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samedi 10 octobre 2026

Que messieurs les assassins commencent – Chronique du 11 octobre

Bonjour-bonjour

 

Suite au projet américain d’exécuter publiquement un homme (cf. Post d’hier), l’Église rappelle son opposition à toute mise à mort, y compris pour un motif judiciaire. 

On rappelle que la peine de mort avait été autrefois justifiée pour son exemplarité : à ceux qui demandaient sa suppression, on répondait : « Que messieurs les assassins commencent » 

Aujourd’hui le Pape rappelle que « La peine de mort est inadmissible car elle constitue une atteinte à l’inviolabilité et à la dignité de la personne » (Ici)

– L’origine du droit inconditionnel au respect (qui implique l’inviolabilité de la vie) est rappelée par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne de 2000 

On peut y lire : « La dignité humaine, c’est le fait que chaque personne a de la valeur et mérite le respect, simplement parce qu’elle est un être humain. Elle mérite un respect inconditionnel (sans conditions), peu importe son âge, son sexe, son état de santé physique ou mentale, sa condition sociale, sa religion ou son origine ethnique. » Qui ajoute cette en écho à Kant « Un être humain ne doit jamais être traité /seulement/ comme un objet ou un moyen. »

Insistons : « chaque personne a de la valeur et mérite le respect, simplement parce qu’elle est un être humain » (Lu ici)


--> Comme pour tout principe moral, le respect de l’Homme repose sur un principe premier qui est donc indémontrable, à savoir qu’il y a un droit qu’on ne fait rien pour mériter et que donc qu'on ne peut abolir par un démérite. C’est je crois cela que beaucoup refusent, parce qu’ils croient que le droit résulte d’un marché, « Je te donne ceci, donc je mérite cela ». Le respect de la vie est ce qu’on ne peut refuser, et il n’y a rien de plus à dire.

mercredi 16 juillet 2025

Faire payer les riches – Chronique du 17 juillet

Bonjour-bonjour

 

Depuis hier, date à laquelle le gouvernement a dévoilé son plan d’économie de 40 milliards d’euros, un cri unanime monte du peuple : il faut imposer non pas les plus pauvres, mais aller chercher l’argent là où il est, chez les riches. Et de proposer la taxe Zucman, qui envisage de taxer à hauteur de 2 % les 1 800 foyers fiscaux qui possèdent un patrimoine supérieur à 100 millions d’euros, empêchant les effets d’évitement observés dans la fiscalité de certains multimillionnaires, lorsqu’ils structurent leur patrimoine pour en diminuer la fiscalité.

 

- Le 7 juillet, sept prix Nobel d’économie avaient appelé la France à « montrer la voie au reste du monde » en mettant en place un tel impôt minimum.

 

 

La France à l’assaut des richesses selon Eugène Delacroix (sic)

 

Ah… Le peuple en lutte contre les mauvais riches, voilà qui peut enflammer les ardeurs. 

… Mais sans oublier qu’en réalité ce ne sont pas les riches mais leurs richesses qu’il faut viser. Ce qui rend l’exercice un peu plus délicat surtout dans ce monde ouvert, où chacun peut mettre son agent à l’abri d’une frontière sans avoir à décoller son derrière de son fauteuil.

Ajoutons que ce monde n’est plus celui des Misérables : il est insensible à l’appel patriotique et de nos jours Gavroche aurait beau invoquer Voltaire et Rousseau, rien n’empêcherait ces gens-là de planquer leurs économies au-delà des frontières. Ce n’est plus une question de morale, mais de bon sens.

Et la morale, où va-t-elle se cacher ? Qui donc va prendre la main de la petite Causette et la soulager de son fardeau ?

Je ne sais pas… J’imagine qu’il y a des associations pour ça ?

mardi 20 mai 2025

Gérald Darmanin et le bagne – Chronique du 21 mai

Bonjour-bonjour

 

« Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé samedi 17 mai 2025 l’ouverture d’ici 2028 d’une prison de haute sécurité de 500 places à Saint-Laurent-du-Maroni, en pleine jungle guyanaise. » Autant dire qu’après la proposition de monsieur Wauquiez de « déporter » les sans-papiers à Saint-Pierre et Miquelon, la création d’une prison de haute sécurité évoquant le bagne de Cayenne fait l’effet d’un rappel à un passé où l’autorité de l’État s’incarnait dans des lieux d’enfermement. Ne manque plus que « Biribi » bagne militaire du 19ème siècle où les mauvais sujets étaient regroupés en Afrique du nord dans des compagnies disciplinaires où les mauvais traitements leur étaient infligés dans le but de les soumettre à une discipline de fer.

- Dans la période actuelle où l’idée de consentement est dans toutes les têtes, il parait normal que son antithèse soit également présente. Car si pour calmer les conflits l’idéal démocratique est bien difficile à appliquer, cher et peu sûr, la pratique des dictatures, avec leur terrible autorité et leur soumission imposée par la violence parait quant à elle beaucoup plus efficace. 

- Machiavel le recommandait au Prince : pour assoir son autorité il n’est pas sûr de se faire aimer du peuple, mais se faire craindre est beaucoup plus facile. Il est vrai qu’il ajoutait qu’il ne fallait pas se faire haïr, ce que pourtant on risque bien d’obtenir d’une politique répressive.

Selon lui, si la morale n’a pas sa place en politique, c’est qu’elle conduit souvent les Princes un peu trop généreux, un peu trop cléments ou un peu trop fidèles, à leur perte. Pourtant, ne craignons pas que l’excès de moralité soit à craindre de nos dirigeants. Par contre il est vrai que la menace de la contre-violence de la rue vis-à-vis des forces de l’ordre est un fait évident, principalement depuis les manifestations des Gilets-jaunes.

La solution est de s’appuyer sur les classes paisibles de la société, comme les retraités qui enragent de voir leur quartier dévasté par des jeunes habillés de noir et le cocktail Molotov à la main. Montrez donc alors à nos concitoyens pacifiques le sort qu’on va réserver à ces brutes dans des colonies pénitentiaires.



Bagne pour enfant de Belle-Île, l’« Alcatraz breton »

 


lundi 24 février 2025

Les méchants peuvent-ils être heureux ? – Chronique du 25 février

Bonjour-bonjour

 

Je vais vous parler aujourd’hui de l’affaire Joël Lescouarnec, ce chirurgien qui passe en jugement ces jours-ci pour avoir agressé sexuellement 299 personnes endormies lors de ses interventions.

Cet évènement soulève deux problèmes : 

* L’un sur lequel je reviendrai un jour : certaines de ces victimes n’avaient aucune conscience de ces attouchements subis alors qu’elles étaient encore sous l’effet de l’anesthésie.

Au cours de l’instruction, la police a mis sous leurs yeux les descriptions de ces gestes criminels, écrites par le chirurgien lui-même et qui les concernaient personnellement. Depuis elles vont mal, de plus en plus mal. On évoque des symptômes inexpliqués antérieurs à la découverte qui n’ont fait que s’aggraver avec l’instruction du procès. Il s'agit du processus bien connu d'anamnèse. Mais on se demande si la justice punitive doit se faire à ce prix.

* D’autre part, la police a découvert dans le « journal du violeur » de Joël Lescouarnec, outre la description minutieuse de ses victimes et des sévices qu’il leur a infligées, quelques remarques plus personnelles, dont celle-ci « Tout en fumant ma cigarette du matin, j'ai réfléchi au fait que je suis un grand pervers. Je suis à la fois exhibitionniste [...] voyeur, sadique, masochiste, scatologique, fétichiste [...], pédophile. Et j'en suis très heureux. » (voir ici)

- La philosophe retrouve alors l’une des plus vieilles questions de la morale : « Y a-t-il un bonheur possible pour les méchants ? » Une réponse positive, bien que raccord avec l’histoire véridique de certains tortionnaires morts tranquilles très vieux après avoir joui de leur crimes durant une longue vie, a fait tellement scandale qu’on a imaginé une éternité de souffrances subies dans la géhenne de Lucifer. Il fallait absolument que la justice passe, si ce n’est dans ce monde, alors que ce soit dans l’outre-tombe.



Reste que tout cela ne résout pas la question : peut-on être heureux en infligeant à autrui le malheur ? Le bonheur est-il donc une récompense ? N’est-elle accordée qu’aux justes ?

A titre de documentation je conseille ces deux ouvrages de Sade : Juliette et les prospérités du vice ; et puis Justine et les infortunes de la vertu.

jeudi 28 septembre 2023

Éloge du mensonge en pédagogie – Chronique du 29 septembre

Bonjour-bonjour

 

 

"Il faut n'avoir jamais travaillé avec des enfants jeunes pour croire au « cours d'empathie » " peut-on lire dans cet article de Marianne. Et c’est vrai.

 

L’enfant n’est pas naturellement bon, n’en déplaise aux rousseauistes. Écoutons plutôt La Fontaine qui disait « Cet âge est sans pitié », dans sa fable « Les deux pigeons »

Le même La Fontaine savait fort bien que « la raison du plus fort » est un oxymore, et que les loups de sept ou douze ans dévorent les moutons. Entendez que ce que l’on nomme raison n’est alors rien d’autre que ce qui rend possible la domination. En vérité c’est ce que fait la société c'est tout le contraire : pour citer Pascal (et non plus La Fontaine) nous dirons  que, ne pouvant faire que ce qui est juste fut fort, on a fait que ce qui est fort fut juste.

Bref : le même article l’affirme : « le rôle de l’éducation est de dénaturer le petit fauve qui n’obéit qu’à ses pulsions. Pas en le prenant par les sentiments – il n’en a pas d’autres, a priori, que la satisfaction immédiate de son instinct de violence. Et, pour les autres, l’instinct de meute. » Et puis à supposer qu’on puisse faire cette éducation, qui donc pourrait la réaliser ? Les instituteurs sans véritable légitimité morale ? Ou les parents qui sont dès l’origine dans cette posture ?

 

- Il y a quelques jours je soulignais combien l’empathie était peu répandue alors même qu’elle pouvait être enseignée. Oui, cette émotion qu’est l’empathie, enseignée ? Autant vouloir enseigner l’amour ! 

Et c’est vrai : cette empathie-là ne peut se transmettre, tant il est vrai qu’aucune émotion ne peut être éprouvée simplement à partir d’un discours raisonneur. Mais ne peut-on procéder par une autre voie ? Là encore écoutons Rousseau avec sa pédagogie sans parole, qui procède par l’exemple. C’est ainsi que le pédagogue d’Émile trafique des situations dans lesquelles son élève va être soumis à des échecs cuisants qui lui montreront que les conduites dans lesquelles il s’entête sont pernicieuses et que, si elles font souffrir les autres, il saura ce que c’est en les souffrant lui-même.

Une pédagogie qui use du mensonge et de la trahison pour enseigner la vertu… Si ce n’était pas venu de Rousseau on crierait au scandale.

vendredi 30 juin 2023

Pourquoi tant de haine ? – Chronique du 1er juillet

Bonjour-bonjour

 

Les maires des villes mises à sac par les émeutiers le disent tous : rien à part le plaisir de détruire ne peut expliquer cette violence gratuite – même les pillages paraissent n’être qu’opportunistes, venant au terme de destructions systématiques. Bien que n’étant pas exceptionnelles, ces destructions étonnent : pourquoi tant de violence ? Faut-il y voir une manifestation de désespoir de ne pas être entendu (c’est le côté Gilet-jaune) ou bien au contraire la joie anarchisante de détruire tout ce qui symbolise l’État (écoles, médiathèques, commissariats, bureau de poste, services publics, etc.) ?

La brutalité et la soudaineté de ces émeutes poussent certains à y trouver la révélation de disposition encore inconnues des hommes, soit que les sociétés aient atteint ce point d’injustice et d’inégalité que plus rien ne peut y valoir sauf la violence du tous contre chacun (1) ; soit que des tendances oubliées depuis l’origine de l’espèce humaine se réactivent soudain.

De toute façon à quelque source qu’on la réfère cette situation pose la question des lois, des règles et des valeurs. Le gouvernement en appelle à la responsabilité des parents, qui ont l’obligation (sous peine de sanctions) d’inculquer à leurs enfants des principes de vie commune soutenus par la moralité.

Mais que valent ces frontières et ces limites surajoutées aux tendances des hommes ? « Tu ne tueras point ; tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne commettras pas de vol ; tu ne convoiteras pas les biens de ton prochain » etc. 

 


Si Dieu a dû promulguer les 10 commandements, c’est bien parce qu’ils n’étaient pas spontanément respectés. Et aussi parce que refoulés par la religion ils continuent cependant d’exister et de travailler en secret les désirs des hommes.

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(1) Pour mémoire il s’agit là du « second état de nature » de Rousseau, où l’espèce humaine s’anéantit dans une guerre fratricide. Le despotisme est la seule issue de cet état de violence généralisée. (Discours sur l’inégalité fin de la seconde partie)

jeudi 6 octobre 2022

Chauffe-eaux coupés par Enedis – Chronique du 7 octobre

Bonjour-bonjour

 

Vous avez sans doute sursauté en apprenant qu’Enedis, le fournisseur d’énergie électrique, avait la main sur votre ballon d’eau chaude, et cela grâce au compteur Linky – et qu’il s'en servirait pour couper votre chauffe-eau aux heures creuses de mi-journée en cas de forte demande. (Lire ici)

 


- Comment ! Voilà qu’un étranger s’introduit dans mon logement et décide à ma place, de gérer mon eau chaude, me disant « Tu as pris suffisamment de douches ce matin. Finie l’eau chaude, tu vas te laver les mains à l’eau froide tout en récitant la sentance du Chevalier de Méré « La sobriété et la continence sont nécessaires à la santé » Qui sont donc ces donneurs de leçon et quels droits ont-ils sur moi ? 


Car c’est là le problème : c’est en moraliste qu’on vient demander aux usagers de modérer leur consommation. Or je n’attends pas des moralistes qu’ils me disent « Tu fais ce que tu dois, sinon on te coupe la ressource ». Bientôt la Sécu me dira : « On a mis un débitmètre sur ta bouteille de Ricard et tu as intérêt à respecter la ration, faute de quoi on va supprimer tes droits. »

- Attendez, attendez… C’est quand même bien ce que fait la sécurité sociale en taxant l’alcool pour financer les soins exigés par les dégâts qu'il produit. L’appel à l’esprit de responsabilité du citoyen n’est donc qu’une apparence prise par la contrainte violente.


Au fond, la manipulation des chauffe-eaux est exactement la même chose que le passe-vaccinal tant décrié par les anti-vax : « Où tu te fais vacciner ( = tu économise le chauffe-eau) et tu montres ainsi que tu es un bon citoyen ; ou tu refuses et le mauvais citoyen que tu es mérite le traitement de défaveur qui lui est appliqué. »


Qu’on me comprenne : la contrainte quand elle est justifiée par le bien collectif, je suis pour. Mais ce que je n’admets pas, c’est qu’on la déguise sous les apparences de la conscience morale.

mercredi 15 juin 2022

Modération, sobriété, frugalité, abstinence, austérité, etc. Chronique du 16 juin

Bonjour-bonjour

 

Chers amis, vous qui ne cessez de vous éponger le front en maugréant contre cette fichue canicule qui vous accable, vous êtes en plus submergés des recommandations de toutes sortes, qui visent et votre comportement du jour et le mode de vie qu’il vous faudra adopter à tout jamais, du moins jusqu’à la fin de votre vie.

Comme vous pouvez le lire en titre de ce passage, il s’agit de la sobriété devenue le maitre mot de notre vie, associé il est vrai à la frugalité, et à l’abstinence, sans oublier l’austérité, la modération – etc. Autant dire que tout y passe : depuis des recommandations économiques jusqu’aux règles les plus rigoureuses des moines bénédictins.

 

On reste étonné devant la variété des registres mobilisés ici : des conseils en économie domestiques, on passe à la gestion des ressources planétaires, et puis aux règles de la vertu – et pour finir aux considérations spirituelles. N’en jetez plus ! tout ce qui auparavant était en libre-service, comme l’eau, ou consommé sans restriction, comme le lumière ou d’autres formes d’énergie – devient l’objet de parcimonie, comme l’électricité qu’il faut économiser jusque dans les témoins lumineux, ou le robinet qu’il faut fermer quand on se brosse les dents.

Et pourquoi ? Pour être « responsable ». Responsable de quoi ?  De l’état de la planète puisqu’il peut être imputé à chacun dès lors qu’il consomme des ressources qu’il faudra au final compenser. On devine que cette responsabilité à l’égard d’un si vaste objet que la terre entière est une nouveauté radicale. Quelles en sont les conséquences ?

            *Pour la première fois nous sommes responsables de la planète entière, nos abus ici étant l’occasion de pénuries là-bas, de l’autre côté des océans. La mondialisation est d’abord celle de la responsabilité non seulement face à l’humanité, mais encore à la nature entière.

Nous devons penser non seulement aux chinois et aux indiens à chaque fois que nous allumons la lumière de notre chambre, mais aussi aux ourses polaires qui dérivent lamentablement sur leur glaçon à cause de notre imprévoyance.

            * Et puis nous sommes aussi responsables de l’avenir et pas seulement du présent. C’est Hans Jonas qui, en 1979, dans son ouvrage « Le principe responsabilité » à mis en avant cette nouveauté selon lui radicale : la morale ne doit pas seulement nous obliger pour le présent, mais aussi pour l’avenir. Respecter les autres comme le commande la morale kantienne ce n’est pas seulement valable pour ceux avec qui nous sommes en relation aujourd’hui, mais aussi par rapport à ceux qui vivront demain. Nous sommes donc responsables des hommes et de la nature de demain, dans la mesure où leur vie sera impactée par notre comportement actuel. 

Mais cette responsabilité est plus théorique que pratique : comment savoir ce qui sera déterminant pour les générations à venir ? Les terres rares dont nous faisons une forte consommation manqueront-elles à nos petits enfants ? N’auront-ils pas trouvé un autre moyen de faire tourner leurs ordinateurs quantiques ?

Bref : « Sommes-nous responsables de l’avenir ? » - Voilà un sujet fort intéressant auquel nos candidats bacheliers ont échappé hier.

jeudi 1 avril 2021

Enfin une bonne nouvelle ! – Chronique du 2 avril

Bonjour-bonjour

 

Youpi !!! J’ai trouvé une bonne nouvelle qui n’est pourtant pas un poisson d’avril !

La voici : « On ne transmet plus la Covid, une fois bien vacciné » déclare Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Bordeaux, qui ajoute : « La vaccination prévient la transmission de la maladie. Ce qui signifie, qu’une fois bien vacciné, avec les deux doses, tous vaccins confondus, nous sommes non seulement protégés face aux formes graves ou juste symptomatiques de la maladie, mais en plus, ce qui jusque-là n’était pas prouvé, nous réduisons le risque de sa transmission. »

Autrement dit, le retour à la « belle vie » nous est promis dès que la vaccination sera terminée, puisque non seulement nous serons à titre personnel immunisés, mais aussi qu’à titre de citoyen nous ne risquerons plus de contaminer nos voisins. Plus besoin de nous masquer, de refuser les bisous et de nous saluer du coude. Plus besoin de nous demander si nous allons rejeter tout ce fatras parce que « ça va bien comme ça » et que « les autres, on s'en f*** »

Ce que la pandémie à bien montré, c’est qu’on veut bien être de bons citoyens à condition que ça ne nous prive de rien. Qu’on secoure les sinistrés des inondations – oui, mais sur le budget des assurances ; qu’on dédommage les agriculteurs victimes de la sécheresse – d’accord, mais sans lever pour cela un impôt spécial ; et qu’on protège les autres de la maladie – oui, mais sans que j’aie à fournir de sacrifices.

Vu comme ça, ce n’est pas forcément une si bonne nouvelle ; ceux que l’idéal de morale animent espéraient que le respect des valeurs suffirait à nous conduire à une telle attitude. Mais tout compte fait, face à la maladie plutôt que de compter sur la bonne volonté de chacun, mieux vaut compter avec les mécanismes de l’immunité physiologique.

Voyez-vous, il y a près de trois siècles Montesquieu disait : « Il ne faut point faire par les lois ce qu’on peut faire par les mœurs ». Quand on voit le nombre de lois votées, chaque année, on se dit qu’on n’a plus tellement confiance dans les mœurs 

mercredi 25 novembre 2020

America is back – Chronique du 26 novembre

Bonjour-bonjour

 

« L'Amérique est de retour, prête à guider le monde » déclare Jo Biden, qui a ajouté : « J’ai dit depuis longtemps que l’Amérique guide non par l’exemple de son pouvoir, mais par le pouvoir de son exemple ». (Lire ici)

 

Voilà qui fait sursauter ! Ainsi, écartant l’unilatéralisme de l’équipe précédente, Jo Biden se promet non seulement de rétablir le leadership de l’Amérique sur le monde (excusez du peu !) mais de surcroit il prétend le faire par l’autorité morale de l’exemple américain.

Alors, bien sûr nous savons que le président élu vise principalement le caractère incohérent et cynique de la gestion de Donald Trump : mais quand même, son propos consiste bien à dire qu’il est dans la nature de l’Amérique véritable, celle qui fait retour sur la scène mondiale, de servir d’exemple au monde.

 

Trump au moins n'avait pas la prétention de nous donner des leçons : un bon coup de gourdin derrière les oreilles, et basta ! Combien de temps nous faudra-t-il pour regretter l’époque Trump ?

Mais laissons… Au lieu de nous indigner, il vaut mieux retourner la question sur nous-mêmes : non pas : « Qui sont donc ces gens pour avoir une telle prétention ? », mais plutôt « Qui sommes-nous pour mériter d’être jugé ainsi ? » Et c’est alors que nous percevons notre petitesse morale, tant du point de vue de la gestion économique des affaires que de celui de la politique. Le goût du lucre, l’indifférence devant le dépérissement de la planète, l’égoïsme qui nous fait ignorer la misère des hommes, la volonté d’influer sur les affaires d’autres pays dans le but d’enrichir nos entreprises, un pragmatisme de mauvais aloi qui nous autorise aux plus répugnantes filouteries sous prétexte que si nous ne le faisions pas d’autres le feraient à notre place… on n’en finirait pas de battre notre coulpe si jamais nous avions l’idée de le faire.

La différence entre l’Amérique telle que Jo Biden la présente et nous, c’est que faisant elle aussi tout cela, elle prétend malgré tout obéir à des principes parfaitement respectables, voire même à des dogmes religieux – alors que nous, hypocrites que nous sommes, nous disons toujours que Dieu aime les pauvres et qu’il serait plus difficile à un riche d’entrer au paradis qu’à un chameau de passer par le chas d’une aiguille…

Quoi ? On me dit que ce ne sont pas les chrétiens qui disent cela, mais les musulmans ? Bon… pourquoi pas ?

Attendons que le Prince Ben Salman nous donne des leçons de citoyenneté à la place de Jo Biden – et examinons la différence, s’il y en a une. 

mardi 13 octobre 2020

Et la morale, comment ça va ? – Chronique du 14 octobre

Bonjour-bonjour

 

Quand on voit tous ces gens refuser de porter le masque au nom de leur liberté individuelle, cela signifie un refus de considérer la sécurité des autres comme importante. En décidant pour eux, ils décident aussi pour moi. C’est la négation de leur droit à décider de leur conduite et c’est immoral. 

 

Certes, cette attitude n’est morale que si elle ne s’accompagne pas d’un déni de l’efficacité de cet accessoire. Si en effet je dis : « Le masque ne sert à rien, c’est juste une manœuvre du pouvoir pour me bâillonner », là je milite pour qu’on refuse une contrainte venue d’un abus du pouvoir, et du coup je pense que les autres ne seront pas en insécurité du fait de mon attitude – bien plus, je leur montre la voie à suivre pour s’émanciper d’un pouvoir tyrannique. En revanche, si je crois que le masque protège, alors en le refusant je fais un geste de défi à la mort, un peu comme dans cet article de Nicolas Bedos, nous invitant à crever avec panache plutôt que de vivre comme un rat.

Et là je prends une attitude morale qui consiste à définir ma liberté comme étant supérieure à celle des autres, puisque d’une certaine façon je décide pour eux des risques qu’ils doivent prendre du fait de ma négligence (1). Dans le même registre, je pense aussi au refus de faire vacciner ses enfants (ou soi-même) : de la même manière, on suppose que les autres ne comptent pas, tant pis pour eux si leurs enfants sont contaminés par les miens ; et à supposer que le vaccin soit vraiment utile, s’ils les font vacciner alors je serai protégé par le fait qu’ils ne colporteront pas le virus. Dans tous les cas en prenant un risque personnel, ce que je peux bien revendiquer, je contrains les autres à en faire autant ce que je n’ai pas le droit de faire. Pas de liberté pour les ennemis de la liberté disait Saint Just : c’est au nom de la liberté que je suis un ennemi de la liberté.

Ce paradoxe n’en est vraiment un que si on oublie qu’on a ici affaire à la liberté civile, cette liberté qui n’existe qu’à condition d’être limitée par la loi. Nul ne peut être législateur de sa propre conduite et c’est la démocratie qui est le garant de la liberté de tous les citoyens. 

L’époque actuelle, avec tous les troubles de conscience qu’elle implique nous propose le choix : soit d’être un sujet moral, soit d’être un anarchiste, soit de n’avoir aucune conscience morale. 

Choisis ton camp, camarade !

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(1) Cette attitude consistant à placer sa propre liberté au-dessus de toute autre, Sartre la définissait comme étant propre aux « salauds »

mercredi 20 novembre 2019

Un livre anonyme sur le Président des États-Unis, rédigé par un haut responsable de l’administration

Selon l’auteur, la racine du problème, c’est "l’amoralité" du président, ses pulsions "anti démocratiques". Il décrit sa violence, sa mesquinerie, son inconscience, ses rengaines, ses diatribes contradictoires, son instabilité, son comportement erratique. Au point, selon l’auteur, que les ministres avaient murmuré entre eux l’hypothèse d‘écarter le président du pouvoir.
L’auteur souligne également "l'inattention", "l'impulsivité" et la "paresse intellectuelle" de Donald Trump, "comme un garçon de 12 ans dans une tour de contrôle aérien, il appuie indifféremment sur les boutons du gouvernement, indifférent aux avions qui dérapent sur la piste et aux vols qui s'écartent à toute vitesse de l’aéroport »

Alors, de deux choses l’une: 
- Ou bien le président Trump est un homme normal et seule sa position politique explique les calomnies dont il est l’objet; mais alors comment un pays peut-il survivre avec une telle charge de violence ?
- Ou bien il est effectivement pathologique (on m’épargnera de reprendre le catalogue de ces pathologies citées ici) et alors on se demande comment il est possible que les citoyens d’une démocratie comme celle des Etats-Unis peuvent tolérer une telle anormalité ?
Admettons que l’hypothèse 2 soit la bonne et que le Président se trimbale une bonne vieille pathologie - bref que ce soit un sociopathe - mais que ses électeurs disent tous : « Et pourquoi pas ? Du moment qu’il réalise la politique pour la quelle nous l’avons élu ? » Et c’est vrai : mise à part une troisième guerre mondiale avec champignons atomiques et hordes de drones armés de laser surpuissants, tout le reste est entrain de se réaliser. Et partout dans le monde la masse des électeurs font la même chose : maintenir au pouvoir quelqu’en soient les conséquences néfastes par ailleurs les dirigeants qui leurs donnent les satisfactions espérées. Comme de relancer l’exploitation du charbon aux Etats-Unis ? Oui, car le charbon américain est « un merveilleux charbon, parce qu’il est propre » 

Il faut être un parfait crétin pour dire une chose pareille ? Et alors ? Si ce crétin s’appelle Donald Trump, qu’il dise ce qu’il veut du moment qu’il fait ce qu’il doit.

samedi 6 juillet 2019

AU PROCÈS FRANCE TÉLÉCOM, DIDIER LOMBARD REFUSE DE RECONNAÎTRE "LE MAL-ÊTRE GÉNÉRALISÉ"

Les ex-dirigeants (de  France Télécom) se félicitent de leur bilan économique. Pour Didier Lombard ( l'ex-PDG), « si on n'avait pas fait le plan NExT (qui a réorganisé l'entreprise de 2006 à 2008), aujourd'hui il n'y aurait plus France Télécom". Louis-Pierre Wenès « regrette une chose » : « ne pas avoir eu assez de contact avec les organisations syndicales. Je ne me souviens pas qu'on ait demandé à me voir ». (Lire ici)
Alors, voilà le dilemme : ou bien on sacrifie l’entreprise et alors des dizaines de milliers d’employés se retrouvent au chômage ; ou bien on applique le plan de de la direction, et on a 19 suicides, plus quelques cas de dépression chronique (sans parler bien sûr des chômeurs).
- On est confrontés là à une situation souvent décrite par les éthiciens américains. Si la situation d’un citoyen est justifiée par l’avantage qu’elle procure à la communauté – par exemple admettre que les médecins gagnent beaucoup d’argent parce que cela permet l’implantation de nombreux thérapeutes de bonne qualité – alors ne devrait-on pas admettre qu’il est moralement légitime de tuer un homme si cette mort améliore le sort du peuple entier ? Le mécanisme n’est-il pas le même qui consiste à subordonner la vie – ou les conditions de vie – de chacun à l’avantage de tous ? Bien sûr on n’entrera pas ici dans le débat consistant à trouver la valeur absolue qui protège la vie sacrée de chacun, nous consacrant aux conséquences sur des cas moins lourds (mais lourds quand même !)
John Rawls avait adapté le concept de « maximin » (1) à ce propos : une inégalité sociale est admissible sous condition qu’elle soit la seule qui rende possible un sort meilleur pour les plus défavorisés.
Comme toujours, en matière d’éthique, tout est dans les limites à poser : ici, est-ce que le sacrifice jugé indispensable des salariés de France Télécom pouvait aller jusqu’à des souffrances telles que la mort leur semble plus désirable que la vie ? Le problème n’est absolument pas résolu aujourd’hui, ce qui veut dire que des équivalents au plan NExT , il y en a encore un peu partout. (2)
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(1) En théorie des jeux, le maximin est un mode d'évaluation et de comportement qui consiste, devant les différents partis à prendre (en matière de décision, de politique, de stratégie), à se concentrer sur le moins bon résultat (min) à attendre de chacun d'eux (dans les conditions ou les réactions les plus défavorables) et à prendre le parti correspondant au meilleur (max) de ces résultats les moins bons (min).
Le critère du maximin caractérise les "petits joueurs", pessimistes et prudents. (Lu ici)
(2) Voir ici la liste des plans de licenciement entre 1970 et 2014 en France.

mercredi 27 juin 2018

DISCOURS DE MONSIEUR MACRON AU VATICAN.

« Sur les questions bioéthique qui ont été débattues entre le président et le pape : "Il y a des principes dans l’église catholique qui ont été défendus par les catholiques comme le principe de vie. Et il y en a dans la vie quotidienne, comme le droit des femmes à disposer de leur corps. Il faut composer avec tous les principes et il y a eu des lois pour ça. Ces lois, ce sont toujours un moindre mal. Je n’ai jamais croisé quelqu’un qui avortait avec joie. Gouverner, c’est souvent choisir le moindre mal. Le mariage pour tous, c’est une envie de femmes et d’hommes d’être reconnus comme les autres. Est-ce qu’on doit ne pas leur reconnaître un droit ? Est-ce que c’est retirer un droit à des gens qui l’ont ? Je crois que cette loi apporte une vraie avancée. Il faut accepter aussi le principe de projet parental pour une femme seule, un couple du même sexe… A partir du moment où on sait le faire, est-ce que l’on peut octroyer ce droit ? Il nous faut cheminer." (Lu ici)

« Il faut composer avec tous les principes » : sauf que les principe ne peuvent composer avec ceux qui les détruisent : et c’est le cas pour le principe de vie lorsqu’il doit se soumettre au droit des femmes à disposer de leur corps, c’est à dire à avorter. Et c’est bien sûr le cas pour ce droit lorsqu’il doit se soumettre au droit pour l’embryon de conserve la vie qu’il a reçue lors de sa procréation. Pourquoi, au lieu de faire croire qu’un « panachage » est possible,  ne pourrait-on pas choisir clairement l’un plutôt que l’autre ?
« Gouverner, c’est souvent choisir le moindre mal » : monsieur Macron ironise en jouant avec la formule mendésienne « Gouverner c’est choisir » Mais l’essentiel est comme souvent dans l’épithète : le moindre mal. Qu’est-ce donc que le mal s’il accepte des degrés ? Peut-il y avoir un « moindre » mal, sans que ce soit le mal de toute façon « absolu » ? Je sais bien qu’on parle sans sourciller du « souverain bien » comme si un bien pouvait ne pas être « souverain ». Mais ici nous parlons politique, qui consiste à dire aux gens auxquels on nuit que leur mal est en réalité un bien… pour les autres – donc un moindre mal parce que minoré par le bien commun. Un exemple ? La mise des pensions de reversions sous condition de ressources, présentée comme une mesure destinée à protéger les personnes ayant les plus faibles revenus. Et les autres alors ? Doivent-ils regretter d’être privés de leurs pensions ? Non, puisque ce n’est qu’un moindre mal.
« (Le mariage pour tous) est-ce que c’est retirer un droit à des gens qui l’ont ? » Voilà l’argument répété à satiété lors du vote de la loi. On demanderait aussi bien si le mariage reste le mariage lorsqu’il est étendu aux homosexuel.le.s. (1)
Bref, s’il s’agit d’ajouter simplement quelques mots à une définition comme le montre la note ci-dessous, rien ne change vraiment, et ça ne retire rien à personne.
Mais si ça détruit les règles instituées par Dieu lui-même, alors le droit au mariage pour tous retire bien aux autres un droit fondamental puisqu’issu de la volonté divine. (2)
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(1) « Le mariage est un acte juridique solennel par lequel deux personnes de sexe différent ou de même sexe s’engagent à vivre ensemble dans une union réglementée par la loi quant à ses conditions, ses effets et sa rupture. » peut-on lire ici.
(2) Dès l’origine, Dieu a institué et scellé l’union entre le premier homme Adam et la première femme Eve (Genèse 1, 26-27). La vocation au mariage est inscrite dans la nature même de l’homme et de la femme, tels qu’ils sont issus de la main du Créateur.

samedi 5 mai 2018

PROJET DE BUDGET EUROPÉEN 2021-2027 : LA DISTRIBUTION DES FONDS SERAIT CONDITIONNÉE AU RESPECT, PAR LES GOUVERNEMENTS, DE L’ETAT DE DROIT.

Il m’arrive de rêver que les philosophes des Lumières reviennent de nos jours, sans y avoir été préparés, et donc avec leurs opinons, leurs préjugés et leurs certitudes d’époque.
- Imaginez un instant Montesquieu : « Il ne faut pas faire par la loi ce qu’on peut faire par les mœurs  » dit-il en ouvrant son journal. Et le voilà qui tombe sur cette information : « La Commission de Bruxelles propose de conditionner tous les fonds du budget au respect, par les gouvernements, de l’Etat de droit… Dans le viseur de Bruxelles : la Pologne, la Hongrie, Malte ou la Roumanie. » (Lu ici)
Il sursaute – et une fois qu’on lui a expliqué qu’il s’agit d’une « Fédération » des Etats européens, librement associés et organisés selon une constitution votée démocratiquement, il tombe carrément de son fauteuil. « Quoi ? Cette libre association obéit aussi à des rapports de force ? On admet qu’on puisse se dégager du respect des règles démocratiques grâce à des pénalités financières ? Car enfin, que ces valeurs vénérables qui fondent l’Etat de droit puissent être soumises à un marchandage de boutiquier, voilà qui situe à un niveau déplorable de conscience morale ces grands Etats et leurs souverains ».
Laissons Montesquieu remonter dans le char du temps : il part vers un avenir encore plus lointain pour vérifier que les principes universels y sont mieux respectés qu’aujourd’hui – et songeons à sa réaction. Oui, le niveau de moralité d’un peuple, défini par les valeurs soutenues par les dirigeants qu’il choisit de mettre au pouvoir, est sans doute un indicateur essentiel encore que méconnu. Quand on nous parle des migrants qui se pressent à nos frontières, et qui viennent parfois mourir de faim et de froid dans nos rues, nous ne pensons qu’à l’argent que ça nous couterait de les sauver – et plus généralement aux effets (forcément nocifs) que leur présence aurait sur l’économie. Morale de boutiquier ! Supposez que vous créeriez une taxe sur les sodas pour alimenter un fonds de secours aux migrants : voyez comment ça va réagir !
- Mais Montesquieu aurait encore une autre raison de se désoler : voyant les Identitaires se masser aux frontières pour interdire l’accès au territoire et même occuper les mosquées pour faire cette fois barrage non pas aux hommes mais à leurs Dieux, alors s’effondrerait sa foi dans le progrès : non, dirait-il, les appels à la tolérance, qu’ils viennent de Locke ou de Voltaire ne servent désormais à rien. Le fanatisme et le désir de massacrer ceux qui croient autrement sont réellement les plus forts.

Et nous, qui connaissons Darwin, nous ajouterions : « Qui sait ? Peut-être est-ce cela qui a accompagné et soutenu l’évolution de l’espèce ? »