Bonjour-bonjour
Si vous vous étonnez que l’« affaire Epstein » mobilise les médias au point qu’on ne parle plus que de ça, observez dans combien de domaines différents elle soulève des indignations. Argent, sexe, détournement du droit, corruption : l’affaire Epstein est un symptôme polymorphe du fondement – des bas-fonds – de nos sociétés. De Jean-Paul 2 à nos chefs d’État, tous ont posé avec lui pour une photo.
Avouez qu’il y a de quoi philosopher ! Mais avant de m’y risquer, je voudrais relever un fait assez notable : Jeffrey Epstein avait pour passion de collectionner les relations pour constituer un réseau de connaissances le plus gigantesque possible. C’est d’ailleurs la raison de la montagne de noms cités dans les documents récemment rendus publics.
Nous avons là une passion qui est sans doute assez répandue : aimer regrouper autour de soi un maximum de personnes susceptibles de former un groupe dont nous serions le centre. N’est-ce pas là la définition même d’Éros, cette pulsion fondamentale reconnue par Freud dans le dernier stade de sa théorie ? Fonder une famille, puis un clan, puis une nation : Epstein aurait mis en œuvre cette pulsion de vie à laquelle nous sommes tous attachés.
- Mais alors : de même qu’Éros s’oppose à Thanatos - cette pulsion « de mort » qui cherche à détruire ces vastes ensembles, il aurait quelque part un « anti-Epstein » acharné à détruire ces regroupements, par des propos clivants puis des actions destructrices ?
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