Bonjour-bonjour
Entendu hier sur un plateau télé, un responsable de la sécurité qui, parlant des chutes de neige, employait le terme « culture » alternativement à propos de la culture du risque, puis de la culture du renoncement. Sachant que le mot cultureainsi employé désigne « Ensemble des pratiques, connaissances, traditions et normes d’un domaine ou d’une communauté donnée. » on comprend que la « culture du risque » consiste à savoir prendre des risques tout en sachant se conformer à des normes usuelles, lesquelles conduisent à la culture du renoncement.
Ainsi l’un limite l’autre : en ski on est libre de prendre des risques, mais on doit rester responsable des accidents qui mettent en danger notre vie et celle des autres. A quoi répond l’attitude du renoncement.
- Toutefois, la « culture du renoncement » met en jeu également une attitude morale : celle de l’abandon du projet. C’est « l’action de se priver de toute satisfaction personnelle ou égoïste, de s'oublier soi-même. » Les risques encourus par l’individu doivent ainsi définis selon les risques encourus par la société toute entière. (Voir ici)
Soit. Mais c’est aussi une notion de renoncement aux désirs de l’individu, comme de partir ski aux pieds pour faire sa trace dans un champ de neige immaculé. Renoncer suppose un désir qui recule selon l’évaluation du risque dans des circonstances particulières – mais ce désir est soutenu par l’habitude instillée de partout dans la société de consommation, qui nous dit « Il suffit de désirer pour acheter ».
Car voilà le mystère : renoncer ne s’oppose pas à désirer mais à consommer. Si vous venez d’arriver dans la station où vous avez loué une semaine de ski, vous n’êtes pas là pour ronger votre frein en station, mais pour dévaler les pentes. C’est ça qu’on vous a appris, en même temps qu’on vous agitait la carotte du travail sans autres limites que celles des forces mobilisables pour … acheter de quoi consommer.
Oui, vous avez acheté de la neige skiable éventuellement artificielle, mais surement pas des champs de neige capables traitreusement de vous ensevelir.
« Sachez renoncer ! » - qui donc, à part les écolos « punitifs » vous diraient cela aujourd’hui ?
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