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jeudi 9 avril 2026

Faire payer les riches – Chronique du 10 mars

Bonjour-bonjour

 

De partout monte la même demande : plus de subventions pour compenser le prix du pétrole, qu’il soit sous forme d’essence pour la voiture le camion ou le tracteur, ou bien de plastique pour la construction.

Et de partout monte la même colère devant le montant des subventions allouées : « Mesurettes », « Saupoudrage, « On se moque de nous ».

Et du gouvernement vient la même réponse : les caisses sont vides. Or, du vide on ne peut rien obtenir, à moins…. à moins de le remplir d’abord.

- Et c’est là l’idée : pour remplir les caisses afin de redistribuer des sommes suffisantes aux nécessiteux, créons une surtaxe sur le carburant, puis donnons ce surplus à ceux qui en ont besoin. 

 

 


- « Et les autres – Ceux qui payent sans rien récupérer ? » direz-vous ? Hé bien les autres, on fera en sorte qu’il leur reste de quoi vivre confortablement, et, s’ils ne sont pas contents, Bercy saura leur faire entendre raison.

- Et voilà : l’idée géniale est d’augmenter les taxes quand de partout on demande de les baisser. Mais cette idée n’est que l’application d’un principe encore plus génial : faire de l’État le centre distributeur de toute consommation. On centralise les ressources disponibles, puis on les redistribue afin que chacun ait son dû – rien de plus mais rien de moins.

- J’entends certains grincheux qui vont dire : « Mais on connait déjà ! C’est la Chine du grand bond en avant qui a fait des dizaines de milliers de morts par famine »

- Pas du tout, môôôôsieur ! C’est du pragmatisme.

jeudi 3 avril 2025

Mister Taxman a déclenché la guerre – Chronique du 4 avril

Bonjour-bonjour

 

Depuis hier, on ne parle que de ça : Mister Taxman a déclenché la guerre des tarifs douaniers et le commerce international va connaitre une crise généralisée au terme de la quelle les consommateurs vont être obligés de réduire leur consommation quoiqu’il leur en coûte.

Ainsi, alors que nous avons réussi à grand coup de boucliers tarifaires à satisfaire notre boulimie de consommation d’énergie – mais aussi de biens manufacturés, voitures, télés, ordinateurs, écrans, etc. – Hé bien voilà qu’il va falloir nous serrer la ceinture. Tout ça va coûter si cher qu’il nous faudra attendre 20 ans avant de pouvoir changer notre voiture. Nos rues vont ressembler à celles de la Havane :


 

Résultat : moins d’émission de CO2, moins de déforestation, moins d’extraction super-polluantes – tout ce que nous n’avons pas su faire par raison, voilà que nous le ferons par incapacité matérielle. Le monde va mal ? Et alors ? Le Docteur Tant-mieux va pouvoir pavoiser, son cabinet va déborder de clients.

Pour une référence un peu plus relevée, rappelez-vous du Professeur Pangloss et de sa maxime demeurée célèbre : « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » qui figure dans Candide, le roman de Voltaire qui ridiculise l’optimisme du système de Leibniz. « Ridicule » avons-nous dit ? Oui, mais révélateur : tout ce qui pousse à la disparition de l’espèce humaine, éradiquée par ses propres méfaits, est bon pour la nature.

Une nature sans humains – voilà l’avenir radieux qui se profile.

mercredi 13 novembre 2024

Un jour de travail en plus pour renflouer la Sécu – Chronique du 14 novembre

Bonjour-bonjour

 

Quand on a besoin d’argent, on peut aller en demander à sa banque, laquelle vous satisfera si et seulement si ses dépositaires sont d’accord. Le banquier ne sort pas de sa poche l’argent qu’il vous prête, pas plus que l’oncle qui vous a à la bonne. L’agent sort des mains de ceux qui produisent et voilà tout.

D’où la réponse la plus sommaire et la plus honnête à la question « Comment renflouer les caisses de la Sécu ? » : « En travaillant d’avantage »

--> La rapporteure du budget de la Sécurité sociale, Elisabeth Doineau, ainsi que les sénateurs ont soutenu mercredi l'idée d'augmenter la durée annuelle du temps de travail de sept heures. (Lire ici) Reprenant l’idée de la journée de travail supplémentaire dans l’année et évitant la maladresse de parler de journée fériée travaillée pour le système de santé (1), mais supprimant quand même un jour chômé dont le bénéfice produira 2,5 milliards d'euros pour la Sécurité sociale. 

 

Voilà un exemple bien clair de la méthode de travail du gouvernement pour trouver la somme XXL de milliards indispensables, non seulement pour combler le « trou de la sécu » mais aussi pour rembourser la dette. Toute l’habileté est d’habiller des ponctions de différentes manières, sachant qu’au bout du compte et comme on vient de le rappeler, seuls les hommes et les femmes qui travaillent produisent des richesses. Ça mérite quand même un peu de respect.

Comme par exemple de nous demander comment nous voulons être plumés ? Par l’impôt ou par les taxes ?

 


Ou encore de passer sous silence que ce grignotage des jours chômés n’est que la face émergée de l’iceberg de l’augmentation du temps de travail sans lequel le système capitaliste qui demeure le nôtre ne saurait produire suffisamment pour remplir le vaste estomac du Marché.

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(1) Après Raffarin supprimant en 2004le chômage du lundi de pentecôte. Il s’agissait à l’époque de protéger les vieux de la canicule. 

lundi 9 septembre 2024

Faire payer les riches – Chronique du 10 septembre

Bonjour-bonjour

 

Comment augmenter les ressources de l’État sans créer des nouvelles taxes source de mouvements sociaux risquant de soulever les classes populaires ?

- Nos amis suisses ont peut-être trouvé une solution : fixer le montant des amendes pour infraction routière en fonction des ressources du contrevenant.

Soit l’exemple de la contravention pour non-respect de la distance de sécurité entre deux véhicules. Alors qu’en France le contrevenant est assigné à payer 135€, en Suisse on calcule le montant de l’amende en fonction des revenus du conducteur : dans le cas évoqué ici, le contrevenant, propriétaire d'une BMW Série 5 a dû s’acquitter d’une somme de 108 500 francs suisses soit l'équivalent de 115 760 euros au cours actuel.

 

Bien sûr, ce n’est pas avec un tel expédient qu’on va remplir les caisses de l’État ; mais supposez que ce procédé soit utilisé pour d’autres infractions ? Par exemple que les amendes pour stationnement interdit soit modulées en fonction de l’impôt ? Qu’avant de vous envoyer la facture, la préfecture de police fasse un tour chez le percepteur pour la calculer en fonction du montant de votre imposition ? Même minime, l’augmentation démultipliée par le nombre des contrevenants ferait du chiffre.

 

- Mais on pourrait faire beaucoup mieux en généralisant l’idée. Par exemple, comme on le rappelait plus haut, le prix du carburant avait révolté ceux qui se proclamaient être « la France d’en bas » ; hé bien établissons le prix du litre d’essence en fonction des revenus de l’automobiliste. Comment faire ? Créons une carte de payement individualisée, établie par les services fiscaux. On devra payer à la pompe avec cette carte, la quelle calculera votre facture en fonction de vos ressources.

Et si on reproche à cette méthode de considérer les automobilistes encore et encore comme des vaches à lait, étendons le procédé de la carte de payement fiscalisée à d’autres achat : l’alcool et le tabac, les produits de luxe, les frais d’hôtel et de restaurant, etc… A terme, seuls les produits de 1ère nécessité pourraient être « défiscalisés »

 

J’en vois qui lèvent les yeux au plafond tout en haussant les épaules : trop compliqué, rejeté par tous avant même d’être évalué, ça ne marchera jamais.

… Sauf que, dans le même temps, vous supprimez la TVA et vous annoncez que vous remplacez une taxe, forcement injuste avec les plus pauvres, par un impôt progressif.

Ça c’est une idée qui n’est pas utopique tout en étant de gauche.

 

--> En voilà une bonne idée : merci les suisses !

vendredi 8 mars 2024

Plumer l’oie fiscale – Chronique du 9 mars

Aujourd'hui un Point du jour tout en images : mise au repos des neurones durant le w-e


Bonjour-bonjour

 

« Le redressement budgétaire de la France passera par le levier des dépenses plutôt que celui des recettes. » C'est en substance ce qu'a réaffirmé Gabriel Attal sur le plateau de France 5 vendredi soir deux jours après l'annonce de 20 milliards d'euros d'économies en 2025

Il va donc falloir de toute façon se serrer la ceinture

 


Fini donc le « quoiqu’il en coûte » fini aussi les boucliers de toute sorte. On ferme le robinet des dépenses publiques - y compris celui des dépenses sociales, comme celui du modèle social français : le Premier Ministre estime pour sa part qu'il « peut être moins coûteux et plus efficace » le chef du gouvernement a laissé la porte ouverte à une réduction de la durée d'indemnisation de l'assurance-chômage.

 

L’impôt ensuite :

Bruno Le Maire a mis un point d’honneur à éviter toute hausse de taxe ou d'impôts : « Ce qui frapperait la croissance, c'est si on avait le réflexe qui a souvent existé dans notre pays d'augmenter les impôts, a-t-il estimé. Le moyen le plus sûr de freiner la croissance, c'est de taxer. » (Lu ici)


 

Selon le Grand Colbert « L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avant d'obtenir le moins possible de cris. »


 


Comment ça va marcher ?

Je ne sais pas encore. Mais ce que je sais c’est que la facture, c’est nous qui allons la payer. Après tout, l’État, c’est nous.

vendredi 25 août 2023

Plumez la volaille fiscale – Chronique du 26 aout

Bonjour-bonjour

 

Bientôt septembre, les feuille qui jaunissent sur les arbres et les feuilles d’impôt qui se glissent dans les boites à lettre.

Moment où l’augmentation de la taxe foncière va faire crier très fort alors que pourtant Président, ministres, sous-ministres et autres spécialistes de la bienveillance fiscale entonnent la même chanson : moins d’impôt mais plus de services publics.

Hum... 

- Là vous vous dites : « Y a un truc. On va nous matraquer certes le plus discrètement possible, mais il faudra bien que quelqu’un paye la note. Et ce quelqu’un on se doute bien que ce sera nous. »

Et pourquoi pas ? Savez-vous que l’art de l’imposition a été défini il y a bien longtemps par Colbert, le grand et irremplaçable ministre de Louis XIV. Et que disait-il ? « L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris ».

Si c’est là le conseil de Jean-Baptiste Colbert en personne, comment s’y dérober ?

- C’est qu’aujourd’hui les citoyens, mieux informés que les sujets du Roi-Soleil, prétendent contrôler le taux d’imposition pour s’assurer que tous sont soumis à un impôt juste et proportionnel aux ressources : que les riches payent plus et les pauvres moins. Si l’ancien régime a succombé à la Révolution, n’est-ce pas justement parce que les privilèges exonéraient les nantis et surchargeaient de taxes les démunis ?

Hé bien, il en va de même aujourd’hui : ce ne sont pas les impôts qui augmentent le plus la charge fiscale, mais les taxes payées par tous indistinctement.

Un exemple ? La franchise sur les boites de médicaments va bientôt doubler – nous en sommes persuadés : que les démunis soient exonérés de l’impôt – que l’oie fiscale reste silencieuse – n’empêche que ces pauvres gens sont aussi malades que les autres et qu’ils doivent se procurer les médicaments nécessaires à leur santé. 

Et là : Boum !




dimanche 7 août 2022

I want my money back – Chronique du 8 août

Bonjour-bonjour

 

Devant la recrudescence des augmentations du prix de l’énergie, les britanniques ont trouvé la parade : ne plus payer les factures. Catalogué comme un « mouvement de désobéissance civile » cette protestation contre la flambée des prix de l'énergie consiste à refuser de payer la facture énergétique : « Don't Pay UK ». 

Certes les mesures de rétorsion existent depuis longtemps et le ministre de l’énergie britannique n’a pas manqué de les rappeler : « Les manifestants s'exposent à des risques liés au non-paiement, comme la possibilité de devoir payer des frais supplémentaires. Dans les cas extrêmes, les fournisseurs pourraient couper l'énergie ». (Lire ici)

Mais la protestation massive contre la loi a déjà montré son efficacité : lorsqu’elle est suffisamment durable et soutenue par opinion publique, la légalité ne peut rien contre elle.

C’est la raison pour laquelle le mouvement Don't Pay UK espère que beaucoup de personnes suivront cet exemple pour mettre les compagnies d'énergie face à de « sérieux problèmes ». 

 

--> En France la question est déjà sur toutes les lèvres : le mouvement « Don't Pay UK » pourrait-il s'exporter ?

Voyons d’abord comment les choses se présentent au Royaume-Unis. « Nous voulons amener /les compagnies/ à la table des négociations pour les forcer à mettre fin à cette crise », indique le leader du mouvement. Autrement dit, il s’agit de faire payer les compagnies qui sont supposées s’enrichir de la crise. 

Et chez nous ? On se rappelle que taxation des « superprofits » de Total a été rejetée de très peu à l’Assemblée puis au Sénat (cf. ici). Il ne fait selon moi aucun doute que si la situation s’aggravait - pour peu que quelques Gilets-jaunes reviennent sur les ronds-points - alors la taxation supplémentaire pourrait refaire surface. On dirait alors qu’elle permettrait simplement de récupérer l'argent versé avec les augmentations.

« I want my money back » comme disait madame Thatcher.

vendredi 10 mai 2019

CODE DE LA ROUTE : UN PIGEON FLASHÉ EN EXCÈS DE VITESSE PAR UN RADAR AUTOMATIQUE

Sur Facebook, les autorités de la ville de Bocholt, en Allemagne, ont publié la photo d'un pigeon pris en flagrant délit d'excès de vitesse. Il avait été flashé à 45 km/h dans une rue limitée à 30 km/h en février dernier.
La municipalité a donc rappelé qu’avec un tel comportement, l’oiseau encourait au minimum 24 euros d’amende. Toutefois clémentes, les autorités ont fait savoir sur Facebook qu’elles ne lançaient pas d’appel à témoins. (lu ici)



Voilà ce qu’on appelle de l’ « infotainment », c’est à dire de l’information et du divertissement en même temps. Car si on rit devant la menace de verbaliser un volatil, on en profite quand même pour faire ce discret rappel à la loi : au-delà de 30km/h, c’est une amende de 24 euros.
Alors certains voudront faire les malins et dire « Oui, il faut quand même retrouver cet oiseau et le juger. Car nous aïeux, plus sages que nous, n’hésitaient pas à faire des procès aux animaux, ce qui signifie que la loi, c’est  très sérieux et que nul ne peut y déroger ».
D’autres répondront qu’au contraire, si cette information est utile c’est bien pour nous rappeler que les radars ne sont que des machines dénuées de bon sens, et qu’elles ne devraient jamais servir à verbaliser qui que ce soit, pas même un automobiliste ordinaire.
D’ailleurs, ceux-ci ne disent-ils pas à qui veut les entendre que le gouvernement les prend pour des pigeons en les traitant de vache-à-lait du fisc ?

jeudi 14 février 2019

RETOUR DE LA TAXE CARBONE

Stanislas Guérini, le patron de la République en Marche, a déclaré sur France 2 : «La transition écologique, ça serait une catastrophe de l'arrêter». Le député de Paris s'est dit favorable au retour de la taxe carbone «à condition (…) que ça ne se fasse pas au détriment des classes populaires». (Lu ici)
François de Rugy quant à lui a déclaré : « C'est le moment ou jamais d'en débattre».

La taxe carbone ? Même pas peur ! Même pas un tremblement dans la voix d’une ministre en charge du dossier pour affirmer : «Il faudra bien que l'on décide si on la suspend durant tout le quinquennat ou si on a besoin de ressources supplémentaires », laissant clairement entendre que le montant de cette taxe servirait à couvrir les besoins de financement quels qu’ils soient.
Elle a vu le jour en France en 2014 sous la présidence de François Hollande, après deux tentatives ratées de Lionel Jospin puis de Nicolas Sarkozy. Rappelons s’il est nécessaire que les camionneurs bretons ont mis à mal le principe de cette taxe et que le mouvement des Gilets jaunes a été lancé comme protestation contre son aggravation.
Oui, relancer aujourd’hui l’idée de taxer le carburant, ça peut faire frémir : les blocages des ronds-points vont-ils revenir ?

Peut-être, mais l’avenir n’est pas écrit : relancer un mouvement qui a plus de 4 mois d’existence, et cela au moment où il s’éteint progressivement peut paraitre invraisemblable mais peut-être pas. Mais c’est aussi un risque qu’on peut désirer prendre quand on veut souligner le caractère inévitable de cette mesure. Reste le problème incontournable : comment frapper au porte-monnaie  sans vider complètement celui des plus pauvres ? En leur restituant ce qu’ils ont perdu ? Ou en investissant leur argent dans le financement de voitures qu’ils ne pourront pas acheter ?