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dimanche 7 mars 2021

Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête !" – Chronique du 8 mars

Nous sommes chez Pauline et Julien (alias Choupinet et Mimine) que nous avions laissés après un réveillon peu enthousiasmant. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il est 7h30. Julien s’active dans la cuisine pendant que Pauline traine au lit ;

 

Julien : Dis, Mimine, je ne retrouve pas la casserole pour le lait. Tu sais où elle est ?

Pauline : Dans le lave-vaisselle. Je ne l’ai pas vidé.

J. Ah bon ? Pourquoi donc ?

P. Tu as vu la date ?

J. 8 mars et alors ?

P. 8 Mars mon cher c’est le jour où les femmes arrêtent tout.

J. « Tout » ? Comment ça « tout » ? Ça veut dire quoi ?

P. Ça veut dire plus de ménage, plus de mômes à torcher et à conduire à l’école, ni à surveiller au goûter etc. Ça veut dire aussi plus de courses, plus de cuisine et plus de lave-vaisselle.

J. Mais enfin personne ne peut comme ça décider de tout lâcher, sans raison et sans mesure de compensation. Tu as pensé à nos enfants ? Comment va-t-on faire ?

P. Bah ! C’est tout simple : tu vas t’en charger.

J. Mais j’ai pas que ça à faire moi ! Et mon travail ? Et mon jogging ? 

P. Eh bien tu vas faire comme je fais moi, chaque jour : tu vas cavaler un peu plus vite et jongler entre le RER pour le travail, les courses à Auchan et l’école

J. Enfin Mimine, pourquoi ça ?

P. Mais mon Choupinet tu n’as pas vu quelle date nous sommes aujourd’hui ?

J. Le 8 mars… Ah ! oui : j’y suis – C’est la Journée des droits des femmes. Mais je ne vois pas en quoi ça explique que tu restes au lit.

P. Parce que, Choupinet, les femmes elles en ont assez qu’on les prenne pour des bestiaux qu’on peut exploiter comme des bêtes de somme. 

Alors comme tu le sais, les femmes grecques, du temps d’Aristophane ont imaginé de rester les genoux serrés et d’interdire aux l’hommes de les utiliser pour décharger leur libido histoire de les obliger à arrêter la guerre. Mais ça, mon chéri, c’était avant. Aujourd’hui, les femmes en font bien d’avantage qu’en ce temps-là : travailler pour un patron et travailler pour le foyer et puis pour le mari et puis pour les enfants…. Tu imagines un peu ? Alors grève générale pour montrer tout ce qui manque quand les femmes arrêtent tout.

J. Mais chérie adorée, tu ne vas quand même pas faire comme les Femmes d’Aristophane ?

P. Tu veux dire plus de bisouille et plus de baisouille ? Exactement.

jeudi 31 décembre 2020

Lendemain de saint-Sylvestre 3 – Chronique du 1er janvier

Histoire de Pauline et Julien suite (voir les épisodes précédents ici et )

 

Bonjour-bonjour

 

* Vendredi 1er janvier, 6 heures du matin. Pauline vient d’arriver dans la cuisine clignant des yeux, la chevelure en bataille et l’air maussade. Hier le réveillon s’est passé au mojito et au daïkiri, avec Julien (son compagnon) et Anthony, le copain de Julien, qui a été largué par sa chérie et qui est venu festoyer avec eux. Pauline le retrouve lui aussi attablé dans la cuisine, enfin… il a juste repoussé les boites à pizza et les bouteilles vides pour mettre sa tasse de café noir.

C’est Pauline qui parle :

- Déjà levé, Anthony ? On dirait que la soirée ne t’a pas réussi… Enfin pas plus qu’à moi.

- Oui, sûrement, car je n’ai pas réussi à fermer l’œil depuis 4 heures. 

Rien à faire pour dormir, surtout depuis que Laura m’a quitté.

- Alors, pour 2021 il faut te souhaiter de rencontrer une nouvelle Laura ?

- J’y songe, vois-tu. Et puis en même temps je me dis que son départ est peut-être une bonne chose.

- Ce n’est pas ce que tu disais il y a peu.

- Oui, je sais… Mais je me dis aussi que me retrouver seul c’est peut-être l’opportunité pour reprendre mes études, avec des cours du soir pour passer manager commercial dans ma boite.

- Alors voilà des vœux tout trouvés : serre les dents et ne lâche rien, Anthony, c’est ça qui doit compter pour toi. Si tu sens que tu risques de flancher, viens nous voir, on sera toujours là pour toi.

 

…Anthony et Pauline s’étreignent très ému – c’est le moment de les quitter sur la pointe des pieds et de reprendre notre réflexion abandonnée depuis un bout de temps : comment entrer dans la nouvelle année avec de bonnes dispositions ? Comment croire que tout va aller mieux simplement parce qu’on a changé de millésime ?

 

Pour répondre à cette question, on pourrait songer à l’attitude d’Anthony, qui au lieu de pleurer sur son triste sort, relève la tête et déclare qu’il va profiter de sa situation pour améliorer sa vie. Car peut-être qu’il y a là quelque chose qui est valable pour nous : on peut estimer qu’il y a du bon dans tout ce qui nous arrive, ce n’est qu’une question de point de vue.

Rappelez-vous : nous avions évoqué 2020 comme annus horribilis, parodiant le poème de John Dryden intitulé Annus mirabilis. Dryden y décrivait l’année 1666 comme merveilleuse – alors que l’Angleterre avait été frappée de nombreux désastres, dont la peste qui avait ravagé le pays. Tout ça aurait été « mirabilis » ? Oui, parce que selon Dryden Dieu avait eu alors l’occasion de monter sa sollicitude envers les anglais en les aidant à endiguer la maladie.

Vous voyez où je veux en venir ? Oui, nous aussi nous avons avec le covid l’occasion de voir combien l’espèce humaine est bonne et industrieuse, elle qui fait de la protection des plus faibles une priorité, et qui invente un vaccin en quelques mois. Alors comme Anthony, entrons en 2021 en chantant à la louange de nos contemporains : « Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère… Mais nous nous serons morts, mon frère » (écoutez nos amis canadiens ici). Eh bien, nous y sommes déjà !

 

* 1er janvier, 18 heures : j’apprends qu’en rentrant chez lui Anthony est mort : il s’est jeté sous une rame RER.

dimanche 20 décembre 2020

Réveillon de la saint-Sylvestre – 2ème.

Nous avions laissé hier Pauline et Julien alors que l’atmosphère du réveillon était en train de s’envenimer. Laissons nos jeunes gens aux prises avec leurs problèmes de couple, et demandons-nous : qu’est-ce qu’on fait le 31 décembre ? On fait la bamboche ou bien on s’interroge sur le temps qui passe sans que nous n’y puissions rien ?

Serpentin et langues de belles-mères, ou bien dialogue au coin du feu ?

 

Écoutons d’abord les fêtards, ceux qui vont faire péter le champagne sur les Champs’, au risque d’alimenter les clusters de la Saint-Sylvestre. 

- Nous autres, les noceurs de la Saint-Sylvestre, nous ne cherchons pas simplement à nous étourdir d’alcool et de bruit. Nous faisons une fête sans laquelle le cycle du temps ne fonctionnerait plus, et l’année nouvelle serait simplement le prolongement de l’année passée 

Il faut fêter la fin de cette année 2020, cette année de m***, pour que l’année suivante ne nous laisse pas dans la m***. Nous accueillons avec joie 2021 qui nous promet de revivre comme avant.

- Bon. Mais cette débauche de fêtes, de champagne, de pétards, c’est pourquoi faire ?

- Hé bien comme nous l’avons dit, c’est pour faciliter le passage d’une année à l’autre car sans la joie, sans la fête, rien ne se ferait vraiment : on se retrouverait le 1er janvier comme on était le 31 décembre. Il faut se mobiliser !

- Mais croyez-vous que vous puissiez comme ça, avec vos beuveries et vos pétards, obtenir que les choses se fassent comme vous avez envie qu’elles soient ? Par exemple, que le virus plie bagage parce que vous l’avez bien mérité ?  

… Mais nos amis les fêtards ne nous ont pas répondu :  ils ont jeté leurs masques et bu leur gel hydroalcoolique et ils sont déjà partis. Ce n’est pas encore pour eux le temps de philosopher sur le « lâcher-prise » 

 

Devons-nous lutter contre la nature ou bien attendre qu’elle nous apporte ce dont nous avons besoin ? Vous le saurez demain en revenant ici même.

samedi 19 décembre 2020

Réveillon de la saint-Sylvestre – 1ère.

Nous sommes chez Pauline et Julien, jeune couple (34 ans pour lui, 28 pour elle) ; ils sont tout seuls pour cette saint Sylvestre 2020, leur petite fille (2 ans) étant en vacances dans la grande maison de ses grands-parents (paternels) 

La soirée s’annonce chaude chez Mimine et Choupinet (ce sont leurs noms d’amoureux). La première bouteille de champagne a roulé sous la table du salon – vide. Julien vient de sortir un joli paquet cadeau pour Pauline.

 

- Oh ! Choupinet ! Un cadeau ? Mais moi je ne t’ai rien offert !

- Mais si tu vas m’offrir quelque chose Mimine. Simplement tu ne le sais pas encore.

- Qu’est-ce que tu dis ? Je n’y comprends rien.

- Tu vas comprendre : ouvre d’abord.

(Bruit de papier déchiré)

- Oh ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Un soutif rouge et noir ? Avec des plumes blanches dans le décolleté ?

- Regarde la suite Mimine

- Qu’est-ce qu’il y a aussi ? Une culotte noire lamée argent ! Plutôt décorative… Mais qu’est-ce que je vois ? Elle est ouverte à l’entrejambe ? C’est plutôt pratique pour faire pipi !

- Arrête Mimine ! J’ai trouvé ça chez « Nuit d’amour » tu sais la grande surface d’article érotiques. J’ai pensé que ça pourrait nous inspirer pour la nuit de folie qui va accompagner la nouvelle année. J’ai aussi acheté un flacon d’huile chauffante pour massages d’ambiance. Je sortirai ça tout à l’heure.

- Bon… Je vois… mais alors le cadeau que je suis supposée t’offrir, c’est moi ? Tu espères que chauffée à l’huile spéciale je vais faire exploser ma libido, pendant que la tienne va déborder sous l’effet de mon deux-pièces d’enfer ? 

Mais dis-donc qu’est-ce que je suis pour toi ? Une escort girl disponible pour tes fantasmes ? C’est comme ça que tu me vois ?

- Dis comme ça c’est vrai que ça parait chelou, Mimine. Mais attend un peu, quand on aura regardé quelques vidéos sur l’ordi, tu sentiras que ça monte sans même que tu y penses.

- Ah ! Parce qu’en plus tu veux me faire mater des pornos ? Mais tu sais bien que ça me dégoute ces machins-là !

- Pas forcément Mimine, rappelle-toi l’an dernier pour mon anniversaire… 

- C’est vrai, mais c’était la première fois ; maintenant je sais ce que c’est, et rien que d’y penser je n’ai plus qu’une envie, c’est d’aller me coucher – seule.

- Ce que tu es rabat-joie ! Mais dis-moi, comment penses-tu qu’on puisse se souhaiter la bonne année si ce n’est pas dans une débauche de désirs ? Comment oublier que l’année qui vient de passer risque de se prolonger l’an prochain ? Comme faire la fête à deux, à moins de déchainer les nos libidos ?

 

Comment ? Pour le savoir revenez demain … et les jours suivants.