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dimanche 30 août 2026

La guerre du P.Q. aura-telle lieu ? – Chronique du 31 aout

Bonjour-bonjour

 

Conséquence imprévue des tensions entre les Etats-Unis et le Canada, les américains ont commencé à stocker le papier toilette dans la crainte de l’envolée des prix suite à la guerre commerciale entre ces deux pays. Il faut dire qu’entre un quart et la moitié des rouleaux de papier toilette et des produits nécessaires à leur fabrication utilisés aux États-Unis proviennent du Canada et aussi que chaque Américain en utilise en moyenne 141 par an. Soit davantage que dans n'importe quel autre pays. Sachant qu’un rouleau coute en moyenne un dollar, on voit que cet investissement risque bien d’être au final significatif. On lira ici quelques détails supplémentaires.

 

Le Canada tiendrait-il donc les américains par … là ? (Je manque de vocabulaire ce matin) Donald Trump risque-t-il de perdre les élections de « midterm » à cause du P.Q. ?

 

 

- Futilités, direz-vous. Peut-être, mais ces interrogations doivent être quand même prises au sérieux, tant il est vrai que les petits soucis font les grandes inquiétudes. Cette sentence pourrait bien être élue sentence du jour en cette période de rentrée où les gens se lamentent de voir partir un été perdu pour les petits bonheurs : entre canicule et moustique tigre, plus d’apéro-terrasse-BBQ.

- Comparé aux inquiétudes devant la montée des prix de l’énergie et les désordres dûs au climat, c’est peu de choses ? Là est justement le point : les petits soucis ont cette propriété de pouvoir se coaguler en états dépressifs généralisés, générateurs de colère et de comportements excessifs. Comme si à force d’injustices, certains basculaient d'un coup dans le terrorisme. La France n’a pas oublié les Gilets-Jaunes qui se sont soulevés contre une taxe sur les prix du carburant. Suite à ça, qu’on puisse faire des émeutes et menacer de prendre d’assaut l’Élysée pour raccourcir le Président, voilà ce que cet épisode nous a appris.

Les partisans de Donald Trump devraient méditer cet exemple à chaque fois qu’ils utilisent leur papier hygiénique made-in Canada.

mardi 6 janvier 2026

Sortie de route ou bifurcation ? – Chronique du 7 janvier

Bonjour-bonjour

 

On le sait : le siècle considéré comme une période formant une unité de base pour l’Histoire et qui dure environ 100 ans, ne coïncide pas forcément avec le calendrier. On admet généralement que le 20ème siècle a débuté en 1914 avec la Grand guerre, mais qu’en est-il pour le 21ème siècle ?

 


La présence de ruptures dans l’histoire est caractérisée par l’imprévisibilité de l’avenir. Il s’agit de périodes de basculement tellement marqué qu’on ne voit pas clairement de quoi demain sera fait.

A présent deux évènements nous signalent l’existence d’une pareille révolution :

- D’abord trois révolutions technologiques qui bouleversent déjà notre monde et qui se sont accélérées depuis peu : il s’agit * de l’Intelligence artificielle à laquelle est associée Chat GPT, * des énergies renouvelables avec les éoliennes et les panneaux solaires, * et de la bio-technologie rendue possible par la récente découverte de l’outil CRISPR-Cas9. Le fait que l’avenir de nos sociétés soit devenu imprévisible du fait de ces changements montre qu’il s’agit bien de révolution.

 

- En suite, cette imprévisibilité est à son maximum avec les décisions du Président américain d’imposer par la force la volonté de l’État Américain au mépris du droit international. Cette actualité ne devient compréhensible qu’à condition de renoncer à la lire comme une péripétie de l’histoire initiée depuis 1945. On parle aujourd’hui d’un « néocolonialisme » en référence à la colonisation du monde par l’Europe dont le 19ème siècle nous a donné un exemple.

… Néanmoins nous ne sommes pas si sûrs de notre lecture : le cas Trump en particulier nous interpelle : s’agit-il d’une sortie de route (avec réintégration de la trajectoire habituelle suite à de nouvelles élections) ou d’une bifurcation irréversible de l’histoire ?

mardi 9 septembre 2025

10/09 : Dies irae – Chronique du 10 septembre

Bonjour-bonjour

 

« Bloquons tout ! » : tel est le mot d’ordre entendu ce matin. 

Mais de quoi s’agit-il ? D’une colère récupérée et réorchestrée ? D’un appel à la grève générale ? D’un mot d’ordre de sabotage, comme de bloquer les raffineries de pétrole ? Ou de mettre des voitures en travers des accès aux autoroutes ?

--> Si ce n’était « que » cela, je ne me mêlerais pas d’en parler. Ce mot d’ordre est parfois expliqué ainsi : « le 10 septembre, ne faites rien. Ne travaillez pas ; ne produisez rien. Arrêtez aussi de consommer, boycottez les cartes bancaires. Bref : bloquez les flux de circulation du capitalisme » (Lire ici)

Ce mouvement est donc plus fondamental que celui de la grève, fut-elle générale. Car il ne s’agit pas seulement de s’en prendre au profit capitaliste. Il ne s’agit pas non plus d’un sabotage anarchisant portant atteinte à la vie de chacun. Il s’agit de s’en prendre spécifiquement à tout ce qui rend possible le système capitalistes, non seulement comme organisation de la production, mais aussi de la circulation des richesses. Vous pouvez continuer à arroser vos salades et à en faire cadeau à vos voisins. Mais ne vous mêlez pas d’aller les vendre sur le marché.

Le 10 septembre c’est un nouveau genre de lutte révolutionnaire pour abattre la classe dominante qui s’engage.

 


Encore un truc imaginé pour la joie des boomers mélancoliques qui regrettent mai-68

vendredi 2 mai 2025

Publication des cahier de doléance des Gilets-jaunes – Chronique du 3 mai

Bonjour-bonjour

 

Le Président Macron annonce l’ouverture des « cahiers de doléances » rédigés après les « gilets jaunes » dès le vendredi 2 mai.

« L’ouverture aussi rapide d’archives à tous, sans dérogation, « est exceptionnelle mais se justifie par le sens de l’intérêt général qui a entouré le Grand Débat national et par le caractère public des contributions à l’époque », a précisé le ministère de la Culture à l’AFP. (Le délai légal pour des archives de ce type étant normalement de 50 ans).

Petit rappel : les cahiers de doléances sont des écrits émanant du peuple et destinés à éclairer les États généraux convoqués par le Roi. Après près de 200 ans sans convocation des états généraux, Louis XVI a recours aux cahiers de doléances qui sont rédigés entre mars et mai 1789. – On connait la suite (voir ici)

- Ceux d’aujourd’hui ont « ressurgi en 2018, avec le mouvement des Gilets jaunes, lorsque plusieurs mairies dans toute la France ouvrent des cahiers de doléance, … afin de pouvoir analyser et faire remonter au gouvernement les revendications, les idées et les critiques des participants à ce mouvement. » Le reste de ces cahiers a été rédigé dans la foulée du « Grand débat national » voulu par le Président en 2019. (compte-rendu ici)

 


« Cahiers de doléances » rédigés après les gilets jaunes

- ouverts à tous, dès ce vendredi 2 mai.

 

Avec un tel passé, il n’est pas possible que les citoyens d'aujourd’hui présents lors de la rédaction du cahier de doléance de leur agglomération n’aient pas eu en tête cette référence historique. 

--> La lourdeur des impôts d’aujourd’hui n’est rien d’autre que la continuation de la spoliation des familles paysannes privées de leur ressource pour alimenter les fêtes du seigneur ; 

--> les violences policières sont le reflet de celle commises par les archets du rois venus rétablir l’ordre dans les campagnes ; 

--> les jacqueries, avec ces paysans qui brandissent leurs fourches, sont les ancêtres des manifestants qui affrontent aujourd’hui la police, casque de moto sur la tête.

 

En arrière-plan de l’histoire des historiens, avec son passé qui défile de façon irréversible, il existe une histoire immobile, celle de la conscience populaire qui n’oublie rien et qui sait lire un passé d’injustices et de souffrances dans un présent de spoliation et d’inégalité.

mercredi 19 mars 2025

Un ministre chargé de fermer son ministère – Chronique du 20 mars

Bonjour-bonjour

 

Selon Le Figaro, Linda Mc Mahon, ministre de l’Éducation américaine, doit « prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter » la fermeture de son ministère. L’article cité le précise : « Ex-patronne de la principale entreprise de catch aux États-Unis, Linda McMahon avait été nommée par Donald Trump avec pour mission, selon ses propres mots, de «se mettre elle-même au chômage ».

Contrairement à ce que vous imaginez peut-être, ce n’est pas seulement une lubie de Donald Trump : il ne fait qu’accomplir ce que les conservateurs américains veulent faire depuis très longtemps. L’information citée précise que d’ailleurs que les Etats-Unis n’ont pas toujours possédé ce ministère et que celui-ci a un rôle très limité, consistant principalement à subventionner les écoles situées dans des zones défavorisées.

Nous avons-là un cas de réalignement de l’État fédéral sur le principe libéral américain : c’est à l’individu de se prendre en charge, l’État ne venant jouer un rôle que pour mettre en sécurité les citoyens. Il en va de l’éducation comme de la santé, son coût est à la charge des usagers, et on connait l’importance des prêts contractés pour financer leurs études par les jeunes américains – prêts qu’ils doivent rembourser durant leur vie professionnelle. A l’époque de la crise des sub-primes on a d’ailleurs craint aussi un crash boursier dû à l’insolvabilité de ces emprunteurs.

On reconnait au passage le sens profond de notre devise « Liberté-Egalite-Fraternité » où l’égalité doit être garantie aussi par les chances identiques d’être éduqué. C’est peut-être l’une des réformes la plus importante aux yeux des révolutionnaires de 89, importance dont les américains nous montrent ce qui se passe quand cette mesure n’est pas prise

mardi 5 mars 2024

Vive la liberté, bordel ! – Chronique du 6 mars

Bonjour-bonjour

 

Le Président Milei termine ses discours par l’exclamation : « ¡ Viva la libertad carajo ! », soit en français : « Vive la liberté, bordel ! ». C’est ainsi que le président Macron a reçu de lui un maillon de foot de l’équipe Boca junior agrémenté de la fameuse formule

 

 

Ceci nous rappelle notre propre révolution quand Hébert prêtant sa plume au Père Duchêne, journal lu sur les places publiques, commençait ses récit par « Foutre ! »

Comme le précise la BnF, « Ce style truculent séduisait alors le lectorat du petit peuple dont le père Duchesne se veut le porte-parole. Les jurons à connotation sexuelle comme « foutre » et « bougre » transgressent les codes de la morale établie et libèrent le peuple de l'emprise de la culture de l'élite. »

Les jurons les plus crus sont donc un moyen de libérer les citoyens du carcan de respect imposé par la classe des élites au pouvoir : libération qui est recherchée par le Président argentin avec cet augmentatif final.

Mais enfin, ajouter « Bordel ! » à la fin d’une phrase n’est pas strictement révolutionnaire. Qu’on se rappelle le film des années 1980 « et la tendresse ?... bordel ! »

 


Ici, il s’agit un peu de la même chose : créer une déflagration en mettant bord à bord le langage édulcoré avec la violence du parler faubourien. 

Le président argentin cumule la référence historique avec la rhétorique contemporaine.


Très fort – Bordel !

samedi 25 mars 2023

Tout finit par des chansons – Chronique du 25mars

Bonjour-bonjour

 

Je lis cet article qui s’interesse aux « chanteurs de manifs », ceux qui réclament la satisfaction de leurs revendications (ou encore l’inévitable « démission de Macron »), en pastichant le répertoire de Johnny Halliday ou les tubes de J-J Goldmann. S’agit-il d’un folklore, d’une habitude prise simplement pour « prendre la lumière » en attirant les caméras de la télé ?

On aurait tendance à le croire, mais on aurait tort. 

- Tort parce que depuis le 18ème siècle Beaumarchais a pointé ce fait : « En France, tout finit par des chansons » (1) même lorsqu’il s’agit d’agitation populaire. C’est ce que Chamfort exprimait lui aussi : « Le gouvernement de France est une monarchie absolue tempérée par des chansons. La chanson politique a toujours été un sport national. Souvent très bien tolérée, elle permet, par son effet cathartique de faire passer dans un sourire ce qui semblerait insupportable si l'on n'avait plus le droit de critiquer. »

On dira que la situation politique d’aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qu’elle était à l’époque de Beaumarchais. Certes. Mais, même si la censure n’existe plus de nos jours, la chanson politique et revendicatrice reste un moyen de garder le sourire – elle aurait même comme l’avance Chamfort, un effet cathartique.

Autre chose : cette continuité de chansons entre le 18ème siècle et aujourd’hui souligne la parenté de nos manifestants avec les sans-culottes de la Révolution. C’est même un leitmotiv des manifestant depuis les Gilets-jaunes : la revendication de la souveraineté populaire, brocardée par Emmanuel Macron qui oppose la foule au peuple, est bien raccord avec les idées de 89.

Seuls les manifestants de 68 n’ont pas recherché cette filiation : il est vrai qu’on cherchait à l’époque à s’inscrire dans une trajectoire marxiste.

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(1) Voir la dernière réplique du Mariage de Figaro - et aussi :  « Or, Messieurs, la Co-omédie Que l'on juge en cet instant, Sauf erreur, nous en pein-eint la vie du bon peuple qui l'entend. Qu'on l'opprime, il peste, il crie ; Il s'agite en cent fa-açons ; Tout finit par des chansons... »

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, V, 19 (1784) (C’est aussi une chanson à écouter ici)

samedi 3 septembre 2022

Badiou et l’anarcho-communisme – Chronique du 4 septembre

Bonjour-bonjour

 

L’Obs publie (ici) une tribune d’Alain Badiou sur le choix nécessaire du communisme, sous forme de 13 thèses (faisant sans doute allusions aux Thèses de Marx sur Feuerbach, qui n’étaient que 11). J’avoue être en difficulté pour commenter cette longue recherche si claire et si nettement structurée : le cadre de ce Blog ne s’y prêterait d’ailleurs pas.

 

Ne parvenant pourtant pas à rester passif devant cette Tribune, je me contenterai de faire écho à sa conclusion.

« Il existe aujourd’hui deux voies pour l’organisation générale de l’humanité, la voie capitaliste et la voie communiste. La première n’est que la forme contemporaine de ce qui existe depuis la révolution néolithique, il y a quelques milliers d’années. La seconde propose une deuxième révolution globale, systémique, dans le devenir de l’humanité. Elle propose de sortir de l’âge néolithique. » (Thèse 8)

Comme on le voit la thèse d’Alain Badiou prend du champ par rapport à l’histoire puisqu’elle considère que le capitalisme est l’aboutissement d’un processus commencé il y a plus de 10000 ans. Cro-Magnon et Elon Musk : même combat.

 

Mais sortir de cette voie suppose que le peuple prenne le pouvoir et l’exerce par lui-même 

            * sans s’en laisser déposséder par des partis politiques (voie démocratique) (1)

            * ni par des cliques l’exerçant sous couvert de représentation de ses intérêts (totalitarisme). (2)

L’État, quelle que soit sa forme, ne peut en aucun cas représenter ou définir la politique d’émancipation (Thèse 12). La position d’Alain Badiou arrivée à son terme, nous lâche dans le vide (je résume) : « Desserrez la carcan de l’État, émancipez-vous de sa tutelle, ici et maintenant, soit en luttant contre son oppression, soit en constituant des zones de liberté en dehors de sa tutelle ; et arrivés là, inventez tout ce que la vie et l’histoire vous laisseront désirer. »

 

Refusant la démocratie représentative parce que la représentation est un leurre, Alain Badiou refuse à l’organisation politique toute légitimité autre que celle d’organisation concrète du travail. Il demande aux jeunes d’inventer leur vie sans se soucier d’une quelconque vocation politique. Nul doute que le mouvement des Gilets-Jaunes donne une image assez précise de ce qu’il voudrait voir réaliser.

La parade de l’État contre ces mouvements populaires consiste non pas à les réprimer mais à les reconduire vers leur position d’assisté en lâchant des milliards de subvention (3).

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(1) « La forme Parti classique est aujourd’hui condamnée parce qu’elle s’est définie elle-même, non pas par sa capacité à faire ce que dit la thèse 9, à savoir le travail de masse, mais par sa prétention à « représenter » la classe ouvrière, ou le prolétariat.

(2) « Il faut rompre avec la logique de la représentation sous toutes ses formes. L’organisation politique doit avoir une définition instrumentale, et non pas représentative. Du reste, qui dit « représentation » dit « identité de ce qui est représenté ». Or il faut exclure les identités du champ politique » (Thèse 11)

(3) Voir les 10 milliards de subvention accordés le 10 décembre 2018

vendredi 1 octobre 2021

Faut-il renoncer au progrès ? – Chronique du 2 octobre

Bonjour-bonjour

 

Dans notre époque si fertile en débats houleux où des adversaires irréductibles s’affrontent sans jamais se convaincre, il en est un qui ne surgit jamais, et pour une bonne raison : tout le monde est d’accord. Ce débat porte sur la thèse suivante : « Le progrès est révolu parce que, nous ayant mené là où nous en sommes aujourd’hui, il n’y a plus qu’à l’enterrer. » Et en effet, jamais personne ne se lève pour dire « Si le progrès est nuisible, c’est que plus de progrès est nécessaire ».

Certes on trouve bien des esprits cultivés jouer sur les sens du mot : opposant le progrès entendu comme ensemble des découvertes utiles à l’humanité, au progrès couramment entendu comme l'accroissement indéfini de productions industrielles et technologique, elles disent bien que le progrès aujourd’hui consiste à faire à reculons le chemin parcouru sur la lancée du machinisme et des innovations numériques.

Mais voilà un décideur et essayiste qui publie un ouvrage pour défendre l’idée que le progrès doit continuer dans le sens qu’il a pris depuis plusieurs siècles - et même que c’est là la seule possibilité pour sortir du piège mortifère dans le quel nous a fourvoyé le développement incessant du capitalisme et du machinisme. Il s’agit de Denis Olivenne qui fait paraître ces jours-ci « Un étrange renoncement » - ouvrage que je n’ai pas eu l’occasion de lire, mais dont la thèse, même simplifiée retient l’attention tant elle est choquante à l’aune de la pensée dominante, et utile vue sous l’angle plus large de la nécessité d’agir.

Car au fond, qu’est-ce qui empêche de poursuivre un chemin ouvert il y a bien longtemps – et peut-être depuis que l’homme est l’homme – et qui consiste à croire en la capacité d’innovation des humains ? Réponse : depuis que les écologistes se font entendre, on a condamné l’idée selon laquelle « Ce que ce trop peu de progrès détruit plus de progrès le reconstruit ». On citera les méfaits de l’industrie charbonnière aujourd’hui remplacée par l’énergie électrique ; et si le mode de production de cette énergie est à son tour mis en cause, sachons produire de l’énergie non polluante et indéfiniment renouvelable comme nous le laisse espérer la fusion nucléaire. Ceci veut dire que l’interdit jeté sur ces recherches est mortifère et qu’il nous faut des dispositifs intermédiaires pour sauvegarder les progrès acquis en attendant l’apparition des nouvelles découvertes – comme de pérenniser l’industrie automobile sachant que si les batteries posent encore des problèmes, la production et l’utilisation d’hydrogène décarbonnée les résoudront.

Certes, ces nouvelles technologies produiront peut-être encore de la pollution contre laquelle il faudra de nouvelles transitions vers de nouvelles étapes : la vie des hommes est faite de ces transitions écologiques et notre erreur actuelle est de croire que la transition énergétique actuelle doit déboucher sur du définitif.

- Oui, c’est cela notre erreur : nous vivons dans la perspective d’une révolution écologique. Or, dans toute révolution, l’ancien monde est condamné à disparaitre sans laisser de traces et surtout pas dans le nouveau monde à venir.