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mercredi 11 février 2026

Salon de l’agriculture sans les vaches – Chronique du 12 février

Bonjour-bonjour

 

C’est désormais acté : le Salon de l’Agriculture s’ouvrira sans bovins, tenus à l’écart pour cause de l‘épizootie de dermatose nodulaire.


 

Au Salon de l’agriculture


Occasion de remarquer combien les bovins, en particulier les vaches attirent la sympathie du public. Comme si le large mufle de l’animal dominé de ses gros yeux pensifs avait quelque chose d’humain qui provoquait une relation sécurisée. Les enfants eux-mêmes étaient attirés par « la vache Meuh-Meuh », tandis que les politiques savaient qu’il fallait, comme le disait Jacques Chirac, « tâter le cul des vaches » pour être populaire.

Les animaux de la ferme sont assez largement liés à des symboles dont le plus fréquent est le caractère repoussant du cochon. Georges Orwell en a tiré parti dans son roman dystopique « La ferme des animaux ». Autant dire qu’on va visiter le Salon de l’Agriculture non pas pour son côté rural, mais bien pour faire un tour du côté de nos voisins : ce défilé de caractères pris à travers les animaux parait sans doute plus acceptable que la dénomination brutale de nos « semblables ». C’est d’ailleurs l’occasion de relever combien ce terme de « semblable » est équivoque. Qui donc est semblable à nous, tout en n’étant pas nous ?

samedi 15 novembre 2025

La vertu dormitive de l’opium – Chronique du 16 novembre (1)

Bonjour-bonjour

 

Allez : un peu de science aujourd’hui.

Un cerveau gros comme une graine de sésame vient de déchiffrer ce que la science croyait hors de portée des insectes : expliquons. Le bourdon, cet insecte pollinisateur, possède un cerveau qui abrite moins d’un million de neurones. Pour comparaison, le cerveau humain en contient 86 milliards. Pourtant, ces minuscules créatures ont démontré une capacité que personne n’avait jamais observée chez un invertébré : elles peuvent apprendre à distinguer des durées différentes de clignotement lumineux. Autrement dit, elles comprennent les bases du code Morse. Pourquoi les bourdons possèdent-ils cette capacité alors qu’elle ne semble avoir aucune utilité évidente dans leur vie quotidienne ? (Lire ici)

Constatant que même les organismes dotés des cerveaux les plus rudimentaires possèdent naturellement une forme de perception temporelle, les scientifiques à court d’inspiration pour expliquer ce phénomène ont fini par dire : « Cette capacité d’encoder et de traiter la durée pourrait être une propriété intrinsèque du système nerveux lui-même, inhérente au fonctionnement même des neurones. »

On se rappelle qu’autrefois, pour expliquer que l’opium fasse dormir on évoquait la « vertu dormitive de l’opium ». Cette pure tautologie, qui faisait rire du temps de Molières, n’explique rien mais on fait comme si elle satisfaisait toutes les curiosités.

C’est bien commode : c’est comme cela que nous parlons du talent propre à nos dirigeants, doués de façon innée de la faculté de percevoir l’avenir 


 

Le Grand Timonier

lundi 9 juin 2025

Adieu veaux, vaches, cochons etc… – Chronique du 10 juin

Bonjour-bonjour

 

Réduire de moitié le nombre d'animaux tués … permettrait de diminuer … la souffrance animale… » affirme L214 dans un rapport publié mardi. (Lu ici)

 

Je n’ai quant à moi rien à objecter au projet de réduire le nombre d’animaux d’élevages tués dans nos abattoirs avec pour objectif, entre autres, de diminuer la souffrance animale. Après tout, la diététique le montre : un régime beaucoup moins carné aurait sans doute des effets bénéfiques sur le long terme. 

- Le philosophe aurait quand même un petit grain de sel à mettre là-dedans. C’est qu’en réduisant le nombre d’animaux abattus, on ne peut sérieusement réduire du même coup la souffrance animale – car on réduirait en même temps le nombre d’animaux existants. Les millions de cochons à qui on épargnerait l’abattoir ne bénéficieront pas de cette mansuétude parce qu’ils n’existeront tout simplement pas. Où sont donc aujourd’hui les milliers de chevaux fourbus à qui on a évité de tirer le fiacre – en le replaçant par la voiture à pétrole ?

 

Ce qui soulève un problème philosophique bien connu de l’antiquité grecque, tel que rapporté par Sophocle : « Mieux vaut cent fois n'être pas né ; mais s'il nous faut voir le jour, le moindre mal est de s'en retourner là d'où l'on vient. » Connaissant les malheurs inévitables que ma future existence me promet, devrai-je renoncer à être, ou bien à la façon des héros tragiques préférer l’existence avec l’affrontement perdu d’avance des forces du mal ?

- En toute modestie je ne prétends pas reprendre à mon compte le débat là-dessus, mais simplement poser la question du transfert d’une problématique philosophique des hommes vers les animaux. Là où l’homme peut être imaginé scrutant les malheurs que son avenir lui réserve et maudissant le destin qui l’a fait naitre, admettrons-nous que le goret ou le poulet en fasse de même à la vue de l’abattoir qui les attends ?

Qu'en pense donc L214 ?

mercredi 11 décembre 2024

Le rire est-il le propre de l’homme ? – Chronique du 12 décembre

Bonjour-bonjour

 

Cette formule rabelaisienne archi-connue – trop peut-être – finit par occulter toute remise en cause : oui, le rire est bien le propre de l’homme, puisque ce proverbe médiéval est dans toutes les têtes depuis toujours, et surtout depuis que Rabelais l’a placée dans « L’avis au lecteur » de Gargantua.

Est-ce bien sûr ?  Car voilà : les progrès de la photographie multiplient à présent les clichés insolites de nos amies les bêtes, et parmi elles certaines semblent bien contredire Rabelais : 

 

Publié récemment par les Comedy Wildlife Photography Awards 

qui sont un concours international de photographie


Mais à vouloir trop démontrer on risque de fausser ce qu’on montre. Car avons-nous la moindre raison de croire que, comme semble le montrer cette image, les otaries ont une vie sociale calquée sur la nôtre et qui de surcroit implique un langage ? Et si nous le croyons ne risquons-nous pas d’être victime d’anthropomorphisme ?

« Anthropomorphisme » : le mot est lâché ; car cette attitude qui interprète le comportement des animaux d’après le nôtre est bel et bien impliquée en permanence dans nos rapports avec les bêtes et bien entendu principalement avec nos animaux de compagnie.

 

Regardons notre chat (ou notre chien) : l’attrait qu’il a pour nous n’est-il pas le produit de cette croyance que ses sentiments sont les mêmes que les nôtres, ses calculs d’action les mêmes que nos déductions logiques ? Avons-nous la moindre raison de croire que notre chat ne nous aime pas comme nous l’aimons ? Bien sûr c’est moi et moi seul qu’il vient voir quand il rentre à la maison, et on me dit qu’il semble désemparé quand je ne suis pas là. Mais ne peut-on interpréter tout cela en fonction d’autres mécanismes propres aux félins et qu’on retrouve chez tous les chats – comme on devrait interpréter l’« amour » exclusif du chien pour son maitre à partir de la structure de la meute et de l’attitude du chien par rapport à son chef ?

Mais après tout, tout cela nous rapproche des animaux : car si nous pratiquons l’anthropomorphisme, n’est-ce pas parce que, tout comme le chien, nous attribuons aux animaux notre propre organisation sociale ? La meilleure chance de survie nous vient de l’attitude d’attachement de nos compagnons de tribu, c’est donc un facteur favorable à la survie de l’espèce qui nous pousserait à croire que l’amour et la haine se propagent en dehors de l’espèce humaine.

mardi 27 août 2024

Pas de pigeon sans « caca » de pigeon – Chronique du 28 aout

Bonjour-bonjour

 

Vu dans la presse ce matin : « Un pigeon immaculé et son excrément doré, telle est la nouvelle identité visuelle du London Museum. Mais derrière, il faut y voir un message d'accueil et de tolérance. »

 

 

En plein déménagement vers un nouveau site, et après avoir annoncé le retour à son ancien nom de « London Museum » l'institution a dévoilé cet été son nouveau logo : un pigeon en train de se soulager. Pour ce musée qui retrace l'histoire de Londres de l'Antiquité à nos jours, cet oiseau et son excrément (en or, s'il vous plaît) « illustrent la dualité de l'histoire de cette ville, où les paillettes ont côtoyé la poussière durant des millénaires »

 

Alors c’est vrai : les colombes font exactement autant d’excréments que les pigeons, et pourtant leur présence est bien mieux tolérée. Le rejet des pigeons, fournissant le prétexte de leurs nuisances pour l’environnement aurait une valeur symbolique : il représenterait les migrants, ainsi que le signale le sociologue Colin Jerolmack : selon lui, on considère les pigeons urbains comme des « intrus manifestes au sein d'endroits que nous avons décrétés exclusivement réservés aux humains ». Le passage des animaux aux humains se fait alors sur le plan de la représentation symbolique, des défécations des pigeons aux incommodités humaines. » (Cf. l’article cité.)

On constate donc qu’au cours des temps, ces deux groupes ont été tour à tour accueillis, célébrés, puis de plus en plus diabolisés jusqu'à la création d’« environnements hostiles » (on songe aux modifications du mobilier urbain destinées à le rendre impropre au séjour prolongé des humains.) 

 

Pour lutter contre le rejet des hommes, le musée de Londres a choisi d’anoblir les rejets malodorants des pigeons : la fiente de la statue est réalisée en or ! Autant dire : « Oui, ces hommes sont bien encombrants, mais leurs inconvénients sont solidaires de leur dignité »

Si ce message a quelque chance de passer grâce à ce pigeon déféqueur alors va pour ce déchet – en or 18 carats quand même !

mardi 17 octobre 2023

Rions-on un peu – Chronique du 18 octobre

Bonjour-bonjour

 

Devant cette actualité anxiogène, il est bon de relâcher la pression de temps en temps. Mais comment faire ? 

L’idée (qui n’est pas neuve) est de demander au monde animal de nous dérider en nous montrant des comportements ou des aspects de la vie un peu amusants. Tel est d’ailleurs le but de ce concours de photos qui a lieu en ce moment et qui se nomme « Comedy Wildlife Photo »

Ainsi par exemple : 

 

 

Les bras m’en tombent (Une sélection d’images ici, un choix plus large ici)

 

Ces photos vont nous amuser par l’imagination qui projette une attitude humaine sur cette attitude animale. Façon de dire que si ces clichés sont surprenants, leur signification nous échappe totalement, mais que cela nous permet de nous voir nous-mêmes à travers ces animaux.

D’ailleurs est-ce si surprenant ? Que faisons-nous avec nos animaux domestiques ? On se moque allègrement de la « Mémère-à-son-chienchien » qui bétifie avec son animal. Mais regardons-nous : ne parlons-nous pas à nos bestiaux chéris ? Ne les considérons-nous pas un peu comme nos enfants ? Et quand ils meurent, ne faisons-nous pas une déprime de deuil ?


- Aïe ! C’est vrai que je voulais seulement vous dérider…

Aller j’en rajoute une couche pour me faire pardonner.

 

File dans ta chambre !

mercredi 7 juin 2023

Rugir comme un fauve – Chronique du 8 juin

A Roland Garros Alexander Zverev déclare : « Je suis en demi-finales de Roland-Garros et j’en suis très heureux ! ». L’instant d’avant il avait manifesté sa joie de la façon la plus expressive :


 

Le rugissement d’Alexander Zverev (vu ici)


L’idée que l’Homme possède un fond atavique animal n’est pas récente, tant s’en faut. Mais la voir revenir à l’occasion d’un sport aussi policé que le tennis étonne : pourquoi pas plutôt au rugby ou au judo ? 

Et puis de toute façon, quel animal inconnu jaillit à cette occasion sur les courts de Roland Garros ? Le primate qui sommeille en nous serait-il plus tigre que gorille ?


 

Vient la question : puis qu’il s’agit d’un fonds archaïque, il doit être présent en chacun de nous - alors et moi ? Oui, moi : en quelles occasions ai-je pu rugir ainsi ? Sous le coup d’un besoin urgent, par exemple lorsque la faim me tenaille ? Ou au contraire, comme Zverev, pour manifester la puissance qui se développe en moi, lors d’un accouplement réussi ?

Ne comptez pas sur moi pour vous révéler mon intimité : contentez-vous de rechercher la vôtre.

dimanche 4 décembre 2022

Des animaux et des hommes – Chronique du 5 décembre

 

Ce matin, si ça ne vous choque pas, vous aurez une chronique en deux temps.

 

 

Bonjour-bonjour

 

Premier temps : Kalli et Zizou sont des chats que des geeks facétieux ont inscrits sur les listes des militants du parti « Les Républicains », allant jusqu’à faire enregistrer leurs votes hier lors de la primaire destinée à élire le futur Président. La blague ne fait pas rire tout le monde, à commencer par le service de contrôle des votes : distinguer entre un animal et un humain est la toute première précaution qu’ils sont supposés savoir prendre. (Lire ici)

Dont acte.

Deuxième temps : à Churchill, petite ville du littoral de la province du Manitoba, la saison actuelle voit se regrouper 850 ours polaires en attente de la reformation de la banquise. La présence de ces 850 ours dans une agglomération qui compte tout juste 900 habitants cause des désagréments, entrainant la construction d’une « prison à ours » dont on dit qu’elle est destinée à ceux qui « abusent de l’hospitalité locale ».

Finalement, les animaux ne sont pas si différents des hommes : leur présence indésirée entraine leur mise à l’écart par restriction de liberté. (Lire ici) 

 

La comparaison entre ces deux infos, si étrange qu’elle paraisse, est quand même éclairante : 

            * si l’on veut montrer une situation invraisemblable, montrons des chats, animaux solitaires par excellence, en train d’élire des représentants de la race féline. Si on ne peut discerner ce comportement aberrant de la normalité, alors c’est qu’on a bien affaire à un disfonctionnement majeur.

            * Par ailleurs, quelle différence entre des ours polaires et des migrants ? Les uns comme les autres arrivent sans y avoir été invités et on peut supposer que leur survie se fait aux dépends de la communauté humaine.  A noter toutefois qu’ici la ressemblance est voulue par les autorités puisqu’elles pourraient si elles le décidaient faire tuer tous ces ours – sauf que la protection de leur espèce est un souci majeur. 

 

--> Occasion de noter que, pour les migrants embarqués sur des radeaux de fortune – ou plutôt d’infortune – la préoccupation de la protection de leur espèce ne parait pas si prioritaire.

jeudi 24 novembre 2022

Je t’aime, je te tue - Chronique du 25 novembre

Bonjour-bonjour

 

Retour sur l’affaire de la suppression de la corrida. J’ai bien sûr pris connaissance du retrait du projet de loi, mais je pense que ça va revenir agrémenté d’autres interdictions concernant la chasse, la pêche – et puis le commerce des animaux, etc. 

- Je ne cherche pas à réchauffer le contenu de ce Post déjà consacré au sujet, mais plutôt à réfléchir sur le thème de l’amour porté à des animaux pourtant destinés à finir dans les assiettes des humains – ceux-là même qui les aiment tant. 

 

Les éleveurs sont les premiers concernés, eux qui donnent à leurs vaches des petits noms charmants et qui vont leur faire un petit câlin en allant les traire – avant de les confier à l’équarrisseur.


 

Vu ici

Voilà une occasion de revenir sur cet étrange accouplement de l’amour et de la mort – d’Éros et de Thanatos pour parler comme les freudiens.

Si Éros rassemble et multiplie les êtres, Thanatos les détruit et les disperse : aucune possibilité de faire une synthèse des deux, c’est le « en même temps » qui prévaut. Seulement cette réunion doit être fondée sur quelque chose si on veut que ce soit crédible. Ici, par exemple, que cette contradiction envers les animaux soit inscrite dans la nature humaine. C’est cette fêlure qui expliquerait que les manadiers pleurent sur la disparition des taureaux de combats, qui suivrait inéluctablement la disparition des corridas, et puis jouissent en plantant leur épée dans le cœur de ces si belles bêtes.

dimanche 20 novembre 2022

La corrida bientôt dans la poubelle de l’histoire ? – Chronique du 21 novembre

Bonjour-bonjour

 

L'Assemblée nationale examinera le 24 novembre un projet de loi proposé par Aymeric Caron, député LFI, visant à interdire la corrida sur l'ensemble du territoire, qui réactive des débats qui ont bien des fois agités la France. On voit donc encore une fois les passions se déchainer à propos de l’existence des corridas, opposant les défenseurs des taureaux aux afficionados de ce spectacle.

--> Les premiers considérent que la tauromachie n’est qu’un « spectacle de désolation », les seconds qu’il s’agit, comme le suggère l’illustration suivante, d’une véritable « œuvre d’art » (lire ici). 

 


Pablo Picasso – Série consacrée à la tauromachie


- Alors que les adversaires de la corrida placent le débat au niveau de la morale, ses défenseurs crient à l’abus d’un État qui veut réduire à néant les pratiques locales propres à manifester l’identité culturelle des régions. Évoquant ce projet de loi, le jeune toréro El Rafi s’emporte : « Cela ne me paraît pas normal de faire voter une loi pour une pratique locale, qui touche à notre identité. Je n'impose pas ma culture aux autres, mais on demande juste le respect de nos traditions ». Allant plus loin encore, certains estiment que, dans le sillage de la corrida, c’est l’interdiction de la chasse, sous toutes ses formes qui se profile, ajoutant : « L'objectif d’/Aymeric/ Caron, c'est de supprimer toutes les passions rurales qui touchent à l'animal. » (art. cité)

 

- Mais d'autres encore, plus modérés, prônent l’indifférence prudente : « Laissons la corrida glisser toute seule dans la poubelle de l’histoire » disent-ils. Selon eux, les cultures des sociétés occidentales contemporaines évoluent vers un rejet de la souffrance animale, principalement lorsqu'elle est infligée par la cruauté des hommes, et plus encore quand il s’agit d’un but ludique : là, c’est le sadisme qui est convoqué pour expliquer ce plaisir jugé morbide.

Cette évolution entamée depuis très longtemps, peut-être plus d’un siècle, permet aussi de rejeter l’argument de la tradition invoquée pour associer la corrida à l’identité culturelle : l’histoire montre que les plus enracinées de ces coutumes peuvent le moment venu tomber en totale désuétude : « On a bien interdit les duels, pourquoi pas la corrida ? »

Dans ce cas, la seule question est de savoir si le moment propice est arrivé : pour cela rien ne vaut l’expérience d’un projet de loi débattu et voté par l’Assemblée nationale.

mardi 11 janvier 2022

L’homme au cœur de cochon – Chronique du 12 janvier

Bonjour-bonjour

 

Grouiiik-grouiiik ! Tel est le cri poussé par l’américain greffé avec un cœur de cochon à son réveil après l’opération. 

Balivernes ! Pourtant on pourrait réellement craindre que des caractéristiques porcines apparaissent chez les malades transplantés : les xénogreffes comme on appelle ce genre d’opération, impliquent en effet de faire sauter la barrière qui nous sépare des espèces animales et on sait que celle-ci est mince, particulièrement en ce qui concerne le cochon. Les musulmans et les juifs le savent bien – ainsi que nous-mêmes qui faisons facilement une comparaison entre certains hommes et cet animal.

 

... Et pourtant cette transplantation s’est faite ! Et pas une fois seulement, puisque récemment un rein de porc également  été greffé à un patient victime de pathologie rénale. (Sur tout cela, lire ceci)

- On pourrait se demander pourquoi malgré de telles préventions l’opération a été tentée ?

On peut penser que le besoin de régénérer le corps humain souffrant est tel que depuis très longtemps on a tenté de telles transplantations : ça remontrerait – tenez-vous bien – au 17ème siècle avec des transfert d’organes de primates. Alors, certes les singes ressemblent plus à l’homme que le cochon ; mais dans les deux cas on fait sauter la barrière qui sépare l’animal de l’homme.

Mais quand même, la peur de se transformer en animal reste grande, elle hante l’imaginaire des sociétés les plus lointaines, et le mythe du loup-garou est là pour en attester.

 


Aujourd’hui la science est là pour nous rassurer car la génétique est formelle : toutes les caractéristiques de tous les êtres vivants sont issues de l’ADN présent dans leurs cellules et à part des séquences communes (si elles existent) rien de l’animal ne peut se réveiller chez l’homme. 

Seulement voilà : nos antivax sont persuadés que l’ARN messager contenu dans le Pfizer peut malgré tout bouleverser notre génome. Preuve s‘il était nécessaire que nous sommes bien capables de croire le message scientifique, mais juste ce qu’il faut pour accéder à de nouvelles peurs et à un nouvel imaginaire.

Le pouvoir de l’imagination n’est pas détruit par la rationalité scientifique : ce serait plutôt réconfortant, non ?

jeudi 7 février 2019

A L'OCCASION DE LA «SAINT-VALENTIN DES ANIMAUX», LA SPA VOUS INVITE DANS SES 62 REFUGES CE WEEK-END

Pour Jacques-Charles Fombonne, président bénévole de la SPA « la Saint-Valentin des animaux est l’occasion de célébrer l’amour inconditionnel qui naît d’une rencontre entre un homme et son animal ». (Lire ici)



Vous ne trouvez pas qu’on en fait un peu trop avec les animaux de compagnie ? La Saint Valentin des animaux : le toutou qui est au premier plan sur cette image devrait, si on l’osait, être placé derrière le cœur à la place de la jolie dame ou du gentil monsieur. « Oui, c’est vrai : ma femme, c’est un amour de femme. Mais voyez-vous je finis par m’en lasser. Tandis que Toby… »
Bref : même l’enfant que ce couple, on l’espère, n’a pas eu ne suffirait pas à combler leur cœur d’amour, du moins pas autant que l’animal fidèle qui les a élu comme partenaire de sa vie. Et qu’importe qu’il n’ait pas eu le choix, qu’importe qu’on sache que le chien est capable d’adorer des hommes (ou des femmes) qui sont de parfaits salauds : après tout l’amour n’a pas à se justifier, et je n’ai pas à demander à mon chat pourquoi il se frotte à ma jambe en ronronnant le matin :
« Dis-moi, Pupuce, pourquoi tu m’aimes ? »
Car si Pupuce savait parler il répondrait :

« Ce n’est pas que je t’aime, oh mon maitre! C’est simplement qu’en me frottant contre ta jambe, je marque mon territoire. Car qu’importe que tu sois gentil ou une parfaite ordure, ce qui compte c’est que tu m’appartiennes – à moi et à aucun autre matou. »

mercredi 21 mars 2018

LE PRÉSIDENT PALESTINIEN TRAITE L'AMBASSADEUR AMÉRICAIN EN ISRAËL DE "FILS DE CHIEN"

Après plusieurs décisions montrant selon eux le parti pris ouvertement pro-israélien de l'administration Trump, les Palestiniens ont fait savoir que les Etats-Unis étaient disqualifiés dans le rôle de médiateurs.
« L'ambassadeur américain à Tel-Aviv est un colon et un fils de chien », a dit M. Abbas dans un discours à Ramallah dénonçant la politique américaine face au conflit israélo-palestinien.
Les propos de M. Abbas ont entraîné une vive réaction de la Maison Blanche, dénonçant des « insultes déplacées. »

« Fils de chien » : l’insulte à la mère (ou au père ?) qui vient redoubler l’expression du dégoût inspiré par de destinataire de cette invective est trop classique pour qu’on s’y arrête. En revanche, la place du chien dans la hiérarchie des êtres vivants chez les musulmans peut étonner. Car voilà un animal qui chez nous est l’objet des biens des câlineries (les bichons et les chiens de manchon ne datent par d’hier – Voir ici) et qui suscite non seulement de la répulsion chez les musulmans mais qui parait encore maléfique : « Ne laissez pas un chien dans votre maison, sinon les anges n’y entrerons pas ! » (Lire ici)
L’Islam voit dans le chien un animal dont l’impureté est pire que celle du porc ; et finalement tous les animaux domestiques sont chassés de la maison, à l’exception du chat – dont j’ai lu qu’il était toléré même dans les mosquées.
On dira que cette crainte de l’animal comme source d’impureté n’est rien d’autre qu’une superstition : les musulmans vivent dans un monde enchanté et si ça leur permet de rencontrer en cas de besoin un Dieu secourable, ça les oblige aussi à prendre des précautions pour ne pas être contaminés par les êtres impurs qui y séjournent.
Mais l’homme avisé se demandera plutôt si ce comportement n’est pas un miroir qui lui est tendu pour interroger ses propres représentations. N’avons-nous pas, nous aussi nos animaux impurs ? Ceux qui nous révulsent et dont on ne tolèrerait pas la présence dans note environnement ?

Finalement nous serons peut-être d’accord avec les musulmans pour dire que le porc est l’animal impur par excellence : pour les femmes de #balancetonporc l’homme vicieux au regard lubrique et à la braguette débordante n’a d’autre image que celle du cochon. Seriez-vous prêt à partager votre canapé avec lui ?