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jeudi 27 novembre 2025

Le spiritualisme scientifique – Chronique du 28 novembre

Bonjour-bonjour

 

Ce matin, alors que je visitais les news sélectionnées par Google pour moi-tout-seul, je tombe sur une info qui – à son tour – m’a fait tomber de ma chaise. Voyez plutôt : « Une physicienne formule mathématiquement ce qu’Einstein pressentait : la conscience précède la matière »

Et de poursuivre : « Le temps, l’espace, la matière ne seraient que des manifestations secondaires d’un champ de conscience fondamental. » 

A qui donc doit-on cette découverte ? Il s’agit de Maria Strømme, « scientifique rigoureuse, spécialisée en nanotechnologie et science des matériaux à l’Université d’Uppsala (Suède). » (Lire ici)

 

Bon. Je devine que la revue « Sciencepost » – qui se présente comme « magazine d’actualité et de vulgarisation scientifique » – est en train de broder sur un champs théorique bien plus limité relevant des mathématiques pures, lorsque les scientifiques se risquent à franchir les bornes de l’observation pour faire fonctionner les équations selon les seules lois des mathématiques. Beaucoup de découvertes fondamentales ont été faites à partir de là ; beaucoup d’erreurs aussi. La science progresse ainsi : pourquoi s’en étonner ?

- C’est qu’on est quand même frappé par la ressemblance entre ces hypothèses et les cosmologies orientales, telles que l’Inde nous en a donné l’exemple. Selon elles il existe une entité non matérielle, semblable à ce qu’on appelle usuellement « l’esprit » – et ici rebaptisée « conscience » – qui est une substance s’étendant de manière indifférenciée de l’Univers à l’individu, le quel n’en est en fait qu’une aliénation : l’esprit universel est piégé dans la différenciation du corps, fait de matière par laquelle l’individu se sépare du Grand Tout.

- Et que dit notre physicienne selon SciencePost ? « Dans ce cadre théorique, les consciences individuelles ne sont pas des îlots isolés produits par des cerveaux séparés. Elles constituent des portions d’un champ de conscience plus vaste et interconnecté, comparable à des vagues à la surface d’un océan unique. Notre sentiment de séparation, notre impression d’être des entités distinctes, découlerait d’une perception limitée de cette réalité unifiée. »

C’est un simple décalque des philosophies orientales qu’on prétend cautionnées par la science du seul fait qu’elles sont introduites dans un champs d’investigation mathématisé.

Pas besoin de se fatiguer les neurones : les Vedas avaient déjà prévu la venue de Jésus Christ ; ils ont bien pu deviner aussi qu’Einstein viendrait aussi.

vendredi 25 octobre 2024

Et la foi, b*** ? – Chronique du 26 octobre (2)

Bonjour-bonjour

 

La décision de Rachida Dati de faire payer l’entrée de la cathédrale Notre-Dame de Paris soulève bien des polémiques, en particulier de la part de Pierre Ouzoulias (PCF) qui déclare : « Je ne comprends pas la distinction que madame Dati fait entre les visiteurs culturels et cultuels » (Lu ici). Pour lui un visiteur est un visiteur avec la mêmes droits et les mêmes devoirs que quiconque effectue une entrée dans l’édifice religieux. 

En réalité il oublie simplement une chose : la foi grâce à laquelle le visiteur « cultuel » ressent cette visite comme la présentation du divin dans le monde et qui échappe à l’évaluation comptable. 

Malgré tout, il faut avouer qu’à première vue les deux se confondent et que – situation exceptionnelle – le touriste peut fort bien au cours de la visite se transformer en croyant touché par la grâce de la foi.

Telle fut la situation de Paul Claudel qui assistant à Notre-Dame aux vêpres le 25 décembre 1886, fut saisi par l’illumination qui produisit sa conversion : « En un instant mon cœur fut touché et je crus. » (Paul Claudel, texte écrit en 1913 à lire ici)

Alors, aurait-il fallu faire payer l’entrée à Claudel le 25 décembre 1886 ? Car on aurait pu le considérer comme un mécréant venant juste profiter de l’ambiance et des chants religieux. Mais qui donc aurait pu négliger le fait qu’il pouvait, comme n’importe quel visiteur, être illuminé par la Gloire de Dieu ? 

Bref, imaginer des fonctionnaires en charge de dire qui croit et qui ne croit pas est simplement ridicule.

En Espagne où les cathédrales ont une entrée payante, celle-ci devient gratuite au moment des offices. Il est vrai qu’en France les visites sont interdites à ce moment. Mais ça revient toujours au même : tracer une ligne de démarcation entre ce qui est spirituel et ce qui ne l’est pas.

- Tenter de le faire signale l’absence totale de spiritualité.

mardi 27 juin 2023

La communauté Saint-Jean et le Zizi spirituel – Chronique du 28 juin

Bonjour-bonjour

 

L’opinion publique est effarée par le rapport récemment publié (voir ici) sur les abus sexuels reconnus comme « systémiques » commis dans leur communauté et dont fait partie le cas détaillé par ce rapport d’Alix Parmentier, cofondatrice de la branche féminine de Saint-Jean. Elle-même victime de Marie-Dominique Philippe, elle agressera ensuite sexuellement de jeunes hommes.

Comme souvent dans de pareils cas, il ne s’agit pas simplement de moments de licence que s’autoriseraient des membres de la communauté, mais bien d’un système d’interprétation des actes sexuels qui sont ainsi l’objet d’une véritable initiation. « Ces gestes étaient présentés comme une exigence de cet amour qui consiste à accueillir l’autre vraiment, y compris dans la chair. » (Art. cité)

Concernant Alix Parmentier, un jeune homme qui fut l’objet de cette initiation, analyse ainsi la situation : « Lors d’un entretien, alors que le jeune homme lui confie ses « tentations de la chair » en entretien à teneur spirituelle, un glissement s’opère. Il déclare « Elle m’emmena quelques jours à Fribourg. Là nous étions logés dans des chambres contiguës : j’entrai dans sa chambre et nous avons fini nus sur le lit, sans aller plus loin que nous enlacer, caresser et nous embrasser (il me semblait que pour elle s’il n’y avait pas de pénétration, nous restions chastes). (…) Toute la spiritualité consistait à stimuler ce fameux amour d’amitié le plus possible puis à l’offrir en holocauste. (…) » (Id.)

 

On dira qu’il ne s’agit que de subterfuges inventés juste pour justifier le péché. Soit. Mais ne pourrait-on y voir aussi une tentative plus générale, voire même universelle, pour donner à la sexualité un sens spirituel ? Ne trouverait-on pas la recherche d’un tel sens dans la pratique de certains amoureux qui sont tellement émerveillés l’un de l’autre qu’ils ne peuvent faire l’amour sans donner à leurs gestes et à leurs sensations de telles interprétations complètement décalées de la réalité « terrestre » ? D’ailleurs y aurait-il là quelque chose de scandaleux alors que le sens « biologique » de l’acte sexuel ne transparait pas dans son accomplissent ?


- Dans ce cas la communauté Saint-Jean devait trouver un réconfort en pensant qu’ils n’ont failli que dans la mesure où leur règle ne tenait pas compte de ce penchant à spiritualiser tout ce qui existe y compris la sexualité.

Après le « Zizi-sexuel », voici le « Zizi-spirituel ».

lundi 29 août 2022

De la pureté au 21ème siècle – Chronique du 30 août

Les doutes et les hésitations sur l’avenir du monde commençant à me fatiguer les neurones, voici une info qui devrait les reposer : l’accumulation des poubelles dans notre cuisine.

 

 

Bonjour-bonjour

 

Une info anodine en apparence mais forte de conséquence sur notre vie quotidienne : en 2024 le compostage obligatoire entrera en vigueur partout en France. Il sera donc nécessaire de trier nos déchets organiques… dans une poubelle spéciale avant d’aller les déposer dans un composteur (public ou privé).

 

Banal me direz-vous… Oui, mais un peu trop : combien de fois avons-nous déjà été obligés d’ajouter une poubelle dans notre cuisine pour satisfaire aux nouvelles obligations du tri sélectif des déchets ménagers ? 3 fois ? 4 fois ? Plus encore ? Vous n’en savez rien et c’est bien normal. 

Faisons le compte ensemble :

            - Une poubelle pour les déchets organiques (nouvelle loi : cf. ici)

            - Une poubelle pour les recyclables

            - Une poubelle pour le verre

            - Une poubelle pour tout ce qui n’entre pas dans les précédentes.

Soit 4 poubelles qui peuvent se loger dans un élégant meuble qui leur est réservé :


Vu ici


Et on devine que ce n’est pas fini, les papiers-cartons étant encore mêlés aux autres recyclables, ainsi que les pots de yaourts, les bombes aérosols, etc.

L’explication officielle pour comprendre cette inflation est… la réduction des déchets : aurait-on moins de déchets après les avoir répartis dans quatre poubelles différentes plutôt que de tout mettre en une seule ? On en doute ; tout juste peut-on espérer qu’à trier comme ça tous les jours nos rejets on finira par éviter d’en faire, sans quoi ça deviendra un emploi à plein temps.

o-o-o

Pour qui philosophe le regard fixé sur l’horizon de l’histoire, le défi est de faire entre ça dans une conception de l’évolution humaine. Sommes-nous devenus des homos-recrementum, expression savante pour désigner les hommes qui se définissent par leur souci du déchet (1) ? Sans doute et le souci d’en venir au « zéro déchet » signifie pour beaucoup accéder à la pureté absolue : une sorte d’ascèse spirituelle pour qui n’en aurait pas d’autres.

Chaque époque a la sainteté qu’elle peut – et qui la définit.

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(1) Recrementum qui a donné « récrément » en français désigne les ordures, impuretés dans la mesure où elles sont mélangées à une autre substance. Récrément désigne aussi les sécrétions qui restent dans l’organisme à la différence des excréments. Lire ici

lundi 3 mai 2021

Que vaut l’esprit opposé à la matière ? – Chronique du 4 mai 2021

Bonjour-bonjour

 

Les déboires électoraux de Narendra Modi, premier ministre de l'Inde, qui interviennent dans le sillage de la catastrophe humanitaire et sanitaire dûe à la deuxième vague de la pandémie, expriment fortement la revendication permanente du peuple indien qui tient ses dirigeants pour responsables de la flambée de la maladie. D’ailleurs on voit que partout en occident, les résultats obtenus dans la lutte contre la covid sont portés au crédit – ou au discrédit –  des dirigeants en poste, au point qu’en France la campagne électorale 2022 a bien du mal à se lancer sur des thèmes strictement politiques : on verra bien quand l’épidémie sera vaincue – si elle l’est un jour.

Mais dans le cas de  l'Inde il y a plus : monsieur Modi s’est transformé au durant les mois passés en une sorte de gourou à longue barbe blanche. « Il faut savoir que dans la culture hindoue, une longue barbe blanche est associée au sage philosophe ou sadhu. Certains commentateurs se sont hasardés à comparer le nouveau look de Modi à celui du poète Rabindranath Tagore, figure majeure de l’Inde, comme si le premier ministre voulait s’aligner sur les grandes icônes politiques et philosophiques du pays pour façonner sa propre figure historique. » écrit Sophie Landrin correspondante du Monde. 

  


A gauche : Narendra Modi lors de sa première élection ; à droite aujourd’hui

 

Selon Gilles Verniers (professeur de science politique à l’université Ashoka) cela vise à le placer au-dessus de la sphère politique. « Il est passé de l’homme infaillible, du PDG de l’Inde, à l’image du sage hindou », celui qui oriente la vie morale et spirituelle des gens et qui domine la vie matérielle du pays sans avoir à y toucher. Comme le roi du temps de Louis Philippe, le maitre de l’Inde règne mais ne gouverne pas. 

On voudrait bien que le ridicule de cette posture ne concerne que les chefs soi-disant charismatiques dont l’autorité n’est qu’une bulle de savon qui éclate au moindre souffle d’air. Mais on voit bien que les chefs religieux eux-mêmes font profil bas devant la maladie – voyez le Pape : a-t-il recommandé de remplacer le vaccin par des prières ?

Le pire, c’est qu’on est poussé à généraliser cette observation : que vaut la force de l’esprit quand elle s’oppose à celle de la matière ?

dimanche 27 janvier 2019

LE PAPE FRANÇOIS FAIT UN PARALLÈLE ENTRE LA VIERGE MARIE ET LES "INFLUENCEUSES"





S’adressant aux jeunes rassemblés à Panama pour les JMJ, le souverain pontife a estimé que "sans le demander ni le rechercher, (Marie) est devenue la femme qui a le plus influencé l'Histoire" et incité les jeunes catholiques à être des "influenceurs" à sa manière (1). « La Vierge Marie, cette "jeune de Nazareth, ne sortait pas sur les 'réseaux sociaux' de l'époque. Elle n'était pas une 'influenceuse', mais sans le demander ni le rechercher, elle est devenue la femme qui a le plus influencé l'Histoire », a fait valoir le souverain pontife, précisant qu’elle avait été « l’influenceuse de Dieu ». (Lu ici)
Laissons tomber la profanation dont se rend coupable le Pape en se permettant de comparer Dieu aux produits de consommations – après tout, il s’agit de se faire comprendre. Mais gardons quand même l’idée que ce que nous vivons en ce moment peut se comparer à ces évènements de haute spiritualité que la Bible nous rapporte.
Oui, nous aussi nous pouvons accéder aux plus hautes sphères de la vie religieuse parce que, ce que nous cherchons dans nos réseaux sociaux, c’est au fond la même chose que ce que nos ancêtres demandaient et qui fut comblé par la main de Dieu.
– Toi qui cherche un guide, une étoile à suivre, et qui a cru la trouver dans la personne d’Eric Drouet, éteint ton écran, lève la tête et regarde le firmament.
Dieu t’attend.
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(1) « Un influenceur est une personne qui utilise un blog personnel et/ou tout autre support (forums, réseaux sociaux et communautés) pour diffuser ses opinions auprès des internautes et qui est capable d'influencer ces derniers en modifiant leurs modes de consommation ». Lire ici.