Affichage des articles dont le libellé est poils. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est poils. Afficher tous les articles

vendredi 16 janvier 2026

La puissance du poil – Chronique « genrée » du 17 janvier

Bonjour-bonjour

 

Je viens de visionner un spectacle de ballet monté par le Capitole de Toulouse en octobre 2024. Il s’agit de Sémiramis & Don Juan – Ballet de Gluck donné à l’Opéra national du Capitole (Octobre 2024)

- Oui, je sais : ça fait un peu tard, mais enfin pourquoi pas ? Car si je vous en parle c’est pour pointer un détail physique des danseurs, tous présentés à la mode de Béjart torses nus et soigneusement épilés – à l’exception des aisselles.

Je sais bien que parler de poils n’a jamais été reçu comme acceptable : déjà du temps de Platon, Socrate était scandalisé en imaginant que « des choses ignobles, telles que « poil, boue, ordure, enfin tout ce que tu voudras de plus abject et de plus vil, puissent être dotées d’une essence qui en ferait une réalité appartenant au monde de l'intelligible et qui auraient possédé la perfection éternelle et la réalité absolue. » Platon – Parménide (130c).

Si je cite cette référence, c’est qu’elle souligne l’ambiguïté du poil dans nos sociétés : à la fois vulgaire et malpropre, l’homme doit se raser pour être convenable ; mais ces mêmes poils, taillés en moustache et en barbe sont un signe de virilité et de la noblesse. C’est qu’ils sont le privilège des hommes – les quelques femmes porteuses de barbe étant classées dans le genre des monstres de foire.

Les danseurs du ballet du Capitole arborent donc une contradiction : certes leurs torses épilés signalent le caractère raffiné de leur personnage. Mais la touffe de poils conservée dans le creux de leurs aisselles apparait à l’état brut, sans aucun raffinement ; c’est qu’elle évoque quelque chose de sauvage, sorte de résurgence de la nature qui fait craquer le vernis culturel de la peau glabre. 

Cette image d’une force qui, tel un geyser, surgit brusquement en faisant craquer la surface lisse du corps donne une image saisissante de la puissance contenue dans la musculature de ces danseurs.

C’est sans doute avec ce message que la barbe de 3-jours a été choisie comme ornement valorisant par les hommes ?

--------------------

P.S. Ce contraste entre la nature et la culture apparait aussi avec ces pubis épilés qui laissent néanmoins surgir la pilosité naturelle dans des replis managés en cet endroit par la nature – chez les dames, cela va de soi.

samedi 17 mai 2025

Poil au nez - Chronique du 18 mai

Bonjour-bonjour

 

Le saviez-vous ? Ceux qui arrachent leurs poils de nez, les jugeant affreux – surtout avec ces images qu’on prend en permanence de nous et qu’on publie sur les réseaux sociaux, révélant indiscrètement que nos fosses nasales recèlent de nombreux et disgracieux poils – ont tout faux.

 


Car la presse le répète aujourd’hui encore : pour notre santé vous ne devez pas arracher les poils de votre nez. Les poils de nez agissent comme un filtre naturel, retenant les particules polluantes et les allergènes présents dans l'air que nous respirons. 

Cet épisode montre combien notre ignorance des lois de la nature est grande : « La nature ne fait rien en vain » comme le dit Aristote – les poils de notre corps ont tous une fonction et bien sûr aussi ceux qui se développent dans nos narines. Ce site nous explique le rôle protecteur des poils tout en rappelant que leur suppression n’est qu’une question de mode.

Autrefois on arborait fièrement les touffes de poils partout où ils étaient implantés. Voyez par exemple l’allégorie féminine représentant « La liberté guidant le peuple » de Delacroix, qui arbore sans aucune gêne une touffe de poils axillaires.

 

 

- Mais alors, que faire avec nos poils de nez ? Car ils restent fort disgracieux même s’ils sont aussi très utiles ? 

L’article cité propose une solution médiane : « Arracher ces poils à la racine peut affaiblir cette barrière naturelle, exposant ainsi les muqueuses à divers agents pathogènes. Mais en coupant simplement ce qui dépasse, vous préservez leur efficacité sans compromettre leur rôle protecteur. » 

Bref : tout comme vous faites le « tour de maillot », faites donc aussi le « tour de narine ».

mardi 25 juin 2024

A poil ! – Chronique du 26 juin

Bonjour-bonjour

 

« Lucy », notre lointaine ancêtre était glabre. Cette découverte ouvre à quelques hypothèses concernant la perte des poils qui primitivement recouvraient le corps de ces préhominiens.

Et en effet, quel est l’avantage évolutif de cette disparition ? On évoque « la thermorégulation qui pourrait avoir joué un rôle crucial : une diminution de la couverture de poils aurait en effet permis une meilleure dissipation de la chaleur corporelle, particulièrement avantageuse dans des environnements chauds où la régulation de la température corporelle est essentielle pour la survie ». (Lire ici)

Bon. Mais l'article en question ajoute : « si Lucy était effectivement moins poilue, cela change notre conception de son adaptation environnementale et sociale. Par exemple, l’idée que les premiers humains étaient en grande partie nus pendant une période significative de l’évolution remet en question notre compréhension des interactions sociales et des comportements de ces ancêtres. »

Ah-ah... Voilà que l'idée se précise : « la réduction de la pilosité pourrait être liée à des facteurs d’attraction sexuels et sociaux. Une peau nue aurait en effet pu permettre une meilleure reconnaissance des signaux visuels et olfactifs entre individus, facilitant ainsi les interactions sociales et renforçant les liens au sein des groupes sociaux. »

A poil, mais sans les poils. D’ailleurs certains paléo-anthropologues ajoutent à cela la permanence des seins qui dans d’autres espèces de primates disparaissent en dehors des périodes d’allaitement : preuve selon eux que l’attrait sexuel est déterminant.


... Imaginons donc Adam et Eve d’il y a 3 millions d’années :

 


Cette absence de poils même associée à des nichons : pas sûr que ça suffise à rendre Lucy attractive. Mais il faut aussi imaginer à quoi ressemblaient les messieurs d’alors.

 

 

samedi 22 avril 2023

Poil au zizi – Chronique du 23 avril

Bonjour-bonjour

 

Une question qui, sans être existentielle, n’en est pas moins interpellante : « Pourquoi les humains, contrairement aux autres primates, n'ont pas le corps recouvert de poils ? »

Étrange, ne trouvez-vous pas ? D’autant que « Techniquement, nous avons des poils sur tout le corps, mais ce sont des follicules miniaturisés », comme l’explique Tina Lasisi, biologiste anthropologiste à l’Université de Californie du Sud. Entendez que chacun d’entre nous a le corps couvert de duvet transparent, qui correspond à un pelage avorté. Pourquoi donc cette « régression » puisque nous avons encore aujourd’hui les restes d’un pelage originaire ?

D’ailleurs, ce pelage, l’avons-nous définitivement perdu ? Des études scientifiques indiquent que les humains possèdent les gènes pour un pelage corporel, mais que notre régulation actuelle des génomes ne permet pas à ces gènes de s’exprimer. Nous n’avons plus de poils, parce que ça a bien arrangé nos ancêtres chasseurs-cueilleurs qui avaient besoin de se rafraichir assez vite, mais ça pourrait revenir. (Lire cet article)

 

- Comme nous sommes dimanche et que nous avons l’esprit badin, nous pouvons encore nous demander pourquoi nous avons conservé des poils à l’endroit du sexe ou des aisselles ?

Et en effet, Charles Darwin, pensait que la perte de notre pelage était due à la sélection sexuelle. Nos ancêtres auraient simplement privilégié des partenaires moins poilus. Aujourd’hui on rejette cette hypothèse, même si elle alimente notre cerveau de quelques fantasmes bien mignons.

Qui donc irait fricoter avec une femme à barbe ?



Conchita Wurst


Alors, quid des poils au zizi ? Nos chercheurs qui sont plus sérieux, avouent qu’ils ne savent pas trop sauf à supposer quelque accointance avec les primates : notre sexe est resté velu parce qu’il perpétue la bête en nous.

 

- Bof… What else ? 

Attendez : j’ai gardé le meilleur pour la fin : « Une compréhension plus évoluée de ce sujet pourrait avoir des implications pour les personnes faisant face à une perte involontaire de cheveux suite à un dégarnissement, une chimiothérapie ou d’autres dysfonctionnements entraînant la perte de cheveux. » (Article cité)

Là, ça commence à vous intéresser, n’est-ce pas ?