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samedi 11 décembre 2021

Pénurie de sperme – Chronique du 12 décembre

Bonjour-bonjour

 

La PMA pour tous : encore un exemple de loi qui a été votée dans les débats houleux et des vociférations et qui se révèle finalement inapplicable. Car pour engendrer il faut des gamètes mâles et femelles. Si on peut espérer que les femmes qui font appel à la PMA soient fertiles, il leur faut encore trouver des spermatozoïdes disponibles. Et c’est là que ça coince : trop peu d’hommes acceptent de donner leur précieuse semence. Pourquoi ? 

- Estiment-ils qu’elle soit justement trop précieuse pour en faire don ? Alors, pourquoi ne pas la vendre ? Après tout on parle sans cesse de « banque du sperme » : ça doit bien rapporter quand même ?

- On peut aussi hésiter à donner son sperme, parce qu’il est une ressource qu’il convient d’épargner. Les principes de l’écologie de la décroissance seraient pertinents ici : moins produire pour moins gaspiller. De surcroit pour épargner la planète il faut faire moins d’enfant ce qui exclut de donner du sperme à cette fin. 


D’ailleurs en mai 68, époque où la dépense et le gaspillage étaient à la mode, on écrivait sur les murs « Je sperme à tout vent » (1). Certes on pouvait y voir une invitation à la jouissance sexuelle « sans entraves » ; mais de surcroît la société de consommation permettait d'imaginer le sperme comme un bien qu’il convenait de dilapider sans retenue. 

 

Le MLF a mis son nez dans cette affaire : « L'économie du profit et de la capitalisation est une économie de gaspillage masculine. On sème à tout vent du sperme, qui se perd à chaque éjaculation. On le gaspille comme on gaspille les ressources. » Quand Antoinette Fouque (2) écrivait ceci elle se situait dans cette perspective – mais elle est bien oubliée aujourd’hui.

- En effet notre époque est à l’opposé : il s’agit de moins dépenser, d’épargner les ressources – et le sperme est une ressource comme une autre, qu’on perd à chaque éjaculation.

 

Alors, les hommes refuseraient de donner leur semence parce qu’ils refusent globalement d’éjaculer ? 

Allez vite demander à vos amis s'ils confirment.

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(1) On aura reconnu le slogan du dictionnaire Larousse « Je sème à tout vent » assorti de l’image d’un pissenlit qui s’égrène.

(2) Militante MLF (voir ici)

samedi 13 avril 2019

SCANDALE AU PAYS-BAS: L’EX-DIRECTEUR D’UNE BANQUE DE SPERME A 49 ENFANTS BIOLOGIQUES

Ils sont 49 «descendants directs», tous nés d’un même père: Jan Karbaat… L’organisation Defence for Children (défense pour les enfants) dans un communiqué précise : «Les résultats (des tests ADN) confirment de sérieux soupçons selon lesquels Karbaat utilisait son propre sperme dans sa clinique».
Cet ancien directeur d’une banque de sperme à Barendrecht aux Pays-Bas, au cœur d’un scandale retentissant, est accusé d’avoir remplacé, dans les années 1980, le sperme choisi par des familles pour des fécondations in-vitro, par le sien. (Lire ici)

Ce qui stimule l’intérêt pour cette information, c’est le motif : pourquoi ce monsieur a-t-il remplacé les échantillons choisis par les familles par le sien ? Pour faire une bonne blague à ceux qui avaient choisi sur catalogue un donneur blonds yeux bleus et qui se retrouvent avec un mioche brun aux yeux noir ? Ou bien pour éprouver une étrange jouissance de se penser père de 60 enfants ?
Oui, n’est-ce pas, c’est bien cela : démultiplier ses gènes, les répandre non pas dans un kleenex mais dans une matrice féminine pour la faire prospérer et donner naissance à des enfants qui, devenus grands, vont à leur tour la diffuser. En tout cas, si c’était bien le cas (1), ça confirmerait la théorie néo-darwinienne qui affirme, qu’outre la propagation de l’espèce, l’individu chercherait à se reproduire pour diffuser ses gènes ; ce qui implique le choix du partenaire le mieux à même d’engendrer une progéniture apte à la survie… ou plus simplement, en avoir le plus grand nombre possible.
On dira que ce que je présente ici comme la théorie darwinienne n’est en fait qu’une des branches du néo-darwinisme, qu’il y en a d’autres… mais qu’elles sont en compétition pour se propager dans les siècles à venir.
Comme vous voyez, le darwinisme a réponse à tout. N’empêche : j’aimerais savoir ce qui se passe dans la tête quand on fournit son sperme pour une fécondation in vitro : y a-t-il une jouissance de la démultiplication ? Dans ce cas on réfuterait Sade qui dénonçait « le plat souci de la propagation de l’espèce ».
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(1) On ne le saura jamais parce que le docteur Karbaat est mort en  2017, faisant du coup une soixantaine d’orphelins.

samedi 21 avril 2018

DES EXPERTISES ONT ÉTÉ ORDONNÉES MERCREDI POUR ANALYSER UNE ROBE COMPORTANT UNE TACHE DE SPERME.

«Selon son avocat, Tariq Ramadan admettrait avoir eu des relations sexuelles avec la troisième femme qui a porté plainte contre lui … En outre, des expertises ont été ordonnées mercredi pour analyser une robe comportant une tache de sperme ». (Voir ici)
Ça ne vous rappelle rien ? Oui, souvenez-vous : l’affaire Monica Lewinsky contre Bill Clinton. Monica et sa petite robe tachée du sperme présidentiel, lequel, jaillissant dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, était venu en imprégner le tissu… « Un musée de Las Vegas vient de proposer un million de dollar pour la robe «tâchée» de l’ADN du président, devenue à l’époque une pièce à conviction cruciale pour prouver l’existence de la relation que Bill Clinton avait niée » peut-on lire ici.

- Je sursaute en constant la coïncidence curieuse qui existe entre ces informations. S’agit-il bien de la réalité des relations « amoureuses » (sic) ou bien de rêveries érotiques, prodiguées par des cerveaux envahis par des fantasmes masturbatoires ? Le philosophe cartésien se demande si c’est une constante dans ces relations – même furtives – de s’achever en une giclée échouant sur une robe qu’on n’a pas eu le temps de retirer ? Mais, même en admettant que ce soit le cas, comment se fait-il que la robe n’ait pas été lavée, que la tache que certain(e)s considéreraient comme une souillure soit au contraire estimée assez précieuse pour être conservée ad vitam aeternam ?

Oui, c’est cela qui intéresse le philosophe – du moins celui qui a oublié Descartes pour s’en tenir à Freud. Il faut en effet laisser de côté le rationalisme qui n’a rien à nous dire d’intéressant dans cette affaire, pour se tourner vers les émotions qui ne disent rien mais qui font quand même sens. Toutefois, l’explication de ces comportements demande une analyse scrupuleuse tant leur signification paraît floue. Car comment comprendre qu’une femme qui se plaint d’avoir été violée conserve ainsi les traces spermatiques de l’agresseur ? Est-ce qu’elle cherche une preuve que les analyses d’ADN pourront exploiter ? Ou bien s’agit-il de conserver précieusement ce don d’un amant que, du coup, on ne pourrait pas accuser de viol ?

dimanche 25 mars 2018

CETTE FOIS, LA PILULE POUR HOMMES (DMAU) SEMBLE AU POINT

« Reste à savoir, si la suite des essais cliniques cette pilule sont favorables, quel industriel se lancera dans la production de la pilule pour hommes. Quel est le  marché ? Les hommes, pour beaucoup sensibles à  tout ce qui touche à l'imaginaire de la virilité, sont-ils prêts ? Intéressante question. » (lire ici)
Oui, n’est-ce pas : chacun se demandera si les messieurs ne risquent pas de se trouver diminué dans leur virilité si les petites bestioles nageuses disparaissent de leur sperme. Un sperme sans petites graines, est-ce que ça a un sens ? Et le slogan de Larousse cesserait-il de symboliser l’acte viril ?



Oui, c’est bien « Je sperme à tout vent » ce slogan affiché sur les murs de mai-68 qui révèle l’inconscient masculin, correspondant à l’insouciance sans la quelle il serait impossible de dire « Jouissez sans entraves »
Mais, il y a plus. C’est la fierté d’être le semeur de moissons, dont le geste auguste faisait rêver Victor Hugo. Cette fierté, elle est soutenue par cet obscur instinct qui comme le suggèrent les darwiniens habite toutes les espèces vivantes : faire que la procréation soit l’occasion de sauver ses gènes de la destruction.
Oh, certes, il n’y a pas toujours un « vase féminin » pour recueillir cette précieuse semence, et de surcroit les dames font l’impossible pour que leur terreau soit infertile.

Mais si vous supprimez les petites graines, alors vous risquer de porter atteinte à l’instinct le plus basique de la vie.

samedi 22 juin 2024

Pourquoi cela dure-t-il si longtemps ? – Chronique du 23. Juin

Bonjour-bonjour

 

Messieurs, quand vous faites crac-crac, ça dure combien de temps ? Une étude scientifique, expérience à l’appui l’a montré : la durée moyenne d’une rapport sexuel est de 5,4 minutes évaluée sur une période de quatre semaines.

Allez vous illico vous chronométrer pour vous situer dans cette échelle, espérant durer plus longtemps que la moyenne ?

Ridicule orgueil masculin, car la bonne question est de se demander : Pourquoi cela dure-t-il si longtemps ?  

En effet, termes d’efficacité pour la préservation de l’espèce, le seul intérêt de la copulation est la délivrance du sperme dans le vagin : ce qui pourrait être quasi instantané. Alors pourquoi de si longs ébats ? Parce que « ça fait plaisir » ? Mais l’espèce n’a que faire du plaisir : ce qu’elle demande c’est que la semence arrive à bon port ; un point c’est tout.

Une expérience menée par différents chercheurs montre que les mouvements répétés de l’homme pourraient avoir pour objectif d’éloigner le sperme laissé par d’autres hommes, et ainsi de s’assurer, au moment de l’éjaculation, que ses petits nageurs auront les meilleures chances d’atteindre l’ovule les premiers. Ce phénomène pourrait d’ailleurs expliquer pourquoi l’homme éprouve de la douleur lorsqu’il poursuit ces mouvements après l’éjaculation : il risquerait alors d’évacuer son propre sperme.

Car, voyez-vous, le but du rapport sexuel c’est de permettre aux spermatos de gagner la course contre la concurrence. J’explique :

- Monsieur, vous qui rentrez du travail à 20h et qui vous mettez au lit à 21h vite-vite pour féconder votre Dulcinée, savez-vous si elle n’aurait pas fauté dans l’après-midi vous laissant pénétrer dans ses organes déjà ensemencés par toutes sortes de petites graines ?

 

Allez-vous vous fâcher et mettre l'inconstante à la porte ? Mais non ! Contentez-vous de copuler assez longtemps pour évacuer par un énergique va-et-vient ces envahisseurs. 

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NB – Notre époque soucieuse de parité demandera : « Et les femmes ? Quel est leur intérêt dans la chose ? » Eh bien on peut imaginer qu’elles attendent que Monsieur ait terminé sa petite affaire parce que, voyez-vous, l’intérêt de l’espèce quelles portent, c’est simplement d’être fécondée. Après, savoir si le copulateur ressemble à Alain Delon, ça n’a strictement aucune importance. Non pas qu’il n’y ait aucune préférence, mais que chacune a la sienne, ce qui prouve qu’on n’est pas dans le registre universel – celui de la propagation de l’espèce.


mercredi 19 octobre 2022

Détresse émotionnelle – Chronique du 20 octobre

Bonjour-bonjour

 

Voici un fait divers que ma radio m’a fait déguster ce matin en même temps que mon petit déjeuner : au Japon une femme porte plainte contre son donneur de sperme accusé de lui avoir menti sur son CV et avoir occasionné chez elle une « détresse émotionnelle ».

 

Précision : au Japon la demande de don de sperme venue de femmes désireuses d’avoir par ce procédé un enfant est importante et les organismes accrédités pour contrôler ces dons peu nombreux. Se développe ainsi sur Internet des offres venant d’hommes qui proposent leur aide. C’est ce dont cette jeune femme (dont le mari était stérile) fit usage, sélectionnant la proposition d’un futur donneur en fonction de l’excellence de son niveau d’études – il se prétendait en effet diplômé d’une excellente Université, celle-là même d’où venait son mari (stérile rappelons-le).

- La dame et le monsieur font accord ; ils se rencontrent plusieurs fois pour des rapports sexuels en période d’ovulation (oui : c’est le procédé choisi en l’occurrence pour cette insémination). La dame « tombe enceinte », elle accouche d’un joli bébé – Bref, tout va bien ?

- Hé bien non, tout ne va pas bien, parce que la jeune maman découvre par la suite que son donneur lui a menti : il est d’origine chinoise, ce qu’il avait lui caché ; son statut social est moins prestigieux qu’annoncé, et surtout, quoiqu’ayant fait ses études au Japon, il sort d’un Université bien moins cotée. 

La maman trompée trouve inacceptable cette tromperie au CV : elle abandonne le bébé à l’assistance publique et elle porte plainte contre le donneur pour « détresse émotionnelle ».

 

Un fait divers ? Oui, bien sûr mais pas seulement. Car on s’attend à ce que, pour un japonais, l’ascendance chinoise de l’enfant ait été rédhibitoire. Or on nous apprend que c’est essentiellement le niveau d’études très moyen du donneur qui est déterminant.

- Ici, ce qu’on nous dit, c’est qu’au Japon la réussite des études est l’objectif le plus important dans la vie de l’enfant : c’est elle qui détermine toute l’existence ; on connait d’ailleurs la pression exorbitante exercée par les parents sur les enfants tout au long de leurs études.

Ajoutons qu'à cela s’ajoute une croyance totale dans l’hérédité des capacités cognitives : il s’agit pour mettre toutes les chances de son côté d’avoir des géniteurs particulièrement doués dans le domaine intellectuel.

Croyance naïve ? Oui, sans doute mais pas si rare que cela : qu’on se rappelle l’épisode des "bébés Nobels". Cet étrange épisode à eu lieu il y a plus de 30 ans mais il reste quand même en mémoire.  Lisez plutôt : "il y a plus de 30 ans, un millionnaire américain, Robert Graham, créait une banque de sperme destinée aux... Prix Nobel." (La suite ici)


vendredi 27 septembre 2019

LOI DE BIOÉTHIQUE : L'ASSEMBLÉE REJETTE DE JUSTESSE LA P.M.A. POST-MORTEM

Interdite en France, la procréation médicalement assistée post-mortem consiste à réaliser une PMA après le décès du conjoint, sous forme d'insémination de sperme congelé ou d'implantation d'un embryon congelé avant le décès du conjoint.
Aurore Bergé, l'une des responsables LREM sur le texte, a évoqué "l'intérêt supérieur de l'enfant, qui aurait à porter un récit particulièrement lourd" après un drame. (Lire ici)


Voilà un sujet particulièrement épineux : comment interpréter l’intention d’un homme qui serait mort après avoir prévu de faire une implantation de ses gamètes, prélevés et congelés « pre-mortem » ? S’il le voulait avant, pourquoi ne le voudrait-il plus après – même s’il n’est plus pour le confirmer ? Pourquoi lui refuser de continuer à exister à travers sa descendance ? S’il s’agit de ne pas faire un orphelin, on y consent, mais alors il faut aussi refuser la PMA aux femmes seules.
Lisons un peu mieux la déclaration sus-mentionnée. On comprend qu’on continue de prendre en compte l’intérêt de l’enfant, mais cette fois au titre de l’histoire familiale. Car cet enfant n’aurait eu l’existence qu’en raison de la mort de son père. Les garçons ont le désir de tuer leur père, du moins c’est ce qu’une certaine psychologie nous fait croire. Mais cette fois, la mort est non pas l’effet de cette naissance, mais sa cause. « Tu ne tueras pas ton père, même symboliquement, vu que tu n’as vu le jour que grâce à sa mort ! »
Reste qu’il y a déjà des cas où une telle chose se produit : c’est lorsqu’un enfant est conçu après le décès d’un petit frère ou petite sœur comme si une place avait dû se libérer pour le faire advenir ; mieux – ou pire – lorsque le nouveau venu est baptisé du prénom de l’enfant disparu, comme s’il était missionné pour le remplacer. 
Pour autant que je sache cette pratique n’est pas interdite : alors pourquoi empêcher les inséminations post-mortem ?

dimanche 3 juillet 2022

« Rien de trop », devise de la frugalité écologique –– Chronique du 4 juillet

Bonjour-bonjour

 

Sondages après sondages, les français disent le peu de considération qu’ils ont à l'égard de leur dirigeants. Élections après élections ils répètent qu’ils veulent des politiques qui leurs disent la vérité (ou du moins celle qu’ils aimeraient entendre) et qui agissent pour chasser les soucis et les difficultés de la vie.

- Et voilà aujourd’hui des PDG (ceux qui gouvernent réellement le pays en dirigeant les entreprises qui font ou défont la prospérité sans laquelle la politique ne sert plus à rien), qui prennent la parole pour délivrer un message que les partis politiques n’ont cessé de dire et redire : il faut accepter la « sobriété » ou plutôt – cette acceptation étant supposée admise – il faut « passer d'une sobriété d'urgence à une sobriété organisée ». 

Après donc avoir réduit notre consommation énergétique durant l’été, il faut penser à « Une sobriété durable qui passera obligatoirement par un partage de la valeur équitable et par une intégration du temps long au sein de l'entreprise, et donc par des évolutions de gouvernance » (1)

Bref : prenez une dose d’écologie, une autre de justice, ajoutez une bonne rasade de politique – et pour finir, versez juste un trait d’éthique. Voilà le cocktail de l’été et si possible des saisons suivantes.

 

Ce sont les patrons du CAC40 qui parlent : quoiqu’on en pense, leur regard porte loin, du moins quand il s’agit de prévoir les méandres de l’économie mondiale à venir. Reste à comprendre ce qu’ils nous veulent, en particulier avec cette « sobriété » dont on avouera que sa signification n’est pas très claire.

- Ouvrez votre dictionnaire des synonymes favori à l’article « sobriété » ; voici ce que, pour l’essentiel, vous trouverez : abstinence / frugalité / austérité / continence / modération / tempérance / et pour finir : sagesse.

Continence, abstinence, tempérance : une partie du concept est lié à la domination des mâles et à leur gaspillage sexuel (2). Françoise d’Eaubonne quant à elle affirmait que seules les femmes sauront protéger l’environnement. A vous de jouer, mesdames.

Austérité, frugalité, modération : nous sommes tous invités à la vigilance de la juste mesure. « Rien de trop » disait la devise de la sagesse grecque (3).

 

--> Éh bien, voilà où nous en sommes : au lieu de crier à l’écologie punitive voyons plutôt dans ces mesures une occasion de mieux coïncider avec notre véritable nature.

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(1) Dans ce texte co-signé par Jean-Bernard Lévy d'EDF, Hélène Bernicot du Crédit mutuel Arkéa et Pascal Demurger de l'assureur MAIF

(2) Antoinette Fouque, militante du MLF écrit : « L'économie du profit et de la capitalisation est une économie de gaspillage masculine. On sème à tout vent du sperme, qui se perd à chaque éjaculation. On le gaspille comme on gaspille les ressources. » Lire ici

(3) « Mêden agan » « Rien de trop », était l’une des maximes inscrites sur le temple de Delphes. Lire ici ce passionnant article sur les prophéties de la Pythie.

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En bref : avec la société de consommation nous étions dans un délire dionysien ; nous voici dans la rigueur apollinienne.

- Il faut relire Nietzsche

lundi 15 avril 2024

À couper le souffle – Chronique du 16 avril

Bonjour-bonjour

 

Un religieux a été poignardé en pleine messe, et quatre autres personnes ont été blessées ce lundi lors d’une attaque dans l'église du Bon Pasteur, une église assyrienne de Wakeley, dans l’ouest de Sydney.

Le service religieux était retransmis en direct sur internet. La vidéo montre un homme s'approchant de l'autel, levant le bras droit et frappant le prédicateur avec un couteau.

 


Le suspect âgé de 15 ans est soigné pour des blessures à la main et a été conduit dans un endroit sûr, l'attaque ayant provoqué la fureur parmi les fidèles. 

 

L’omniprésence de la vidéo nous donne à voir des évènements les plus fugaces et les plus imprévus, allant du simple fait divers à l’évènement historique.

Imaginez un peu. Nous sommes en 1610, le 14 mai précisément. Le roi Henri IV décide de rendre visite à son Ministre Sully qui est malade, mais son carrosse est bloqué, rue de la Ferronnerie, près des Halles et du cimetière des Saints-Innocents, par une charrette de foin qui barre la rue. « Ravaillac, qui n'attendait que cela, se hisse sur un rayon de la roue. Passant le bras par-dessus le duc d'Épernon, il frappe le roi à la poitrine de plusieurs coups de couteau. Il est aussitôt maîtrisé et traîné dans un hôtel voisin puis à la prison de la Conciergerie. Trop tard. Henri IV meurt tandis que le carrosse rebrousse chemin jusqu'au Louvre. » (Lu ici)

Et si, en 1610 comme à présent il y avait eu une caméra de surveillance rue de la Ferronnerie : qu’est-ce que ça aurait changé ? On aurait tout vu, et nous aurions vécu une émotion sans pareil, quelque chose « à couper le souffle » comme on dit aujourd’hui et que nous aurions pu nous repasser en boucle des dizaines de fois. 

Alors bien sûr, dans le même temps nous n’aurions pas eu le loisir de nous demander qu’est-ce que ça a eu comme conséquence pour la France ? Le règne d’Henri IV, bien éprouvé par les guerres de religion et leur conclusion avec l’Édit de Nantes promulgué en 1598 aurait-il pu pacifier la France et lui éviter des déchirements ultérieurs ?

Oui, nous n’aurions pas aujourd’hui le temps de nous intéresser à des questions pareilles : ce que nous voulons, c’est du sang, du sperme et des larmes.

Et pour ça, on peut compter sur les vidéos youtube.

vendredi 23 novembre 2018

RECHERCHE DE VOLONTAIRES POUR EFFECTUER UN DON DE SELLES.

- Le Centre de recherche clinique de l’est parisien de l’hôpital Saint-Antoine (12e arrondissement) lance un appel au don de selles.  « Nous cherchons des volontaires sains pour réaliser un (ou plusieurs) don(s) de selles dans le cadre d’une l’étude qui porte sur l’évaluation de la transplantation de selles dans une maladie inflammatoire de l’intestin, la rectocolite hémorragique… L’objectif de cette étude est d’évaluer l’efficacité de la transplantation du microbiote fécal sur l’évolution de la maladie ».
--> Commentaire du site 20minutes.fr : « Faites avancer la science avec vos étrons » (Lire ici)
Voilà, tout est dit : d’un côté l’annonce scientifique, de l’autre l’ironie qui la contourne pour retourner vers une tradition de grasses plaisanteries.  Hé quoi ? Serait-il moins important de donner ses selles que de donner son sang ? Au nom de quelle vérité cette hiérarchie serait-elle instituée et légitimée ?
On dira que donner son sang c’est donner la vie, puisque dans notre sang circulent tous les principes vitaux qui vont l’entretenir, alors que les excréments ne sont que des déchets malpropres qui l’intoxiquent. Mais ce n’est qu’un  préjugé qui veut qu’il y ait d’un coté ce qui est bon pour nous, et de l’autre ce qui est mauvais. Dans notre corps le bon et le mauvais ne sont que fonction de quantité et ce qui nous fait vivre peut aussi bien nous empoisonner – et réciproquement ; ainsi du précieux microbiote contenu dans notre intestin, qui constitue l’essentiel de ce que nous évacuons chaque jour à grand renfort de chasse d’eau : pourtant sans lui nous serions victimes d’inflammation et de rectocolite hémorragique.

Mais rien n’y fait : notre rapport à notre corps est tel que les fantasmes l’emportent sur la vérité scientifique. Voyez par exemple dans quel état d’esprit peuvent être ceux qui font un don de sperme…