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mardi 9 juin 2026

Le surhomme est pour demain – Chronique du 10 juin

Bonjour-bonjour

 

« L'homme est quelque chose qui doit être dépassé », disait le Zarathoustra de Nietzsche. C’était selon lui par un acte de la volonté de puissance que l’homme parviendrait à se hisser au-dessus de lui- même. Mais la science nous délivre un tout autre message : oui, l’homme que nous connaissons est en train de disparaitre, mais ce n’est pas du tout en fonction d’une volonté particulière, c’est simplement un effet de son mode de vie rapporté à son environnement.

Il s’agit de se rappeler que la loi de l’évolution de Darwin s’applique en permanence, y compris maintenant alors que j’écris ces lignes. De même que les montagnes continuent de surgir du sol sous l’effet de la poussée des plateaux continentaux, l’espèce humaine continue à sélectionner des mutations bénéfiques en remplacement du patrimoine génétique actuel lorsqu’il se révèle moins efficace.

C’est ce que rappelle cet article : sur les hauts-plateaux himalayens (qui s’élèvent donc en permanence) des populations ont réussi à s’implanter et en moins de 3000 ans acquérir une meilleure oxygénation du sang dans l’atmosphère raréfié grâce à une mutation génétique. Il s’agit d’un mécanisme rare à observer en si peu de générations, mais soyons assurés qu’il se manifeste en permanence et partout.

De quoi sera donc fait, l’homme de demain celui qui apparait aujourd’hui même ?

- Certain voudront croire qu’il sera issu des rêves de super-héros de Marvel :

 


 

Admettons. Mais même ici le doute subsiste ; car plusieurs possibilité vont peut-être surgir de cette panoplie de super-pouvoirs. Et c’est de la compétition entre toutes ces possibilité qu’en surgira une qui sera vainqueur de toutes les autres. Les suprémacistes d’aujourd’hui n’ont qu’à bien se tenir : demain de nouvelles espèces, toutes issues de l’espèce Sapiens vont leur disputer le droit à l’existence.

Que l’on comprenne bien. On voudrait croire que l’homme de demain sera un de nos descendants, simplement mieux adapté au monde technologique que nous sommes en train de fabriquer. Mais qui nous dit qu’après avoir unifié les espèces humaines en une seule, l’Homo sapiens ne va pas de nouveau se diversifier, son espèce se mettre à buissonner en sous-espèces, les quelles vont à leur tour se battre pour conquérir l’exclusivité de la jouissance du milieu ?

samedi 5 octobre 2024

Est-ce que « plus » c’est « moins » ? – Chronique du 6 octobre

Malthusianisme, 1


Bonjour-bonjour

 

A quelque chose malheur est bon dit le proverbe. N’est-il pas judicieux de le rappeler en cette période où, alors que sans croissance notre économie vacille et menace de s’effondrer, les courbes de l’environnement ne cessent quant à elles de se redresser, un peu comme lors des confinements anti-covid l’air devenait plus respirable, le ciel plus pur, et que les espèces sauvages regagnaient l’espace des centres villes. Tout se passe comme si entre la nature et l’espèce humaine un combat était engagé, de sorte que lorsque l’un gagne, l’autre perd nécessairement.

Allons bon ! Nous voici à pleurnicher sur la nature dont on sait qu’on ne peut survivre qu’à son détriment, en sorte qu’on ne la retrouve que là où les hommes sont exclus – soit expulsés manu militari, soit qu’on ait trouvé un endroit particulièrement inhospitalier. Comment pacifier les rapports, faire que les petits lapins de Blanche-Neige puissent cohabiter avec nous ? 



--> On pourrait réduire drastiquement le nombre des humains : autorisons un seul enfant par couple : mécaniquement la population devrait diminuer avant de se stabiliser lorsque le moment serait venu avec la permission du 2ème enfant. C’est la solution la chinoise.

--> On peut aussi laisser faire la compétition pour la survie : les ressources étant stables, ce sont les plus forts et les mieux doués qui survivront en excluant les individus moins bien dotés pour la survie. C’est la solution darwinienne.

--> Soit on institue un quota de biens consommables alloués à chaque foyer, supposant que les couples auto-limiteront leur fécondité selon les ressources disponibles. C’est la solution malthusienne.

 

Si on ne fait rien, alors comme le disait Leroi-Gourhan, bientôt le dernier homme mourra de faim après avoir mangé le dernier rat cuit avec la dernière poignée de foin.

- Beurk ! Vous n’avez pas mieux ?

- La réponse opposée consiste à compter sur les miracles du progrès qui permettrait de faire mieux en consommant moins – ou pas plus, suivant le principe que personne ne peut dire à combien il faudra limiter notre consommation dans 1 ou 2 siècles. Par exemple, lorsque les premiers colons arrivèrent en Australie on estime que le nombre d’habitants était limité à un demi millions d’humains : autant dire que ce semi-continent ne pouvait, compte tenu de l'environnement, en nourrir d’avantage. Aujourd’hui l'Australie compte 22 millions d'habitants qui n’ont aucune difficulté de subsistance. Si les recherches concernant la fusion nucléaire aboutissent – et pourquoi n’aboutiraient-elles pas ? – la ressource d’énergie non polluante deviendra inépuisable. Notre casse-tête de faire coïncider conservation de la planète et ressource énergétique appartiendra au passé.


L’idéologie écologique s’est bâtie sur la certitude que tout progrès était une régression pour la conservation de la nature. Et si l’inverse était possible ?

samedi 22 avril 2023

Poil au zizi – Chronique du 23 avril

Bonjour-bonjour

 

Une question qui, sans être existentielle, n’en est pas moins interpellante : « Pourquoi les humains, contrairement aux autres primates, n'ont pas le corps recouvert de poils ? »

Étrange, ne trouvez-vous pas ? D’autant que « Techniquement, nous avons des poils sur tout le corps, mais ce sont des follicules miniaturisés », comme l’explique Tina Lasisi, biologiste anthropologiste à l’Université de Californie du Sud. Entendez que chacun d’entre nous a le corps couvert de duvet transparent, qui correspond à un pelage avorté. Pourquoi donc cette « régression » puisque nous avons encore aujourd’hui les restes d’un pelage originaire ?

D’ailleurs, ce pelage, l’avons-nous définitivement perdu ? Des études scientifiques indiquent que les humains possèdent les gènes pour un pelage corporel, mais que notre régulation actuelle des génomes ne permet pas à ces gènes de s’exprimer. Nous n’avons plus de poils, parce que ça a bien arrangé nos ancêtres chasseurs-cueilleurs qui avaient besoin de se rafraichir assez vite, mais ça pourrait revenir. (Lire cet article)

 

- Comme nous sommes dimanche et que nous avons l’esprit badin, nous pouvons encore nous demander pourquoi nous avons conservé des poils à l’endroit du sexe ou des aisselles ?

Et en effet, Charles Darwin, pensait que la perte de notre pelage était due à la sélection sexuelle. Nos ancêtres auraient simplement privilégié des partenaires moins poilus. Aujourd’hui on rejette cette hypothèse, même si elle alimente notre cerveau de quelques fantasmes bien mignons.

Qui donc irait fricoter avec une femme à barbe ?



Conchita Wurst


Alors, quid des poils au zizi ? Nos chercheurs qui sont plus sérieux, avouent qu’ils ne savent pas trop sauf à supposer quelque accointance avec les primates : notre sexe est resté velu parce qu’il perpétue la bête en nous.

 

- Bof… What else ? 

Attendez : j’ai gardé le meilleur pour la fin : « Une compréhension plus évoluée de ce sujet pourrait avoir des implications pour les personnes faisant face à une perte involontaire de cheveux suite à un dégarnissement, une chimiothérapie ou d’autres dysfonctionnements entraînant la perte de cheveux. » (Article cité)

Là, ça commence à vous intéresser, n’est-ce pas ?

mercredi 1 février 2023

Que le plus différent gagne – Chronique du 2 février

Bonjour-bonjour


On était habitué à s’exclamer « que le plus fort gagne », et on pensait même que c’était là une idée venue de la théorie de Charles Darwin : pour préserver la vie, la nature aurait privilégié la force des reproducteurs.

Or, il n’en est rien et cela est désormais prouvé par les travaux de Dolph Schulter qui est professeur en évolution biologique à l’université de British Columbia à Vancouver – et qui vient de remporter le prix Crafoord remis par l’Académie Royale des Sciences de Suède, l’équivalent d’un Nobel de biologie, prix qui récompense ses travaux sur les processus d’adaptation des espèces.

Lisons cet article : « 1983, Dolph Schulter est parti dans l’océan Pacifique sud, dans l’archipel des Galapagos, ces mêmes iles où Charles Darwin était passé en 1835 avant de publier son essai l’Origine des Espèces. Là-bas, Schulter étudie la morphologie des oiseaux, précisément des pinsons, et il réalise que, partant d’un ancêtre pinson commun, 13 espèces différentes se sont développées et chacune a accentué sa particularité : pour une espèce, la sélection naturelle a favorisé un gros bec, pour une autre un bec plus court et fin, chacune a développé son mode de vie propre, sa préférence en termes de nourriture, ou encore de reproduction. » (Lu ici)

Selon ce chercheur, ce qui prévaut c’est le « rayonnement adaptatif », c’est-à-dire la loi de la diversité : les espèces survivent en variant, en se diversifiant, toujours, partout, et pour tout, pour les animaux comme pour les plantes, les virus, les bactéries.

 

Si je me suis permis de vous proposer ce large extrait de presse, c’est parce qu’il remet les pendules à l’heure, en soulignant que si la nature a privilégié la voie de la reproduction sexuée ce n’est pas par hasard : c’est parce qu’avec ce brassage génétique, la diversité aléatoire des individus leur permet de se préserver, eux-mêmes ainsi que leur descendance, dans les aléas de l’évolution. Voyez les épidémies récentes, que ce soit celle du Sida ou de la covid : certains individus, pour des raisons ignorées se sont trouvés immunisés naturellement du virus : au cas où il aurait ravagé l’humanité, ces quelques individus auraient pu non seulement survivre, mais se reproduire et léguer leur immunité à leurs descendants, créant une nouvelle espèce résistante à la maladie.

 

Les travaux sur l’évolution des espèces a toujours été une source de théories politiques concernant les précautions à prendre pour assurer la vie des sociétés. Beaucoup ont pensé que la pureté de la race, liée à un patrimoine génétique homogène était la seule solution. On le voit aujourd’hui : ce qui prévaut, c’est au contraire la reproduction sexuée, vaste loterie génétique grâce à laquelle les enfants ne seront pas identiques à leurs parents. D’ailleurs il en va de même avec les espèces, comme le montre les pinsons étudiés par Dolph Schulter. 

 

- A quoi ressembleront nos petits-petits-petits enfants qui devront être adaptés au monde que nous leurs préparons à coup de tonnes de CO2 ?

samedi 13 avril 2019

SCANDALE AU PAYS-BAS: L’EX-DIRECTEUR D’UNE BANQUE DE SPERME A 49 ENFANTS BIOLOGIQUES

Ils sont 49 «descendants directs», tous nés d’un même père: Jan Karbaat… L’organisation Defence for Children (défense pour les enfants) dans un communiqué précise : «Les résultats (des tests ADN) confirment de sérieux soupçons selon lesquels Karbaat utilisait son propre sperme dans sa clinique».
Cet ancien directeur d’une banque de sperme à Barendrecht aux Pays-Bas, au cœur d’un scandale retentissant, est accusé d’avoir remplacé, dans les années 1980, le sperme choisi par des familles pour des fécondations in-vitro, par le sien. (Lire ici)

Ce qui stimule l’intérêt pour cette information, c’est le motif : pourquoi ce monsieur a-t-il remplacé les échantillons choisis par les familles par le sien ? Pour faire une bonne blague à ceux qui avaient choisi sur catalogue un donneur blonds yeux bleus et qui se retrouvent avec un mioche brun aux yeux noir ? Ou bien pour éprouver une étrange jouissance de se penser père de 60 enfants ?
Oui, n’est-ce pas, c’est bien cela : démultiplier ses gènes, les répandre non pas dans un kleenex mais dans une matrice féminine pour la faire prospérer et donner naissance à des enfants qui, devenus grands, vont à leur tour la diffuser. En tout cas, si c’était bien le cas (1), ça confirmerait la théorie néo-darwinienne qui affirme, qu’outre la propagation de l’espèce, l’individu chercherait à se reproduire pour diffuser ses gènes ; ce qui implique le choix du partenaire le mieux à même d’engendrer une progéniture apte à la survie… ou plus simplement, en avoir le plus grand nombre possible.
On dira que ce que je présente ici comme la théorie darwinienne n’est en fait qu’une des branches du néo-darwinisme, qu’il y en a d’autres… mais qu’elles sont en compétition pour se propager dans les siècles à venir.
Comme vous voyez, le darwinisme a réponse à tout. N’empêche : j’aimerais savoir ce qui se passe dans la tête quand on fournit son sperme pour une fécondation in vitro : y a-t-il une jouissance de la démultiplication ? Dans ce cas on réfuterait Sade qui dénonçait « le plat souci de la propagation de l’espèce ».
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(1) On ne le saura jamais parce que le docteur Karbaat est mort en  2017, faisant du coup une soixantaine d’orphelins.