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samedi 12 juillet 2025

Crash du Boeing d'Air India – Chronique du 13 juillet

Bonjour-bonjour

 

Le mystère s’épaissit : le rapport préliminaire de cet accident vient d'être rendu public, et après l'analyse des boîtes noires, il envisage la possibilité d'une erreur humaine.

Il nous indique en effet que les « switch » d’alimentation des moteurs, les interrupteurs, étaient en position coupée, c'est-à-dire que physiquement, ils avaient été désactivés dans le cockpit par l’un des deux pilotes. (Article ici)

 


 

Il faut savoir que contrairement à ce que l’image suggère, l’interrupteur en question n’est pas comme un bouton de lumière, sur lequel on pourrait appuyer par erreur, ou comme si on pouvait accrocher son pull par inadvertance pour le déclencher. Non, il faut forcément réaliser une procédure, c'est-à-dire tirer le contrôle avant de changer la position. Et cela, c'est nécessairement quelqu'un qui le fait avec sa main.

- Le relevé des boîtes noires nous indique qu’un des pilotes dit à l’autre : « C'est toi qui a coupé le moteur ? » Et le deuxième pilote répond, « mais non, j'ai rien fait ». 

Conclusion ? L’auteur de l’article avance que, selon lui, c'est une erreur involontaire qui aurait été provoquée par l'un des deux pilotes, potentiellement après une perte de conscience de quelques secondes.

- Mystère… Toutefois pas tant que ça. La situation avait été envisagée il y a plus de 30 ans par Scott Adams (créateur du personnage Dilbert) qui avait écrit ceci : « Dans quelques années, les avions seront pilotés par un commandant et un chien. Le travail du chien sera de surveiller les boutons pour que le pilote ne touche à rien. »

Oui, ce genre de situation, ça ne s’invente pas, puisque ça s’anticipe.

vendredi 8 novembre 2024

Du droit à l’erreur à Bercy et ailleurs – Chronique du 9 novembre

Bonjour-bonjour

 

Le citoyen reste bouche bée devant l’aveu d’ignorance et d’incompétence venu des plus hautes sphères de l’État : oui ce sont les services de Bercy qui ont fait l’erreur de calcul responsable du dérapage des comptes publics à 40 milliards d’euros.

Pour rappel, le déficit, qui était initialement prévu à 4,4 % dans la loi de finances 2024, devrait finalement atteindre les 6,1 %, selon les dernières données du gouvernement. Ce dérapage s'explique en grande partie par des recettes inférieures aux prévisions des services de Bercy. Un trou – comme on l’a dit hier – d'environ 40 milliards d'euros.

Laurent Bach (professeur de finances à l'Essec et coresponsable du pôle entreprises de l'Institut des politiques publiques (IPP)) fait l'autopsie du principal coupable : l'impôt sur les sociétés. Alors que cette taxe sur les impôts représente moins de 5 % des recettes, elle constitue pourtant plus du tiers de l'erreur de prévision en 2024. (Sur tout cela, lire ici)

Alors, on pourrait se réjouir : une erreur qui ne porte que sur 5% des recettes, voilà qui relativise ce dérapage : il aurait pu être bien pire !

Toutefois, une « petite » erreur sur les recettes de la France peut entrainer des différences de plusieurs dizaines de milliards au niveau du budget - et donc un endettement imprévu à financer ou à annuler.

Et puis prenons garde à l’effet d’entrainement causé par ce dérapage : il s’agit de centiles qui deviennent toxiques lorsqu’ils sont situés dans certaines zones. Je pense à la différence affectant une augmentation à 1,7% selon qu’elle fait passer de 1,4% à 3,1% ou (comme ici) de 4,4% à 6,1%.

En matière de finance, il n’y a donc pas d’erreurs « absolues » car leur effet dépend de la masse budgétaire qu'elles vont affecter. On dirait exactement la même chose en médecine avec les dosages sanguins : l’effet d’un excès de cholestérol n’est sans doute pas le même selon qu’on est à 1,5 gr par litre de sang ou à 2,5.


- On en vient ainsi à la question du « droit à l’erreur ». On questionne volontiers le rôle de certains métiers, comme médecin ou – comme on le voit ici – responsables financiers ; mais on oublie de vérifier dans quelles situations ces erreurs ont été commises : sur l’arrivée d’une course de sprint, la seconde est la limite tout juste tolérable pour l’erreur. L’effet d’une erreur de calcul de la vitesse n’est pas le même selon que je monte dans une diligence ou un supersonique.

--> Donc si on ne sait pas prévoir un déficit, mieux vaut revenir à la diligence.




vendredi 27 septembre 2024

« L’erreur est humaine – persévérer par arrogance est diabolique » – Chronique du 28 septembre

Bonjour-bonjour

 

Il y a des sujets d’actualités qui nous font brûler d’émotions et puis qu’on oublie au bout de quelques jours. C’est d’ailleurs ce qui arrive dans la plupart des cas. Et puis il y a des sujets qu’on n’oublie pas parce qu’ils nous affectent dans la vie pratique bien après leur révélation.

- A n’en pas douter ce sera le cas pour la dette publique, bien après que l’ensemble de son montant aura été révélé. C’est que nous devrons alors continuer de payer l’impôt « exceptionnel » voté pour la rembourser ainsi que supporter les lacunes du service public raboté par les diminutions de subventions.

- La question qui vient en premier est « Qui est responsable ? » - car les élus ou les hauts fonctionnaires, ceux qui ont le pouvoir décisionnaire, ont forcément vu passer le déficit, mais ils ne l’ont pas arrêté, soit qu’ils ne l’aient pas voulu, soit qu’ils n’en aient pas eu le pouvoir.

- Toutefois ne risquons-nous pas d’oublier le bénéfice de certaines dépenses qui nous ont permis d’éviter les pires évènements, comme la misère épargnées aux catégories sociales les plus fragiles durant le Covid grâce au « Quoiqu’il en coûte » ? 

--> Restons donc objectifs en gardant en mémoire l’ensemble de la situation.

 

Par ailleurs, ne risquons-nous pas de reconstruire l’histoire en commençant par la fin, comme si c’était nécessairement en toute connaissance de cause que des erreurs de cette taille ont pu être commises ? 

- Oui, certainement, car certains évènements majeurs ont été formés à partir de l’agrégation d’évènements qui, pris un à un et au gré de leur venue, ont pu paraitre impossibles à percevoir et à comprendre. 

Toutefois, le fait qu’on ne les ait pas vu venir ne signifie nullement qu’ils aient été imprévisibles. Tel est le cas des Gilets-Jaunes dont l’existence comme groupe revendicateur a été ignorée, alors que compris comme classe défavorisée, on aurait pu au moins éviter de provoquer leur colère comme avec la hausses de la taxe carbone.

- Et le chef de l’État, lui qui décide de tout, n’est-il pas responsable de la perte de contrôle des comptes publiques ? Bien sûr un homme seul ne peut décider du budget de la nation à lui tout seul. Pourtant c’est bien lui qui oriente la politique du pays, par exemple en définissant la politique économique. Or le Président considérait que, soutenue par une baisse des taxes et des impôts, l’économie devrait tourner plus vite.

Je ne dis pas qu’on aurait pu prévoir que ça ne marcherait pas, mais au moins prendre en compte l’échec dès qu’il est apparu.

On reconnait la sentence de Saint-Augustin : « L'erreur est humaine, mais persister dans l'erreur par arrogance, c'est diabolique »

mercredi 13 mars 2024

Errare humanum est – Chronique du 14 mars

Bonjour-bonjour

 

A l’occasion du Festival des neurosciences de nombreuses conférences ont eu lieu ces jours-ci en France, occasion pour l'auteur de cet article de revisiter certaines idées reçues.

Telle celle-ci : une intelligence artificielle peut-elle aujourd’hui égaler la créativité humaine ? On nous inonde en effet de cas où des robots artistes, peintres ou écrivains, produisent des œuvres confondues avec celles des musées, voire même aident à la production de livres couronnés par les prix littéraires (1).

Cette thèse ne résiste pourtant pas à l’examen : la création humaine est beaucoup plus déroutante que cela, elle survient là où on ne l’attend pas, avec des idées jamais imaginées jusqu’alors. Là où on chercherait la nouveauté en prolongeant inutilement la trajectoire des théories déjà acquise, il fallait une rupture, un saut dans l’inconnu, un peu de folie et non un peu plus de raison. Bref : l’IA n’aurait pu créer la théorie de la relativité, même en possédant toutes les données dont disposait Einstein. 

 

Pourquoi une IA ne saurait inventer ni créer ? Revenons à l’article cité : « Une IA peut imiter et mixer des styles artistiques existants et compter sur l'aléatoire pour en faire des œuvres uniques, mais pour la créativité de transformation, celle qui innove, et qui s’affranchit des modèles existants : là les robots sont beaucoup moins doués. L’esprit humain garde l'avantage. »

L’IA peut donner à croire qu’elle invente dans la génération de textes ou d’œuvres. En réalité, et en mettant les choses au mieux, elle mixe les données préexistantes – au besoin en faisant appel au hasard. Certes le cerveau humain peut lui aussi faire appel au hasard pour créer du neuf – les surréalistes on largement exploité ce filon. Mais la rupture totale avec le monde existant, la machine n’y parvient pas parce qu’elle fonctionne toujours sur une base de données, immense certes, mais qui ne possède que ce qu’on a déjà découvert.

Comment l’humain s’affranchit-il de cette barrière des acquis préalables ? Avec l’imagination, et en particulier cette fonction de l’imagination qui consiste à inventer un monde autre que celui qui nous entoure. Ce que nous inventons aujourd’hui aurait pu être également imaginé il y a 2000 ans : les mythes regorgent de scènes incroyables, qui nourrissent encore notre imagination.

Alors, certes cela peut aussi conduire au délire et à la folie : les productions de notre créativité regorgent d’échecs, d’impasses et de fausses routes. Mais nos erreurs en sont la preuve : même quand il se trompe, l’esprit humain ne suit pas la même route que la machine et il n’entre pas en compétition avec elle.

L’erreur est strictement humaine.

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(1) Rie Kudan, récente lauréate du prix littéraire japonais le plus prestigieux, a reconnu avoir écrit son roman avec ChatGPT. Lire ici

mercredi 18 juillet 2018

TRUMP CONTRAINT DE RENIER LES PROPOS TENUS AUX CÔTÉS DE POUTINE

Droit à l’erreur. –
1 – Au cours d’une déclaration de quinze minutes à la Maison Blanche, le Président Trump a assuré très sérieusement qu’il ne fallait pas entendre comme il l’a dit : « je ne vois aucune raison pour laquelle ce serait la Russie », mais au contraire « Je ne vois aucune raison pour laquelle ce NE serait PAS la Russie » ; un simple lapsus. (Lu ici)
Tout le monde le sait : le Président Trump est capable de dire tout et son contraire en l’espace de quelques minutes, et donc de se contredire imperturbablement. Mais jamais il n’avait encore tenté de s’en excuser. Jamais non plus d’une façon aussi foireuse. Car dire : « J’ai commis un lapsus et j’ai oublié la négation dans ma phrase », et réclamer un  droit à l’erreur, c’est admettre que ce droit résulte d’une faiblesse de sa part, voire même d’une sénilité avancée.
Mais après tout c’est au peuple américain de dire quelles qualités il exige – ou pas – de ses présidents. C’est ça que nous avons du mal à admettre
o-o-o
2 –
  


Ici Hugo Lloris, le portier français, oublie durant la finale de la coupe du monde de dégager le ballon et laisse l’attaquant croate s’en emparer pour marquer tranquillement le but pendant que notre Gardien se demande ce qui se passe (photo – article ici)
On a vite oublié cette « boulette » et on n’a plus parlé que de ses arrêts fantastiques qui ont sauvé souvent l’équipe de la défaite
– Et ce n’est que justice, car, là encore, le droit à l’erreur s’il n’est pas seulement un fait, mais un droit reconnu, relève non d’un principe mais d’un jugement délibéré au coup par coup.
Concluons :
Je n’ai tout juste trouvé que ce tweet pour conclure sur ce sujet : « Hugo Lloris voulait montrer qu'il était humain, finalement. Bien tenté, Hugo. #FRACRO »

- Alors Donald : humain, trop humain ? Ou bien plutôt menteur, sacré menteur ?