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vendredi 6 février 2026

Jeffrey Epstein : une affaire sensible – Chronique du 7 février


Bonjour-bonjour

 

Si vous vous étonnez que l’« affaire Epstein » mobilise les médias au point qu’on ne parle plus que de ça, observez dans combien de domaines différents elle soulève des indignations. Argent, sexe, détournement du droit, corruption : l’affaire Epstein est un symptôme polymorphe du fondement – des bas-fonds – de nos sociétés. De Jean-Paul 2 à nos chefs d’État, tous ont posé avec lui pour une photo.


Avouez qu’il y a de quoi philosopher ! Mais avant de m’y risquer, je voudrais relever un fait assez notable : Jeffrey Epstein avait pour passion de collectionner les relations pour constituer un réseau de connaissances le plus gigantesque possible. C’est d’ailleurs la raison de la montagne de noms cités dans les documents récemment rendus publics.

Nous avons là une passion qui est sans doute assez répandue : aimer regrouper autour de soi un maximum de personnes susceptibles de former un groupe dont nous serions le centre. N’est-ce pas là la définition même d’Éros, cette pulsion fondamentale reconnue par Freud dans le dernier stade de sa théorie ? Fonder une famille, puis un clan, puis une nation : Epstein aurait mis en œuvre cette pulsion de vie à laquelle nous sommes tous attachés.

- Mais alors : de même qu’Éros s’oppose à Thanatos - cette pulsion « de mort » qui cherche à détruire ces vastes ensembles, il aurait quelque part un « anti-Epstein » acharné à détruire ces regroupements, par des propos clivants puis des actions destructrices ?  

jeudi 24 novembre 2022

Je t’aime, je te tue - Chronique du 25 novembre

Bonjour-bonjour

 

Retour sur l’affaire de la suppression de la corrida. J’ai bien sûr pris connaissance du retrait du projet de loi, mais je pense que ça va revenir agrémenté d’autres interdictions concernant la chasse, la pêche – et puis le commerce des animaux, etc. 

- Je ne cherche pas à réchauffer le contenu de ce Post déjà consacré au sujet, mais plutôt à réfléchir sur le thème de l’amour porté à des animaux pourtant destinés à finir dans les assiettes des humains – ceux-là même qui les aiment tant. 

 

Les éleveurs sont les premiers concernés, eux qui donnent à leurs vaches des petits noms charmants et qui vont leur faire un petit câlin en allant les traire – avant de les confier à l’équarrisseur.


 

Vu ici

Voilà une occasion de revenir sur cet étrange accouplement de l’amour et de la mort – d’Éros et de Thanatos pour parler comme les freudiens.

Si Éros rassemble et multiplie les êtres, Thanatos les détruit et les disperse : aucune possibilité de faire une synthèse des deux, c’est le « en même temps » qui prévaut. Seulement cette réunion doit être fondée sur quelque chose si on veut que ce soit crédible. Ici, par exemple, que cette contradiction envers les animaux soit inscrite dans la nature humaine. C’est cette fêlure qui expliquerait que les manadiers pleurent sur la disparition des taureaux de combats, qui suivrait inéluctablement la disparition des corridas, et puis jouissent en plantant leur épée dans le cœur de ces si belles bêtes.