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samedi 19 juillet 2025

Les femmes ont-elles le droit de faire « pipi-debout » ? – Chronique du 20 juillet

Bonjour-bonjour

 

Ma lecture des actualités a été sollicitée par ce titre : Au Festival de Musilac : une femme exclue pour avoir utilisé un « pisse-debout ».

Après m’être enquis de la nature de cet accessoire :

 

 

Je me suis un peu plus documenté – et voici son histoire :  lors du Festival de Musilac, cette festivalière désireuse de ne pas perdre plus de 45’ en attente devant les wc-femmes s’est réfugiée du côté des hommes où, armée d’un « pisse-debout » (image ci-dessus) elle s’est mise à l’œuvre devant un urinoir-homme. C’est là qu’elle a été expulsée par le service d’ordre prétendant qu’elle n’avait « rien à faire ici », puisque c’était réservé aux messieurs.

--> On peut clamer l’égalité hommes-femmes, il n’en reste pas moins que certaines différences anatomiques ne peuvent être effacées par un simple décret.

Quoique…  Un petit rappel. Nous sommes au 17ème siècle.

Louis Bourdaloue (1632-1704), considéré comme l'un des pères jésuites les plus illustres du règne de Louis XIV était un excellent orateur qui passionna la Cour et le tout Paris avec ses sermons éclairés. Toutefois ses sermons étaient interminables et pour ne pas perdre une miette de ses prêches, les femmes venaient à la messe avec un pot de chambre qu'elles plaçaient sous leurs robes à panier. C'est ainsi qu'il fut baptisé « Bourdaloue ».

 


Bourdaloue manufacture de Sèvres.

« Pour faciliter son utilisation, sa forme s'adapte parfaitement à la morphologie féminine : en ovale, haricot ou nacelle, il possède des bords rentrés vers l'intérieur pour éviter de blesser. » (

voir ici)

 

Toléré au 17ème siècle, interdit au 21ème, le fait pour les femmes d’uriner sans passer par des w.c. parait bien énigmatique – mais de là à en faire un sujet de commentaire il y a de la marge.

Là encore, il faut marquer un arrêt. Car alors que le bourdaloue tient compte de cette différence anatomique et laisse la femme dans sa position naturelle, le « pisse-debout » parait braver la nature en permettant aux femmes de se poster comme les hommes, effaçant cette différence essentielle.

… « Essentielle » pour qui ? Pour l’organisme tel que la nature l’a conçu ou pour la culture humaine qui interprète la nature ?

mercredi 19 mars 2025

Un ministre chargé de fermer son ministère – Chronique du 20 mars

Bonjour-bonjour

 

Selon Le Figaro, Linda Mc Mahon, ministre de l’Éducation américaine, doit « prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter » la fermeture de son ministère. L’article cité le précise : « Ex-patronne de la principale entreprise de catch aux États-Unis, Linda McMahon avait été nommée par Donald Trump avec pour mission, selon ses propres mots, de «se mettre elle-même au chômage ».

Contrairement à ce que vous imaginez peut-être, ce n’est pas seulement une lubie de Donald Trump : il ne fait qu’accomplir ce que les conservateurs américains veulent faire depuis très longtemps. L’information citée précise que d’ailleurs que les Etats-Unis n’ont pas toujours possédé ce ministère et que celui-ci a un rôle très limité, consistant principalement à subventionner les écoles situées dans des zones défavorisées.

Nous avons-là un cas de réalignement de l’État fédéral sur le principe libéral américain : c’est à l’individu de se prendre en charge, l’État ne venant jouer un rôle que pour mettre en sécurité les citoyens. Il en va de l’éducation comme de la santé, son coût est à la charge des usagers, et on connait l’importance des prêts contractés pour financer leurs études par les jeunes américains – prêts qu’ils doivent rembourser durant leur vie professionnelle. A l’époque de la crise des sub-primes on a d’ailleurs craint aussi un crash boursier dû à l’insolvabilité de ces emprunteurs.

On reconnait au passage le sens profond de notre devise « Liberté-Egalite-Fraternité » où l’égalité doit être garantie aussi par les chances identiques d’être éduqué. C’est peut-être l’une des réformes la plus importante aux yeux des révolutionnaires de 89, importance dont les américains nous montrent ce qui se passe quand cette mesure n’est pas prise

lundi 25 novembre 2024

Budget : on n’a pas assez souffert – Chronique du 26 novembre

Bonjour-bonjour

 

 


Vous le connaissez, n’est-ce pas ? C’est Philippe Dessertine, l’économiste qu’on convoque sur les plateaux pour rappeler aux français qu’ils sont des somnambules qui avancent vers le gouffre d’un pas toujours aussi alerte. C’est l’homme qui risque bien de remplacer le Père Noël et de laisser vos petits souliers vides au 25 décembre.

 

*

***

Les débats avec des spécialistes économiques me désespèrent toujours plus, car la réalité montre avec toujours plus d’évidence qu’ils ont raison : la crise du budget révèle que les français dans leur majorité n’ont pas compris que la France n’avait plus les moyens financiers de les faire bénéficier des mêmes ressources publiques, et qu’ils devaient souffrir du froid, de pénuries multiples, le temps de produire enfin les richesses dont ils ont besoin pour continuer à vivre comme avant.

La France pourrait s’orienter selon deux repères : 

            * Celui qu’il faut éviter à tout prix et qui est celui de la Grèce qui revient péniblement d’une longue dépression issue d’une gestion calamiteuse qui lui a fait perdre aujourd’hui encore 20% de ses richesses et bondir le chiffre de la pauvreté.

            * Celui de l’Ireland ou du Portugal qui ont regagné en peu d’années le niveau des pays européens malgré les contraintes du FMI.

 

Et pourquoi la France ne pourrait-elle pas revenir à son niveau économique récemment abandonné ?

C’est là que les débats sur le budget sont révélateurs : car tout le monde veut sauver les avantages consentis par l’État à son bénéfice, quel qu’en soient les conséquences. Nous savons bien que ce serait au prix d’une crise financière grave, mais qu’importe ? Il y a quelques années le mythe de l’emprunt qu’on ne rembourserait jamais avait beaucoup de succès ; je ne sais pourquoi on n’y est pas revenu, mais ça peut encore arriver. De toute façon ces vues fantaisistes n’ont aucune prise sur la réalité, sauf celle de fermer les yeux des citoyens.

C’est là que l’expérience vécue de la misère est capitale : les peuples qui l’ont soufferte, comme les portugais sont près à la subir une nouvelle fois si c’est la condition pour l’éviter dans un avenir proche. La misère serait donc le prix à payer pour sortir de l’impasse où nous sommes ?

Peut-être – en tous cas ne pas oublier que les « 30 glorieuses » sont sorties de la misère des années du retour à la paix.

... Je ne peux pourtant me contenter de cette leçon de résignation. Car on connait le dicton "Quand les gros se serrent la ceinture, les maigres sont déjà morts de faim"- La politique c'est aussi  le respect des valeurs républicaines au nombre des quelles on trouve l'égalité.

lundi 5 septembre 2022

Refuser de passer l’aspi : bientôt un délit ? – Chronique du 6 septembre


Bonjour-bonjour

 

Verrons-nous bientôt des hommes appréhendés par la police, alors qu’ils avaient refusé de faire la vaisselle, parce que leurs compagnes ont porté plainte contre eux ?

… Bien sûr ce n’est pas encore vrai : mais ça va peut-être le devenir bientôt, si la proposition de Sandrine Rousseau est retenue. Celle-ci déclare en effet « travailler à un délit de non-partage des tâches domestiques » (Lire ici)

On imagine facilement qu’ils sont nombreux ceux qui, hommes ou femmes, sont révoltés par une telle judiciarisation des relations de couple ? Hé bien pas du tout ! Voyez plutôt : « Le guide d'achats Consolab, au travers d'un sondage Ipsos, s'est penché sur la perception des Françaises quant à l'idée d'un "délit de non-partage des tâches domestiques". Sur 1 992 personnes sondées, la proposition de Sandrine Rousseau est loin d'être jugée irraisonnée : 50% des femmes et 44% des hommes y sont favorables. » (Art. cité)

Le commentaire de tout cela doit donc être balancé : oui le partage des tâches domestiques reste à faire ; et non la loi ne devrait pas s’y intéresser.

Il y a donc plusieurs points à considérer :

            * D’abord les faits : on considère en effet que désormais l’égalité hommes-femmes passe par celle du partage des tâches domestiques. La pandémie a mis en évidence combien les femmes devaient s’affairer pour maintenir la maison en état pendant que leur conjoint piochait le clavier de son ordi bien après le télétravail, poursuivant indéfiniment des jeux pour adolescents. 

Il me semble d’ailleurs que cette reconnaissance est engagée depuis assez longtemps, puisque la même étude Consolab/Ipsos indique que 56% des femmes en couple sondées jugent leur conjoint "plus impliqué" que ne l'était leur père.

            * Ce projet est pourtant assez délétère, puisque soumettre le partage des tâches ménagères à une loi signifie qu’il ne peut être l’objet d’une transaction entre les époux : le partage 50/50 voulu par la loi n’est pas négociable. 

Plus encore : désobéir à une loi est par définition punissable : en cas de désaccord, la loi devrait protéger les femmes contre leurs feignants de maris, exactement comme elle le contraindra à payer leur pension alimentaire quand ils auront divorcé. Et c’est comme ça : la loi est la loi, elle est impérative quel que soit son contenu.


C’est là que ce projet parait pernicieux puisqu’il suppose que les femmes se sentent aussi menacées dans leur être par les hommes qu’ils les violent ou qu’ils leur laissent la charge du foyer. Et c’est là aussi qu’il faut être un peu méfiant : refuser une telle assimilation ne signifie pas que la charge mentale mise en question ne soit pas quelque chose de sérieux – et les femmes ont bien raison de le dire. 

Seulement aujourd’hui, en faire l’objet d’un délit judiciaire c’est complètement ringard : les réseaux sociaux sont beaucoup plus efficaces, comme en témoignent les affaires d’abus sexuel ou des hommes sont tombés alors que les faits dénoncés étaient prescrits.

Mesdames, allez-y ! Mettez sur Instagram votre selfie du w-e dernier :

Hello Tribu Vu ici

jeudi 28 juillet 2022

En Hongrie, le mélange des races est un crime – Chronique du 29 juillet (2)

Bonjour-bonjour

 

Les populistes ont l’art de contrer leurs adversaires en appuyant là où ça leur fait mal : dans un récent discours, Victor Orban (le Premier ministre brillamment réélu de la Hongrie), a fustigé les migrants venus se mêler aux populations autochtones européennes, déclarant que pour sa part la race hongroise refuserait de se mêler avec d’autres races.

Devant le tollé soulevé par ses propos, Orban a effectué un repli, affirmant que par « race » les Hongrois entendaient des groupes d’ordre culturel ou civilisationnel. C’est ainsi que les hongrois refusent de voir des arabes (= musulmans) ou des africains (= cultures allogènes ?) s’installer chez eux. C’est un peu confus, mais on le voit clairement :  on est hongrois de naissance, de religion, de langue et de coutume – et tous les autres : dehors !

 

Monsieur Orban renonce donc à utiliser le mot « race » ? Mais enfin, qu’est-ce que ça change ? Quand il ne suffit plus de respecter les lois d’un pays pour y être accueilli, qu’importent les raisons pour lesquelles ce droit nous est dénié ?

« Zsuzsa Hegedus, une sociologue conseillant M. Orban de longue date et dont les parents ont survécu à la Shoah, a remis mardi sa démission. Elle a dénoncé "une position honteuse" et "un pur texte nazi digne de (Joseph) Goebbels" » (Lire ici)

 - Comparer Victor Orban aux nazis ne revient pas à se soumettre à la loi de Godwin ; on devrait même atténuer cette critique en se référant à une forme « adoucie » de nazisme qui se manifesterait par un simple apartheid et non à l’holocauste. En réalité, peu importent les raisons pour lesquelles on rejette une communauté – oublions-les, même si sous d’autres points de vue elles sont essentielles ; peu importent même les actes par les quels on veut imposer cette séparation. Car ce qui compte, c’est le refus de vivre avec les autres – certains autres, définis par leur couleur de peau, leur religion, leur vêtements, etc.

On s’offense que le Premier ministre hongrois tienne ces propos au sein même de l’Europe Unie, mais demandons-nous si cet ostracisme n’existe pas depuis toujours – et pour toujours ? – au sein de l’Europe ? Quand on refuse de louer un logement à Mohammed par ce qu’il s’appelle comme ça, ou de fréquenter Fatiah parce qu’elle porte un voile, que faisons-nous ? Quand on est indisposé de devoir côtoyer des barbus le vendredi au supermarché, maugréant « On n’est plus chez nous ! » : ne sommes-nous pas prêts à élire un avatar de monsieur Orban ?

L’égalité démocratique est un combat.