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mercredi 21 février 2024

On vous l’avait bien dit ! – Chronique du 22 février

Bonjour-bonjour

 

Les antivax doivent exulter : selon cette étude internationale récente, le vaccin contre le covid-19 serait à l’origine de sérieux problèmes de santé. On cite en particulier certains effets secondaires indésirables, tels que la myocardite, la paralysie de Bell, les convulsions, la péricardite et le syndrome de Guillain-Barré - les symptômes de ces affections étant apparus en moyenne 42 jours après l'administration des vaccins étudiés. Même si les résultats ne sont encore que statistiques, la fréquence accrue de péricardite semble bien pointer la responsabilité du vaccin.

Les complotistes doivent pavoiser, mais ils oublient de citer la fin de l’enquête : « malgré ces résultats préoccupants, les chercheurs ont souligné que les infections dues au Covid-19 présentent un risque encore plus élevé de provoquer ces mêmes problèmes de santé graves que la vaccination. »

Autrement dit choisissez votre péricardite : soit éventuellement grâce au vaccin – soit plus certainement grâce au virus du covid.

- Vous, je ne sais pas, mais moi je préfère le vaccin : vivre implique un risque de mourir ; tout ce que nous pouvons faire c’est minimiser le risque et majorer les chances de survie.

 

Plus sérieusement, je n’ai toujours pas compris ce qui déclenchait la phobie du vaccin chez des gens par ailleurs très raisonnables et capables de faire le petit calcul que je viens d’indiquer. Le rejet de l’obligation faite par le pouvoir de se faire vacciner en raison des circonstances de la pandémie ? Ou bien l’idée qu’on allait contraindre l’organisme à réagir d’une façon forcée, comme si l’on intimait l’ordre aux cellules tueuses de détruire des agresseurs désignés de l’extérieur ?

- Oui, c’est sans doute cela : le vaccin ne soigne pas comme peut le faire l’antibiotique ; il manipule l’organisme pour le faire réagir d’une façon artificielle.

Au fond, les antivax seraient des anarchistes : n’obéir qu’à sa propre volonté, et rien d’autre.

lundi 24 juillet 2023

On peut cogner, chef ? – Chronique du 25 juillet

Bonjour-bonjour

 

Pour un vieux soixante-huitard comme moi les déclarations du Président Macron hier depuis Nouméa sont une vraie déclaration de guerre. Entendre ainsi prôner l’ordre et l’autorité partout où on pourrait la restaurer et en particulier dans les personnes dépositaires de savoir et/ou de pouvoir, entraine un vieux réflexe anarchiste : seule ma volonté est libre, seule la liberté est digne d’un homme et obéir est le fait des animaux domestiques. 

Devant un pareil langage qu’on croirait venu de quelqu’un comme Éric Ciotti, le fan (sic !) d’Emanuel Macron veut le dédouaner de pareilles sottises : on se dit que le Président se fiche pas mal de ce qu’il dit : ce qui compte c’est l’effet attendu d’un pareil discours. 

- Que serait notre pays soumis à la férule des pouvoirs de police et des censures de l’intelligence qui iraient avec ? Le Président s’en fiche totalement. Puisqu’il va même hypocritement laisser entendre (sur le mode « je l’ai pas dit – mais quand même… ») que les policiers auraient le droit de matraquer sans qu’on puisse réclamer justice.

 


Alors, voilà la vérité : les politiques sont des gens qui sont préoccupés de leur réélection (ou de celle de leur parti). Pour parvenir à ce but, ils ont le pouvoir de la parole : faire en sorte que leur électeurs potentiels entendent ce qu’ils veulent entendre, et qu’importe ce qui suit ?

D’où l’idée que les déclarations du Président sont à mettre au crédit de leurs électeurs et on  le constate ici, ce sont notoirement des vieux cons.


- Et qui a voté pour la réélection d’Emmanuel Macron ? Les vieux soixante-huitards – éh oui !

 

... Après on peut aussi entamer une analyse politique, mettant en évidence que l’origine de tous ces désordres c’est l’injustice sociale et qu’au lieu d'en réprimer violemment les manifestations il faudrait plutôt en supprimer la cause. C’est vrai, mais ça n’empêche que c’est cette manipulation politique qui me répugne le plus.

samedi 3 septembre 2022

Badiou et l’anarcho-communisme – Chronique du 4 septembre

Bonjour-bonjour

 

L’Obs publie (ici) une tribune d’Alain Badiou sur le choix nécessaire du communisme, sous forme de 13 thèses (faisant sans doute allusions aux Thèses de Marx sur Feuerbach, qui n’étaient que 11). J’avoue être en difficulté pour commenter cette longue recherche si claire et si nettement structurée : le cadre de ce Blog ne s’y prêterait d’ailleurs pas.

 

Ne parvenant pourtant pas à rester passif devant cette Tribune, je me contenterai de faire écho à sa conclusion.

« Il existe aujourd’hui deux voies pour l’organisation générale de l’humanité, la voie capitaliste et la voie communiste. La première n’est que la forme contemporaine de ce qui existe depuis la révolution néolithique, il y a quelques milliers d’années. La seconde propose une deuxième révolution globale, systémique, dans le devenir de l’humanité. Elle propose de sortir de l’âge néolithique. » (Thèse 8)

Comme on le voit la thèse d’Alain Badiou prend du champ par rapport à l’histoire puisqu’elle considère que le capitalisme est l’aboutissement d’un processus commencé il y a plus de 10000 ans. Cro-Magnon et Elon Musk : même combat.

 

Mais sortir de cette voie suppose que le peuple prenne le pouvoir et l’exerce par lui-même 

            * sans s’en laisser déposséder par des partis politiques (voie démocratique) (1)

            * ni par des cliques l’exerçant sous couvert de représentation de ses intérêts (totalitarisme). (2)

L’État, quelle que soit sa forme, ne peut en aucun cas représenter ou définir la politique d’émancipation (Thèse 12). La position d’Alain Badiou arrivée à son terme, nous lâche dans le vide (je résume) : « Desserrez la carcan de l’État, émancipez-vous de sa tutelle, ici et maintenant, soit en luttant contre son oppression, soit en constituant des zones de liberté en dehors de sa tutelle ; et arrivés là, inventez tout ce que la vie et l’histoire vous laisseront désirer. »

 

Refusant la démocratie représentative parce que la représentation est un leurre, Alain Badiou refuse à l’organisation politique toute légitimité autre que celle d’organisation concrète du travail. Il demande aux jeunes d’inventer leur vie sans se soucier d’une quelconque vocation politique. Nul doute que le mouvement des Gilets-Jaunes donne une image assez précise de ce qu’il voudrait voir réaliser.

La parade de l’État contre ces mouvements populaires consiste non pas à les réprimer mais à les reconduire vers leur position d’assisté en lâchant des milliards de subvention (3).

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(1) « La forme Parti classique est aujourd’hui condamnée parce qu’elle s’est définie elle-même, non pas par sa capacité à faire ce que dit la thèse 9, à savoir le travail de masse, mais par sa prétention à « représenter » la classe ouvrière, ou le prolétariat.

(2) « Il faut rompre avec la logique de la représentation sous toutes ses formes. L’organisation politique doit avoir une définition instrumentale, et non pas représentative. Du reste, qui dit « représentation » dit « identité de ce qui est représenté ». Or il faut exclure les identités du champ politique » (Thèse 11)

(3) Voir les 10 milliards de subvention accordés le 10 décembre 2018

mercredi 9 février 2022

Les convoyeurs arrivent – Chronique du 10 février

Bonjour-bonjour

 

Après les Gilets jaunes, les convoyeurs de la liberté. 

Qui sont-ils ? Des gens issus du « peuple de France », qui, de Zemmour à Mélenchon, se sont regroupés en convois au volant de leur camion ou de leur voiture. 

Que veulent-ils ? Faire « flipper un peu le pouvoir » et le faire reculer sur les mesures sanitaires tout en obtenant au passage un meilleur pouvoir d’achat. 

Comment vont-ils agir ? En bloquant Paris durant 4 jours comme Ottawa  l’est depuis 15. Pour ça ils se sont embarqués, qui dans son camion, qui dans son camping-car, qui dans sa voiture, chacun depuis sa province pour converger vers Paris avec 4 jours de vivres et une réserve de carburant suffisante. 

Qui est leur porte-parole ? Un père de famille barbu qui porte une casquette en permanence. Ancien coach en développement personnel, il a stoppé son activité lors de la crise du Covid-19 et vient de monter un atelier de menuiserie. Il a pour pseudo « Rémi Monde » et il est suivi par plus de 15 000 personnes sur Facebook et tout autant sur Telegram. 

 

 


Rémi Monde

Rémi Monde rappelle que le convoi doit rester "pacifique", qu'il est "apolitique" et qu'il appartient "au peuple de France". Pour Rémi Monde, "il vaut mieux faire ça une fois que de multiplier des samedis pendant X années" (Lu ici)

- Est-ce tout ? Pas exactement parce que ce mouvement n'est pas sans racines: il vise à bloquer les grandes villes comme l’ont fait les Gilets-jaunes. Et il prétend aussi défendre la liberté mise en cause par les mesures sanitaires, comme les manifestants anti-pass de l’été dernier.

Et puis surtout, le pouvoir qui n’avait vu venir ni les Gilets-jaunes ni les anti-pass, voit venir ces convoyeurs avec une lucidité inquiète : ces mouvements populaires sont comme les virus, ils mutent très rapidement et se développent là où on ne les attendait pas. 

- Reste que ce mouvement va peut-être faire « pschitt » : après tout les autorités sont en train de desserrer l’étreinte des mesures sanitaires, et pour ce qui est des revendications politiques, les élections présidentielles et législatives arrivent dans deux mois. 

A moins qu’ils ne soient des anarchistes qui rêvent d’un monde meilleur ?