Affichage des articles dont le libellé est homme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est homme. Afficher tous les articles

mercredi 11 décembre 2024

Le rire est-il le propre de l’homme ? – Chronique du 12 décembre

Bonjour-bonjour

 

Cette formule rabelaisienne archi-connue – trop peut-être – finit par occulter toute remise en cause : oui, le rire est bien le propre de l’homme, puisque ce proverbe médiéval est dans toutes les têtes depuis toujours, et surtout depuis que Rabelais l’a placée dans « L’avis au lecteur » de Gargantua.

Est-ce bien sûr ?  Car voilà : les progrès de la photographie multiplient à présent les clichés insolites de nos amies les bêtes, et parmi elles certaines semblent bien contredire Rabelais : 

 

Publié récemment par les Comedy Wildlife Photography Awards 

qui sont un concours international de photographie


Mais à vouloir trop démontrer on risque de fausser ce qu’on montre. Car avons-nous la moindre raison de croire que, comme semble le montrer cette image, les otaries ont une vie sociale calquée sur la nôtre et qui de surcroit implique un langage ? Et si nous le croyons ne risquons-nous pas d’être victime d’anthropomorphisme ?

« Anthropomorphisme » : le mot est lâché ; car cette attitude qui interprète le comportement des animaux d’après le nôtre est bel et bien impliquée en permanence dans nos rapports avec les bêtes et bien entendu principalement avec nos animaux de compagnie.

 

Regardons notre chat (ou notre chien) : l’attrait qu’il a pour nous n’est-il pas le produit de cette croyance que ses sentiments sont les mêmes que les nôtres, ses calculs d’action les mêmes que nos déductions logiques ? Avons-nous la moindre raison de croire que notre chat ne nous aime pas comme nous l’aimons ? Bien sûr c’est moi et moi seul qu’il vient voir quand il rentre à la maison, et on me dit qu’il semble désemparé quand je ne suis pas là. Mais ne peut-on interpréter tout cela en fonction d’autres mécanismes propres aux félins et qu’on retrouve chez tous les chats – comme on devrait interpréter l’« amour » exclusif du chien pour son maitre à partir de la structure de la meute et de l’attitude du chien par rapport à son chef ?

Mais après tout, tout cela nous rapproche des animaux : car si nous pratiquons l’anthropomorphisme, n’est-ce pas parce que, tout comme le chien, nous attribuons aux animaux notre propre organisation sociale ? La meilleure chance de survie nous vient de l’attitude d’attachement de nos compagnons de tribu, c’est donc un facteur favorable à la survie de l’espèce qui nous pousserait à croire que l’amour et la haine se propagent en dehors de l’espèce humaine.

mardi 4 juillet 2023

Entre le nombril et le sexe, choisis ton camps, camarade – Chronique du 5 juillet

Bonjour-bonjour

 

Cherchant à éviter les info centrées sur la violence sociale, je tombe sur cette information : « Au château du Clos-Lucé, une exposition compare les dessins anatomiques de Léonard de Vinci à l'imagerie médicale actuelle. »

On connait tous cette représentation de l’homme idéal de Vitruve reprise par le dessin de Léonard :

 


Il est vrai que la valeur anatomique de ce dessin est peu de chose comparée à d’autres planches illustrant les dissections réalisées par le peintre Florentin. Mais on devrait aussi noter que cette image de l’homme idéal est aussi porteuse d’un sens qu’on ne doit pas oublier. 

--> Lisons : « Célèbre représentation des proportions idéales parfaites du corps humain parfaitement inscrit dans un cercle (centre : le nombril) et un carré (centre : les organes génitaux) (symbolique du cercle et du carré), l'Homme de Vitruve est un symbole allégorique emblématique de l’Humanisme, de la Renaissance, du rationalisme, de « L'Homme au centre de tout / Homme au centre de l’Univers », de la mesure et de la représentation du monde. » (Lu ici)

Je laisse de côté les interprétations savantes très bien documentées au reste, pour m’attarder sur le double centre de symétrie permettant de présenter l’Homme : le nombril pour le cercle et le sexe pour le carré. Pour ma part j’y vois une double lecture de la nature humaine : faite de simples individus, tous centrés sur leur propre existence – le nombril. Et puis des représentants de l’espèces, définis à partir de leur sexe entendu comme instrument de génération. Après, que l’un soit inscrit dans un cercle et l’autre dans un carré m’importe peu, sauf que l’homme est grâce à cela pourvu d’un double centre - soit le nombril ; soit le sexe. 

Et cela, on n’a pas besoin des humanistes de la Renaissance pour l’entendre : on pourrait facilement classer toutes nos connaissances soit comme "nombrilistes", soit comme « sexistes » selon qu’ils mettent en avant leur personne ou leur sexualité.

- Attention : l’homme est complexe et si les animaux doivent quitter l’un de ces pôles pour aller vers l’autre – allant jusqu’à oublier leur propre survie dans les affrontements de la période du rut – c’est strictement réparti selon la biologie de l’animal. L’homme quant à lui est capable de désirer cumuler ces deux fonctions, et donc de pouvoir choisir à tout moment de privilégier sa personne ou sa sexualité. 

Il peut évidemment chercher à cumuler le nombril et le sexe, mais peut-être que seule la représentation idéale Vitruve en est capable 

mardi 30 mai 2023

Éradiquer l’espèce humaine – Chronique du 31 mai

Bonjour-bonjour

 

Dans un récent Post, je m’enflammais contre la pollution au plastique des océans : ces vastes gyres océaniques me semblaient symboliser à elles seules la folie humaine dans sa recherche de toujours plus de profit.

Pourtant c’était aller un peu vite en besogne : voici les conclusions auxquelles sont parvenus certains scientifiques : « le plastique s’est installé dans les océans au point qu’il devient un lieu de vie. Ce plastique fait désormais presque partie de la nature. Alors que 15 tonnes de polymères sont déversées chaque jour dans la mer, plusieurs espèces marines ont fini par s’y adapter et s’y développent même largement. » (Lu ici)

Et de publier la photo des bestioles qui s’épanouissent au sein de des déchets plastiques : 

 

 

Un neuston photographié dans le milieu marin pollué au plastique.

 

Faut-il retirer ce plastique alors que plusieurs espèces s’y développent ?

 

Deux observations :

            * D’abord notons que notre connaissance de la nature est fort imparfaite dans la mesure où nous ne savons pas anticiper la façon dont elle s’adaptera aux milieux nouveaux que produit notre activité. La vie possède de fabuleuses facultés d’adaptation et de mutation : rien n’est écrit à l’avance.

            * Ce que nous cherchons à préserver, ce n’est pas la nature, mais l’espèce humaine. Car ce ne sont pas certes les « neustons » qui vont nous protéger de nos déchets ; sans doute est-ce de façon judicieuse que les sciences nous alertent sur ce fait : il n’y aura bientôt plus de place pour des humains à la surface du globe. Mais bien sûr la vie ne s’arrêtera pas pour autant.

Et qui nous dit que la terre ne sera pas plus belle, plus florissante qu’avant ?

On peut être sûr en tout cas que, débarrassée de l’espèce humaine, la Nature ne s’en portera que mieux.

Et si c’était là le sens de cette incroyable crise climatique ? La Nature faisant, comme le cheval qui se cabre pour désarçonner le cavalier, tout ce qu’il faut pour éradiquer l’espèce humaine ?