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lundi 25 août 2025

Le meilleur des mondes – Chronique du 26 aout

Bonjour-bonjour

 

Alors, c’est pour bientôt le fond de la piscine ? Probablement car si on suit la trajectoire politique de la France ou plutôt si on la devance, voici ce qu’on devine : après la crise politique, voici venir la crise économique ; après la chute du gouvernement Bayrou, les mesures appelées de leurs vœux par les oppositions devraient, si toutefois elles pouvaient se coordonner, précipiter la déroute de l’économie française, jusqu’à ce que les possédants, menacés dans leurs privilèges sifflent la fin de la récré : fini la démocratie avec ces manifestants qui font la loi et ces sondages d’opinion qui suffisent à retourner une politique. Désormais ce sera un homme autoritaire qui fera la loi. Et ça marche !

- Là je sens que mes lecteurs les yeux exorbités se lancent dans une longue diatribe : « Propos irresponsables ! Preuve d’une ignorance crasse – à moins qu’il s’agisse d’une misérable entreprise de déstabilisation ! Qu’on supprime ce blog de la Toile » 

Hé bien, chers amis, j’ai quand même des preuves : voyez Milei en Argentine : sa tronçonneuse à la main il a supprimé toutes les mesures sociales, déclenchant une misère épouvantable – Résultat ? Un redressement financier et une reconnaissance internationale qui lui permet de poursuivre le massacre. 

 


Ça ne vous suffit pas ? Écoutez Donald Trump : « Je ne suis pas un dictateur et pourtant les américains aiment les dictateurs, ils voudraient en avoir un pour les gouverner » (Lire ici) Quant à l’effondrement économique des Etats-Unis, il se fait toujours attendre.

- Alors, les pessimistes de tout poils, les tenants de la loi de Murphy, ceux qui considèrent que « demain sera pire » peuvent aller se faire rééduquer en Corée du nord : le pire est la source du meilleur.

Vous ne me croyez pas ? C’est que vous n’avez pas la patience d’attendre suffisamment longtemps, que du désastre naisse le meilleur des mondes.

Quoique… Dire que le pire et le meilleur ne font qu’un, c’est peut-être cela le vrai pessimisme.

lundi 30 juin 2025

Souriez : demain sera pire… – Chronique du 1er juillet

Bonjour-bonjour

 

Ce matin, au lever du jour, le thermomètre affiche plus de 20°. Les records étant faits pour être battus, demain sera pire. 

Ce pessimisme tranquille souvent baptisé « Loi de Murphy » nous invite à ne plus luter contre la dégradation de la situation. Et en particulier, concernant le climat, à admettre comme étant acquis l’accélération de la tendance à l’échauffement des températures.

- Mais pourquoi devrions-nous admettre cette fameuse « Loi de Murphy » ?

Les stoïciens pensaient que tout ce qui advient dans la nature est naturel, donc absolument bon ; contre eux nous disons aujourd’hui que la nature est elle-même victime de ce qui se passe en ce moment. S’il existe une Nature (avec un « N » majuscule) qui reste maitresse du jeu, c’est que les espèces condamnées par l’évolution du climat seront remplacées par d’autres espèces plus résistantes : voilà la preuve qu’il y a une « Sur-nature » sur laquelle nous n’avons pas prise, à la différence de ce qui nous environne actuellement.

Seulement en quoi cette « Sur-nature » serait-elle supérieure à cette nature que nous finissons d’empoisonner en ce moment ?

La Nature jusqu’à notre époque a fonctionné avec le principe de la prédation universelle : tout ce qui existe a dû résister à la sélection naturelle. Malheureusement ce principe touche ses limites lorsque l’un de ces prédateurs a éliminé tous les autres. La sélection naturelle ne peut alors se poursuivre que par autodestruction du vainqueur : nous nous détruisons en détruisant notre milieu de vie. Car, comment pourrais-je éliminer les chinois, les amazoniens et les américains du Texas ? La seule façon de procéder est d’empoisonner l’air qu’ils respirent - et que nous allons respirer - l’eau qu’ils boivent et que nous boirons à notre tour - et la terre sur laquelle nous vivons tous.

Par qui serons-nous remplacés ? Nous n’en savons rien – sauf que dans une sur-nature qui aura abandonné le principe de la sélection naturelle, les espèces les mieux placées pour se développer ne seront plus des espèces prédatrices.

- De quoi sera fait le « Sur-homme » de cette « Sur-humanité ? »

De quelque chose comme le rêve de la chanson québécoise « Quand les hommes vivront d’amour » ?




jeudi 3 avril 2025

Mister Taxman a déclenché la guerre – Chronique du 4 avril

Bonjour-bonjour

 

Depuis hier, on ne parle que de ça : Mister Taxman a déclenché la guerre des tarifs douaniers et le commerce international va connaitre une crise généralisée au terme de la quelle les consommateurs vont être obligés de réduire leur consommation quoiqu’il leur en coûte.

Ainsi, alors que nous avons réussi à grand coup de boucliers tarifaires à satisfaire notre boulimie de consommation d’énergie – mais aussi de biens manufacturés, voitures, télés, ordinateurs, écrans, etc. – Hé bien voilà qu’il va falloir nous serrer la ceinture. Tout ça va coûter si cher qu’il nous faudra attendre 20 ans avant de pouvoir changer notre voiture. Nos rues vont ressembler à celles de la Havane :


 

Résultat : moins d’émission de CO2, moins de déforestation, moins d’extraction super-polluantes – tout ce que nous n’avons pas su faire par raison, voilà que nous le ferons par incapacité matérielle. Le monde va mal ? Et alors ? Le Docteur Tant-mieux va pouvoir pavoiser, son cabinet va déborder de clients.

Pour une référence un peu plus relevée, rappelez-vous du Professeur Pangloss et de sa maxime demeurée célèbre : « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » qui figure dans Candide, le roman de Voltaire qui ridiculise l’optimisme du système de Leibniz. « Ridicule » avons-nous dit ? Oui, mais révélateur : tout ce qui pousse à la disparition de l’espèce humaine, éradiquée par ses propres méfaits, est bon pour la nature.

Une nature sans humains – voilà l’avenir radieux qui se profile.

dimanche 11 août 2024

Ça va le faire – Chronique du 12 aout

Bonjour-bonjour

 

Alors qu’on annonce des chiffres de la natalité en France toujours à la baisse (1), la question doit être posée aujourd’hui : y aura-t-il un rebond des naissances suite à la parenthèse Jeux Olympiques ?

Je ne veux pas parler d’un effet stimulant des Jeux Olympiques sur la libido. Je pense plutôt à ce gain d’optimisme, à cet état d’esprit conquérant qui parait avoir gagné les français.

Qu’on songe un instant à ces élans qui ont porté les foules lors des matchs ou des épreuves sportives ; cette impression qu’en se mettant dans la situation de se battre pour gagner on peut en effet transformer la situation et faire que l’avenir se plie à notre volonté. Et cela non seulement dans la compétition sportive, mais aussi dans la vie quotidienne : « Ça va le faire » : tel est le mot de la quinzaine qu’on vient de passer.

 

Devant nos désirs et nos besoins nous avons plusieurs attitudes possibles :

       * L’une qui consiste à se mettre à l’œuvre, tout simplement : s’agissant de fabriquer un héritier si on a les moyens matériels et psychologiques, ça ne pose pas de problème particulier.

*Par contre, quand les ressources sont insuffisantes, on peut se décourager et renoncer avant même d’avoir essayé : élever un enfant ça demande des ressources, une disponibilité et ça, si on ne l’a pas, c’est le renoncement qui se met en place.

* Il se peut aussi que dans une pareille conjoncture on revendique : « L’État doit m’aider financièrement, socialement. Et que les entreprises prennent en compte les besoins de jeunes parents ». On n'a plus qu'à enfiler son Gilet-jaune.

* Mais l’esprit « Jeux Olympiques » c’est bien autre chose : pour réaliser un projet il suffit de s’y mettre – on verra bien après. C’est là qu’on rencontre cette confiance dans les moyens des individus pour transformer la réalité, la modeler pour qu’elle devienne conforme aux besoins du moment.

Rappelez-vous : quand l’équipe de basket était aux abois, qu’il lui manquait 5 points à 10 secondes du coup de sifflet final, le public a hurlé « Allez les Bleus ! ». On n’abandonne pas, parce que c’est encore possible.

Ça va le faire ! – Et ça le fait.

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(1) « Entre janvier et juin, le nombre de naissances en France a baissé de 2,4% par rapport à la même période en 2023, poursuivant la tendance de l'an passé, a indiqué jeudi 1er août l'Insee. » lu ici

mercredi 18 octobre 2023

Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours (épisode 1) – Chronique du 19 octobre

Bonjour-bonjour

  

30 mini BD qui vont adoucir votre journée par l’artiste Chris Yang sont en ligne ici.

En voici un exemple :

 


“Qu’est-ce qu’il y a au bout de la mer ?” / “Des possibilités infinies” / “Juste comme toi”


 A la fois poétiques et philosophiques, ces images sont là pour rappeler que l’envie de vivre ne consiste pas forcément à vouloir re-vivre des plaisirs passés, mais à en inventer d’autres.

Dit comme ça, c’est assez plat : on pourrait faire mieux avec une chanson, mais souvent ça tape à côté : « Y a d’la joie ! » qui suggère simplement d’être réceptif à l'élan de l’âme supposé déjà-là ; ou encore « Donnez-moi l’envie/ L’envie d’avoir envie » un peu dépressif.

Donc, si ce monde ne vous convient pas, dessinez-en un autre.

dimanche 5 mars 2023

Êtes-vous un optimiste ou un pessimiste ? – Chronique du 6 mars

 « Confronté à une insurrection djihadiste depuis 2015, le Burkina Faso entend miser sur ses ressources et compétences propres pour mettre fin aux violences. Nouvelle illustration : la création d’une unité de conception de drones.

l’Agence d’innovation de défense et de sécurité (AIDS) a pour objectif de “bâtir un pôle autonome et stratégique de solutions opérationnelles endogènes” pour “bouter le terrorisme hors du Burkina Faso

Les ingénieurs burkinabè travaillent aussi “en collaboration avec le Centre de recherche et de développement en robotique et technologies des forces armées du Ghana” » – Lu ici

 

Bonjour-bonjour,

 

Cette information, outre qu’elle est relayée par le « Courrier International » qui n’a pas pour habitude de reprendre des fakes, nous parait fort probable, vu que les Ukrainiens ont su eux aussi fabriquer ou au moins reproduire des drones même dans les conditions difficiles de la guerre.

Moyen de lutter contre les djihadistes, les drones burkinabés sont à la fois preuve de leur volonté de lutter par eux-mêmes pour sauver leur souveraineté, et aussi l’indice d’un développement technologique dont nous n’imaginions pas qu’il fut le leur.

Bien sûr, nous n’avions pas gardé en mémoire les représentations de l’Afrique noire issue des leçons apprises à l’école-Jules-Ferry – toutefois nous en étions plutôt à un pays qui fait appel aux mercenaires de tout poil avant de penser à se défendre par lui-même.

Or, voici que grâce la coopération avec le Ghana, autre pays africain dont on n’imaginait pas plus les compétences dans la fabrication d’engins aussi sophistiqués, le Burkina se dote de moyens de reconnaissance et depuis peu, d’engins tactiques dotés de capacité de bombarder. 

 

--> C’est à cette capacité de faire la guerre qu’on reconnait l’avancée technologique d’un pays. N’oublions pas le rôle qu’a joué le recherche de l’arme nucléaire pour avancer dans les application civiles ; et quand le laser a été inventé, on fantasmait depuis longtemps sur un « rayon de la mort » capable de trucider sans projectiles matériels.

Et d’ailleurs : que savons-nous des outils de pierre taillée venus de la lointaine préhistoire ? Étaient-ils outils ou armes ? Nous avons gardé dans notre code pénal la notion « d’arme par destination », tel qu’un marteau qui est certes un outils, mais qui peut aussi se transformer en arme pour défoncer le crâne d’un homme. De même, un drone « flexible » capable d’observer les positions ennemies peut aussi servir à délimiter une zone aride à irriguer pour l’agriculture ; mais il peut aussi embarquer des roquettes capables de pulvériser non des insecticides, mais des hommes.


- Bergson disait que l’intelligence consistait à inventer des outils polyvalents dont rien de permettait de savoir à l’avance à quoi ils serviraient. Sauf que le moteur de l’invention, celui qui ne tombe jamais en panne et qui stimule l’intelligence, c’est plutôt la volonté de détruire des hommes plutôt que de les nourrir ou de les mettre à l’abri des calamités.

Selon le bout par le quel vous prendrez cette situation, on saura si vous êtes plutôt un pessimiste ou un optimiste.

mercredi 24 août 2022

Demi-tour camarade, le vieux monde est devant toi - Chronique du 25 août

Bonjour-bonjour

 

Le propos du Président Macron hier, à l’issue du conseil des ministres sont plutôt glaçants : « C’est la fin de l’abondance et de l’insouciance. Ce que nous sommes en train de vivre est de l’ordre d’une grande bascule… » (Lu ici)

Assorti d’un appel à l’unité, cette déclaration prend un tour politique, mais reposant surtout sur une vision plutôt personnelle elle releve aussi du pessimisme. Venant d’un homme qui n’a pas arrêté de nous asséner des propos optimistes, allant de l’annonce d’un nouveau monde jusqu’au retour des beaux jours en plein confinement, il y a de quoi nous inquiéter.

 

Mais il serait bon quand même de ne pas oublier le caractère politique de ces propos. Et s’il s’agissait de mettre en place une nouvelle politique de soutien économique, beaucoup moins généreuse qu'aujourd'hui et assortie de nouvelles organisations des retraites et du chômage ? L’idée étant que lorsque ces mesures seront dénoncées par l’opposition, les ministres pourront prendre la voix de la sagesse, l’autorité et de la lucidité, pour affirmer que le gouvernement fait le mieux possible dans un contexte qui est objectivement très dégradé. Réussir par exemple à maintenir le réchauffement à 1,5 (alors que partout on annonce 2°),  ça peut être présenté comme un tour de force, bien que ce soit globalement un échec.

 

Reste que notre Président aime bien se définir comme le philosophe hégélien, celui qui est perché tout là-bas, au-bout de l’histoire, qui de son regard d’aigle, voit monter vers lui les époques - et qui est capable de décréter leur signification.

 

"Demi-tour camarade, le vieux monde est devant toi…" Oui, mais ça, ce n'est pas du tout hégélien !

lundi 30 mai 2022

Êtes-vous Stone (et Charden) ? – Chronique du 31 mai

Bonjour-bonjour

 

J’ai écouté ce matin les news de la variété et du showbiz : je me disais que c’était le moyen radical pour écarter la noirceur des infos quotidiennes – ce matin, en vrac : journaliste tué en Ukraine, augmentation des prix du 1er juin, émeutes au Stade de France, brutalités policières, etc.

Et je tombe sur la nouvelle suivante : on réédite les enregistrements de Stone et Charden. Bien vu, me dis-je : l’optimisme de la France de Pompidou-Giscard incarné par ce couple, c’est ça qu’il nous faut. Et savez-vous ce que l’on donne comme extrait de leurs chansons ? Le seul bébé qui ne pleure pas, c’est celui qu’on est en train de faire. (1) 

 


Bingo ! Ça, c’est de l’optimisme ! S’il y a un moment de bonheur dans la vie, c’est bien celui de l’accouplement quand on oublie tout autour de soi pour ne plus être que jouissance.

 

Oui… Mais, allez savoir pourquoi, juste après le refrain : /Le seul bébé qui ne pleure pas/ C’est celui qu’on est en train de faire/ me viennent à l’esprit ces mots qui le complètent : /À condition d’oublier/ Les larmes de sa future mère/

 

Pas cool… C’est qu’aujourd’hui on se soucie de la femme aussi : aura-t-elle au moins sa part du plaisir de la procréation, avant d’avoir les déplaisirs post-partum ? Je sais : on me reproche régulièrement mes généralisations : qu’une femme soit abusée et qu’elle procréée dans la souffrance ou l’indifférence, ça ne veut pas dire que ce soit ça qui donne son sens à tout cet épisode. Je sais – Oui mais : de quoi notre époque se soucie-t-elle ? Des couples qui prennent leur pied en copulant ou de ceux qui n’existent que dans la violence ?

En tout cas une chose est certaine : quand Stone et Charden chantaient ce refrain – en 1971 – on ne se souciait pas des femmes violées, ni des épouses soumises, mais seulement de savoir s’il y avait dans l’air des parfums de lilas et du chèvrefeuille sur la barrière.

La voilà la recette de l’optimisme !

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(1) A voir iciParoles ici

vendredi 15 avril 2022

4 vertus qui vous permettraient de vivre plus longtemps – Chronique du 15 mars

Bonjour-bonjour

 

Vous tous, les angoissés, les dépressifs, les anxieux du soir, de la nuit et du petit matin, réjouissez-vous ! Voici enfin le remède à vos maux – et pour faire bonne mesure une recette de jouvence qui vous permet d’espérer vivre plus longtemps.

Je lis en effet dans cet article : 

« L'optimisme, le soutien social, le bonheur et avoir un but de vie favoriseraient une mortalité plus faible. » Article qui ajoute illico : « favoriser des activités et des situations qui mettent en œuvre l’optimisme et le soutien social, et avoir un but de vie et se sentir heureu.x.se auraient des effets significatifs sur la durée de notre vie. »

Là je sens monter en moi une certaine rogne qui m’habite à chaque fois que des articles de développement personnel ou « welfare » me tombent sous les yeux. 

Ça fait ça :

- Pour vivre plus longtemps, soyez heureux

- Comment on fait pour être heureux quand on ne l’est pas ?

- Soyez optimiste !

- Et comment être optimiste quand on est pessimiste ?

- Ayez un but dans la vie !

- Mon taf est débilitant et mon seul but c’est de finir le mois plus tard que le 15. 

- Trouvez un soutien social.

- Je suis seul, ma meuf m’a quitté, mes potes ont pris le large.

Etc. : ces enfonceurs de portes ouvertes savent ce que tout le monde sait : mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade. Reste à dire comment on y parvient quand on est précisément « pauvre et malade ». Alors je sais bien que l’article du magazine a précisé qu’on doit « favoriser » les activités qui donnent accès à ces états – comme s’ils étaient le fait de situations sur lesquelles nous avons prise. Mais si c’était le cas, ça se saurait ! 

 

- Le bonheur pour les pauvres ; le bonheur pour les malades ; le bonheur pour les réprouvés, les prisonniers, les moches et les bancals. A part certaines religions, il n’y a personne pour dire comment ça marche.

samedi 12 mars 2022

Vive les potagers ! – Chronique du 13 mars

Bonjour-bonjour

 

Voltaire faisait dire à Candide « Il faut cultiver notre jardin », ce à quoi Pangloss ajoutait que c’est la sagesse même puisque Adam fut mis par le Seigneur-Dieu dans le Jardin d’Éden non seulement pour en jouir mais aussi pour le cultiver.

L’homme est par nature un jardinier. 

 

Cette philosophie « panglossienne » (donc optimiste) a été réactivée par cette pancarte, brandie hier dans les rues de Reims :

 


Vu ici

 

Alors bien sûr ce n’était pas tout à fait à la philosophie de Voltaire que ces manifestants faisaient allusion. Que ces écologistes défilent dans les rues : c’est banal. Mais ils étaient mécontents parce qu’on leur imposait de prendre la suite des anti-pass : « C’est le meilleur moyen d’être invisibles » - ce qui n'est pas faux.

- Mais surtout on a vu dans leurs rangs des gens brandir des pancartes comme celle-ci – et là on se dit que les choses ont bien changé depuis l’époque où les écolos voulaient des mesures radicales comme fermer les centrales nucléaires et remiser les voitures au musée. Car ce qui est revendiqué aujourd’hui, ce sont des actions du quotidien, que chacun, à son niveau, peut accomplir.

C’est bien ce que signifie la pancarte portée par ce monsieur : on ne peut pas seulement compter sur le pouvoir politique, car chacun peut vouloir et faire quelque chose – et en effet vous, moi, n’importe qui peut faire pousser des tomates et des salades sur son balcon. 

- Que je cueille trois tomates cerises dans ma jardinière de balcon, qu’est-ce que ça va changer ? 

- Hé bien, si on veut par exemple réduire les circuits de distribution, rien n’est trop petit pour prendre en charge une telle mission : ça commence à ma porte et ça va jusqu’au jardinier du coin de la rue ; ça ne réduira les émissions de CO2 que de quelques milligrammes ? Et alors ? 

Une confidence : il y a quelques années une publicité gouvernementale suggérait de fermer le robinet pendant qu’on se lavait les dents : en écoutant ça, j'étais MDR ! Aujourd’hui, je comprends que ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on économise comme polluant, mais bien la prise de conscience, immédiate et au niveau de chacun.

Et toi, cher lecteur, que vas-tu faire pour  la planète ce dimanche ? Rester au lit jusqu'à midi ?

vendredi 11 mars 2022

L’avenir radieux commence lundi prochain – Chronique du 12 mars

Bonjour-bonjour

 

Réjouissez-vous mes amis ! Dès lundi le pass-sanitaire aura disparu – comme a déjà vécu l’obligation du port du masque à l’intérieur ! 

Comment ? Je vois que vous ne sautez pas de joie ? Vous ricanez même, prétendant que pendant que l’épidémie repart à la hausse le gouvernement prend des mesures électoralistes ?

- Vous êtes des êtres mesquins. Mais je peux quand même essayer de vous dérider. Voyez plutôt : « Il y aura une baisse de 35 centimes sur le gasoil à partir de lundi » a annoncé ce vendredi sur BFMTV/RMC Michel-Édouard Leclerc » (1) Hein ! Ça vous la coupe mes chéris ! Vous ne vous attendiez pas à ça, avec votre hantise des pleins qui vident votre compte en banque.

Qu’est-ce que vous avez à dire à ça ?

« Ce n’est pas cette nouvelle qui va nous faire remiser nos vieux gilets jaunes – Parce que, le prix de l’essence, ce n’est pas seulement lundi qu’il faut voir ça ; c’est dans 10, dans 15 jours. Même Michel-Édouard dit qu’il ne comprend rien aux variations du prix des carburants. 35 centimes de moins demain ; 45 centimes de plus après-demain. » 

 

Bon-bon – Je note. Mais je ne capitule pas. Car voici la nouvelle qui va remplir votre cœur d’allégresse.  « L’avion de combat Rafale fait peau neuve dès 2025 » - et c’est du sérieux puisque c’est Capital qui l’annonce. (2)

Ah, je vois que ça vous intéresse ? Des nouvelles comme celles-là, en pleine guerre avec les barbares de l’est, ça ne se refuse pas !

Alors écoutez la suite : « Cette version modernisée permettra au pilote de tirer des bombes bien plus importantes sur coordonnées GPS. Le pilote doit rentrer les coordonnées GPS de la cible, avant ou pendant le vol et sera en mesure de tirer dans un périmètre de 50 kilomètres. » Oui, pour écraser sous des bombes votre petite maison, il n’y aura plus qu’à entrer vos coordonnées dans le GPS, comme vous faites pour revenir de vacances. C’est chic !

Mais vous n’avez encore rien vu. Voici la suite : « Le F4 sera également équipé d’un viseur de casque Scorpion. Désormais, le pilote n’auraqu'à tourner la tête en direction de l’avion ennemi et pourra ainsi viser grâce à un affichage sur son casque » 

La devise « Je-te-vois, je-te-tue » est devenue une réalité. Je devine que bon nombre d’entre vous, mesdames, aimeriez posséder un tel casque histoire d’éradiquer tous les relous qui vous importunent.

Tout ça, pour les amateurs de bonnes nouvelles, c’est du lourd – Mais ce n’est pas terminé !

« Les Rafales seront aussi équipés d’un système d'auto-diagnostic leur permettant de prévenir la maintenance des éventuels problèmes ou réparations à effectuer. Sur ce nouveau standard, le système sera à “maintenance prédictive”, cela signifie que les réparations seront anticipées. » Vous voilà installé dans votre Rafale ; vous venez juste de décoller et une petite voix retentit : « Dans 5000 kilomètres n’oubliez pas d’effectuer la vidange-moteur ». Don't worry...

- Oui mais les militaires sont les seuls à avoir la chance de posséder cette merveille.



Je vous comprends :  c'est frustrant de ne pas pouvoir profiter de tout ça.

Alors, demandez à Dassault d’équiper votre Twingo

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(1) J’ai lu ça ici

(2) Ça et ce qui suit, je l’ai lu ici  

samedi 26 février 2022

Le pire n’est pas certain – Chronique du 27 février (2)

Bonjour-bonjour

 

Poursuivant ma recherche de nouvelles revigorantes pour ce dimanche matin je reviens bredouille (après tout de même la bonne nouvelle détaillée dans le post précédent).

Du coup j’en viens aux formules habituelles, celles qu’on attribue avec ironie à « la sagesse des peuples » : « Le pire n’est pas certain » 

- Oui, Monsieur Poutine pourrait rappeler ses soldats et rendre aux Ukrainiens leur liberté en leur disant : « Voilà, c’était seulement pour donner un peu d’exercice à mes armées ; la fois précédente, c’était en Géorgie. La prochaine fois on ira du côté de la Moldavie »

 

Humm... Pas sûr du tout. Mais ce n’est pas une raison pour désespérer. Car si le pire n’est pas certain alors « il n’est que probable »

Ça ne vous rassure pas ? Pourtant vous êtes habitués à raisonner en termes de probabilité depuis que le covid nous a envahi. Habitués à savoir que si vous n’avez que 20% de chances de l’attraper et grâce, au vaccin, que 5% de risque d’entrer en réa ; et 2% de probabilité d’en mourir, alors tout va bien ! A vous les dance-floor toute une nuit joue à joue avec une belle blonde au souffle rauque...

 

Parce que oui, sous la guidance des sciences nous ne vivons qu’à coup de probabilités. Et si nous voulons mieux, alors allons voir des voyants extra-lucides.

mardi 25 janvier 2022

Docteur Tantpis ou docteur Tantmieux ? – Chronique du 26 janvier

Bonjour-bonjour

 

Des mauvaises nouvelles, ce matin, il n’y a que ça ! L’Ukraine à deux doigts de l’invasion russe ; le covid, annoncé chaque jour au bord de l’extinction et qui chaque jour bat des records ; le prix des carburants qui, après ceux du gaz et de l’électricité, crève le plafond des prix. Et même du côté des peoples, ça ne va pas non plus : Florent Pagny atteint d’un cancer du poumon ; Evan Rachel Wood, violée lors d’un tournage – sans oublier le malheureux Gaspard Ulliel... 

Tout ça, c’est super flippant, ultra lacrymal : tirez les kleenex ! Comment trouver une actualité un peu plus souriante sans devenir le ravi de la crèche ? 

 

 

Pour être heureux quand rien ne va, ne faut-il pas en effet être un simplet, crétin et idiot à la fois... N’y a-t-il donc plus aucune place pour l’optimisme ?

 

- Tentons une solution, qui consiste à tirer gloire et fierté de notre lutte héroïque contre ces pitoyable nouvelles. Un exemple ? La loi qui vient d’être votée à l’unanimité pour lutter contre les « thérapies de conversion », nom donné à ces pratiques inhumaines supposées « guérir » les personnes LGBT en leur imposant l'hétérosexualité. Occasion pour le Président de dire sa fierté et son optimisme devant cette réaction de nos élus : « La loi interdisant les thérapies de conversion est adoptée à l'unanimité ! Soyons-en fiers, ces pratiques indignes n'ont pas leur place en République. Parce qu’être soi n’est pas un crime, parce qu’il n’y a rien à guérir » (Lu ici). Si le Président est ravi, pourquoi pas nous ?

Et donc : c’est parce qu’il y a des ignobles individus qui martyrisent des malheureux homosexuels que devient possible cette réaction du pouvoir : le crime est une valorisation du châtiment. Mais on peut aller plus loin : Durkheim considérait les crimes comme utiles parce qu’ils donnent l’occasion de montrer que certains changements sociaux sont possibles (1). Après tout, aux yeux de la loi athénienne  Socrate était bel et bien un délinquant.

Mais il y a plus : tous les malheurs qui frappent les hommes ne viennent pas seulement des délits : maladie, accidents, injustices sans être des agressions sont quand même des malheurs. Nous empêchent-ils d’être heureux ? Le stoïcien dira non, puisque tout cela est naturel, donc tout cela est bon. 

Et si l’on refuse le stoïcisme ? Alors reste le relativisme pour qui le bonheur n’est rien d’autre que la suppression d’un malheur. C’est d'ailleurs une banalité de dire que l’on est heureux quand on se compare aux plus malheureux que soi.

- Pas de bien sans mal ; pas de beauté sans laideur et pas de justice sans injustice. Nous n’évaluons le bien que par le mal évité ; et le mal que par la perte d’un bien. Retour du Ravi de la crèche ? Si l’on veut, mais alors il faut dire que Spinoza en est un, lui qui affirme que la joie résulte du passage d’un état donné à un autre jugé supérieur.

Et donc : le covid nous envahit ? tant mieux, nous n’en serons que plus heureux quand il sera vaincu. L’énergie est trop chère ? Ah... Ces soirées à lire à la chandelle au lieu de regarder cette télé toute pourrie. Notre malheureux Gaspard Ulliel est mort ? Non, il est devenu une étoile de plus qui brille dans le firmament.

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(1) Lire le texte de Durkheim ici

vendredi 14 mai 2021

Le ravi de la crèche – Chronique du 15 mai 2021

Bonjour-bonjour

 

Quand je sors de mon lit, la première chose que je fais après avoir pris mon petit déjeuner, c’est consulter « Google-news ». Et là, à perte de vue, des morts, des meurtres, des manifestants violents, des policiers brutaux ; et puis des scandales, des internautes qui se mettent en rage ; et puis des ours blancs perdus sur des glaçons…

Bref, tout va mal et s’il est vrai que les infos qui me parviennent ont été choisies à mon intention par Intelligence Artificielle, je me dis « Ou bien j’ai le clic sélectif – et alors je dois m’interroger sur une déviation de ma personnalité – ou bien c’est cette foutue intelligence qui est particulièrement tordue ! » Même si, pour paraphraser Leibniz, ce monde est le pire des mondes possibles, il devrait quand même avoir des îlots de bonheur et de vie, sans quoi il disparaitrait aussitôt.

Mais quoi ? dira-t-on - qui ne voit que dans ce monde seul le désespoir est possible et que les gens heureux sont comme le Ravi de la crèche de parfaits crétins ?

 


Alors, certes cet homme, qui bras levé manifeste sa joie, est bon mais il est quand même selon la tradition un être inférieur que sa débilité mentale condamne à des tâches subalternes dans la village. Installé dans le monde moderne, le Ravi de la crèche est un homme toujours content - content des gouvernants, de son patron, de son épouse, etc. On en vient à penser que pour manifester son intelligence il faut dire combien on est mécontent de tout cela.

Du coup, je comprends pourquoi l’I.A. de Google ne me balance que des catastrophes : certes tout ne va pas si mal ; mais pour éveiller mon intelligence, il faut d'abord provoquer mon mécontentement.

samedi 17 avril 2021

Pourquoi avons-nous des oreilles ? – Chronique du 18 avril

Bonjour-bonjour

 

Vous connaissez sans doute de professeur Pangloss ? Non pas un de ces professeurs de médecine qui envahissent les plateaux télés depuis un an, mais celui qui, dans Candide, le conte philosophique de Voltaire, allait répétant à qui voulait l’entendre que « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ». 

Professeur de métaphysico-théologo-cosmolonigologie, ce précepteur de Candide explique à mademoiselle Cunégonde (pour la quelle Candide a des sentiments) que tout ce qui existe a une cause qui justifie son existence. « Remarquez bien (disait-il à mademoiselle Cunégonde) que les nez ont été faits pour porter des lunettes ; aussi avons-nous des lunettes. » Et nous de conclure que de la même façon nos oreilles, qui ne sont qu’accessoires pour porter lesdites lunettes (puisqu’on peut aussi se contenter de lorgnons), sont par contre indispensables pour porter le masque chirurgical, protection sans laquelle il nous serait aujourd’hui impossible de sortir de chez nous. D’où le caractère indispensable des oreilles, qui devient apparent aujourd’hui après des millions d’années d’existence facultative. 

 

 

 

- Reprenant la thèse aristotélicienne selon laquelle « la nature ne fait rien en vain » Pangloss nous invite donc à revisiter notre corps en nous demandant si par hasard il n’y aurait pas d’autres organes dont l’existence appellerait l’invention de nouveaux dispositifs prenant appui sur eux, justifiant du même coup leur présence. 

Nous ne parlerons bien sûr pas de certains sont membres qui sont multifonctionnels comme les mains. Mais aussi il y a chez l’homme un organe dit « reproducteur » qui parait bien étrange : pour excréter et se reproduire les femmes n’ont pas un tel dispositif, alors pourquoi les hommes en auraient-il ? Les oiseaux et les poissons se reproduisent bien sans pénis et leurs espèces ne périclitent pas pour autant qu’on sache. Le docteur Pangloss nous donne une piste pour trouver cette explication. Car, de même que le nez est fait pour porter des lunettes, « les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses ». Le pénis ne serait-il donc pas fait pour porter un accessoire du même genre ?

 



Le koteka (ci-dessus) ou étui pénien du peuple dani, dans la vallée de Baliem en Papouasie indonésienne, (bientôt inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité à l’Unesco) donne une fière allure à cet appendice somme-toute assez ridicule en temps ordinaire.

Alors, que font nos stylistes pour mettre les hommes civilisés au niveau des hommes-premiers ? 

Ah ! Si Karl Lagerfeld était encore de ce monde !….

dimanche 11 avril 2021

Le virus nous a fait entrer dans le 21ème siècle – Chronique du 12 avril

Bonjour-bonjour

 

- Oui, nous voilà entrés dans le 21ème siècle, c’est ça « le monde nouveau ».

- Comment ça, « entrés dans… » ? N’y sommes-nous pas déjà depuis l’an 2000 ? A ce moment-là on a fait pourtant plein de belles fêtes, des feux d’artifice etc.

- Oui, c’est vrai… Mais du point de vue historique, un siècle ce n’est pas seulement sur le calendrier que ça se détermine ; c’est aussi une époque dont le début est manifesté par un évènement à la suite du quel rien n’est plus comme avant : un chapitre se ferme, un autre commence.

- Alors, voyons si ce que vous dites est vrai : quand donc a commencé le 20ème siècle ?

- En 1918, bien entendu. 

- Et le 19ème ?

- En 1815, au congrès de Vienne.

- Et donc Napoléon fait encore partie du 18ème siècle !

- Les choses ne sont pas si simple en histoire, voyez-vous. Le siècle est une détermination bien commode pour nous, parce que 100 ans c’est un chiffre facile à retrouver ; mais parfois entre deux époques s’insère toute une période de bouleversements et bien entendu entre 1789 et 1815 nous avons eu une succession de crises dont l’œuvre a été un changement radical, qui transcende le simple passage d’un siècle à l’autre. Mais laissons les historiens nous expliquer tout ceci et revenons à notre expérience du covid et de son œuvre. 

Ne croyons pas qu’en sortant de l’épidémie nous allons retrouver « le monde d’avant », car certaines ruptures sont trop profondes pour être réparées ; nous pouvons certes espérer retrouver nos cinés et nos apéros ; les pubs londoniens rouvrent avec leurs choppes de bières et leurs agglutinements familiaux de fin de semaine. Mais qu’en sera-t-il du travail, du commerce, des services publics ? Pouvons-nous simplement imaginer ce que tout cela va devenir ? Cela laisse entendre que nous allons vers une nouveauté inimaginable ; mais nous pourrions aussi bien aller vers le rétablissement d’un passé plus lointain. Les mesures fiscales préconisées par Joe Biden éveillent en écho le souvenir des mesures prises par Roosevelt au moment du new deal – mais rien ne se répète jamais en histoire et ceux qui recherchent un tel effet se ridiculisent : ne dit-on pas que l’histoire ne se répète pas, mais qu’elle bégaye ?

- Alors 2022 : première année d’un nouveau cycle ? Si rien n’est déjà dit, alors nous pouvons tout en espérer ?

- Ou en craindre : c’est selon votre tempérament. 

samedi 10 avril 2021

Le droit aux bonnes nouvelles – Chronique du 11 avril

Bonjour-bonjour

 

Vous le savez cher.e.s ami.e.s, au Point du Jour nous nous faisons un devoir de vous donner de bonnes – et si possibles joyeuses – nouvelles chaque dimanche (1). Ce faisant nous reconnaissons à tous un « droit aux bonnes nouvelles », droit habituellement bafoué par les médias ordinaires qui estiment au contraire qu’une bonne nouvelle n’est pas une nouvelle du tout ; ne disait-on pas autrefois que les journaux ne signalent pas les trains qui arrivent à l’heure ?

Il y a certes un risque : c’est de diffuser des fakenews simplement parce que les bonnes nouvelles étant absentes il faudrait les inventer. Ce billet est là pour vous démontrer le contraire.

 

La Grande Oxydation : une catastrophe qui fut une chance (pour la doc voir ici)

Il y a 2,4 milliards d’années se produisit la Grande Oxydation, catastrophe causée par la propagation de l’oxygène, déchet toxique issu des premières cellules vivantes, mais qui eut pour conséquence le développement de la vie. L’oxygène est en effet apparu suite à un problème de pollution – exactement comme aujourd’hui avec le CO2 – mais sa propagation fournit un élément essentiel à la vie et non à sa destruction.

Si les médias d’information eussent existé il y a 2,4 milliards d’années, sans aucun doute les spécialistes eussent dénoncé la propagation de l’oxygène lié à l’appauvrissement des océans en « fer ferreux » ; lamentations, prières aux Dieux et manifestations protestant contre l’inaction des gouvernants de l’époque se seraient alors répandues partout sur la terre.

… Sauf que cette catastrophe fut une chance extraordinaire, et que sans ce bouleversement écologique nous ne serions pas là aujourd’hui pour nous lamenter encore et encore de la diffusion du COdans l’atmosphère. Mais qu’est-ce qui vous dit que cela ne va pas produire un sursaut de la vie ? Que de nouveaux organismes ne vont pas apparaitre, portant les limites du vivant bien au-delà de ce que nous connaissons ?

 

Comprenez, cher.e.s ami.e.s : pour trouver de bonnes et heureuses nouvelles, il ne faut pas nier la réalité comme le font les négationnistes ; il faut changer de point de vue, et comme ici, prendre un peu de hauteur.

Merci Le Point du Jour !

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(1) Ce billet fait contrepoint au "Billet de Cassandre" que nous diffusons aussi en semaine.

jeudi 31 décembre 2020

Lendemain de saint-Sylvestre 3 – Chronique du 1er janvier

Histoire de Pauline et Julien suite (voir les épisodes précédents ici et )

 

Bonjour-bonjour

 

* Vendredi 1er janvier, 6 heures du matin. Pauline vient d’arriver dans la cuisine clignant des yeux, la chevelure en bataille et l’air maussade. Hier le réveillon s’est passé au mojito et au daïkiri, avec Julien (son compagnon) et Anthony, le copain de Julien, qui a été largué par sa chérie et qui est venu festoyer avec eux. Pauline le retrouve lui aussi attablé dans la cuisine, enfin… il a juste repoussé les boites à pizza et les bouteilles vides pour mettre sa tasse de café noir.

C’est Pauline qui parle :

- Déjà levé, Anthony ? On dirait que la soirée ne t’a pas réussi… Enfin pas plus qu’à moi.

- Oui, sûrement, car je n’ai pas réussi à fermer l’œil depuis 4 heures. 

Rien à faire pour dormir, surtout depuis que Laura m’a quitté.

- Alors, pour 2021 il faut te souhaiter de rencontrer une nouvelle Laura ?

- J’y songe, vois-tu. Et puis en même temps je me dis que son départ est peut-être une bonne chose.

- Ce n’est pas ce que tu disais il y a peu.

- Oui, je sais… Mais je me dis aussi que me retrouver seul c’est peut-être l’opportunité pour reprendre mes études, avec des cours du soir pour passer manager commercial dans ma boite.

- Alors voilà des vœux tout trouvés : serre les dents et ne lâche rien, Anthony, c’est ça qui doit compter pour toi. Si tu sens que tu risques de flancher, viens nous voir, on sera toujours là pour toi.

 

…Anthony et Pauline s’étreignent très ému – c’est le moment de les quitter sur la pointe des pieds et de reprendre notre réflexion abandonnée depuis un bout de temps : comment entrer dans la nouvelle année avec de bonnes dispositions ? Comment croire que tout va aller mieux simplement parce qu’on a changé de millésime ?

 

Pour répondre à cette question, on pourrait songer à l’attitude d’Anthony, qui au lieu de pleurer sur son triste sort, relève la tête et déclare qu’il va profiter de sa situation pour améliorer sa vie. Car peut-être qu’il y a là quelque chose qui est valable pour nous : on peut estimer qu’il y a du bon dans tout ce qui nous arrive, ce n’est qu’une question de point de vue.

Rappelez-vous : nous avions évoqué 2020 comme annus horribilis, parodiant le poème de John Dryden intitulé Annus mirabilis. Dryden y décrivait l’année 1666 comme merveilleuse – alors que l’Angleterre avait été frappée de nombreux désastres, dont la peste qui avait ravagé le pays. Tout ça aurait été « mirabilis » ? Oui, parce que selon Dryden Dieu avait eu alors l’occasion de monter sa sollicitude envers les anglais en les aidant à endiguer la maladie.

Vous voyez où je veux en venir ? Oui, nous aussi nous avons avec le covid l’occasion de voir combien l’espèce humaine est bonne et industrieuse, elle qui fait de la protection des plus faibles une priorité, et qui invente un vaccin en quelques mois. Alors comme Anthony, entrons en 2021 en chantant à la louange de nos contemporains : « Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère… Mais nous nous serons morts, mon frère » (écoutez nos amis canadiens ici). Eh bien, nous y sommes déjà !

 

* 1er janvier, 18 heures : j’apprends qu’en rentrant chez lui Anthony est mort : il s’est jeté sous une rame RER.