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samedi 7 février 2026

Vivement dimanche ! – Chronique du 8 février

Bonjour-bonjour

 

Une étude récente le souligne : le repos du dimanche est une coutume incarnée par d’innombrables habitudes venues du fond des siècles, tels que le repas dominical, les habits pour « s’endimancher », les loisirs familiaux (dont le ciné du dimanche soir), etc. Au point qu’on en vient à se demander quelle réforme sociale parviendrait à le supprimer.

Et pourquoi voudrait-on le supprimer ? Me vient à l’esprit que bien des acquis sociaux (congés payés, 35 heures de travail hebdomadaire, la retraite à 62 (?) ans) sont actuellement menacés : le « modèle français » risque bien d’être taillé en pièces par de futures réformes contraintes par le budget de la Nation. 

D’où le question : à quoi serions prêts à renoncer pour sauver le reste qui peut encore l’être ?

- On vient de le voir, on ne renoncera pas au dimanche. Jour où la famille se regroupe et se régénère, personne n’acceptera de voir supprimé cette « respiration » humaine.

- La 5ème semaine de congés ? Saluée comme une avancée de la civilisation, comme le furent en leur temps les congés payés de 36, on y verrait une régression nationale.

- Idem pour la sécu et les retraites : le droit à vivre garanti de naissance, voilà qui ne se marchande pas.

Oui, mais : il faudra bien l’accepter puisqu’on ne pourra pas continuer à vivre à crédit comme on le fait régulièrement depuis 1974. On aura beau faire payer les riches, viendra le moment où on touchera le fond du sac. 

Si on refuse de renoncer aux avantages acquis, il faudra pour continuer à profiter des ressources de l’argent public en arriver à réduire les montants ou – ce qui devrait financièrement revenir au même – en modifier l’assiette selon les possibilités financières de chacun.

C’est donc la frugalité qui constitue la solution : que chacun reçoive l’assistance publique en proportion de ses biens : moins de grosses retraites sous réserves qu’il y ait moins de petites ; que les remboursements de la sécu tiennent compte des capacités de chacun à financer ses dépenses de santé, etc.

Est-ce tout ? Et si la quantité de travail exigée était proportionnée à l’âge ? Disons 40 heures hebdomadaires à 25 ans et 30 heures à 50 ans ? Ça aurait l’avantage de répartir l’effort de participation à la vie commune sans forcément passer par l’impôt.

mercredi 1 janvier 2025

Le mot de l’année : la Diète – Chronique du 2 janvier

Bonjour-bonjour

 

Chaque ministre, chaque responsable de Parti, chaque homme politique a en ce moment un souci majeur : trouver la bonne formule, le bon mot pour parler des mesures de restrictions financières, économiques, consommatrices que la situation de la France va imposer, en dehors de toute action politique. Et c’est d’autant plus difficile que la France a déjà usé tant de mots pour évoquer l’endettement, cette situation chronique du pays : austérité, sobriété, rigueur, tempérance-retenue-réserve-frugalité… J’en passe et des meilleurs : qu’inventer ?

Alors j’y vais de ma proposition, avec un mot qu’on pourrait nous refiler en douce comme bon pour nous avant de l’être pour le pays. Je veux dire : la diète, entendue comme un régime d’abord alimentaire mais qu’on pourrait attribuer à toute consommation, et qu’on définit ainsi : « absence temporaire totale ou partielle de nourriture (d’un aliment ou d’une catégorie d’aliments en particulier) pour des raisons médicales, hygiéniques ou personnelles. »

 



L’avantage de ce terme est d’abord qu’il concerne le bien être de la personne et non celui de la collectivité. Si les impôts, les taxes, l’inflation, me privent de ressources essentielles à la vie, je pourrais encore m’en satisfaire si je peux penser que la science me recommande ces privations pour mon bien. Car l’avantage de la diète est d’être recommandée à tous, et que si des fraudeurs évitent ces privations, je veux croire qu’ils en seront punis par la maladie, châtiment immanent.

Il y a une formule venue des américains qui dit à peu près ceci : « En affaire considérez toujours que votre partenaire est égoïste et rationnel ». Si je dois me priver, je supposerai que cette privation est bonne si elle est aussi imposée aux autres – mais surtout, que les autres vont se l’imposer parce que c’est également rationnel de se l’infliger par égoïsme.

Or personne ne le niera : la diète est considérée aujourd’hui comme une privation à la fois vertueuse et bénéfique. Autrefois, la charité n’était pas seulement vertueuse (faire le bien de miséreux) mais aussi bénéfique : Dieu en tiendra compte. Aujourd’hui où l’influence de la religion s’est estompée, il nous reste le bénéfice de la souffrance qu’on s’impose à soi-même.

mardi 31 décembre 2024

2025 : annus horribilis ! (ou pas ?) – Chronique du 1er janvier

Bonjour-bonjour

Ça y est ? Bien réveillé ? Pas trop la G.D.B. ?

Parce qu’il va falloir assurer : nous sommes en 2025, année où nous allons miraculeusement basculer en… 2027 !

Vous ne me croyez pas ? Alors reprenez un peu les info politiques du mois de décembre : le RN est déterminé à bloquer le gouvernement par des censures successives, de sorte que de crises en crises, de dissolution en dissolution, le Président démissionne et que le nouvel élu fasse revoter pour avoir une nouvelle assemblée plus à sa main : nous voilà en 2027 sans avoir vieilli d’un iota.

En attendant, il faudra bien que le budget ait été voté d’une façon ou d’une autre et accepté par l’Europe et puis par les Marchés : votre petit Écureuil va en prendre un sacré coup ! Et puis les retraités, ça coûte cher et ça ne rapporte que des bulletins de votes : encore faut-il que « l’offre-retraité » existe et soit avantageuse. Si c’est pour conserver le niveau des pensions sans indexer les retraites sur l’inflation, préparez votre panier pour les Restos-du-Cœur.

 


Mais, oupffff….

 

…. voici que mon épouse, lisant ce Post pardessus mon épaule, vient me serrer le cou et n’accepte de relâcher son étreinte mortelle qu’à la condition que je corrige : il y a selon elle des gens heureux qui ne tiennent pas compte de la bêtise envahissante des réseaux sociaux, ni de la haine qui grignote nos rapports avec nos voisins - et que la frugalité de leurs fins de mois n'attriste pas. Selon elle, il y a aussi des français qui vont au travail le matin le cœur chantant et qui reviennent le soir avec encore assez d’énergie pour s’occuper de leur petite famille.

Bref, des gens heureux qui ne demandent rien de plus à la vie et qui, du coup, ont tout ce qu’elle a pu nous promettre.

Si c’est ça, 2025, alors, Bonne année !!!!

mardi 16 août 2022

La sobriété, une utopie… rationnelle ? – Chronique du 17 août

Bonjour-bonjour

 

Le dérèglement climatique est dans tous les esprits, alliant la crainte de canicules et de sécheresses qui transformeraient la Beauce en Sahara, à la peur des incendies et des inondations.

Cet article, signé par Franck Aggeri, fait le point sur cette question, montrant que la réalité est en effet très inquiétante, puisque rien ne permet d’espérer une quelconque modification des données actuelles. Lisez plutôt : « La consommation de ressources augmente au même rythme que celui du PIB. Le rapport /de l’Agence Environnementale Européenne/ conclut que ce découplage est hautement improbable avec le modèle économique dominant, intensif en besoins matériels. » 

 

--> La conséquence ne se fait pas attendre : selon Frank Aggeri il faut « inventer les manières de consommer moins et mieux. Cela passe à la fois par un travail d’éducation mais également par la production de nouveaux imaginaires où l’achat de produits de seconde main, reconditionnés ou réparés, ou encore la location et le partage ne sont plus dévalorisés mais sont, au contraire, considérés comme des actions positives. »

- Oui, vous avez bien lu : les spécialistes le disent tranquillement : il faut faire à nouveau rêver le peuple, mais cette fois en allant vers la frugalité – alors que la société de consommation allait quant à elle vers plus de destruction (car ne l’oublions pas : consommer, c’est détruire).


Alors, certes, il faut nuancer, car s'il s’agit « de la production d’un récit imaginaire » il doit néanmoins être « de l’ordre du réalisable, auquel est associée une démarche rationnelle visant à en évaluer les conditions et les conséquences plausibles ». Reste que l’Ademe (1) imagine non seulement une frugalité choisie mais également contrainte : réduction de la consommation de viande, limitation forte de la construction neuve et de la mobilité, développement des low-tech. 

Voilà le programme présenté aux générations frugales comme on aime à les appeler : des gens qui prendront du plaisir à ne pas consommer, à refuser la viande et les tout nouveaux bijoux de la higt-tech. 

o-o-o

Je passe sur le flou qui subsiste quant au modèle économique qui pourrait allier la croissance du PIB à la réduction de la consommation, pour me focaliser sur le triturage d’imaginaire qui seul permettra de réaliser ce bouleversement dans les habitudes.  

- Moi, je n’aime pas – mais alors pas du tout – qu’on vienne triturer mon imagination, et je considère comme des ennemis de l’humanité ceux qui se proposent de le faire en toute bonne conscience. Ne s’agit-il pas de procéder à une prise de possession analogue à celle que pratiquent les gourous dans les sectes qu’ils dominent ? Sommes-nous autre chose que ces pauvres disciples qui sont persuadés que l’humanité est sous la coupe des Illuminatis ou de satanistes pédophiles (2) ? 

- Oui, n’est-ce pas, ces mécanismes de décérébrations ne sont pas propres aux sectes, loin de là ; ils sont à l’œuvre partout où une communauté se soude autour de croyances et de symboles communs. Ces dérives ne sont pas accidentelles car on les trouve partout à l’œuvre. Elles ont accompagné le développement de l’humanité – sans doute pour son plus grand bénéfice. Mais aujourd’hui, et cela depuis les temps modernes, en tout cas depuis Descartes, nous avons appris que l’esprit critique devait accompagner toutes nos pensées. Car, il faut « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse être telle » Descartes - Discours de la méthode 

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(1) L’ADEME (ou Ademe) est l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie ; elle est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) français créé en 1991

(2) Tel est aux Etats-Unis le mouvement Qanon dont les adeptes « sont convaincus qu'une cabale politique satanique et pédophile contrôle secrètement le gouvernement américain. » (Lire ici)

dimanche 3 juillet 2022

« Rien de trop », devise de la frugalité écologique –– Chronique du 4 juillet

Bonjour-bonjour

 

Sondages après sondages, les français disent le peu de considération qu’ils ont à l'égard de leur dirigeants. Élections après élections ils répètent qu’ils veulent des politiques qui leurs disent la vérité (ou du moins celle qu’ils aimeraient entendre) et qui agissent pour chasser les soucis et les difficultés de la vie.

- Et voilà aujourd’hui des PDG (ceux qui gouvernent réellement le pays en dirigeant les entreprises qui font ou défont la prospérité sans laquelle la politique ne sert plus à rien), qui prennent la parole pour délivrer un message que les partis politiques n’ont cessé de dire et redire : il faut accepter la « sobriété » ou plutôt – cette acceptation étant supposée admise – il faut « passer d'une sobriété d'urgence à une sobriété organisée ». 

Après donc avoir réduit notre consommation énergétique durant l’été, il faut penser à « Une sobriété durable qui passera obligatoirement par un partage de la valeur équitable et par une intégration du temps long au sein de l'entreprise, et donc par des évolutions de gouvernance » (1)

Bref : prenez une dose d’écologie, une autre de justice, ajoutez une bonne rasade de politique – et pour finir, versez juste un trait d’éthique. Voilà le cocktail de l’été et si possible des saisons suivantes.

 

Ce sont les patrons du CAC40 qui parlent : quoiqu’on en pense, leur regard porte loin, du moins quand il s’agit de prévoir les méandres de l’économie mondiale à venir. Reste à comprendre ce qu’ils nous veulent, en particulier avec cette « sobriété » dont on avouera que sa signification n’est pas très claire.

- Ouvrez votre dictionnaire des synonymes favori à l’article « sobriété » ; voici ce que, pour l’essentiel, vous trouverez : abstinence / frugalité / austérité / continence / modération / tempérance / et pour finir : sagesse.

Continence, abstinence, tempérance : une partie du concept est lié à la domination des mâles et à leur gaspillage sexuel (2). Françoise d’Eaubonne quant à elle affirmait que seules les femmes sauront protéger l’environnement. A vous de jouer, mesdames.

Austérité, frugalité, modération : nous sommes tous invités à la vigilance de la juste mesure. « Rien de trop » disait la devise de la sagesse grecque (3).

 

--> Éh bien, voilà où nous en sommes : au lieu de crier à l’écologie punitive voyons plutôt dans ces mesures une occasion de mieux coïncider avec notre véritable nature.

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(1) Dans ce texte co-signé par Jean-Bernard Lévy d'EDF, Hélène Bernicot du Crédit mutuel Arkéa et Pascal Demurger de l'assureur MAIF

(2) Antoinette Fouque, militante du MLF écrit : « L'économie du profit et de la capitalisation est une économie de gaspillage masculine. On sème à tout vent du sperme, qui se perd à chaque éjaculation. On le gaspille comme on gaspille les ressources. » Lire ici. 

(3) « Mêden agan » « Rien de trop », était l’une des maximes inscrites sur le temple de Delphes. Lire ici ce passionnant article sur les prophéties de la Pythie.

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En bref : avec la société de consommation nous étions dans un délire dionysien ; nous voici dans la rigueur apollinienne.

- Il faut relire Nietzsche

mercredi 15 juin 2022

Modération, sobriété, frugalité, abstinence, austérité, etc. Chronique du 16 juin

Bonjour-bonjour

 

Chers amis, vous qui ne cessez de vous éponger le front en maugréant contre cette fichue canicule qui vous accable, vous êtes en plus submergés des recommandations de toutes sortes, qui visent et votre comportement du jour et le mode de vie qu’il vous faudra adopter à tout jamais, du moins jusqu’à la fin de votre vie.

Comme vous pouvez le lire en titre de ce passage, il s’agit de la sobriété devenue le maitre mot de notre vie, associé il est vrai à la frugalité, et à l’abstinence, sans oublier l’austérité, la modération – etc. Autant dire que tout y passe : depuis des recommandations économiques jusqu’aux règles les plus rigoureuses des moines bénédictins.

 

On reste étonné devant la variété des registres mobilisés ici : des conseils en économie domestiques, on passe à la gestion des ressources planétaires, et puis aux règles de la vertu – et pour finir aux considérations spirituelles. N’en jetez plus ! tout ce qui auparavant était en libre-service, comme l’eau, ou consommé sans restriction, comme le lumière ou d’autres formes d’énergie – devient l’objet de parcimonie, comme l’électricité qu’il faut économiser jusque dans les témoins lumineux, ou le robinet qu’il faut fermer quand on se brosse les dents.

Et pourquoi ? Pour être « responsable ». Responsable de quoi ?  De l’état de la planète puisqu’il peut être imputé à chacun dès lors qu’il consomme des ressources qu’il faudra au final compenser. On devine que cette responsabilité à l’égard d’un si vaste objet que la terre entière est une nouveauté radicale. Quelles en sont les conséquences ?

            *Pour la première fois nous sommes responsables de la planète entière, nos abus ici étant l’occasion de pénuries là-bas, de l’autre côté des océans. La mondialisation est d’abord celle de la responsabilité non seulement face à l’humanité, mais encore à la nature entière.

Nous devons penser non seulement aux chinois et aux indiens à chaque fois que nous allumons la lumière de notre chambre, mais aussi aux ourses polaires qui dérivent lamentablement sur leur glaçon à cause de notre imprévoyance.

            * Et puis nous sommes aussi responsables de l’avenir et pas seulement du présent. C’est Hans Jonas qui, en 1979, dans son ouvrage « Le principe responsabilité » à mis en avant cette nouveauté selon lui radicale : la morale ne doit pas seulement nous obliger pour le présent, mais aussi pour l’avenir. Respecter les autres comme le commande la morale kantienne ce n’est pas seulement valable pour ceux avec qui nous sommes en relation aujourd’hui, mais aussi par rapport à ceux qui vivront demain. Nous sommes donc responsables des hommes et de la nature de demain, dans la mesure où leur vie sera impactée par notre comportement actuel. 

Mais cette responsabilité est plus théorique que pratique : comment savoir ce qui sera déterminant pour les générations à venir ? Les terres rares dont nous faisons une forte consommation manqueront-elles à nos petits enfants ? N’auront-ils pas trouvé un autre moyen de faire tourner leurs ordinateurs quantiques ?

Bref : « Sommes-nous responsables de l’avenir ? » - Voilà un sujet fort intéressant auquel nos candidats bacheliers ont échappé hier.

lundi 6 septembre 2021

Il est où, le monde nouveau ? – Chronique du 7 septembre

Bonjour-bonjour

 

Hier je vous annonçais bravement : « Si vous vous demandez comment « croitre » avec la décroissance, lisez ce blog demain, mardi »

Ce matin je découvre cet article de France Info en ligne qui nous promet (encore plus témérairement) de nous faire tout comprendre à la « décroissance » (1). Correct, me dis-je, preuve que j’ai bien perçu l’impact de cette actualité. Mieux encore, parcourant le dit-article, je tombe sur cette question : Comment concilier réduction du temps de travail et besoin accru de main-d'œuvre lié à une plus faible utilisation de la technologie ?

– Voilà ma question me redis-je on va voir ce qu’ils en pensent. Et je lis cette réponse de Dominique Bourg : « Tout le monde tâtonne là-dessus depuis dix ans et on n'a pas encore la réponse. Le design d'une société compatible avec la durabilité de la Terre est quelque chose qu'on doit encore créer et qu'on n'a pas devant nous".

Patatras ! Personne ne sait donc comment faire plus avec moins : plus de biens pour plus de gens, avec moins de production. Alors, faut-il utopiser ?

 

On peut faire appel à des utopies facilement applicables du moins en théorie : à savoir limiter la consommation en fonction des besoins réels et non en fonction des effets de modes et des manipulations de la société de consommation. Oui, mais qui donc va décider de ce qui est normal et ce qui est excessif en matière de besoins ? En cette matière, ou bien c’est la nature qui parle (comme au paléolithique), ou bien c’est la coutume (comme chez les amish) ; ou encore ce sont les circuits de distributions (avec le consumérisme (2)). Je peux très bien être favorable au mode de vie néolithique en randonnée dans les Cévennes, vouloir vivre comme un amish chez mes vieux potes barbus du Larzac, et quand même rester accro à mon iPhone 12 (3). Qui donc va décider des besoins superflus à retrancher au nom de la Planète ? On voit chaque samedi des citoyens hurlant à l’assassinat de leur liberté parce qu’on les oblige à présenter leur pass. Attendez de voir ce qu’ils vont dire quand on leur refusera l’achat d’un nouveau jean parce que le précédent a moins d’un an.

--> Où est le nouveau Mao Zédong qui va faire passer ça ?

 

Plus sérieusement, on nous propose quand même des prémices non pas de réduction de l’activité économique mais plutôt de sa réorientation vers une consommation durable. 

« Entre autres exemples, on peut citer un fourmillement d'initiatives locales autour de la low tech, de la permaculture, des circuits courts, mais aussi des espaces comme des ressourceries ou le site de seconde main Leboncoin » propose l’article cité

Re-patatras ! On n’est pas vraiment au niveau de l’innovation demandée par Dominique Bourg. Ça c’est l’avenir de la planète vue du côté des bobos qui songent à la fin du monde mais qui n’ont pas de soucis pour la fin du mois. Alors, aurions-nous plus de chance en modifiant légèrement notre question : « Dans la décroissance des besoins, n’y a-t-il que de la souffrance, ou bien peut-on chercher une vie meilleure dans des conditions de vie frugales ? »

On en reparle demain ?

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(1) Certains refusent ce vocable soupçonné d’être un repoussoir, et proposent d’autres termes tels que « minimalisme » voire même « acroissance » (avec un « a » privatif) - ou encore des périphrases telle que « frugalité choisie ». Je suis ici rigoureusement d’accord avec Pascal, les mots sont sans importance, car ils ne sont que des étiquettes destinées à nous mettre à l’esprit la définition à laquelle ils sont attachés.

(2) Pris au sens de « idéologie économique où la consommation de biens et services dispose d'une place capitale dans la société » Lire ici

(3) J’en voient qui rigolent : « Parce que tu crois que tu auras du réseaux dans le Larzac ? » Hé bien oui, je l’ai vérifié en passant à proximité de la bergerie de José Bové : on avait du réseau. C’était il y a 15 ans déjà...