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vendredi 14 février 2025

L’Europe, combien de divisions ? – Chronique du 15 février

Bonjour-bonjour

 

Et vous, vous y croyez à l’histoire ? Je veux dire : vous croyez à ce grand chambardement qui déménage les peuples, les monuments, les héroïsmes ? Vous croyez en la modernité qui renvoie le passé aux oubliettes, tandis qu’on accouche le présent d’un venir tout neuf et rutilant ?

Alors, reprenez vos billes et écoutez l’histoire du coup de téléphone de Trump à Poutine au cours duquel ces deux autocrates ont réglé la question de l’Ukraine. 

- Les demandes de l’Ukraine ? Jérémiades sans intérêt – passons à autre chose. 

- L’indignation de l’Europe outrée d’avoir été écartée ? Gesticulation d’un enfant qui se croit plus fort qu’il n’est : répondons qu’elle n’avait qu’à payer les forces militaires qui la protègent.

- Combien de divisions ? demandait Staline en 1943 quand on lui parlait de l’influence du Pape – c’est exactement ce que l’Amérique oppose aux européens qui réclament le respect des traités d’alliance.

 

Difficile leçon de l’histoire qui nous invite à oublier nos croyances dans le progrès, dans la Civilisation, la Paix, la Justice. Nos illusions concernant l’Humanité, avec un « H » en triple majuscule : ça a fait pschittt !

« Pactes sans sabres ne sont que palabres. » disait Hobbes : on devrait écouter plus souvent certains philosophes.


....… Et dans le même temps, on pouvait lire, dans le bulletin quotidien de « La bourse en directe » : « La bourse de Paris a terminé la séance en forte hausse, soutenue par des espoirs de fin de guerre en Ukraine. Donald Trump et Vladimir Poutine ont annoncé des négociations pour mettre fin au conflit en Ukraine, relançant les espoirs de paix. »

Et vous, allez-vous désespérer encore plus ? 

lundi 25 novembre 2024

Budget : on n’a pas assez souffert – Chronique du 26 novembre

Bonjour-bonjour

 

 


Vous le connaissez, n’est-ce pas ? C’est Philippe Dessertine, l’économiste qu’on convoque sur les plateaux pour rappeler aux français qu’ils sont des somnambules qui avancent vers le gouffre d’un pas toujours aussi alerte. C’est l’homme qui risque bien de remplacer le Père Noël et de laisser vos petits souliers vides au 25 décembre.

 

*

***

Les débats avec des spécialistes économiques me désespèrent toujours plus, car la réalité montre avec toujours plus d’évidence qu’ils ont raison : la crise du budget révèle que les français dans leur majorité n’ont pas compris que la France n’avait plus les moyens financiers de les faire bénéficier des mêmes ressources publiques, et qu’ils devaient souffrir du froid, de pénuries multiples, le temps de produire enfin les richesses dont ils ont besoin pour continuer à vivre comme avant.

La France pourrait s’orienter selon deux repères : 

            * Celui qu’il faut éviter à tout prix et qui est celui de la Grèce qui revient péniblement d’une longue dépression issue d’une gestion calamiteuse qui lui a fait perdre aujourd’hui encore 20% de ses richesses et bondir le chiffre de la pauvreté.

            * Celui de l’Ireland ou du Portugal qui ont regagné en peu d’années le niveau des pays européens malgré les contraintes du FMI.

 

Et pourquoi la France ne pourrait-elle pas revenir à son niveau économique récemment abandonné ?

C’est là que les débats sur le budget sont révélateurs : car tout le monde veut sauver les avantages consentis par l’État à son bénéfice, quel qu’en soient les conséquences. Nous savons bien que ce serait au prix d’une crise financière grave, mais qu’importe ? Il y a quelques années le mythe de l’emprunt qu’on ne rembourserait jamais avait beaucoup de succès ; je ne sais pourquoi on n’y est pas revenu, mais ça peut encore arriver. De toute façon ces vues fantaisistes n’ont aucune prise sur la réalité, sauf celle de fermer les yeux des citoyens.

C’est là que l’expérience vécue de la misère est capitale : les peuples qui l’ont soufferte, comme les portugais sont près à la subir une nouvelle fois si c’est la condition pour l’éviter dans un avenir proche. La misère serait donc le prix à payer pour sortir de l’impasse où nous sommes ?

Peut-être – en tous cas ne pas oublier que les « 30 glorieuses » sont sorties de la misère des années du retour à la paix.

... Je ne peux pourtant me contenter de cette leçon de résignation. Car on connait le dicton "Quand les gros se serrent la ceinture, les maigres sont déjà morts de faim"- La politique c'est aussi  le respect des valeurs républicaines au nombre des quelles on trouve l'égalité.

mercredi 13 novembre 2024

Un jour de travail en plus pour renflouer la Sécu – Chronique du 14 novembre

Bonjour-bonjour

 

Quand on a besoin d’argent, on peut aller en demander à sa banque, laquelle vous satisfera si et seulement si ses dépositaires sont d’accord. Le banquier ne sort pas de sa poche l’argent qu’il vous prête, pas plus que l’oncle qui vous a à la bonne. L’agent sort des mains de ceux qui produisent et voilà tout.

D’où la réponse la plus sommaire et la plus honnête à la question « Comment renflouer les caisses de la Sécu ? » : « En travaillant d’avantage »

--> La rapporteure du budget de la Sécurité sociale, Elisabeth Doineau, ainsi que les sénateurs ont soutenu mercredi l'idée d'augmenter la durée annuelle du temps de travail de sept heures. (Lire ici) Reprenant l’idée de la journée de travail supplémentaire dans l’année et évitant la maladresse de parler de journée fériée travaillée pour le système de santé (1), mais supprimant quand même un jour chômé dont le bénéfice produira 2,5 milliards d'euros pour la Sécurité sociale. 

 

Voilà un exemple bien clair de la méthode de travail du gouvernement pour trouver la somme XXL de milliards indispensables, non seulement pour combler le « trou de la sécu » mais aussi pour rembourser la dette. Toute l’habileté est d’habiller des ponctions de différentes manières, sachant qu’au bout du compte et comme on vient de le rappeler, seuls les hommes et les femmes qui travaillent produisent des richesses. Ça mérite quand même un peu de respect.

Comme par exemple de nous demander comment nous voulons être plumés ? Par l’impôt ou par les taxes ?

 


Ou encore de passer sous silence que ce grignotage des jours chômés n’est que la face émergée de l’iceberg de l’augmentation du temps de travail sans lequel le système capitaliste qui demeure le nôtre ne saurait produire suffisamment pour remplir le vaste estomac du Marché.

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(1) Après Raffarin supprimant en 2004le chômage du lundi de pentecôte. Il s’agissait à l’époque de protéger les vieux de la canicule. 

vendredi 27 septembre 2024

« L’erreur est humaine – persévérer par arrogance est diabolique » – Chronique du 28 septembre

Bonjour-bonjour

 

Il y a des sujets d’actualités qui nous font brûler d’émotions et puis qu’on oublie au bout de quelques jours. C’est d’ailleurs ce qui arrive dans la plupart des cas. Et puis il y a des sujets qu’on n’oublie pas parce qu’ils nous affectent dans la vie pratique bien après leur révélation.

- A n’en pas douter ce sera le cas pour la dette publique, bien après que l’ensemble de son montant aura été révélé. C’est que nous devrons alors continuer de payer l’impôt « exceptionnel » voté pour la rembourser ainsi que supporter les lacunes du service public raboté par les diminutions de subventions.

- La question qui vient en premier est « Qui est responsable ? » - car les élus ou les hauts fonctionnaires, ceux qui ont le pouvoir décisionnaire, ont forcément vu passer le déficit, mais ils ne l’ont pas arrêté, soit qu’ils ne l’aient pas voulu, soit qu’ils n’en aient pas eu le pouvoir.

- Toutefois ne risquons-nous pas d’oublier le bénéfice de certaines dépenses qui nous ont permis d’éviter les pires évènements, comme la misère épargnées aux catégories sociales les plus fragiles durant le Covid grâce au « Quoiqu’il en coûte » ? 

--> Restons donc objectifs en gardant en mémoire l’ensemble de la situation.

 

Par ailleurs, ne risquons-nous pas de reconstruire l’histoire en commençant par la fin, comme si c’était nécessairement en toute connaissance de cause que des erreurs de cette taille ont pu être commises ? 

- Oui, certainement, car certains évènements majeurs ont été formés à partir de l’agrégation d’évènements qui, pris un à un et au gré de leur venue, ont pu paraitre impossibles à percevoir et à comprendre. 

Toutefois, le fait qu’on ne les ait pas vu venir ne signifie nullement qu’ils aient été imprévisibles. Tel est le cas des Gilets-Jaunes dont l’existence comme groupe revendicateur a été ignorée, alors que compris comme classe défavorisée, on aurait pu au moins éviter de provoquer leur colère comme avec la hausses de la taxe carbone.

- Et le chef de l’État, lui qui décide de tout, n’est-il pas responsable de la perte de contrôle des comptes publiques ? Bien sûr un homme seul ne peut décider du budget de la nation à lui tout seul. Pourtant c’est bien lui qui oriente la politique du pays, par exemple en définissant la politique économique. Or le Président considérait que, soutenue par une baisse des taxes et des impôts, l’économie devrait tourner plus vite.

Je ne dis pas qu’on aurait pu prévoir que ça ne marcherait pas, mais au moins prendre en compte l’échec dès qu’il est apparu.

On reconnait la sentence de Saint-Augustin : « L'erreur est humaine, mais persister dans l'erreur par arrogance, c'est diabolique »