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mardi 28 janvier 2025

Des puces jusque dans nos poubelles – Chronique du 29 janvier

Bonjour-bonjour

 

Au cours de cette année votre commune va peut-être l’annoncer : votre poubelle va être équipée d’une puce. Bien sûr il ne s’agit pas de cet indésirable petit insecte mais d’un équipement électronique bien dissimulé dans le conteneur :

- Voici comment les choses vont se passer :

« Le camion à ordures lève la poubelle, la bascule pour en vider le contenu dans sa benne et la repose au sol. Au passage, un ordinateur embarqué pèse la poubelle  deux fois - à la montée quand la poubelle est pleine, et à la descente, quand elle est vidée –  calculant  le poids des déchets ainsi collectés, tandis qu’est lue la puce, avec les coordonnées du foyer concerné. » (Lu ici)

- Les données correspondantes telles que le nombre de fois où la poubelle est vidée, sa localisation ou encore son poids, sont enregistrées afin de facturer la collecte en proportion. Il s’agit aussi, écrit notre article, de permettre aux ménages de « conscientiser leur consommation et gestion des déchets. »

« Conscientiser » : le mot est lâché. Nous n’avons pas conscience des « choses » mises dans notre poubelle – choses qui s’y transforment instantanément en déchets : tout s’anéantit en tombant dans notre poubelle.

Éh bien non : la réalité, c’est que le contenu de la poubelle va s'accumuler jusqu'à être collecté par camion, véhiculé jusqu’à une déchetterie et incinéré. 

--> Ça coute cher et c’est mauvais pour le dégagement de Co2 !  Grâce à la surveillance de ma poubelle, je pourrai dire par exemple au vu de ma facture : « J’ai produit 150 kilos de néant cette année : c’est encore trop ! »

 

Tout ça c’est quand même un peu hard, ne trouvez-vous pas ? Qu’on espion surveille votre poubelle, la pèse, en calcule le coût, détermine la fréquence de collecte (pas plus d’une fois toutes les trois semaines : vous n’oublierez sûrement pas de la sortir en été après le repas de sardines grillées). De toute façon, chaque collecte coûtera 1,20 € par ménage, le double pour des familles utilisant des bacs de 240 litres : ça en tout cas vous ne l’oublierez pas.

Et le climat ? Ces dispositifs permettent non seulement de mesurer la quantité de déchets jetés mais aussi d'optimiser la fréquence de la collecte, réduisant ainsi l'empreinte carbone liée au traitement des ordures. 

- Mais, je vous sens quand même mécontent : vous n’aimez pas être espionné dans vos actes – 

même les plus insignifiants. Il ne s’agit pas en effet de mettre un mouchard sous votre voiture, mais simplement de contrôler combien de fois vous jetez quelque chose : même ça vous parait invasif, surtout que ce n’est peut-être encore qu’une début. 

- Imaginez un peu : la consommation d’eau est devenue beaucoup trop importante compte tenu de la sécheresse estivale : on va vous inciter à moins consommer. Or, un usage surconsommateur, c’est la chasse d’eau. Bientôt grâce à une puce sur le mécanisme de votre chasse d’eau on saura combien de fois vous la tirez. Vous qui la faites fonctionner juste après un petit pipi, sachez que votre geste sera enregistré, comptabilisé et facturé pour ce qu’il est : du gaspillage.

Pour faire des économies vous devrez faire pipi en prenant votre douche.




dimanche 19 janvier 2025

Déblayer les rues de Mayotte – Chronique du 20 janvier

Bonjour-bonjour


Lu dans la presse ce matin : « À Mayotte, ça commence à puer, il faut vite qu'on réagisse : après le cyclone Chido le nettoyage de l'île est devenu indispensable »

 

Le lecteur-philosophe s’arrête de lire et se prend à réfléchir : le nettoyage de Mayotte, suite au ravage du cyclone invite à réfléchir sur les déchets en général, sur leur origine, sur leur existence, sur leur élimination. Autant dire que les philosophes sont mobilisés – mais d’ailleurs ils n’ont pas trop à se forcer tant « le » déchet a sollicité ceux qui réfléchissent sur les modes d’existence en général et sur celui des déchets en particulier. Le questionnement n’a cessé de régresser vers leurs causes premières depuis les décennies passées. 

1) En effet, la question était autrefois : « Que faire des déchets ? ». Comme les espèces animales nous avons été sollicités par la question de leur élimination. De même que l’oiseau fait ses besoins en dehors du nid, les humains se sont débarrassés de leurs déchets, parfois en les regroupant dans des lieux dépotoirs. Les archéologues qui fouillent les forteresses médiévales le savent : dans les latrines on retrouve bien des objets mis au rebut, cassés ou devenus sans usage.

2) Mais aujourd’hui, le questionnement est remonté dans la hiérarchie des interrogations sur le mode d’existence. Ainsi le déchet n’est pas un absolu : nos excréments sont bien des déchets par rapports à nous, ils sont même le tout premier de nos déchets, mais ils sont aussi un produit complexe et très précieux si on les considère en rapport avec l’usage qu’on peut en faire – pour l’horticulture par exemple, le crottin de cheval est considéré comme de l’or pour le potager. A partir de quand quelque chose sort-il de l’inexistence pour accéder au statut de réalité ? Faut-il donc considérer que les déchets nous révèlent que rien n’existe dans l’absolu, mais seulement en rapport avec l’usage qu’on peut en faire ? 

3) Et donc nous voici au niveau métaphysique : que penser de l’existence qui n’a pas de réalité absolue, mais seulement prise dans un système de relation, de telle sorte que le complexe (la société par exemple) serait antérieur à l’élémentaire (l’individu) ?

4) Mais alors, finie l’opposition entre l’existence et l’inexistence : ce qui a péri ici, peut être repris et ressuscité là. Les tôles du bidonville de Mayotte, arrachées par l’ouragan ici peuvent être récupérées plus loin pour reconstruire un nouvel abri.

5) Et même la mort : ne serait-elle pas un état transitoire, simple parenthèse entre deux formes de fonctionnement selon des contextes différents ? Et donc la cryogénisation aurait de l’avenir

 

 

 

… sauf qu’on ne sait pas le quel.

lundi 17 juin 2024

Monsieur Purgon – Chronique du 18 juin

Bonjour-bonjour

 

Comme du temps de Molière où la médecine traditionnelle trouvait dans la purge un moyen de purifier les corps et de chasser la maladie …

 


… les partis politiques cherchent aujourd’hui dans l’éviction de certains membres non alignés sur les choix du leader le moyen d’affermir le groupe en le purifiant de ces adeptes indésirables. On aura reconnu le non renouvellement d’investiture de certains membres de la France Insoumise gouvernée par J-L Mélenchon.

Ces purges, célèbres du temps de Staline, ont ceci de particulier que les indésirables sont vus comme des déchets secrétés par l’organismes et considérés par les médecins de Molière comme des impuretés. 

- Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ces « insoumis » ne sont pas vu comme des corrupteurs qui attaquent les idées dirigeantes, mais comme des résidus délétères irrécupérables, mal peut-être inévitable, mais dont la destruction seule peut éviter les méfaits.

Dans le cas des investitures, il y a deux dérapages à signaler :

            * L’un qui constate que ces non alignés ne sont pas des déviants, mais qu’au contraire c’est la ligne du parti qui prend le mauvais chemin.

            * D’autre part que cette éviction est la décision d’un homme seul, oubli pernicieux de la démocratie.

Il est vrai que la décision de dissoudre l’Assemblée n’a pas non plus été un modèle de choix démocratique.

mercredi 29 mai 2024

La Corée du nord bombarde le sud – Chronique du 30 mai

Bonjour-bonjour

 

PQ, déchets, excréments d'animaux : La Corée du Nord envoie des ballons remplis d'immondices au Sud 

 

Ces photos montrent des ballons blancs transportant des sacs-poubelles remplis de détritus et ce qui semble être des excréments.

 

« Déchets, papier toilette et d'excréments d'animaux. Ce mercredi 29 mai, des médias ont rapporté que la Corée du Nord avait envoyé vers le Sud des ballons remplis d'immondices, dans le cadre d'une opération selon l'armée sud-coréenne. » (Lire ici)

Les actions du Nord « violent clairement les lois internationales et menacent sérieusement la sécurité de notre peuple », déclare l'état-major interarmées, qui affirme que certains des ballons contenaient des déchets.


- Cet étrange procédé pourrait constituer une réponse aux militants sud-coréens qui lâchent parfois des ballons transportant des tracts de propagande contre le pouvoir nord-coréen et de l'argent destinés aux personnes vivant au nord de la frontière.

- De la m*** en échange d’argent : voilà qui aurait ravi Sigmund Freud. Mais si ces bombardements paraissent être de la propagande, ce n’est certes pas pour propager la théorie psychanalytique, mais bien pour faire connaitre l’idée que le Nord se fait du Sud.


- Pour nous qui ne sommes pas coréens, le message porte plutôt sur la révélation de l’état dans lequel nous mettons la planète, à savoir qu’elle est tellement saturée d’immondices que ceux-ci nous reviennent par un effet boomerang.

Ce « retour à l’envoyeur » se produit dès maintenant sans aucun procédé artificiel, par le simple effet de la mondialisation : le CO2 produit ici s’échange avec celui qui est produit en Chine ou ailleurs, mais c’est toujours du CO2.

samedi 6 janvier 2024

La fast fashion a tout envahi – Chronique du 7 janvier

Bonjour-bonjour

 

Cet article est consacré aux « Boites à livres », ces endroits où des gens déposent les livres dont ils ne veulent plus préférant les donner plutôt que de les jeter.

En voici un extrait : « On ne jette pas les livres. Nous les revendons de plus en plus, mais aussi, donc nous les partageons. Il est intéressant de noter que même les Tracts Gallimard, vous savez, ces brefs essais, imprimés sur du papier recyclé et vendus moins de 4 euros, se retrouvent dans ces boîtes à livres. Ils sont moins chers et moins épais qu’un magazine, oui, mais ce sont des livres. Et donc, on ne les jette pas. Il y a quelque chose de presque anthropologique là-dedans. » (Extrait du Podcast d’Anne Rosenger)

 

Toutefois, regardez cette photo :



- J’ai réalisé cette photo en août 2022 chez Emmaüs à Reims. Il s’agit d’un container à déchets où les donateurs d’Emmaüs sont priés de déposer les livres qu’ils apportent et qui sont systématiquement rejetés. En bonne position un volume de l’Encyclopaedia Universalis, qui était entouré des autres volumes constituant une série complète.

Sans parler des ouvrages qui environnent ces volumes de l’Encyclopédie, et en rappelant les fantasmes de culture qui dans les années 70 ont accompagné le développement de cet ouvrage (on allait jusqu’à s’endetter pour l’acquérir), on relativise fortement le constat optimiste du Podcast cité aujourd’hui. Non, les gens ne respectent plus les livres, ils les jettent parce qu’on ne peut plus les donner : plus personne n’en veut. Même Emmaüs n’en veut plus, c’est encombrant et ça ne se vend pas.

 

- Songeant qu’autrefois on aimait transmettre en héritage nos bibliothèques, j’en viens à me demander « Et vous, qu’aimeriez-vous transmettre à vos descendants ? »

Pas votre smartphone bien qu’il soit votre objet chéri, celui sur lequel vos mains ont déposé le plus d’ADN : qui donc voudrait d’un pareil héritage ? Vous-mêmes allez le jeter dans quelques années, voire même dans quelques mois pour le remplacer par un appareil de nouvelle génération. Les modèles anciens se revendent certes, mais « reconditionnés » pour faire croire qu’il s’agit d’un objet doué d’une nouvelle vie. Pourriez-vous donner en héritage un meuble, bureau, table de cuisine, fauteuil ? Ils seraient dans le logement de vos enfants en compétition avec les meubles Ikéa jugés mieux adapté et de meilleure apparence. 

Mais surtout, qu’avons-nous à faire avec ces témoignages du passé ? Autrefois on croyait qu’ils bénéficiaient d’un surcroit de puissance et d’efficacité issues de l’usage de plusieurs générations. Mais aujourd’hui, tout cela n’a plus lieu d’être : la fast fashion ne concerne pas seulement le vêtement : elle concerne aussi notre environnement hightech, mais aussi nos appartements, nos loisirs, nos moyens de déplacement. Nos objets n’ont plus le temps de vieillir.

Et nous-mêmes ? 

mercredi 15 mars 2023

Merci les éboueurs ! – Chronique du 16 mars

 


 

Bonjour-bonjour

 

Qu’est-ce qu’on dit aux éboueurs ? On leur dit un grand merci ! Non pas de façon ironique comme on pourrait le croire, mais tout à fait sérieusement. Car la grève des éboueurs nous met face à notre production de déchets : ces sacs poubelles qui s’amoncellent dans les rues, matérialisent en effet le volume de cette production, accumulé depuis 10 jours. On nous dit qu’il faut réduire ce volume parce que chaque année en France, un habitant produit 354 kg d'ordures ménagères (Lire ici) – mais on n’en a rien à faire, parce que c’est terriblement abstrait. Or là ça se voit… et ça se sent.


La formule du philosophe : Le déchet est l’impensé du monde moderne

Et voici comment : 

            - En temps normal, qui donc se soucie de ce que deviennent ses aliments une fois avalés et digérés ? Et ses bouteilles d’eau ? Et ses vieilles chaussettes ? Et ses ordinateurs usagés, ses voitures mises à la casse ? Personne. Mais là, on ne peut détourner la tête, notre consommation est aussi production de déchets. 

            - Toutefois, l’illusion peut continuer quand même : je veux parler de l’illusion de la destruction du contenu des poubelles. Car nous savons que tous ces sacs, une fois collectés, sont conduits vers le « Grand Incinérateur » d’où ils partiront en fumée. De nos déchets ne reste que de la fumée… autrement dit pour le moins du CO2, déchet ultime et principal sous lequel étouffe la Nature. 

            - Bien sûr, il y a le recyclage, et chaque année on marque des progrès dans ce domaine : les déchets peuvent devenir matière première pour de nouvelles productions : la vieille bouteille plastique devient pullover, qui une fois usagé deviendra fibre pour faire des revêtements de routes, etc.

Mais qui ne voit que chaque nouvel emploi suscite de nouveaux déchets ? N’avons-nous pas dit que la fumée des incinérateurs envoie dans l’atmosphère ce déchet ultime qu’est le CO2 ?

lundi 6 mars 2023

L’éternité ou à peu près – Chronique du 7 mars

Bonjour-bonjour

 

Il y a des pays où le paradis est déjà là, sur terre, ou à la rigueur juste en dessous, en creusant un peu. Ce paradis c’est celui des archéologues, ce pays, c’est l’Égypte.

Car où donc pouvez-vous espérer retrouver des vestiges de l’antiquité, parfaitement conservés sous un mètre de sable ?

 

- Voyez ceci :

 


Vu et lu ici

Il s’agit d’un sphinx « souriant à deux fossettes », qu’on vient de retrouver en Egypte, dans une tombe, près du temple d’Hathor, et qui serait à l’effigie d’un empereur romain. Pour faire bonne mesure on a aussi trouvé à ses côtés une « stèle romaine gravée en démotique et en hiéroglyphe », qui pourrait évoquer, selon l’équipe égyptienne en charge des fouilles, « l’empereur romain Claudianoius ». Pour un peu on avait un nouvel exemplaire de la pierre de Rosette !

Et tout ça, ce n’est même pas une nouveauté, ça arrive chaque mois depuis plus d’un siècle. Quel pays a donc légué autant de merveilles aux hommes des millénaires suivants ? Personne – du moins pas avec une telle réussite. Alors, j’entends bien que ce n’était pas forcément pour nous que ces vestiges étaient fabriqués, mais pour des dieux à la pérennité des quels il fallait se hausser. Mais justement, quand les égyptiens de l’antiquité fabriquaient des représentations d’eux-mêmes et de leurs pharaons, c’était pour que l’éternité ou à peu près en profite.

 

Et nous, à qui adressons- nous des messages ? A quelle génération future cherchons-nous à léguer le souvenir de ce que nous sommes ?  Personne, du moins pas de façon intentionnelle. D’ailleurs nous avons constitué une civilisation qui efface soigneusement ses traces, comme si la honte de laisser derrière nous le souvenir de ce que nous fumes nous hantait. Vous ne me croyez pas ? Mais demandez-vous alors ce que deviennent les ruines de nos villes, de nos supermarchés, de nos aéroports ? Car n’en doutons pas ces ruines existent, mais la société de consommation que nous avons mise en place s’évertue les détruire à les effacer – mieux même à prévoir, dès leur conception, leur anéantissement prochain. (1)

Les archéologues de demain ne retrouveront de nous que des déchets impossible à retraiter.

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(1) Quand nous édifions une pyramide, telle que celle du Louvre, elle est en verre et on devine qu'elle n'a pas été prévue pour défier les siècles. 

dimanche 25 septembre 2022

Adopte un livre – Chronique du 26 septembre

Bonjour-bonjour

 

Une petite info, glissée au milieu de nouvelles plus lourdes et plus retentissantes retient mon attention ce matin : il s’agit du marché du livre d’occasion.

Cette enquête du Monde nous l’apprend en effet : ce marché est florissant et bien des volumes, qui autrement se retrouveraient à la poubelle, trouvent preneurs pour une nouvelle vie auprès de gens qui sont sensible à leur charme « vintage ». Et de citer entre autres Emmaüs. (Lu ici)

On se demande si cet article est bien informé, car il y a 3 semaines c’est justement chez Emmaüs Reims que j’ai pris cette photo : 

 


Il s’agit d’un container à déchets où les donateurs d’Emmaüs sont priés de déposer les livres qu’ils apportent et qui sont systématiquement rejetés. En bonne position un volume de l’Encyclopedia Universalis, qui était entouré des autres volumes constituant une série complète. Quand on songe au fantasme de culture qui soutenait dans les années 70 cette collection, que certains acqueraient au prix fort assortie d’une bibliothèque spéciale, taillée sur mesure, dans laquelle on pouvait en outre placer les suppléments périodiques, on reste pantois devant un tel renversement de valeurs. 

 

- Reversement qui d’ailleurs apparait de façon généralisée dans le domaine du livre : le voici devenu bien de consommation qui peut (qui doit ?) être mis à la poubelle après usage. Les « Boites à livres » sont une sorte de bouée de sauvetage, juste avant la poubelle, pour ces livres dont nous ne voulons plus et dont on suppose d'ailleurs que personne ne veut, ni à prix d’occasion, ni donnés suite à un « désherbage » de bibliothèque (1). Il m’est arrivé de transmettre des livres à des amis sous réserve qu’ils s’engagent à ne pas me les rendre.

- Renversement … ou pas ? Pourriez-vous dire quel sentiment vous avez eu la première fois que vous avez placé un livre dans une poubelle ? Car, ce que les éditeurs n’avaient pas réussi à faire, avec leur livres de poche dont les pages s’arrachent à la lecture, voilà qu’un désintérêt nouveau le fait. Et qu’on ne stigmatise pas les liseuses électroniques, car cette descente du livre à l'enfer du pilon ne les a pas attendues

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(1) Sur ce « désherbage » on lira cet étonnant document consacré à la méthode Ioupi qui énumère les critères permettant d’évaluer la "qualité" des ouvrages promis à la poubelle.

On apprendra ici que ces critères sont destinés à "séduire des usagers de plus en plus volages"

lundi 29 août 2022

De la pureté au 21ème siècle – Chronique du 30 août

Les doutes et les hésitations sur l’avenir du monde commençant à me fatiguer les neurones, voici une info qui devrait les reposer : l’accumulation des poubelles dans notre cuisine.

 

 

Bonjour-bonjour

 

Une info anodine en apparence mais forte de conséquence sur notre vie quotidienne : en 2024 le compostage obligatoire entrera en vigueur partout en France. Il sera donc nécessaire de trier nos déchets organiques… dans une poubelle spéciale avant d’aller les déposer dans un composteur (public ou privé).

 

Banal me direz-vous… Oui, mais un peu trop : combien de fois avons-nous déjà été obligés d’ajouter une poubelle dans notre cuisine pour satisfaire aux nouvelles obligations du tri sélectif des déchets ménagers ? 3 fois ? 4 fois ? Plus encore ? Vous n’en savez rien et c’est bien normal. 

Faisons le compte ensemble :

            - Une poubelle pour les déchets organiques (nouvelle loi : cf. ici)

            - Une poubelle pour les recyclables

            - Une poubelle pour le verre

            - Une poubelle pour tout ce qui n’entre pas dans les précédentes.

Soit 4 poubelles qui peuvent se loger dans un élégant meuble qui leur est réservé :


Vu ici


Et on devine que ce n’est pas fini, les papiers-cartons étant encore mêlés aux autres recyclables, ainsi que les pots de yaourts, les bombes aérosols, etc.

L’explication officielle pour comprendre cette inflation est… la réduction des déchets : aurait-on moins de déchets après les avoir répartis dans quatre poubelles différentes plutôt que de tout mettre en une seule ? On en doute ; tout juste peut-on espérer qu’à trier comme ça tous les jours nos rejets on finira par éviter d’en faire, sans quoi ça deviendra un emploi à plein temps.

o-o-o

Pour qui philosophe le regard fixé sur l’horizon de l’histoire, le défi est de faire entre ça dans une conception de l’évolution humaine. Sommes-nous devenus des homos-recrementum, expression savante pour désigner les hommes qui se définissent par leur souci du déchet (1) ? Sans doute et le souci d’en venir au « zéro déchet » signifie pour beaucoup accéder à la pureté absolue : une sorte d’ascèse spirituelle pour qui n’en aurait pas d’autres.

Chaque époque a la sainteté qu’elle peut – et qui la définit.

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(1) Recrementum qui a donné « récrément » en français désigne les ordures, impuretés dans la mesure où elles sont mélangées à une autre substance. Récrément désigne aussi les sécrétions qui restent dans l’organisme à la différence des excréments. Lire ici

jeudi 22 août 2019

AU G7 À BIARRITZ LES INEGALITES HOMMES/FEMMES SERONT DÉNONCÉES

Le RAC, qui fédère 32 associations nationales et locales, dont Greenpeace, la LPO, Oxfam France ou le Secours catholique, a dénoncé la décision de l’Elysée de "limiter le nombre d’accréditations des ONG" et de "les garder à l’écart du sommet". "Le gouvernement ne daigne accorder qu’un quota de 25 accréditations pour les ONG, contre près d’une centaine les années précédentes", précise le RAC, qui regrette "une atteinte à la liberté d’expression de la société civile. (Lire ici)
Le G7 serait donc devenu la tribune où la déforestation de l’Amazonie et la dissémination des sacs en plastique pourraient être dénoncées ? Oui, mais pas seulement : dans le même temps à l’Elysée des rencontres vont se succéder pour discuter de l’égalité hommes-femmes, de la lutte contre les inégalités ou de la protection du climat, qui sont les principaux thèmes mis en avant par la France pour le G7. Autrement dit, sur le même plan et avec la même urgence, les inégalités – y compris les inégalités homme/femme – vont être débattues.

- Du coup, voilà que les femmes peuvent se redresser fièrement : leur combat est en passe d’être gagné ! Non pas que les inégalités qui obèrent leur vie soient supprimées, mais bien que les injustices dont elles sont victimes deviennent aussi évidentes et – surtout – aussi scandaleuses que la grande gyre du Pacifique ! 



(Un continent de déchets)
Pourquoi la reconnaissance de tels droits reste si problématique qu’il faille en débattre en un tel lieu = le G7 –  et aujourd’hui encore = août 2019 ?
Y aurait-il des résistances économiques ? S’expliqueraient-elles par le fait qu’une telle égalité menacerait l’économie des pays les plus riches du monde ? Ou bien certains seraient ils persuadés qu’elle serait injustice à l’égard des hommes qui, valant plus que les femmes, doivent en toute justice gagner d’avantage ?

jeudi 11 octobre 2018

MÉGOTS DE CIGARETTES: LA RÉGION DE BRUXELLES ENVOIE LA FACTURE À L'INDUSTRIE DU TABAC

La région de Bruxelles a demandé à l'industrie du tabac de régler les frais liés à la collecte des mégots de cigarettes jetés dans la rue, qui représentent une part croissante des déchets, dans un courrier dont l'AFP a obtenu copie mardi.
La lettre a été adressée lundi à la filiale Benelux du géant américain Philip Morris et à deux fédérations belges de fabricants (Cimabel pour les cigarettes et Fetabel pour le tabac).
Elle sollicite la participation à des frais déjà engagés de quelque 200.000 euros, ainsi que le financement de futures actions "dans une logique de partenariat pérenne". Lu ici.

« Logique de partenariat pérenne » : quésaco ?
- Déjà, observons qu’il s’agit de mettre en relation le producteur (de futurs mégots) et le consommateur -  en l’occurrence, et puisque le fumeur ne mange pas ses vieux mégots, le ramasseur de clops.
Autrement dit, le fabricant de cigarettes a sans le vouloir aussi fabriqué des vieux mégots de cigarettes – dont il a la charge. Après tout, personne n’a voulu acheter ces mégots, et le fumeur, s’il le pouvait en déduirait bien le prix de celui du paquet.
- Partenariat pérenne : le vendeur est partenaire du service de nettoyage : la place doit rester nette après comme avant ; à charge pour le fabricant de concevoir son produit de sorte qu’il n’encombre pas le terrain après usage. Peut-être inventer des mégots qui se délitent rapidement avec l’eau de pluie ? Ou bien qui, mélangés avec un parfum de vanille pourraient se grignoter pour passer le temps ? A quand les sceaux de mégots à picorer au ciné à la place des sceaux de pop-corn ?

Au fond rien de bien original ici : les fabricants d’automobiles, tout comme ceux qui font des canettes de coca investissent dans le recyclage des déchets que sont devenus leurs produits.

Le seul moyen d’éviter cela, c’est de supprimer la phase déchet. Une voiture dont les pneus se régénèreraient au fur et à mesure de leur usure ; des canettes qui se digèreraient toutes seules en se vidant.
Justement, puisqu’on parle d’auto-transformation : imaginez une invention permettant à certains produit en plastique de se modifier à température ambiante de sorte qu’en ressortant les produits d’une boite à déchet, on ait quelque chose de propre et de neuf (même si ce n’est pas le même qu’on y avait introduit).


Mon cerveau encore un peu embrumé me le susurre : une boite marquée dessus « Préservatifs usagés » Vous savez ce qui va entrer là dedans. Mais imaginez-vous ce qui pourrait, grâce à cette innovation, en ressortir ?