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mercredi 18 juin 2025

Météo : à quoi s’attendre cette semaine ? – chronique du 19 juin

Bonjour-bonjour

 

Voici le bulletin bien connu qui annonce le climat de la semaine à venir : « À la faveur de conditions anticycloniques bien installées, la chaleur va progresser au fil des jours et se renforcer. Les fortes chaleurs déjà présentes en ce début de semaine sur le sud vont ainsi gagner vers le nord, d’abord sur la façade Atlantique, puis les autres régions samedi. Le pic de chaleur sera probablement atteint samedi sur la moitié ouest, dimanche sur la moitié est. » (Lu ici)

 

 

La carte météo de la semaine à venir sur la France

 

Nous avons l’habitude de considérer que ces prévisions sont exactes lorsque les calculateurs sont assez puissants pour étudier les interactions des masses atmosphériques : le temps qu’il fera dans un avenir plus ou moins proche est connaissable – sinon connu – selon la puissance de nos ordinateurs.

Toutefois on peut aussi estimer que l’évolution des masses d’air n’est que probable, selon les forces auxquelles elles sont soumises et qui sont elles-mêmes très incertaines. L’avenir n’est alors plus écrit à l’avance, il ne deviendra prévisible que lorsqu’il sera l’effet nécessaire d’une évolution également définitivement établie.

Le philosophe aime à s'interroger : et si cette indétermination n'était pas l'effet de notre ignorance mais celui d'une "manière d'être" des choses ?

- Nous avons l’habitude de considérer que l’avenir est tout tracé, que ce soit par la conséquences de phénomènes naturels ou par le décret d’un destin supérieur. Est-ce bien sûr ? Nous croyons que toute la question est de savoir lire ce qui est écrit dans le grand livre de la Nature. Mieux encore : les découvertes scientifiques ne se font la plupart du temps qu’en considérant les phénomènes à découvrir comme prédéterminés par ceux que nous connaissons déjà. C’est ce que Claude Bernard avait fixé come règle il u a plus d’un siècle et demi : « Chez les êtres vivants comme chez les corps bruts, les conditions d'existence de tout phénomène sont déterminées de façon absolue. » 

Est-ce bien vrai ? Dans certains domaines, cet avenir n’est pas écrit à l’avance, il ne peut donc être pronostiqué que de façon probabiliste. Par exemple dans le domaine du climat on sait que les prévisions à plusieurs mois de distance ne sont absolument pas définitives.


mercredi 4 décembre 2024

Y aura-t-il de la neige en décembre ? – Chronique du 5 décembre

Bonjour-bonjour

 

Il arrive de temps à autre que, pour fuir la saturation des infos exclusives et entêtantes – telle que la crise politique de ces jours-ci – je recherche des informations a priori inintéressantes, soit parce qu’étant minuscules elles n’ont aucun contenu informatif, soit parce qu’elles sont d'une absolue banalité. 

Ainsi de cette information météorologique : « Arrivée d’air polaire ce week-end : d’abondantes chutes de neige attendues à des altitudes de plus en plus basses » (lu ici)

Voilà une information bien prévisible car oui, il y aura de la neige en décembre, que ce soit ici ou là. En plus c’est une info bien dérisoire concernant le temps qu’il va faire, qui alimente usuellement l’inessentiel comme de parler de la pluie et du beau temps.

Voilà l’info plus importante : pour éviter, tout en parlant, de parler de l’essentiel, il faut alimenter la conversation évoquant l’inessentiel. Car, qu’est-ce que l’inessentiel ? Un quasi néant, quelque chose qui est juste sur le bord du rien du tout, qui lorsqu’on en parle risque d'entrainer cette réponse : « Oui. Et alors ? ». Il faut avant d’en parler, s’assurer qu’on ne risque pas de se prendre un râteau de ce genre, en évoquant quelque chose qui de façon coutumière est un sujet pertinent de conversation.

Tel est bien la météorologie, comme si s’intéresser au temps qu’il va faire était sécurisant : en effet celui qui considère de telles infos comme utiles est quelqu’un qui n’a pas d’autres souci en tête : un heureux homme ! 

Pour savoir si vous êtes un homme comme cela, demandez-vous quel geste vous faites en premier en vous réveillant : allumez-vous la radio sur une station d’info 24/24 ? Ou bien ouvrez-vous les volets pour voir le temps qu’il fait ?

Voilà un test de bonheur bien facile à réaliser.

mercredi 7 février 2024

Amélie Oudéra-Castéra parie sur l’avenir – Chronique du 8 février

Bonjour-bonjour

 

Cet article paru hier est cruel pour la ministre de l’éducation : il la montre annonçant des mesures dont, malgré leur proximité, on n’est pas très sûr qu’elle sera encore là pour assister à leur terme.

Qu’on en juge : 

- « On doit aller plus loin et je ferai cette semaine des propositions », dit la ministre. Mais sera-t-elle encore là ? »

- « Quant au Pacte, elle annonce son évaluation le 14 février. Si la ministre est là… »

- « Amélie Oudéa-Castéra annonce « qu’une réflexion sera engagée sur le contour de ces programmes (de SES) ». Mais visiblement pas avant la fin de l’année. Et probablement sans elle… »

- Et pour finir ce définitif : « Devant vous il n’y a qu’une porte : celle de la sortie. Prenez-la » (Article référencé)

 

Laissant de côté les mésaventures de « A.O.P. » cette situation nous invite à réfléchir à l’avenir, du moins tel qu’il se trouve impliqué par notre vie. C’est en particulier cette frange d’avenir que nous estimons assez solidaire avec notre présent pour faire l’objet d’entreprises actuelles ayant pour effet présagé demain ou après-demain. On voit ainsi de jeunes couples acheter un pavillon avec une chambre pour leur futur enfant, ou bien faisant des économies pour leurs vacances aux Seychelles dans… 3 ans ( ?). Plus tard, les retraité iront acheter la dinde pour le très-prochain réveillon de noël. Mais encore plus tard, dans leurs EHPAD, se réveillant à 17 heures de leur sieste, ils attendront la camomille du soir…

La durée qui nous sépare de l’avenir va dépendre de celle de la vie déjà écoulée – et donc de celle qu’on peut espérer encore vivre. 

--> A ce constat, il convient d’ajouter la multiplication des aléas de l’existence : de même qu’en automne la météo est indécise quant aux dépressions qui vont traverser le pays, certains, comme madame Oudéa-Castéra, ont une météorologie personnelle très perturbée.

mercredi 9 août 2023

Ça balance dans le ciel de nos vacances – Chronique du 10 aout

Un pic de chaleur arrive ce mercredi en France : un pic de chaleur est attendu ce mercredi 9 août, avec un mercure qui culminera entre 30 et 36 degrés dans le sud de l’Hexagone, prévoit Météo France. Mais les fortes chaleurs ne devraient pas durer (lire la suite ici)

 

 

C’est un effet de « balancier » de masses d’air. Nous allons passer d’une masse d’air très fraîche, à une situation complètement inversée en milieu de semaine prochaine. L’anticyclone des Açores va remonter vers la France, et entraîner une masse d’air chaude d’origine subtropical, qui sera particulièrement impressionnante dans le sud-ouest de la France, où les températures pourront grimper de 15 à 20 degrés par rapport à ce week-end.

 

 

Bonjour-bonjour

 

Pour qui souhaite chroniquer l’actualité, cet été reste une source d’inspiration prolifique, avec ses troubles de la météo qui alimentent comme jamais le souci du temps-qu’il-fait. Chacun y va de son observation – observation du ciel mais aussi observation de son humeur car c’est bien la météo de nos états d’âme qui passe avant toute chose

Pour prendre un peu d’altitude, on est tenté de faire un portrait aussi fidèle que possible de ces commentaires du climat.

            - On est d’abord dans le jamais-vu. Les gens, surtout les plus âgés, se présentent pour dire que c’est la première fois qu’il voient ça – qu’il s’agisse de la rivière à sec, des torrents de boue dans les rues ou des grêlons qui sont forcément de la taille d’une balle (de golf voire même de tennis !)

            - On arrive à la cause : dans les années 60 il y avait le cas des travaux réalisés dans la forêt de Fontainebleau pour la « percée » de l’autoroute du sud et qui avaient provoqué un bouleversement des courants d’air. On connait la fortune de la théorie du battement d’aile du papillon : c’était la même chose (1)

            - On a enfin les ressources pour effacer possiblement ces effets nocifs. La moyen âge a eu les prières pour obtenir de Dieu (ou de ses saints) la pluie ardemment désirée. Et puis on a eu les précautions à prendre : en effet, si le battement d’aile d’un papillon peut déclencher une tornade, il peut aussi l’empêcher. 

            - Mais surtout, on trouve paradoxalement la volonté de conserver ces perturbations : de quel ennui serait notre vie sans elles !

samedi 18 juin 2022

Un coup de galerne sur les urnes ? – Chronique du 19 juin

Bonjour-bonjour

 

 La galerne, vous savez ce que c’est ? Il s’agit de ce coup de vent d’ouest qui a fait chuter les températures de 20° en une heure comme hier soir sur le Pays Basque. Brutal retournement, n’est-ce pas ?

Dans le même temps les élections en outre-mer ont déjà rendu leur verdict : « du côté de la majorité, la secrétaire d’État chargée de la mer, Justine Benin, a été battue en Guadeloupe, tout comme le sortant Lénaïck Adam en Guyane » (Lu ici)

 

Avouez que cette mise en parallèle est tentante, mais pour autant est-elle exacte ? Si j’en crois les météorologues, la galerne est un retournement des vents qui, du fait de sa soudaineté est difficilement prévisible : aurions-nous la même situation en politique où l’on voit une ministre mordre la poussière électorale ? Difficile à dire d’autant que les résultats des 14 autres ministres-candidats ne sont pas connus à l’heure actuelle. 

Pourtant on remarquera que ce genre de rupture brutale n’est pas si exceptionnelle en politique ainsi qu’en témoigne l’histoire romaine qui nous a légué ce célèbre dicton : « La roche tarpéienne est proche du Capitole » – qu’on emploie pour signifier qu’après les honneurs, la déchéance peut venir rapidement (1). 

Ce retournement de situation qui nous sidère quand il s’agit de météo ne devrait donc pas surprendre à ce point les élus de la nation. D’autant qu’autrefois on utilisait aussi  ce proverbe pour prévenir que la meilleure façon d’entrainer quelqu'un vers une chute mortelle, est de commencer par l'inviter à monter le plus haut possible. De telles situations abondent dans les romans de Balzac. Ces temps-ci les Rastignac ont proliféré dans les antichambres ministérielles.

Au fait : il y a le portefeuille de la mer à prendre.

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(1) « Arx tarpeia Capitoli proxima » : la roche en question est une sorte de falaise en plein cœur de Rome, à proximité du Capitole lieu du pouvoir dans la Rome antique. C’est du haut de cette falaise que furent jetés les condamnés à mort dont certains responsables politiques déchus. (Lire ici)

jeudi 16 juillet 2020

La météo de vos vacances – Chronique du 17 juillet

Bonjour-bonjour

 

Avez-vous remarqué combien la météo de ce mois de juillet est bidonnée ? En tout cas ma « météo-flash » qui sur mon smartphone devrait m’indiquer le temps qu’il fera dans une semaine est en évolution constante, chaque prévision étant modifiée d’heure en heure.

Comment s’y retrouver ? Comment savoir s’il faut partir en vacances avec le teeshirt ou le k-way ?

Certains seront tentés de recourir aux dictons et proverbes qui, venus du fond des âges, sont porteurs de la sagesse paysanne dont notre pays s’est nourri durant tant de siècles.

Voyons ça :

Jamais en juillet sècheresse n'a causé la moindre tristesse : ça ne dit pas s’il va pleuvoir sur le camping des Flots-bleus, mais seulement que, si ça ne se produit pas, on ne va pas en faire une maladie. C’est déjà ça… Mais qu’est-ce que je mets dans ma valise : teeshirt ou k-way ?

Qui veut bon navet, le sème en juillet : mais qu’est-ce que j’en ai à faire ? Ceux qui veulent cultiver leurs navets restent chez eux de toute façon, alors… 

Ciel de juillet rouge au matin, veut un pluvieux voisin : bon – voilà une prévision météo. Seulement elle n’est valable comme ma météo-flash que pour les heures qui suivent. Au-delà de midi, le ciel de matin ne m’apprend rien (Tient un nouveau proverbe ?)

Juillet sans orage, famine au village : bof… Moi, du moment que le Carrefour-city reste ouvert, ce qui se passe au village ne m’intéresse pas.

 

Bref : ce qui importait autrefois, ce n’était pas de savoir quel temps il va faire, mais comment il faut ressentir la chose. Je ne peux pas faire la pluie ou le beau temps, mais il dépend de moi d’en être ou joyeux ou triste. Et ça, c’est la preuve que les campagnes étaient beaucoup plus stoïciennes que nous ; et que peut-être nous devrions les imiter ?

Alors, k-way ou teeshirt ? La question n’est pas là : prenez les deux et préparez votre séjour en essayant de savoir ce que vous pourrez faire dans ce pays les jours où vous ne pourrez pas vous abrutir de soleil sur la plage. Y aurait-il dans les environs quelques villages avec des spectacles son et lumière ? Ou des fêtes des moissons avec rondes et sabotées sur la place de l’Église ?

lundi 11 novembre 2019

Une vague de froid va toucher l'ensemble de la France la semaine prochaine

« Après le passage de la tempête Amélie, c'est désormais une froid glacial qui va s'abattre sur l'Hexagone dès lundi 11 novembre. Un "épisode de vents violents, voire tempétueux est également à redouter sur les régions atlantiques et celles de la Méditerranée" et de grandes quantités de neige pourraient tomber sur les Pyrénées et les Alpes, dès 1 000 mètres d’altitude. » 

En matière météo, la nouveauté est double : d’une par on trouve de plus en plus de prévisions très précises énoncées en termes tout à fait courants de la vie quotidienne ; d’autre part, chaque changement dans les températures ou dans l’état du ciel est annoncé comme un évènement, comme ici lorsque le thermomètre va descendre un peu plus bas que d’ordinaire.
Il n’y a pas grande nouveauté pourtant : la prévision météorologique a toujours été prisée même si autrefois elle était l’apanage des anciens qui savaient décrypter la forme des nuages ou la direction du vent pour en déduire un changement de temps. D’ailleurs les dictons météorologiques sont restés nombreux dans la mémoire, avec des tournures peut-être un peu plus poétiques que les bulletins météos actuels - comme celui-ci « La rougée (= rougeoiement) du matin met la mare au chemin ».
On dit parfois que dans les conversations sans contenu on parle « de la pluie et du beau temps » - certes, mais au moins on se parle : on occupe un canal de communication. Les communications radio ou télé font exactement la même chose : sans intérêt, la météo nous attire quand même, suffisamment pour qu’on reste disponible à l’écoute. Bonne affaire pour les annonceurs publicitaires (1)
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(1) Rappelons ce que Patrick Le Lay, le PDG d’Europe 1 disait en 2004 : « Ce que nous vendons à Coca-Colas, c'est du temps de cerveau humain disponible »