Affichage des articles dont le libellé est annus horribilis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est annus horribilis. Afficher tous les articles

mardi 31 décembre 2024

2025 : annus horribilis ! (ou pas ?) – Chronique du 1er janvier

Bonjour-bonjour

Ça y est ? Bien réveillé ? Pas trop la G.D.B. ?

Parce qu’il va falloir assurer : nous sommes en 2025, année où nous allons miraculeusement basculer en… 2027 !

Vous ne me croyez pas ? Alors reprenez un peu les info politiques du mois de décembre : le RN est déterminé à bloquer le gouvernement par des censures successives, de sorte que de crises en crises, de dissolution en dissolution, le Président démissionne et que le nouvel élu fasse revoter pour avoir une nouvelle assemblée plus à sa main : nous voilà en 2027 sans avoir vieilli d’un iota.

En attendant, il faudra bien que le budget ait été voté d’une façon ou d’une autre et accepté par l’Europe et puis par les Marchés : votre petit Écureuil va en prendre un sacré coup ! Et puis les retraités, ça coûte cher et ça ne rapporte que des bulletins de votes : encore faut-il que « l’offre-retraité » existe et soit avantageuse. Si c’est pour conserver le niveau des pensions sans indexer les retraites sur l’inflation, préparez votre panier pour les Restos-du-Cœur.

 


Mais, oupffff….

 

…. voici que mon épouse, lisant ce Post pardessus mon épaule, vient me serrer le cou et n’accepte de relâcher son étreinte mortelle qu’à la condition que je corrige : il y a selon elle des gens heureux qui ne tiennent pas compte de la bêtise envahissante des réseaux sociaux, ni de la haine qui grignote nos rapports avec nos voisins - et que la frugalité de leurs fins de mois n'attriste pas. Selon elle, il y a aussi des français qui vont au travail le matin le cœur chantant et qui reviennent le soir avec encore assez d’énergie pour s’occuper de leur petite famille.

Bref, des gens heureux qui ne demandent rien de plus à la vie et qui, du coup, ont tout ce qu’elle a pu nous promettre.

Si c’est ça, 2025, alors, Bonne année !!!!

jeudi 31 décembre 2020

Lendemain de saint-Sylvestre 3 – Chronique du 1er janvier

Histoire de Pauline et Julien suite (voir les épisodes précédents ici et là)

 

Bonjour-bonjour

 

* Vendredi 1er janvier, 6 heures du matin. Pauline vient d’arriver dans la cuisine clignant des yeux, la chevelure en bataille et l’air maussade. Hier le réveillon s’est passé au mojito et au daïkiri, avec Julien (son compagnon) et Anthony, le copain de Julien, qui a été largué par sa chérie et qui est venu festoyer avec eux. Pauline le retrouve lui aussi attablé dans la cuisine, enfin… il a juste repoussé les boites à pizza et les bouteilles vides pour mettre sa tasse de café noir.

C’est Pauline qui parle :

- Déjà levé, Anthony ? On dirait que la soirée ne t’a pas réussi… Enfin pas plus qu’à moi.

- Oui, sûrement, car je n’ai pas réussi à fermer l’œil depuis 4 heures. 

Rien à faire pour dormir, surtout depuis que Laura m’a quitté.

- Alors, pour 2021 il faut te souhaiter de rencontrer une nouvelle Laura ?

- J’y songe, vois-tu. Et puis en même temps je me dis que son départ est peut-être une bonne chose.

- Ce n’est pas ce que tu disais il y a peu.

- Oui, je sais… Mais je me dis aussi que me retrouver seul c’est peut-être l’opportunité pour reprendre mes études, avec des cours du soir pour passer manager commercial dans ma boite.

- Alors voilà des vœux tout trouvés : serre les dents et ne lâche rien, Anthony, c’est ça qui doit compter pour toi. Si tu sens que tu risques de flancher, viens nous voir, on sera toujours là pour toi.

 

…Anthony et Pauline s’étreignent très ému – c’est le moment de les quitter sur la pointe des pieds et de reprendre notre réflexion abandonnée depuis un bout de temps : comment entrer dans la nouvelle année avec de bonnes dispositions ? Comment croire que tout va aller mieux simplement parce qu’on a changé de millésime ?

 

Pour répondre à cette question, on pourrait songer à l’attitude d’Anthony, qui au lieu de pleurer sur son triste sort, relève la tête et déclare qu’il va profiter de sa situation pour améliorer sa vie. Car peut-être qu’il y a là quelque chose qui est valable pour nous : on peut estimer qu’il y a du bon dans tout ce qui nous arrive, ce n’est qu’une question de point de vue.

Rappelez-vous : nous avions évoqué 2020 comme annus horribilis, parodiant le poème de John Dryden intitulé Annus mirabilis. Dryden y décrivait l’année 1666 comme merveilleuse – alors que l’Angleterre avait été frappée de nombreux désastres, dont la peste qui avait ravagé le pays. Tout ça aurait été « mirabilis » ? Oui, parce que selon Dryden Dieu avait eu alors l’occasion de monter sa sollicitude envers les anglais en les aidant à endiguer la maladie.

Vous voyez où je veux en venir ? Oui, nous aussi nous avons avec le covid l’occasion de voir combien l’espèce humaine est bonne et industrieuse, elle qui fait de la protection des plus faibles une priorité, et qui invente un vaccin en quelques mois. Alors comme Anthony, entrons en 2021 en chantant à la louange de nos contemporains : « Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère… Mais nous nous serons morts, mon frère » (écoutez nos amis canadiens ici). Eh bien, nous y sommes déjà !

 

* 1er janvier, 18 heures : j’apprends qu’en rentrant chez lui Anthony est mort : il s’est jeté sous une rame RER.

mardi 8 décembre 2020

2020 : Annus horribilis ? – Chronique du 9 décembre

Bonjour-bonjour

 

Je devine que les bilans de fin d’année, qui s’épanouissent régulièrement entre noël et le jour de l’an, vont déborder des horreurs que nous avons connus durant l’année 2020 ? En en particulier, en parodiant Élisabeth II dans son discours de 1992 (1), que l’an 2020 n’est pas une année dont on gardera le souvenir autrement que comme annus horribilis. (2)

Remarquons que ce terme fait allusion à l’expression Annus mirabilis, titre du poème de John Dryden publié en 1666. Dans cette œuvre Dryden évoque les évènements qui donnèrent à Dieu l’occasion de montrer sa mansuétude à l’égard des Anglais, non seulement en leur apportant la victoire dans leurs entreprises militaires, mais encore en les protégeant des malheurs qui les menaçaient. Malheurs au nombre des quels figure l’épidémie de peste qui a ravagé Londres durant l’année 1665, et qui pourrait faire pour nous écho à l’épidémie de covid. Pour Dryden le désastre que fut cette peste n’avaient pu être jugulé que grâce à un miracle que Dieu avait fait pour sauver l'Angleterre.

--> Alors, pourquoi ne dirions-nous pas, comme ce poète anglais, que l’épidémie de covid n’a eu lieu que pour permettre à Dieu de nous sauver miraculeusement du virus ? Mais non : nous vivons dans un monde désenchanté que ni Dieu ni Diable ne viennent visiter. Nous ne connaissons que la science, c’est vers elle que nous nous tournons pour trouver le vaccin qui remplacera les miracles de la Religion.

Soit – qu’il en soit ainsi. Mais alors pourquoi ne pas dire que l’épidémie qui désole le monde actuellement n’est en réalité qu’une occasion de montrer combien la science médicale est forte et ingénieuse ? Et préparons-nous à chanter au 31 décembre que l’année 2020 fut l’annus mirabilis des médecins ? 

Pour la saint Sylvestre à minuit, faisons retentir un triple ban pour célébrer le professeur Raoult

-------------------------------

(1)  « “1992 is not a year on which I shall look back with undiluted pleasure (...) it has turned out to be an “Annus Horribilis” ». L’expression annus horribilis est une allusion à l’annus mirabilis, titre d’un poème de John Dryden (1666).

(2) La reine faisait alors allusion à l’incendie de son château qui faisait écho à l’incendie qui menaça de détruire Londres en 1665 – incendie évoqué dans le poème de Dryden