Bonjour-bonjour
Vous avez sans doute sursauté en apprenant qu’Enedis, le fournisseur d’énergie électrique, avait la main sur votre ballon d’eau chaude, et cela grâce au compteur Linky – et qu’il s'en servirait pour couper votre chauffe-eau aux heures creuses de mi-journée en cas de forte demande. (Lire ici)
- Comment ! Voilà qu’un étranger s’introduit dans mon logement et décide à ma place, de gérer mon eau chaude, me disant « Tu as pris suffisamment de douches ce matin. Finie l’eau chaude, tu vas te laver les mains à l’eau froide tout en récitant la sentance du Chevalier de Méré « La sobriété et la continence sont nécessaires à la santé » Qui sont donc ces donneurs de leçon et quels droits ont-ils sur moi ?
Car c’est là le problème : c’est en moraliste qu’on vient demander aux usagers de modérer leur consommation. Or je n’attends pas des moralistes qu’ils me disent « Tu fais ce que tu dois, sinon on te coupe la ressource ». Bientôt la Sécu me dira : « On a mis un débitmètre sur ta bouteille de Ricard et tu as intérêt à respecter la ration, faute de quoi on va supprimer tes droits. »
- Attendez, attendez… C’est quand même bien ce que fait la sécurité sociale en taxant l’alcool pour financer les soins exigés par les dégâts qu'il produit. L’appel à l’esprit de responsabilité du citoyen n’est donc qu’une apparence prise par la contrainte violente.
Au fond, la manipulation des chauffe-eaux est exactement la même chose que le passe-vaccinal tant décrié par les anti-vax : « Où tu te fais vacciner ( = tu économise le chauffe-eau) et tu montres ainsi que tu es un bon citoyen ; ou tu refuses et le mauvais citoyen que tu es mérite le traitement de défaveur qui lui est appliqué. »
Qu’on me comprenne : la contrainte quand elle est justifiée par le bien collectif, je suis pour. Mais ce que je n’admets pas, c’est qu’on la déguise sous les apparences de la conscience morale.
