dimanche 23 avril 2023

Mieux vaut être pauvre à Mayotte qu’aux Comores – Chronique du 24 avril

Bonjour-bonjour

 

L’opération d’expulsion des comoriens vivant sans papiers à Mayotte peut être vue sous deux angles opposés :

            - Le premier, consistant à considérer le droit international, observe que le territoire de Mayotte étant français, seuls les citoyens français ont le droit d’y résider sans autorisation spéciale. On peut donc les jeter dehors en toute légalité

            - Le second prend note du fait que ce n’est pas parce que ces gens n’ont pas le droit de résider chez nous que nous avons tous les droits à leur égard, y compris de les détruire. Pourrions-nous, comme du temps de la guerre du Viêt-Nam, les bloquer dans leur bidon ville et les arroser de napalm ?

Bien sûr la réponse est non – ce qui laisse entendre qu’il y a, au-dessus des lois internationales, un ensemble de valeurs et de principes universels qu’on se doit d’observer, même quand ces lois viennent à manquer. Il n’y a pas de « trous » dans le droit des humains à vivre et à satisfaire leurs besoins fondamentaux.

On devine que ce dernier principe est trop obscur : le logement fait-il partie des droits fondamentaux comme manger ou boire ? Si c’était le cas, on n’aurait plus de SDF en France.

- Mais que va-t-il se passer aujourd’hui et demain ? Les comoriens illégaux vont être embarqués dans des bateaux, direction les Comores. Et les autorités comoriennes vont certainement refouler les embarcations françaises, refusant du même coup de laisser revenir les migrants sur son territoire.

Appliquant le principe ci-dessus, les français ne vont pas jeter à la mer les malheureux comoriens. Retour à Mayotte ? Oui, mais entre-temps les bulldozers auront rasé leur bidons ville et détruits les quelques biens qu’ils contenaient. La logique de tout ça est qu’il faut que ces migrant soient plus malheureux sur le territoire français que s’ils étaient restés chez eux.

Quand on sait que ces pauvres migrants réfugiés à Mayotte sont huit fois plus « riches » que s’ils étaient restés aux Comores, il va être difficile de battre ce record.

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