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samedi 10 mai 2025

« In illo uno unum » – Chronique du 11 mai

 

 

Bonjour-bonjour

 

« In illo uno unum », soit « en celui qui est un, soyons un ». Le pape Léon XIV a dévoilé son blason et sa devise

Le futur Léon XIV déclarait en 2023 alors qu’il n’était qu’évêque : « Comme le montre ma devise épiscopale (2023), l'unité et la communion font partie du charisme de l'Ordre de Saint-Augustin et aussi de ma façon d'agir et de penser. En tant qu'augustinien, la promotion de l'unité et de la communion est pour moi fondamentale » (Lu ici)

Le pape Léon XIV déclarait également hier avoir choisi son nom en partie en souvenir du pape Léon XIII (1878-1903), défenseur de la justice sociale et qui a milité pour un salaire et un traitement équitables des travailleurs pendant la révolution industrielle. Pour le nouveau pape, l'Église doit désormais prendre des initiatives face aux nouvelles menaces telles que l'intelligence artificielle, qui lance selon lui, « de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail ».

Je retiens la double déclaration de la devise et du commentaire qui en est fait : soutenir que nous sommes tous frères en Jésus, mais aussi que cela doit avoir une traduction lorsqu’il s’agit du migrant dans son embarcation qui prend l’eau au milieu de la mer ; et il s’agit également, dans la vie matérielle ordinaire, du travailleur pauvre qui ne peut loger ni nourrir ses enfants dignement malgré un travail harassant. La charité, car c’est bien de cela dont il s’agit, commence à notre porte, notre cœur est sollicité déjà par les files qui s’allongent devant les Restos du cœur. 

Ce message ne vaut pas seulement pour ceux qui communient à l’Église le dimanche. Il vaut, aussi pour « tous les hommes de bonne volonté »

jeudi 17 octobre 2024

La peur des sauterelles – Chronique du 18 octobre

Bonjour-bonjour

 

Les migrants ! Rien que ce nom fait frémir et justifie n’importe quel excès législatif bannissant les libertés et les droits dont nous ne cessons pourtant de clamer la valeur. 

Je sais que l’actuel Ministre de l’Intérieur se fait une solide réputation d’homme à poigne par ses projets de lois liberticides à l’encontre de ces gens-là : je fais partie des gens qui restent stupéfaits devant ce rejet gouverné par la peur de vagues migrantes dont les plus lointaines prémices n’apparaissent pourtant jamais – c’est en effet dans les plus petits et les mieux cachés des villages, que les électeurs manifestent par leur vote la crainte de l’invasion des étrangers, principalement en provenance du Moyen-Orient – mais pas seulement.  

- Comment s’explique cette peur génératrice de repli identitaire et de menaces vis-à-vis des étrangers, comme on le voit actuellement un peu partout en Europe ? S’agirait-il d’une antique peur venue du fond des âges quand les humains étaient confrontés aux invasions de hordes humaines victimes de famines ou de fléau climatique ? Ou alors cette sensibilité aux migrations viendrait-elle du souvenir atavique du plus lointain passé de notre humanité ? On sait que le développement de l’humanité à travers ses différentes mutations s’est réalisé durant de vastes migrations conduisant les préhominiens hors de l’Afrique jusqu’en Extrême-Orient : serions-nous mus par des réminiscences venues de cette lointaine époque ?

C'est possible et j’en veux pour preuve le souci constant des hommes de se voir envahis par les sauterelles ou par les criquets dont l’Apocalypse se fait l’écho et qu’on retrouve dans ces nuages venus de l’horizon qui nous sépare du désert ?




mardi 27 août 2024

Pas de pigeon sans « caca » de pigeon – Chronique du 28 aout

Bonjour-bonjour

 

Vu dans la presse ce matin : « Un pigeon immaculé et son excrément doré, telle est la nouvelle identité visuelle du London Museum. Mais derrière, il faut y voir un message d'accueil et de tolérance. »

 

 

En plein déménagement vers un nouveau site, et après avoir annoncé le retour à son ancien nom de « London Museum » l'institution a dévoilé cet été son nouveau logo : un pigeon en train de se soulager. Pour ce musée qui retrace l'histoire de Londres de l'Antiquité à nos jours, cet oiseau et son excrément (en or, s'il vous plaît) « illustrent la dualité de l'histoire de cette ville, où les paillettes ont côtoyé la poussière durant des millénaires »

 

Alors c’est vrai : les colombes font exactement autant d’excréments que les pigeons, et pourtant leur présence est bien mieux tolérée. Le rejet des pigeons, fournissant le prétexte de leurs nuisances pour l’environnement aurait une valeur symbolique : il représenterait les migrants, ainsi que le signale le sociologue Colin Jerolmack : selon lui, on considère les pigeons urbains comme des « intrus manifestes au sein d'endroits que nous avons décrétés exclusivement réservés aux humains ». Le passage des animaux aux humains se fait alors sur le plan de la représentation symbolique, des défécations des pigeons aux incommodités humaines. » (Cf. l’article cité.)

On constate donc qu’au cours des temps, ces deux groupes ont été tour à tour accueillis, célébrés, puis de plus en plus diabolisés jusqu'à la création d’« environnements hostiles » (on songe aux modifications du mobilier urbain destinées à le rendre impropre au séjour prolongé des humains.) 

 

Pour lutter contre le rejet des hommes, le musée de Londres a choisi d’anoblir les rejets malodorants des pigeons : la fiente de la statue est réalisée en or ! Autant dire : « Oui, ces hommes sont bien encombrants, mais leurs inconvénients sont solidaires de leur dignité »

Si ce message a quelque chance de passer grâce à ce pigeon déféqueur alors va pour ce déchet – en or 18 carats quand même !

mardi 30 avril 2024

Le Rwanda, un nouveau paradis – Chronique du 1er mai 2024

Bonjour-bonjour

 

Ça y est, c’est parti : au Royaume-Uni le gouvernement va débuter les expulsions de migrants illégaux vers le Rwanda. Il annonce son intention d’expulser 5700 migrants au Rwanda « d’ici la fin de l’année ». Et cela de façon tout à fait légale, puisqu’une nouvelle loi stipule que seront expulsés les migrants arrivés illégalement, d'où qu'ils viennent, vers le Rwanda, qui examinera leur demande d'asile. Ajoutons que, quelle que soit l'issue de cet examen, ils ne pourront pas revenir au Royaume-Uni. 

Cette loi verrouille totalement le dispositif « puisqu’elle stipule que le Rwanda est un pays sûr et que le gouvernement pourra outrepasser d'éventuelles injonctions de la Cour européenne des droits de l'homme visant à empêcher les expulsions. » (Lire ici)

Bien sûr de l'ONU aux Églises chrétiennes, les appels se sont multipliés pour exhorter le Royaume-Uni à renoncer à son projet. Mais Rishi Sunak l’affirme : l’injustice est du côté des migrants dont les arrivées en Grande-Bretagne ont atteint «des niveaux insoutenables et injustes. »

 

À quels droits les migrants arrivés illégalement sur le territoire britannique peuvent-ils faire appel ? Leur en reste-t-il un seulement ? Oui, si l’on observe que le gouvernement anglais n’a pas le droit d’emprisonner ces gens, ni de les refouler en mer de sorte qu’ils se noient inévitablement.  Mais alors, quel droit a-t-il de les envoyer dans un pays où ils ne veulent pas aller ? Après tout parmi les droits fondamentaux reconnus par la Déclaration des droits de l’Homme se trouve l’affirmation qu’aucun homme ne peut être privé sans justification du droit d’aller et venir sans contrainte.

Hé bien, justement, le gouvernement britannique, soutenu en cela par celui du Rwanda prétend respecter ce droit. Que veulent ces gens ? « Refaire leur vie dans un pays sûr qui accepte de les accueillir et de leur donner une chance de s’implanter dans le pays. » Ça tombe bien : « le Rwanda est justement ce pays et c’est pour cela que nous les dirigeons vers lui. »

L’hypocrisie révoltante de ce semblant de justification n’a pour objectif que de masquer la véritable intention des britanniques qui est de pourrir la vie des migrants de sorte qu’aucun espoir d’améliorer leur triste sort n’apparaisse de ce côté-là de la Manche.

On peut compter sur l’inventivité française pour les décourager de rester sur notre territoire.

vendredi 5 janvier 2024

Vague de froid en Laponie – Chronique du 6 janvier

Bonjour-bonjour

 

Oui, vous avez bien lu, chers amis : sortez les doudounes, il y a une vague de froid en Laponie ! Ça alors ! Habituellement en Laponie en janvier, il fait très froid. Mais aujourd’hui, « Il fait vraiment très très froid », ainsi que le déclare Cécile Christin, une Française propriétaire d'une entreprise de chiens de traîneau en Laponie suédoise, ajoutant avoir eu « jusqu'à - 40°C » durant la journée de jeudi. (Lu ici)

Bien sûr cette « vague de froid » nous concerne également, signifiant qu’il va falloir nous adapter à cette circonstance climatique tout à fait ordinaire en hiver, par exemple en enfilant plein de pulls les uns sur les autres.


--> Ainsi, cet épisode nous le rappelle : en matière de climat il est plus facile de s’adapter que de changer quoi que ce soit. C’est vrai quand on suit le cours habituel des saisons ; c’est vrai aussi lorsque le dérèglement s’installe suite à notre orgie de CO2.

Occasion de le rappeler : depuis les années 70 (voire même selon certaines sources depuis les années 50) les spécialistes prévoient le réchauffement et le dérèglement du climat, mais ils pronostiquent qu’il est déjà trop tard (en 1953 !) pour y changer quoi que ce soit ; reste à nous adapter dès que possible, ce que nous faisons maintenant assez naïvement en repeignant les chaussées en blanc et en plantant des arbres un peu partout où il y a de la place.


- Faudrait-il donc renoncer à arrêter le dérèglement pour concentrer nos efforts sur l’adaptation – partout où elle est possible – à ces changements ? Vérités ou intox ?

On nous dira qu’il faut faire les deux. C’est malin ! Mais comment croire qu’il faut rouler en électrique et couper le compteur quand nous quittons la maison, alors même qu’on sait que ça ne sert à rien, et que bientôt des millions d’hommes et de femmes assoiffés par la sécheresse et affamés par la désertification des sols vont déferler sur nos côtes. 

Que ferons-nous ? Les laisserons-nous se noyer dans la mer, au mépris de nos valeurs les plus élémentaires, ou bien nous préparerons-nous à les accueillir dans des conditions valables et pour eux et pour nous ?

Et si c’était ça le défi à relever ?

vendredi 15 septembre 2023

Mardi dernier à Lampedusa, c’était le « D » day - Chronique du 16 septembre

Bonjour-bonjour

 

Plus de 150 bateaux amenant 7000 migrants : un vrai débarquement ! Techniquement moins dangereux que le 6 juin 44 pour les participants, mais il ne faut quand même pas oublier les conditions de navigations : 


En voyant ces grappes humaines on croit avoir une image du chaos, un peu comme ces représentations du Jugement dernier au porche de nos cathédrales.

Mais il n’en est rien. Demandez-vous pourquoi tant d’hommes et de femmes ont accepté d’embarquer dans des conditions pareilles ? S’agit-il d’acte suicidaire un peu comme ces lemmings sautant tous en même temps de la falaise (1) ?

Pas du tout. C’est simplement que les migrants sont persuadés que les garde-côte européens les sauveront s’ils les trouvent en danger : c’est donc un acte de foi dans l’humanité des européens et  de leur respect des valeurs humanistes.

Pas toujours très prudent de croire dans le respect de l’humanisme de la part d’hommes armés.

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(1) Selon cet article de Wikipédia ce serait une légende.

samedi 12 août 2023

Tous solidaires – Chronique du 13 aout

Bonjour-bonjour

 

« Six personnes sont décédées dans le naufrage d'une embarcation dans la Manche, ce samedi 12 août. 

Le secrétaire d'État à la Mer Hervé Berville a tenu à féliciter les services de secours pour leur intervention, qui a permis de limiter les pertes humaines. « Les moyens engagés ont été rapides, efficaces et d’ampleur », a-t-il expliqué face à la presse, rappelant que près de 61 vies ont pu être sauvées au cours de cette tragédie. » (Info ici)

Le secrétaire d’État à la mer faisait sans doute implicitement référence à ce désastreux bilan de 2021, lorsque 27 migrants s’étaient noyés dans la Manche après avoir contacté les secours français et britanniques sans qu’aucun ne daigne les secourir (voir ici). On imagine aussi que les services officiels italiens ne font sûrement pas ce genre de commentaire après avoir détourné vers des ports lointains et problématiques les naufragés repéchés par les garde-côtes.

Et on se demande alors à partir de quel moment des migrants deviennent-ils des « personnes », quand cessent-ils d’être du gibier qu’on traque pour réintégrer la nature humaine ? 

- Quand ils se sont noyés et que leurs cadavres viennent joncher nos plages ? 

Comme celui-ci ?

 


 

- Rappelez-vous : c’était il y a 8 ans déjà. La stupeur et la tristesse avaient envahi le public occidental : « Plus jamais ça ! » s’était-on écrié. D’un coup les migrants redevenaient des êtres humains à part entière – du moins lorsque leur embarcation chavirait. Car avant, ce n’étaient que des envahisseurs qu’il fallait coûte que coûte refouler.

 

Un seul mot est possible ici : solidarité.

Un problème de définition ? Voilà celle de la Toupie : « La solidarité humaine est un lien fraternel et une valeur sociale importante qui unissent le destin de tous les hommes les uns aux autres. C'est une démarche humaniste qui fait prendre conscience que tous les hommes appartiennent à la même communauté d'intérêt. »

 

- Quoi ? Encore un problème ? On vient de lire « tous les hommes appartiennent à la même communauté d'intérêt. » : c’est ça qui vous gêne ?

jeudi 20 juillet 2023

Bien venue en Grande-Bretagne – Chronique du 21 juillet

Bonjour-bonjour

 

Vous vous demandez peut-être comme moi pour quelle raison les migrants sont si nombreux à vouloir passer en Grande-Bretagne, ignorant allègrement les attraits de notre beau pays pour s’embarquer toute affaire cessante sur des zodiacs qui pourtant leur promettent la noyade.

La réponse est que l’Angleterre accepte les étrangers sans papiers venus irrégulièrement sur son sol, se contentant de demander en échange qu’ils travaillent en étant sous-payés. Raison pour laquelle la France ne parvient toujours pas à endiguer la masse de ces migrants conduits par les passeurs jusqu’aux rivages de Calais.

 

- Il se pourrait que Rishie Sunak ait une solution et pas seulement avec des lois plus restrictives.

– Voyez cette barge : 

 


Nommée "Bibby Stockholm", cette barge peut héberger environ 500 demandeurs d'asile au Royaume-Uni. Elle doit pour cela être à quai dans un port anglais, afin de réduire les coûts des hébergements en hôtel. La barge qui figure sur cette photo est arrivée le mardi 18 juillet dans le port de Portland, dans le sud de l'Angleterre. 

C’est un projet vivement critiqué par des ONG, qui qualifient la barge de "bateau prison". En tout cas 50 demandeurs d'asiles y seront envoyés dès la semaine prochaine (source : lire ici)

 

- L’idée est séduisante : il ne s’agit pas seulement de dégouter les migrants de l’hébergement que leur réserve la Grande-Bretagne : après tout ce n’est peut-être pas pire que ce qu’ils ont fui en quittant leur pays. Mais surtout il s’agit d’un lieu qu’il leur sera difficile de quitter le temps qu’on étudie leur dossier avant de les réexpédier dans leur pays.

Et puis, redisons-le : c’est une manière de réduire le coût de la surveillance des étrangers.

Nous aurions pu tenter la chose du temps de Sangatte. C’est ce que suggère cet article consacré à cet épisode : « les hébergés sont cependant condamnés à vivre un peu comme des animaux domestiques vivent dans un élevage de qualité. » Mais on l’a fermé : trop attractif ! On aurait dû faire comme les britanniques une péniche prison.

lundi 24 avril 2023

Mayotte : pire que Marseille – Chronique du 25 avril

Bonjour-bonjour,

 

Info du jour : à Mayotte la justice suspend la destruction d'un bidonville prévue ce mardi matin à Majicavo : « La destruction du bidonville "Talus 2" prévue mardi 25 avril est annulée par la justice. Elle devait faire suite au lancement de l'opération Wuambushu pour réduire l'immigration illégale à Mayotte. » (Lu ici)

Le juge des référés précise que la destructions de ces habitations "mettrait en péril la sécurité des habitants". On explique alors que ces habitations tiennent debout en s’appuyant les unes sur les autres, et que pour une irrégulière détruite, ce sont cinq légales qui s’effondreraient. Pire qu’à Marseille.

 

- Cela n’empêche pas le préfet de Mayotte Thierry Suquet de bomber le torse : « Les opérations (...) de lutte contre la délinquance et contre l'habitat insalubre, avec leurs conséquences sur l'immigration clandestine, on ne les arrêtera pas »

Seulement voilà : hier nous avions signalé que, suite au refus des Comores de reprendre sur leur territoire leurs ressortissants séjournant illégalement à Mayotte, la seule arme à disposition de l’État français était de détruire leurs habitations occupées de façon irrégulière.

A ce stade, on se demande bien de quel moyen l’État français dispose pour refouler ces gens jugés indésirables : on ne peut ni les noyer ni les priver d’abri. Car le droit s’impose à tous, citoyens comme État : séparation des pouvoirs oblige !

 

La situation n’est hélas pas si bloquée que cela. Je dis « hélas » car les exemples de mesures visant l'éloignement de migrants clandestins ne manquent pas ; ainsi en Grèce ou en Italie : il s’agit de « camps de rétention » qu’autrefois on aurait appelés « camp de concentration » où des hommes, des femmes et des enfants sont entassés pêle-mêle dans des conditions sanitaires abominables et sans aucune perspective d’avenir. Dedans, des tentes ; autour des barbelés - et puis des hommes lourdement armés.

 


Camp de réfugiés à Lesbos

 

- Hier, je disais qu’il valait mieux être pauvre à Mayotte qu’aux Comores. Devant cette image dirions-nous la même chose aujourd’hui encore ?

dimanche 23 avril 2023

Mieux vaut être pauvre à Mayotte qu’aux Comores – Chronique du 24 avril

Bonjour-bonjour

 

L’opération d’expulsion des comoriens vivant sans papiers à Mayotte peut être vue sous deux angles opposés :

            - Le premier, consistant à considérer le droit international, observe que le territoire de Mayotte étant français, seuls les citoyens français ont le droit d’y résider sans autorisation spéciale. On peut donc les jeter dehors en toute légalité

            - Le second prend note du fait que ce n’est pas parce que ces gens n’ont pas le droit de résider chez nous que nous avons tous les droits à leur égard, y compris de les détruire. Pourrions-nous, comme du temps de la guerre du Viêt-Nam, les bloquer dans leur bidon ville et les arroser de napalm ?

Bien sûr la réponse est non – ce qui laisse entendre qu’il y a, au-dessus des lois internationales, un ensemble de valeurs et de principes universels qu’on se doit d’observer, même quand ces lois viennent à manquer. Il n’y a pas de « trous » dans le droit des humains à vivre et à satisfaire leurs besoins fondamentaux.

On devine que ce dernier principe est trop obscur : le logement fait-il partie des droits fondamentaux comme manger ou boire ? Si c’était le cas, on n’aurait plus de SDF en France.

- Mais que va-t-il se passer aujourd’hui et demain ? Les comoriens illégaux vont être embarqués dans des bateaux, direction les Comores. Et les autorités comoriennes vont certainement refouler les embarcations françaises, refusant du même coup de laisser revenir les migrants sur son territoire.

Appliquant le principe ci-dessus, les français ne vont pas jeter à la mer les malheureux comoriens. Retour à Mayotte ? Oui, mais entre-temps les bulldozers auront rasé leur bidons ville et détruits les quelques biens qu’ils contenaient. La logique de tout ça est qu’il faut que ces migrant soient plus malheureux sur le territoire français que s’ils étaient restés chez eux.

Quand on sait que ces pauvres migrants réfugiés à Mayotte sont huit fois plus « riches » que s’ils étaient restés aux Comores, il va être difficile de battre ce record.

dimanche 4 décembre 2022

Des animaux et des hommes – Chronique du 5 décembre

 

Ce matin, si ça ne vous choque pas, vous aurez une chronique en deux temps.

 

 

Bonjour-bonjour

 

Premier temps : Kalli et Zizou sont des chats que des geeks facétieux ont inscrits sur les listes des militants du parti « Les Républicains », allant jusqu’à faire enregistrer leurs votes hier lors de la primaire destinée à élire le futur Président. La blague ne fait pas rire tout le monde, à commencer par le service de contrôle des votes : distinguer entre un animal et un humain est la toute première précaution qu’ils sont supposés savoir prendre. (Lire ici)

Dont acte.

Deuxième temps : à Churchill, petite ville du littoral de la province du Manitoba, la saison actuelle voit se regrouper 850 ours polaires en attente de la reformation de la banquise. La présence de ces 850 ours dans une agglomération qui compte tout juste 900 habitants cause des désagréments, entrainant la construction d’une « prison à ours » dont on dit qu’elle est destinée à ceux qui « abusent de l’hospitalité locale ».

Finalement, les animaux ne sont pas si différents des hommes : leur présence indésirée entraine leur mise à l’écart par restriction de liberté. (Lire ici

 

La comparaison entre ces deux infos, si étrange qu’elle paraisse, est quand même éclairante : 

            * si l’on veut montrer une situation invraisemblable, montrons des chats, animaux solitaires par excellence, en train d’élire des représentants de la race féline. Si on ne peut discerner ce comportement aberrant de la normalité, alors c’est qu’on a bien affaire à un disfonctionnement majeur.

            * Par ailleurs, quelle différence entre des ours polaires et des migrants ? Les uns comme les autres arrivent sans y avoir été invités et on peut supposer que leur survie se fait aux dépends de la communauté humaine.  A noter toutefois qu’ici la ressemblance est voulue par les autorités puisqu’elles pourraient si elles le décidaient faire tuer tous ces ours – sauf que la protection de leur espèce est un souci majeur. 

 

--> Occasion de noter que, pour les migrants embarqués sur des radeaux de fortune – ou plutôt d’infortune – la préoccupation de la protection de leur espèce ne parait pas si prioritaire.

samedi 19 novembre 2022

Rwanda terre d’asile – Chronique du 20 novembre


 

Bonjour-bonjour

 

La nouvelle est reprise périodiquement depuis quelques semaines : Londres se proposerait d’envoyer les migrants indésirables sur son sol non pas dans leur pays d’origine, mais au Rwanda qui accepterait de les accueillir comme réfugiés. Sur la réalité de la situation au Rwanda pour les réfugiés déjà installés, lire ici cette info qui date de septembre.

 

Bien entendu l’accord des intéressés ne serait pas requis, puisque le pays hôte déclare être prêt à les accueillir à bras ouvert – sous réserve qu’ils soient travailleurs car il n’est bien sûr pas question de les laisser flemmarder dans un pays qui les reçoit comme de futurs citoyens.

A certains égard ce projet rappelle le régime nazi qui, à ses débuts, songeait à déporter les juifs quelque part en Europe centrale, puis à Madagascar. On sait ce qu’il en fut et aujourd’hui la Cour européenne des droits de l’homme bloque le projet, mais on sait qu’après tout les britanniques ne font jamais que ce qu’ils veulent. D’ailleurs on cite comme modèle très inspirant l’Australie qui a déjà choisi cette « solution » pour se débarrasser les migrants indésirables (Lire ici).


Après tout ce qu’on a dit de ce projet, le seul commentaire qui me vienne, c’est que ces hommes et ces femmes sont désormais des objets dont on fait à peu près ce qu’on veut. On ne cherche certes pas à les anéantir, mais on se permet de les utiliser comme épouvantail propres à décourager les futurs candidats à la migration. 

- On évoquait Hitler mais c’est plutôt à Staline qu’il faudrait maintenant penser, avec ses déplacements massifs de populations. En tout cas, ce projet londonien est à n’en pas douter un test pour l’avenir qui nous promet 700 millions de réfugiés climatiques.

 


Vu ici

dimanche 27 mars 2022

Deux poids deux mesures – Chronique du 28 mars

Bonjour-bonjour

 

Vous avez certainement à l’esprit les étonnantes manifestations de solidarité avec les réfugiés ukrainiens, comment ils sont pris en charge par des bénévoles français en Pologne et accueillis à leur arrivée en France par des gens comme vous et moi qui leur ouvrent leur maison pour les héberger le temps de leur exode hors de leur patrie.

On n’avait pas le souvenir d’une pareille sollicitude du temps de l’afflux des réfugiés syriens : certains en ont tiré des conclusions grinçantes...

 

 

Vu ici

 

Mais, ce n’est pas tout ! Le président palestinien Mahmoud Abbas a pointé du doigt dimanche le « deux poids deux mesures » des Occidentaux, prompts à invoquer le droit international pour imposer des sanctions à la Russie qui a envahi l'Ukraine, mais pas à Israël pour ses « crimes » dans les Territoires palestiniens.

o-o-o

- Alors, c’est vrai : j’avais récemment souligné combien cette attitude différentielle vis-à-vis des réfugiés selon qu’ils soient ukrainiens ou d’origine méditerranéenne ou africaine était choquante. Mais si j’y reviens aujourd’hui, c’est que je voudrais dans le sillage du Président Mahmoud Abbas insister sur l’usage que nous faisons des Principes du Droit international, instrumentalisés selon des besoins qui n’ont rien à voir avec la justice. Pourquoi parler d’obligations faites à tous et pour tous les cas si l’on ne veut cette force que pour l’imposer dans certains cas ? Car l’universel n’a de force que s’il l’est effectivement. Or nous ne cherchons qu’à mobiliser cette force en oubliant les raisons pour lesquelles elle existe. A savoir l’universelle dignité de l’homme. Or, pour autant qu’on sache, un réfugié est un homme qu’ils soit syrien, érythréen ou ukrainien.

jeudi 17 mars 2022

Reims : les réfugiés du camp Saint-John Perse – Chronique du 18 mars

Bonjour-bonjour

 

Au moment où l’on annonce l’arrivée du convoi humanitaire envoyé en Ukraine par le Stade Reims et ses partenaires, les associations de soutien aux réfugiés sans papiers de la ville alertent l’opinion sur l’état d’un campement sauvage dans le Parc Saint-John Perse, à 3 km du centre-ville :

« Les personnes réfugiées au camp Saint-John Perse, à Reims (Marne), ont froid. Un appel à collecter du bois de chauffage a donc été lancé le lundi 15 mars. »

 

Campement de réfugiés dans le parc paysager Saint-John Perse à Reims


Le même article poursuit : « Même si on parle beaucoup des demandeurs et demandeuses d'asile d'Ukraine, le collectif Sovkipeu rappelle qu'il ne faut pas oublier les autres. » (Lire ici)

 

Aucune horreur n’est diminuée par l’existence d’autres horreurs plus graves ailleurs : qu’en Ukraine des enfants périssent écrasés sous des bombes n’empêche pas que des hommes des femmes et des enfants soient là, à deux pas de chez nous, dans le froid et l’humidité, démunis au point de quémander du bois pour faire du feu pour se réchauffer et sécher leur literie.

L’impression qui se dégage de ce contraste est que l’empathie est vraiment liée à l’information et aux images qu’elle véhicule. La distance qui nous sépare de ces malheureux ukrainiens n’importe guère puisque grâce à nos véhicules nous pouvons en quelques jours franchir ces distances considérables. Mais faire 3 kilomètres pour aller apporter un peu de bois de chauffage, ça c’est beaucoup plus problématique. 

Et puis nous reste-t-il encore un peu de mauvaise conscience pour nous punir de ne pas secourir les réfugiés de Saint-John Perse, alors que nous sommes gonflés de fierté d’avoir apporté des vivres à 2500 kilomètres d’ici ?  

dimanche 27 février 2022

Autres migrants, autre accueil – Chronique du 28 février (1)

Bonjour-bonjour

 

« L’émotion pouvait se lire sur les visages des personnes rassemblées place Saint-Michel, alors que des affiches comparaient Vladimir Poutine à Adolf Hitler »

 

 

Ce commentaire, qui accompagne cette photo, pouvait se lire ce matin dans le parisien (ici).

 

Je ne peux m’empêcher de comparer mentalement ces réactions à celles qui se manifestèrent lors de l’afflux de migrants durant la guerre de Syrie ou lors des vagues venues se briser sur les barbelés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie.

Autres migrants, autres accueil : aujourd’hui, un grand nombre de pays européens dont la France, préparent des moyens importants pour donner asile à ces pauvres gens chassés de chez eux par la guerre. Par exemple : hier dans un reportage en Pologne, à la frontière avec l’Ukraine, on voit un train entier de migrants ukrainiens arriver, aussitôt pris en charge par les autorités et aiguillés vers d’autres trains venus de partout en Europe pour les acheminer vers des pays d’accueil – A comparer avec les murs et les barbelés qui attendent les demandeurs d’asiles syrien, éthiopiens ou autres. Preuve que les moyens existent mais qu’ils ne sont débloqués que quand on veut et pour qui on veut. 

Qu’ont donc fait les ukrainiens pour mériter notre commisération ? Sont-ils victimes d’un dictateur qui les considère comme des objets juste bons à se mettre à genoux pour obéir à ses ordres ? Oui, bien sûr. Mais les syriens, ne sont-ils pas eux aussi victimes d’un tel régime ? 

Ce n’est pas cela qui importe. Les ukrainiens ne sont pas arabes (1) ; ils ne sont pas noirs non plus. Ajoutez qu’ils ne sont pas musulmans ni – probablement – israélites. Le compte est bon ! Ouvrez grandes les portes de la France éternelle !

 

- Je suppose que cette analyse a déjà été faite par les staffs des candidats d’extrême-droite pour expliquer à leur fidèles pourquoi ils ne peuvent plus avoir des commentaires haineux à l’égard des migrants s’ils sont ukrainiens.

Tenez, j’ai même le début d’un prochain discours de Marine le Pen : « La France, pays des droits de l’homme est conforme à son génie en accueillant ces malheureuses victimes de la barbarie (2) d’un régime tyrannique. Mais hélas ! Nous constatons qu’une fois encore le Président Macron, incapable de faire face à ses devoirs, ne réalise pas la mobilisation indispensable pour faire cesser cette guerre. »

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(1) A noter que le français moyen identifie comme « arabe » aussi bien les berbères que les kurdes ou les iraniens.   

(2) Variante : « ... victimes des américains et de leurs complices de l’OTAN »)

dimanche 14 novembre 2021

Le Grand remplacement polonais – Chronique du 15 novembre

Bonjour-bonjour

 

Je ne sais si on prend la mesure de ce qui se passe ces jours-ci à la frontière qui sépare le Pologne de la Biélorussie, mais il s’agit peut-être de la résurgence d’un affrontement aussi vieux de l’humanité, probablement celui qui a initié la première guerre entre les humains.

- Pourtant, qu’y a-t-il d’extraordinaire dans cet incident qui oppose l’armée d’un grand pays à quelques milliers de migrants qui tentent de passer malgré tout ? On met simplement l’accent sur une rencontre frontale entre ceux qui migrent et qui veulent entrer, et l’armée du pays en question qui s’oppose à eux.

 

 

Pologne – Frontière avec la Biélorussie le 14-11 (vu ici)

 

Voyez l’image : impressionnante n’est-ce pas ? Ces policiers, coude à coude, s’opposent à une foule invisible sur l’image mais qu’on suppose assez dense pour justifier un tel déploiement de force. Là est l’évènement : car ordinairement les migrants se faufilent, ils restent invisibles, ils ne constituent pas une foule en marche – et pourtant c’est ce qui se passe ici, réveillant le souvenir la crise migratoire de 2015 et qu’on redoute toujours.

Pourtant on ne voit pas en quoi ces évènements, forcément minoritaires dans l’équilibre des forces entre les pays, constitueraient une source de stress et d’angoisse pour les peuples ? La préhistoire nous l’indique : les hommes ont enduré pendant les centaines de milliers d’année des famines, des maladies, des invasions, auxquelles ils n’ont pu répondre qu’en migrant eux-mêmes. L’évolution des hominidés a accompagné ces déplacements et il est fort possible qu’il y ait en nous un « inconscient migratoire » issu des souvenirs qui ont sédimenté en nous au cours de centaines de milliers d’années ; inconscient qui influencerait encore aujourd’hui les peuples qui se lancent sur les routes et à travers les mers pour fuir la violence et la misère.

 

Ces heurts à la frontière polonaise réveilleraient peut-être un souvenir inconscient du même ordre : celui des populations installées, affrontant des « envahisseurs » venus conquérir leur territoire et s’installer à leur place. Le « grand remplacement » dont on nous bat les oreilles serait sans doute mieux compris s’il faisait allusion à cette menace d’invasion territoriale. L’image des soldats polonais prêts à défendre pied à pied la terre de leurs ancêtres, entrerait alors en résonance avec une mémoire « génétique » – si elle existe. 

Qu’est-ce que les sentinelles néanderthaliennes ont dit, lorsque les premiers migrants sapiens ont débarqué d’Afrique ?

mardi 3 mars 2020

Grèce : des gardes-côtes tirent en pleine mer sur des migrants à la dérive

Plusieurs milliers de migrants se sont rués ce week-end depuis la Turquie vers la frontière grecque, où la plupart ont été stoppés par les forces de l’ordre grecques, avec des méthodes plus que discutables.
Le groupe de sauvetage en mer Alarm Phone avait déclaré dimanche qu'un bateau de migrants avait été pris en embuscade par des hommes masqués qui ont tenté d'en détruire le moteur. Par ailleurs, le groupe a aussi signalé que d'autres bateaux avaient été laissés à la dérive par les garde-côtes grecs et turcs qui se trouvaient à proximité. Dans une déclaration, le groupe a accusé les deux pays de jouer « un jeu dangereux avec la vie des gens ». Lu ici.




Voilà où nous en sommes : des migrants – des hommes, des femmes, des enfants, pris pour cibles en pleine mer, sur des bateaux où ils ont été poussés à prendre le large par les garde-côtes turcs qui assistent à la scène sans apporter le moindre secours aux naufragés – sauf pour les maintenir dans la mer. L’indignation est-elle la seule réponse qui soit à notre portée ? Mais non ! Car nous avons aussi des intérêts communs avec les turcs pour contraindre ces pauvres gens à ne plus faire de tels manœuvres pour aborder chez nous. Oui, mais…. Le prix à payer pour y parvenir est comme on le sait de conforter leur dirigeant qui se sert de ces hommes et de ces femmes comme monnaie d’échange pour notre soutien dans le conflit où il vient d’entrainer son pays. 
Mais surtout faire ce qu’il nous demande c’est obtenir qu’en retour il fasse pourrir petit à petit dans des camps des milliers de migrants maintenus là simplement pour qu’ils n’envahissent pas l’Europe. Nous en sommes à acheter de l’humanité sauf que nous consentons à appeler « humanité » n’importe quoi, à condition que ça ne se voie pas.
Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Rien ou le moins pire ?

P.S. « Samedi, un canot pneumatique transportant des Gambiens et des Congolais s'est échoué sur le rivage rocheux à Lesbos. Secoués par la traversée et récitant des prières, les 27 rescapés, dont une femme enceinte, ont été recueillis par des bénévoles, selon l'AFP. » peut-on lire plus loin dans le même article. Charité des bénévoles comparée à l’inhumanité des gardes-côtes ? Oui, mais aussi chance de ces migrants d’avoir récité des prières dans la religion conforme pour ceux qui les ont repêchés ?

samedi 22 février 2020

Punaises de lit : le gouvernement fait de l’infestation une cible prioritaire

1 - Punaises de lit : le gouvernement fait de l’infestation une cible prioritaire

Le sujet des punaises de lit mobilise désormais jusqu’au sommet de l’État. Le gouvernement lance ce vendredi une campagne d’information, avec un numéro (0806 706 806) et un site (stop-punaises.gouv.fr) dédiés. (Lu ici)
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2 - Coronavirus : un premier décès en Italie, une dizaine de villes ferment les lieux publics

Au moins onze villes du nord de l’Italie ont fermé des lieux publics en raison de soupçons de contamination concernant dix-sept personnes. L’OMS estime que la « fenêtre de tir » pour enrayer l’épidémie « se rétrécit ». (Lu ici)

o-o-o

Le rapprochement de ces deux informations pour rappeler que l’invasion du pays reste une phobie très active à notre époque. Si autrefois ces invasions de parasites étaient un symbole assez transparent de la présence de migrants sur le territoire, il n’en va plus de même aujourd’hui : ces parasites indésirables sont bien pris pour ce qu’ils sont, et le fait que les gouvernements les pourchassent, montre simplement que le service du public est beaucoup plus sérieux qu’autrefois.
Reste que les migrants sont toujours pris pour des envahisseurs inassimilables qu’il convient de chasser… ou de détruire. Le terroriste abattu en Allemagne après avoir tué 11 personnes en témoigne (cf. notre Post d’hier). Il est quand même assez intéressant de noter que, dans tous les cas, la présence d’indésirables sur le territoire, dans nos maisons – voire même dans nos lits – représente un cas extrême de ce qu’il faut pourchasser et détruire. Nous sommes peut-être en présence d’un vieil atavisme, venus de notre lointaine préhistoire, lorsque l’humanité entière pratiquait le nomadisme et que le fragile et temporaire abri de la famille était le seul sanctuaire où pouvoir se reposer avant de reprendre le chemin de la migration. Trouver dans la steppe, immense à perte de vue, un rocher sous lequel se protéger a été alors très précieux et à défendre contre tous ceux qui viendraient en contester l’usage. Dans nos mentalités, nos maisons sont peut-être venues occuper dans notre cerveau la case où la caverne était jadis perçue comme l’asile vital pour la famille.

lundi 20 mai 2019

ITALIE : DES MIGRANTS DÉBARQUÉS À LAMPEDUSA, LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR FURIEUX

La justice italienne a ordonné la saisie du bateau humanitaire Sea Watch 3, ancré au large du port de Lampedusa en Sicile, permettant aux 47 migrants à bord de débarquer.
Matteo Salvini, qui depuis quatre jours refusait que soient débarqués les 65 migrants secourus en mer par le Sea Watch, le 15 mai, à trente milles des côtes libyennes – devenus 47 après l’évacuation de 18 personnes, des familles avec enfants –, doit bien admettre que l’opération aura bien lieu. Et il voit descendre sur le petit quai Favaloro de Lampedusa une femme enceinte, pieds nus, qui a été chargée d’ouvrir la marche, avec son compagnon. (Lu ici)

La fureur du ministre de l’intérieur n’a d’égal que sa cruauté : comment peut-il ne pas se confondre en excuses pour avoir dit que ces gens pourraient rester en mer jusqu’au 15 aout – autant dire que cette femme allait été contrainte à accoucher à bord du bateau ? Mais retranché derrière ses convictions (du moins on l’espère), arcbouté sur les vivats de la foule, il n’y a plus d’être humains – je veux dire : plus d’être réel, fait de chair et d’os. D’ailleurs, comment imaginer que soit possible de prendre tranquillement connaissance des morts par noyades en fuyant la Lybie et de dire : « Après tout ils n’avaient qu’à rester chez eux » ?
Oui, je ne souhaite pas larmoyer, mais je ne veux pas édulcorer non plus la situation : n’y aurait-il pas là une occasion à secouer les dirigeants des pays européens, pour qu’ils se disent : « Organisons un conclave sur la situation en mer méditerranée réunissons-nous, scellons la porte et ne ressortons que quand nous aurons trouvé une solution, sans passion et sans contrainte. »
Voilà : il est tellement plus simple d’effacer la femme enceinte et de mettre à la place une anonyme, ressortissante Somalienne, noyée dans le flots des demandeurs d’asile de la Corne d’Afrique. 
« Noyée dans le flot des migrants » ? En attendant d’être noyée dans les flots de la méditerranée.