Bonjour-bonjour
La Saint-Valentin n’est plus ce qu’elle était. C’est ce que montre cette étude menée à Paris et publiée aujourd’hui : « À l’approche du 14 février, une étude exclusive révèle un basculement discret mais profond des imaginaires amoureux. Moins de chandelles, plus de liberté. Moins de symboles figés, davantage d’exploration intime. »
« Exploration intime… » Quésaco ? Lisons : « 55,7 % des Parisiens de 25-34 ans possèdent au moins un sextoy, contre 21,4 % chez les plus de 55 ans. Pourtant, tous âges confondus, Paris demeure plus réservée qu’on ne l’imagine : seulement 41,5 % des Parisiens déclarent posséder un sextoy. »
Bien. Jusqu’ici, rien de surprenant : le tabou placé sur le désir et les pratiques sexuelles est allé voir ailleurs, et donc nous voilà dans un monde où la pornographie est « open-bar ». Mais alors qu’est-ce que cela a donc à voir avec la Saint-Valentin ? Car ne l’oublions pas, cette fête des amoureux célèbre plutôt la tendresse et l’extase des regards que les soubresauts de l’orgasme.
Dessin de Peynet
« Cette fracture générationnelle dit beaucoup d’un changement de rapport à l’intimité. Chez les Millennials (= Personne devenue adulte aux environs de l'an 2000), le romantisme ne se limite plus à la démonstration affective : il inclut l’audace, le dialogue autour des désirs et l’exploration consentie. La Saint-Valentin devient alors moins une célébration figée qu’un moment de reconnexion à soi et à l’autre. »
Dont acte. Nous voudrions néanmoins comprendre comment cette « reconnexion » s’effectue à la fois sur le plan du « romantisme » et sur celui de « l’érotisme ». Car c’est là que ça coince : jusqu’ici ces deux plans étaient conçus comme attachés à deux ambiances différentes, l’une du sentiment, l’autre de la passion charnelle ; et l’un pouvait succéder à l’autre mais jamais venir en même temps, au point que le garçon qui se serait risqué à dire lors d’une première rencontre à une jeune fille : « Je sens qu’on est fait l’un pour l’autre, mais permets une vérification : quelle est la marque de ton sextoy préféré ? »
Oui, voilà ce qui devrait être la réponse à notre étonnement : nous assistons à une normalisation des discussions autour de l’intimité, du plaisir et des fantasmes. Les mouvements féministes ont replacé le plaisir féminin au centre des débats. Certains y voient l’effet de la culture contemporaine qui fait soin de soi un sujet légitime. Car c’est aussi quelque chose de très nouveau : le plaisir sexuel est devenu un plaisir comme un autre, par exemple le plaisir gastronomique ou l’ivresse d’une attraction de fête foraine.
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