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dimanche 11 août 2024

Ça va le faire – Chronique du 12 aout

Bonjour-bonjour

 

Alors qu’on annonce des chiffres de la natalité en France toujours à la baisse (1), la question doit être posée aujourd’hui : y aura-t-il un rebond des naissances suite à la parenthèse Jeux Olympiques ?

Je ne veux pas parler d’un effet stimulant des Jeux Olympiques sur la libido. Je pense plutôt à ce gain d’optimisme, à cet état d’esprit conquérant qui parait avoir gagné les français.

Qu’on songe un instant à ces élans qui ont porté les foules lors des matchs ou des épreuves sportives ; cette impression qu’en se mettant dans la situation de se battre pour gagner on peut en effet transformer la situation et faire que l’avenir se plie à notre volonté. Et cela non seulement dans la compétition sportive, mais aussi dans la vie quotidienne : « Ça va le faire » : tel est le mot de la quinzaine qu’on vient de passer.

 

Devant nos désirs et nos besoins nous avons plusieurs attitudes possibles :

       * L’une qui consiste à se mettre à l’œuvre, tout simplement : s’agissant de fabriquer un héritier si on a les moyens matériels et psychologiques, ça ne pose pas de problème particulier.

*Par contre, quand les ressources sont insuffisantes, on peut se décourager et renoncer avant même d’avoir essayé : élever un enfant ça demande des ressources, une disponibilité et ça, si on ne l’a pas, c’est le renoncement qui se met en place.

* Il se peut aussi que dans une pareille conjoncture on revendique : « L’État doit m’aider financièrement, socialement. Et que les entreprises prennent en compte les besoins de jeunes parents ». On n'a plus qu'à enfiler son Gilet-jaune.

* Mais l’esprit « Jeux Olympiques » c’est bien autre chose : pour réaliser un projet il suffit de s’y mettre – on verra bien après. C’est là qu’on rencontre cette confiance dans les moyens des individus pour transformer la réalité, la modeler pour qu’elle devienne conforme aux besoins du moment.

Rappelez-vous : quand l’équipe de basket était aux abois, qu’il lui manquait 5 points à 10 secondes du coup de sifflet final, le public a hurlé « Allez les Bleus ! ». On n’abandonne pas, parce que c’est encore possible.

Ça va le faire ! – Et ça le fait.

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(1) « Entre janvier et juin, le nombre de naissances en France a baissé de 2,4% par rapport à la même période en 2023, poursuivant la tendance de l'an passé, a indiqué jeudi 1er août l'Insee. » lu ici

samedi 10 août 2024

Spinoza et la fête olympique – Chronique du 11 aout

Bonjour-bonjour

 

Les jeux (Olympiques) sont faits… mais la fête n’est pas finie ! C’est du moins ce que semble espérer le public français pour autant qu’on soit capable de décrypter son comportement et son jugement sur les réseaux sociaux.

D’où l’idée venue de l’Élysée que le 15 septembre on pourrait remettre ça en faisant défiler les athlètes sur les Champs-Élysées comme au temps de la fête du football post coupe du monde.

Est-ce une bonne idée ou bien un calcul bassement politicien au terme duquel le pouvoir aura glané les lauriers des champions – moisson du reste très vite fanée ?

- On avait dit en 98 que c’était l’avènement de la France black-blanc-beurre : on a vu ce qu'il en est et on a des raisons de croire que l’optimisme et la fierté d’être français qui règne aujourd’hui durera aussi peu de temps.

Faut-il admettre comme une évidence ce bilan au pessimisme anticipé ?

Bien sûr les émotions des compétitions sportives vont s’estomper ; mais est-ce pour autant que leur effet disparaitra ? On peut croire que l’effort de surmonter les obstacles n’est pas inutile et que la joie de le faire peut bien s’estomper, ce n’est pas pour autant qu’on va retomber au niveau antérieur.

 C’est ce que nous pouvons comprendre en lisant l’Éthique de Spinoza, quand il détaille les effets des passions (la philosophie de l’époque utilisait le terme de passion là où nous parlons plutôt d’émotion) (Voir le cours de Gilles Deleuze Sur Spinoza ici - et un extrait sur les passions ici)


- Car cette fierté se nourrit des émotions positives qui se dégagent des tribulations de nos sportifs. Tout comme les passions joyeuses de Spinoza, ce qui nous arrive aujourd’hui mérite d’être considéré avec attention. 

Car la joie qu'on observe aujourd'hui est certes un élan bref - mais qui peut accompagner un effet durable. Les passions joyeuses en augmentant notre puissance d’agir nous permettent de nous élever au-dessus des passions, non pas qu’elles soient détruites, mais réduites à une région étroite de notre être.

Écoutons Spinoza : on ne détruit pas les passions, mais on peut prendre appui sur elles pour nous élever. C’est cela que Deleuze découvre dans son célèbre cours sur Spinoza (en ligne ici).

Il serait bien de ne pas l’oublier, pour une fois que la philosophie peut utilement conseiller la pensée politique.

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N.B. Reste la question de savoir si les exploits des athlètes français a quelque chose à voir avec nos propres exploits. Mais ça, c'est une autre histoire

jeudi 8 août 2024

Religion du sport – Chronique du 9 aout

Bonjour-bonjour

 

Un petit coup d’œil généalogique sur l’Olympisme. On sait combien la référence à la Grèce ancienne, conçue comme le berceau de "la Civilisation" par le 19ème siècle, a été décisive. Qu’avons-nous conservé de cette lointaine époque ? Et qu’avons-nous oublié ?


1 - Déjà, n’oublions pas que la référence à la pacification et à l’universalisme humain n'est pas vraiment une valeur grecque. En effet, les grecs ne retenaient pour ces jeux que les citoyens des cités grecques à l’exclusion des cités barbares ainsi que des femmes et des esclaves qui n’étaient pas citoyens. D'ailleurs, la pause dans les combats durant les jeux faisait référence à l’impunité garantie aux combattants traversant des Cités ennemies pour se rendre aux jeux. Comme il vient d'être signalé, la paix n’était surement pas une valeur, la guerre seule permettant de mettre les héros en valeur dans ces sociétés édifiées sur un modèle militaire.


2 - Chez les grecs, la religion était essentielle pour ces jeux, qui en étaient une forme de célébration, ainsi que le rapportent de nombreux exemple, tels que chez Homère lorsqu’Achille fait organiser des jeux funéraires en l’honneur de son bien aimé Patrocle mort au combat.

Quant aux Dieux on sait quel rôle ils jouaient durant les conflits.


3 – L’originalité des Jeux antiques était le caractère absolument non lucratif de la victoire. Le vainqueur était couronné de laurier et tel était sa récompense, jugée pourtant déjà abusive par certains, tel Euripide qui fait dire à un de ses personnages (dans un fragment d’« Autolycos ») qu’on ferait mieux de couronner de lauriers les sages plutôt que les athlètes qui jouissent d’avantages excessifs : « Parmi les milliers de fléaux qui existent en Grèce, il n’en est de pire que la race des athlètes. »

 

Deux caractères de ces jeux imités de l’antiquité subsistent :

- Le caractère désintéressé des athlètes antiques motivés par la seule gloire a été présent dès les débuts avec l’amateurisme voulu par Pierre de Coubertin (qui ne consistait pas dans le caractère secondaire de la préparation des athlètes mais dans le fait que leur activité sportive ne générait pas de profit.) C’était une vue plutôt aristocratique, où le fait de gagner de l’argent dérogeait à l’esprit voulu pour ces compétitions sportives. A noter que cette obligation a été supprimée en 1972 avec cette nouvelle mouture du serment olympique : « « Au nom de tous les concurrents, je promets que nous prendrons part à ces Jeux Olympiques en respectant et suivant les règles qui les régissent, en nous engageant pour un sport sans dopage et sans drogues, dans un esprit de sportivité, pour la gloire du sport et l'honneur de nos équipes. » 

- La gloire reste bien recherchée mais elle n’est plus seulement individuelle car elle s’étend à l’équipe. Mais aujourd’hui cela va bien plus loin, avec une résurgence du nationalisme où le public voit dans la victoire de ses champions une preuve de la valeur de la Patrie. La spontanéité du chant patriotique entonné dans les tribunes en serait une preuve suffisante alors même que d’autres marqueurs de nationalisme (les écharpes tricolores, et plus décalé mais également significatif les caricatures de français coq au béret basque/baguette de pain/chopine de vin) sont déjà bien présents.

jeudi 1 août 2024

Français et fier de l’être – Chronique du 2 aout

Bonjour-bonjour

 

Vous avez remarqué ? Les français sont heureux ! Oui, heu-reux : plus de grognons du pouvoir-d’achat, plus de colériques, plus de « y-qu’à/faut-qu’on », mais des gens enthousiastes qui se réunissent devant leurs télés pour soutenir et acclamer leurs compétiteurs. Et pardessus le marché, la Marseillaise qui éclate à tout bout de champ.

Le français sont enfin fiers d’être français : voilà qui doit réjouir notre Président !

 

Bon. Pour déjouer cet optimisme, faisons le grognon :

- Alors, comme ça, plus de problème de fin de mois, plus de revendications insatisfaites ? Vous êtes donc content avec la retraite à 64 ans et les alloc’ chômage qui fondent comme neige au soleil ?

Et qu’est-ce que vous avez en échange ? Un champion de natation « Léon Marchand… de rêve » ; et puis aujourd’hui, bonheur sans égal, l’arrivée de Teddy Riner, le bon géant qui nous soutient depuis de nombreuses olympiades.

C’est donc ça que nous voulons ; et c’est donc ça que nos dirigeants doivent nous donner. 

Et ça n’est pas nouveau : les romains déjà selon Juvénal réclamaient à leurs Dieux « Du pain et des jeux (du cirque) » Propos que Juvénal attribue au peuple et dont il dénonce la bassesse : comment ose-t-on tourmenter les Dieux de désirs aussi vulgaires ? Juvénal n’y va pas par quatre chemins : « Croyez-moi, laissons aux dieux le soin de nos vrais intérêts : nous demandons ce qui plaît ; ils donneront ce qu'il faut ».

Jolie leçon de philosophie politique : tant qu’à solliciter les Dieux, laissons-les choisir ce qui est réellement bon pour nous.

Compris ? Sauf qu’aujourd’hui nos Dieux n’arrêtent pas de hanter les vestiaires pour faire de accolades à nos champions et de les recevoir à l’Élysée pour leur servir le champagne.

C'est donc ça, la démocratie ?

jeudi 9 mai 2024

La flamme olympique : et si on la portait en Palestine ou en Ukraine ? – Chronique du 10 mai 2024

Bonjour-bonjour

 

Cette histoire de flamme olympique, ça commence à me crisper. Alors que dans le monde les horreurs se perpétuent, que des femmes, des enfants, des malades et des vieillards meurent sous les coups de bourreaux déguisés en soldats - et que ceux qui restent, transformés en otages par les politiques, périssent affamés méthodiquement, voilà que toute affaire cessante il faut se réjouir de voir la flamme Olympique passer sur sous nos fenêtres.


--> Alors je vais en parler de cette f*** flamme pour qu’en suite on en ait terminé une bonne fois.

Ça a commencé en Grèce : 

 


Où l’on voit ces femmes déguisées en cariatides (?) imiter le moment où la Grande Prêtresse implorant l’aide d’Apollon, allume sa torche grâce aux rayons du soleil recueillis dans un miroir parabolique.

A partir de là commence le relai olympique où des coureurs porteurs de la flamme se succèdent d’Olympie jusqu’à Paris. À l’instar des messagers olympiques qui proclamaient la Trêve sacrée, les coureurs qui relaient la Flamme apportent un message de paix sur leur passage.


Avant la cérémonie d’ouverture, la flamme olympique va parcourir 12.000 km sur le territoire français. Elle passera par le Mont-Saint-Michel, les Antilles ou encore le château de Versailles, avant d’arriver à Paris le 26 juillet. D’après mon calcul (1) on devrait avoir 60000 porteurs de torche sur le territoire. 

On l’a dit : ces 60000 messagers de la paix vont tous courir sur notre territoire : ils n’auront pas grand mérite à porter un message de paix.

Ils feraient mieux d’aller montrer leur torche en Palestine ou en Ukraine.

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(1) En moyenne, chaque personne portera la torche sur une distance de 200 mètres, 

Pour 1km = 5 porteurs

Pour 12000km x 5 porteurs = 60000 porteurs

La France comportant 68000000 d’habitants, c'est moins de 1% de la population qui portera la torche olympique. Ça fait peu quand même…

jeudi 14 mars 2024

Faites l’amour, pas la guerre en Ukraine ! – Chronique du 15 mars

Bonjour-bonjour

 

Hier, j’oscillait entre la déprime dûe à l’annonce du déficit des comptes publics et des sacrifices qu’ils impliquent : « Avec ça Marine va forcément être élue en 2027. Et en plus, je ne sais même pas dans quel pays je pourrais demander l’asile politique… » ; et puis, l’instant d’après je n’y pensais même plus, m’imaginant pris sous les bombes russes pendant que mes enfants partaient à l’assaut de l’armée de Poutine baïonnette au canon.

Anxiété, angoisse – Xanax-Rivotril-Deroxat : j’étais encore plus angoissé, ne sachant quel médoc choisir pour supporter l’actualité.

 

Et puis voilà ce que j’apprends (voir ici) : la Mairie de Paris lance un concours pour imaginer l’emballage des pochettes de préservatifs qui seront distribuées cet été dans les structures de santé et mettant en évidence le rôle de la municipalité dans le lutte contre le sida et en faveurs des J.O. 

« À l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la municipalité souhaite revoir les visuels des 150 000 préservatifs distribués chaque année dans les structures santé, sociales, jeunesse et auprès de nombreuses associations parisiennes. » précise l'article cité tout en montrant les anciens modèles : 


 

« Faisons de Paris le ville de l’amour sans sida »

 

Je vais donc m’occuper l’esprit en faisant le concours proposé (clôture le 4 avril). 

--> Pourquoi pas faire figurer sur l’emballage un pictogramme, dans le style du kama-sutra évoquant, la chose façon J.O. ?


 

Voici quelques exemples : d’abord (à gauche) l’accouplement artistique évoquant le patinage artistique ; ensuite (au centre) la lutte érotico-gymnique sur le modèle de la lutte gréco-romaine. Et, enfin à droite, laissant tomber les faux semblants, l’épreuve olympique de copulation mixte jugée sur sa valeur athlétique.

Ouf ! Je me sens déjà mieux.

samedi 5 août 2023

Les J.O. : combien ça coûte ? – Chronique du 6 aout

Bonjour-bonjour

 

Alors que la France affirme avec sérénité que la préparation des J.O. 2024 progresse selon le calendrier prévu, une épreuve reste néanmoins incertaine : celle des compétition de natation dans la Seine. La raison en est la présence de bactéries indésirables dans l’eau, suite parait-il aux pluies intenses de ces derniers jours qui a d’ailleurs entrainé l’annulation du test qui devait avoir lieu récemment. A titre d’information, on apprend qu’au Royaume-Uni des dizaines de sportifs sont tombés malade après une épreuve de natation en mer du Nord en raison de la forte pollution bactérienne (1)

Les autorité françaises précisent que des bassins de rétention des eaux pluviales sont en cours de construction pour empêcher ces débordements responsables de contamination. (2)

 

Alors que nous sommes en période de contraction budgétaire en raison du montant de la dette française, voilà que sans qu’on en soit vraiment informés, on finance des travaux qui n’ont autre intérêt que de rendre possible une épreuve de natation olympique qui pourrait bien sûr avoir lieu ailleurs sans frais supplémentaires. Dans mon souvenir d’écolier le règne de Louis XIV était émaillé de conflits entre le monarque donnant des fêtes versaillaises et Colbert qui signalait au Roi que leur magnificence était incompatible avec les finances du royaume. 

 


Une nouvelle casserole pour Emmanuel Macron : il serait l’héritier de Louis XIV.

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(1) Trois jours avant l'événement, un prélèvement effectué par l'Agence de l'environnement avait révélé la présence de 3900 colonies d'E. coli pour 100 ml, soit un ratio 39 fois plus important que ce qui avait été mesuré un mois auparavant.

Si la bactérie E. coli est naturellement présente parmi la microflore digestive de l'être humain, certaines souches de cette bactérie sont pathogènes. Elles peuvent être responsables de troubles variés, allant d'une diarrhée bénigne à des formes plus graves, comme des diarrhées hémorragiques ou des atteintes rénales sévères. (Lu ici)

(2) Par exemple sur la Marne, lire ici.

samedi 8 avril 2023

D’abord les chinois… – Chronique du 9 avril

Bonjour-bonjour

 

Alors il y a eu d’abord les chinois qui ont réussi à doter leur caméras de surveillance d’une intelligence artificielle qui les rend capable de reconnaissance faciale pour débusquer les contrevenants de tout poil au passage dans la rue.

Et voilà maintenant les iraniens dont on apprend ce matin qu’ils ont dressé leurs caméras à repérer les femmes qui ne portent pas leur voile : « La police prendra des mesures pour identifier les contrevenantes en utilisant des outils et des caméras intelligents dans les places et les voies publiques », a indiqué la police dans un communiqué publié par les médias. A la suite de quoi la police « enverra les preuves et des messages d’avertissement aux femmes qui violent la loi sur le hijab » afin de « les informer des conséquences judiciaires en cas de récidive », précise cet article.

Là, on se dit que les dictatures sont à la pointe de l’usage liberticide des technologies modernes : depuis Orwell et ses télécrans, on avait été prévenus. Mais on se disait que ce n’est pas à nous, démocratie sourcilleuse de préserver sa liberté que ça pourrait arriver.

- Oui, mais voilà - la nouvelle est tombée ces jours-ci : on vient de légiférer pour  assurer la sécurité sur les prochains Jeux Olympiques de Paris. « Ce projet de loi met en place un cadre juridique qui autorise l’usage de ces technologies à titre expérimental et uniquement pour une durée limitée » peut-on lire ici. Tiens ? Mais de quoi parle-t-on ? « /Il s'agit de/ dispositifs qui procèdent à des analyses automatisées dans l’espace public. Il y a donc un risque d’atteinte à la vie privée et aux droits et libertés des personnes qui est beaucoup plus attentatoire. Ce n’est plus juste un agent qui regarde des images derrière un écran » (déclaration de la CNIL). Donc ce n’est pas conforme à nos valeurs, mais on fait quand même une loi dérogatoire… « provisoire ».

On se dit : « 2024, c’est demain, mais aujourd’hui on est préservé de ces machins-là »

- Sauf qu’on apprend que le Ministère de l’Intérieur fait tester des caméras assorties de logiciels permettant de repérer et de suivre en temps réel des individus suspects dans les manifestations. 

Un dispositif anti-black block : vous n’allez quand même pas faire interdire ça !

mercredi 2 novembre 2022

Aux J.O. : carton rouge pour la « culture » – Chronique du 3 novembre


Bonjour-bonjour

  

Du 26 juillet au 11 août 2024, inutile de chercher votre festival préféré : musique, théâtre, danse : tout sera déprogrammé pour raison de … jeux olympiques.

En effet, « Gérald Darmanin, a annoncé un possible « report ou annulation des grands événements sportifs ou culturels mobilisant de nombreuses forces de police et de gendarmes » (déclaration à lire ici)

« De nombreux acteurs culturels vont être reçus ce mercredi 2 novembre par la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak. « Ce serait incompréhensible d’être sacrifiés au profit des jeux Olympiques », s’énerve de son côté Jérôme Tréhorel, directeur du festival des Vieilles Charrues. » (Article cité)

 

On devine que tout est déjà joué : la priorité est aux jeux Olympiques, et à ses 700000 spectateurs qui vont déambuler dans les rues de Paris, mais aussi de Lyon, et de Marseille. Pour se « selfiser » au pied de la Tour Eifel et s’émerveiller devant les boutiques des Champs-Élysées, ces gens seront prioritaires et ce ne sont pas les jeunes dépenaillés des Vieilles Charrues qui vont y changer quelque chose.

o-o-o

- Le stade ou le concert ? Même si la décision est déjà prise, la question est quand même sensible : car, bien que très peu de gens soient partant pour participer à des activités culturelles, tout le monde veut que ça existe, parce que la Culture, il faut savoir que – oui, ça existe dans des musées, dans des bibliothèques, dans des salles de concert – même si on n’y va pas.

Occasion de revenir sur l’étrange situation de la culture dans notre pays : puisque tout est aujourd’hui affaire de sondages, on peut savoir combien le contraste est fort entre l’opinion favorable qui environne les manifestations culturelles, et combien les manifestations de divertissement leur sont préférées. Ce n’est pas le Festival d’Automne qui remplir les caisses, mais le Parc Eurodisney : l’entertainment est la véritable source de cash.

Et les J.O. c’est de l’entertainment.

mercredi 5 octobre 2022

Skier par 50° à l’ombre – Chronique du 6 octobre

Bonjour-bonjour

 

Si vous avez aimé les mondiaux d’athlétisme en 2019 au Qatar, si vous attendez avec impatience le mondial de football 2022 – également au Qatar – alors vous allez adorer les jeux asiatiques d’hiver 2029 qui auront lieu en Arabie Saoudite. (Lire ici)

Si êtes comme moi et que vous haussiez les épaules à cette information, vous disant que ces jeux « asiatiques » d’hiver ne comportent sûrement pas de sports de neige et de glace, alors relisez mieux l’info : « Les Jeux asiatiques d'hiver sont une compétition multisport tournée, à l'instar des Jeux olympiques d'hiver, vers les sports d'hiver » ( Wikipédia), tandis que le Conseil olympique d’Asie (OCA) déclare : « Les déserts et les montagnes d’Arabie Saoudite seront bientôt un terrain de jeu pour les sports d’hiver ».

Le Prince Ben Salman a parlé et la Nature s’est pliée à ses vœux. D’ailleurs Ryad nous explique que le site choisi est plus tempéré que le reste du royaume.

 

- Rassuré ? non, bien sûr et vous êtes sans doute persuadés que des flots record de dollars ont dû irriguer les poches des responsables pour qu’une telle chose ait été décidée.

Oui, sans doute… Mais cette info devait nous faire quand même réfléchir un peu. Car, ne l’oublions pas, il s’agit de 2029, et peut-être que d'ici là, toutes les stations, y compris nos belles stations alpines et pyrénéennes, devront avoir des installations identiques à celle qui vont être mobilisées pour l’Arabie si elles veulent continuer à fonctionner. Au fond dans quelques années les sports d’hier seront partout aussi déplacés dans nos montagnes que sur les sables du désert – à moins bien sûr de skier au Chili à 4000 mètres d’altitude.

- Vous pensez que j’exagère ? Mais regardez plutôt comment nous faisons aujourd’hui même pour continuer à skier : les fabriques de canon à neige ne sont-elles pas des entreprises on ne peut plus prospères ? Et ne va-t-on pas bientôt nous inventer des piscines climatisées avec plages incorporées pour les mois de juillet-août ?

Mais, ne pleurez pas. Dites-vous que, tant qu’à faire des canons, autant qu’ils servent à faire de la neige plutôt que des carnages en Ukraine. 

lundi 21 mars 2022

Citius, Altius, Fortius – Chronique du 22 mars

Bonjour-bonjour

 

La lecture des infos du jour présente parfois des coïncidences troublantes. Ainsi des malaises cardiaques subis par les athlètes du plus haut niveau tels que le coureur cycliste espagnol Sonny Colbrelli qui s’est écroulé après le sprint du Tour de Catalogne victime d'un malaise cardiaque, et Raphaël Nadal qui a ressenti au cours de son match de finale à Indian Wells une douleur dans la poitrine « comme une aiguille qu'on appuie ».

Inutile de dire que je souhaite ardemment le retour à la pleine santé de ces deux grands champions, mais en même temps je m’interroge sur la physiologie du corps humain confrontée aux exigences de ces épreuves sportives de très haut niveau. 

Pascal Pique a décrit la physiologie de l’homo sapiens extrêmement bien adaptée aux efforts de longue durée ce qui l'a rendu apte à coloniser le monde entier ; sommes-nous du même coup aptes aux compétitions sportives ?

 

Sans m’attarder sur les performances surhumaines qu’on attend des sportifs, insistons sur l’esprit de dépassement que ces compétitions portent et pour lequel tous les sportifs sont passionnés.

 


« Citius, Altius, Fortius » - Plus vite, plus haut, plus fort : telle était la devise olympique proposée par le baron Pierre de Coubertin (1). Et si le corps humain n’était pas fait pour cela ? Si cette compétition effrénée ne portait pas un idéal de l’humanité, mais plutôt la formule d’une passion sans limite pour... 

- Oui, au fait : outre le sport qu’est-ce qui incarne aujourd’hui cet esprit de dépassement permanent, sans limites ? N’est-ce pas le capital et les profits qu’il doit rapporter pour justifier l’investissement ? A moins qu’on ne généralise un peu plus encore en disant que la passion ne peut pas exister sans être excessive :  sous toutes ses formes elle ne connait d’autres limites que celles de l’homme. 

Nous voici de retour à la physiologie humaine : ne nous étonnons pas outre mesure des défaillances des grands sportifs ; elles sont dans le droit fil de la compétition et elles prouvent simplement que ces champions en allant jusqu’au bout d’eux-mêmes n'ont fait que répondre aux exigences d'une passion effrénée: celle du sport.

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(1)  Depuis 2021 cette devise comporte quatre mots latins « Citius, Altius, Fortius – Communiter », dont la traduction officielle est « Plus vite, plus haut, plus fort – ensemble ». On appréciera cet ajout dont le baron de Coubertin n’avait pas souhaité s’embarrasser.