sachez-le : un chroniqueur-philosophe n’est jamais à cours de découvertes fort intéressantes – non pas parce qu’un philosophe a toujours quelque chose à dire, même quand on pourrait bien s’en passer – mais parce que ce sont les faits humains en apparence les plus banaux qui comportent le plus de révélations sur la vie.

 

- Ainsi de la météo à laquelle le public est particulièrement attentif, au point que les relevés du climat en été sont l’occasion des jugements « définitifs » sur qualité de la vie.

 


Août 1963 : la météo en Normandie

 

« Du vent, de la pluie, des températures qui peinent à dépasser les 20 °C. En cet été 2023, les Normands (et les touristes) peinent à garder le moral. Mais si ça peut en conforter certains, il y a soixante ans, en août 1963, il ne faisait que 3 °C à Caen, il y avait de la pluie et même de la neige sur l’Ouest. La une de « Ouest-France » parlait alors d’un « été pourri dans l’Ouest ». (Lu ici)

On s’est toujours intéressé au temps qu’il fait et les proverbes de nos campagnes montrent qu’on a continuellement cherché à prévoir le climat des mois à venir. Occasion de noter que dans les observations climatiques c’est l’avenir qui intéresse les observateurs : savoir non seulement le temps qu’il fait, mais aussi celui qu’il fera. Même un organisme sérieux comme la météorologie nationale y va de ses prévisions saisonnières, comme s’il ne suffisait pas de l’imaginer depuis sa fenêtre.

Toutefois l’essentiel pour le chroniqueur à l’affût de la nouveauté n’est pas dans ce qui se répète mais dans ce qui change. Or comme on vient de le noter, de nos jours aussi l’interrogation sur le climat ne résulte pas seulement du souci de savoir ce que je dois mettre dans ma valise, mais ce que ça révèle de l’état de la planète. Quand je rôtis sur la plage de la Baule, je m’imagine l’Amazonie entrain de flamber. Quand mon camping est inondé, c’est la mousson qui transforme les rues de Bombay en torrents qui me vient à l’esprit.

Et cette tendance est révélatrice non seulement de l’éco-anxiété, mais aussi de l’orientation générale et constante de l’esprit humain qui veut croire que ce qu’il observe aujourd’hui est révélateur de ce qui va advenir demain pour le monde entier.

Le sage est celui qui sait que demain n’est pas encore écrit et que, même s’il l’était, il ne nous serait pas permis de tourner la page du présent.

vendredi 21 juillet 2023

Avec nous le déluge – Chronique du 22 juillet

Bonjour-bonjour

 

S’il y a une chose qu’on ne pourra pas dire à titre d’excuse devant notre mollesse à lutter contre le dérèglement climatique, c’est qu’on ne savait pas. Jour après jour, record de chaleur après record de chaleur, il suffit de lire les études des scientifiques ou les rapports du GIEC pour le vérifier : c’était écrit noir sur blanc… il y a 20 ans. 

 

- Et aujourd’hui ? 

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais ce qui arrivera dans 50 ans me laisse de marbre : comme le disait Louis XV : « Après nous le déluge ». Qu’importe ce que sera le monde après notre mort ? Nous ne serons plus là pour le subir.

Seulement voilà : c’est aujourd’hui et pas demain que la chaleur nous accable et qu’on mendigote un peu d’eau potable. Le problème n’est pas pour nos enfants, mais pour notre génération – Et encore une chance si nous ne sommes touchés que par l’impossibilité d’aller visiter le Parthénon en plein mois de juillet. Car, en Grèce, il n’y pas que des monuments : il y a aussi des grecs qui réalisent qu’un jour très proche ils ne pourront plus vivre sur leurs terres dévorées par les incendies ou délavées par les pluies.

 

Vite ! Rectifions nos erreurs : que disent les scientifiques ? Qu’il n’est plus temps de lutter contre le dérèglement acquis : il n’y a pas de marche arrière au phénomène. La possibilité qui nous reste, c’est de nous adapter. Allons-nous peindre nos chaussées en blanc et réduire la taille de nos fenêtres ? Attendre la nuit pour l’apéro et remplacer notre barbaque grillée au bbq par des salades bien fraîches ?

C’est ça… a moins qu’on se contente de pousser la clim un peu plus histoire de vivre comme avant.

dimanche 20 mars 2022

Après nous le déluge – Chronique du 21 mars

Bonjour-bonjour

 

Autrefois il pleuvait des grenouilles et des crapauds. Aujourd’hui il « neige » du sable sur les pistes pyrénéennes. 

 

 


A Gourette Pyrénées atlantiques

 

« Blanche la veille, la robe des montagnes s’est parée d’une couleur ocre, à mi-chemin entre la terre battue de Roland-Garros et les dunes du Maghreb. Un phénomène qui n’est pas rare dans les Pyrénées, mais dont l’ampleur fut exceptionnelle et s’est étendue à tout le pays, cette semaine, entraînant une pollution marquée avec des risques pour la santé. » C’est ainsi que cet article commente l’image ci-dessus.

Ce phénomène, qui n’a épargné personne en France (voir les files de voitures en attente devant les stations de lavage automatique) est une illustration de la proximité entre les zones du globe. Message inquiétant : c’est comme si on nous disait « Attention au réchauffement climatique : le Sahara n’est pas si loin. Vous avez le sable aujourd’hui. Demain vous aurez la température et après-demain la sécheresse. »

Inquiétant, ce message est très signifiant ; car nous ne comprenons les faits que lorsque, comme saint Thomas, nous les touchons du doigt (1). Les cyclones, les incendies d’été, les inondations et les canicules, tout cela constitue des preuves irréfutables qui vont déclencher des réactions valables, certes, mais est-il encore temps de réagir ? Car la planète ne se « pilote » pas comme une voiture de tourisme qui peut encore freiner dans la descente pour éviter le crash. Les phénomènes que nous voyons ne sont pas arrivés comme cela d’un coup : les scientifiques en parlent depuis une cinquantaine d’années, mais nous sortons seulement maintenant du déni. 

Mais je suis encore trop optimiste : nous ne sortirons du déni que demain, plus tard, quand nos enfants seront grands et qu’ils auront les dégâts à réparer. Pour nous ça va encore.

Après nous le déluge.

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(1) Selon l’Évangile de Jean, Thomas refusa de croire à la résurrection de Jésus : « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point »

Jésus vint et dit à Thomas : « Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois ». Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! » (Jean 20, 24-29).