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samedi 1 novembre 2025

Du CO2 à plein poumons – Chronique du 2 novembre

Bonjour-bonjour

 

Certains, soucieux de délivrer la planète de son principal prédateur, s’en réjouiront : la science est catégorique, l'espèce humaine va disparaître.

Evelyne Heyer, professeure d'anthropologie génétique au Muséum national d'histoire naturelle l’a rappelé « C'est la règle de l'évolution : toutes les espèces disparaissent /…/ Dans l'extraordinaire saga des lignées humaines, il y a déjà eu des extinctions, dont la plus récente : l'homme de Néandertal » 

Toutefois, « le moteur de l'évolution reste le hasard » /… et/ l'espèce humaine continuera peut-être d'évoluer au fil des millions d'années à venir, peut être vers une forme évoluée de l'humain. (Lu ici)

--> De fait, il n'y a que deux possibilités : soit une crise majeure où un phénomène extérieure nous extermine dans une fulgurante catastrophe ; soit notre « espèce fine » s'éteindra pour laisser place à d'autres espèces « fines ».

Que penser de cette alternative ? Imaginez-vous qu’en effet, dans quelques temps, de jolis animaux gambaderont dans de belles forêts, et des truites sauteront dans de belles petites rivières, sans qu’aucun produit chimique, aucun bulldozer ne viennent les débusquer ni les empoisonner.

 


- A moins que… Oui, imaginez ce que serait la nouvelle espèce humaine « fine » pour reprendre le terme de l’anthropologue. Cette nouvelle espèce humaine sera mieux adaptée à l’environnement – oui, mais quel environnement ? Celui que nous sommes en train de saccager ? Ou bien un autre, entièrement créé par des artefacts humains ? Imaginez qu’après avoir inventé l’homme augmenté, nous ayons inventé la nature augmentée ? Avec des arbres, des oiseaux, des animaux à quatre pattes dont la caractéristique principale serait leur aptitude à survivre dans une nature définitivement polluée, tirant leur substance d’un air vicié et d’une terre empoisonnée ?

Avec des hommes devenus capables de vivre à condition de respirer du CO2 à plein poumons.

dimanche 16 février 2025

Qui a été le premier : l’œuf ou la poule ? – Chronique du 17 février

Bonjour-bonjour

 

La question de savoir qui de l’œuf ou de la poule est apparu en premier intrigue philosophes et scientifiques

 


Or voici ce qu’on peut lire ce matin dans Science et vie, la revue en ligne : « Selon le communiqué de presse de l’Université de Genève, “les outils génétiques pour créer des œufs étaient présents bien avant que la nature n'invente les poules”. »


- C’était dans les mers d’il y a un milliard d’années ; à cette époque ni les poules, ni leurs œufs n’existaient. Par contre on rencontrait un microbe marin dont le cycle de reproduction apporte des indices sur les origines de la vie multicellulaire et l’apparition des œufs.

Selon la revue Nature cet organisme présente un comportement de division cellulaire unique. « Une fois sa taille maximale atteinte, Chromosphaera perkinsii (c’est le nom de cette petite bête) ne continue pas de croître, mais se divise en plusieurs cellules distinctes, formant temporairement une colonie multicellulaire. Ce processus, appelé division palintomique, ressemble aux premières étapes de développement embryonnaire observées chez les animaux modernes. »

Cette découverte indique que les mécanismes génétiques nécessaires à la formation d'œufs existaient avant même l'apparition des premiers animaux. Selon le communiqué de presse de l’Université de Genève, “les outils génétiques pour créer des œufs étaient présents bien avant que la nature n'invente les poules”

Et voilà : notre erreur n’a pas seulement été de croire bêtement que la cause de l’œuf devait nécessairement être une poule ; elle a été aussi de croire que l’œuf ne pouvait exister que pour fabriquer une poule ; or comme on le voit, l’œuf a d’abord tiré de lui-même sa justification ; il s’est auto-développé au-delà de sa nature unicellulaire, mais sans s’orienter vers la création d’un organisme nouveau. L’œuf grandit en devenant non pas une poule, mais un super-œuf.

 

- C’est la mise à mal du finalisme qui explique la Nature comme étant destinée à engendrer l’espèce humaine. C’en est fini du « principe anthropique ».

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N.B. « Le principe anthropique fort postule que les paramètres fondamentaux dont l'Univers dépend sont réglés pour que celui-ci permette la naissance et le développement d’observateurs en son sein à un certain stade de son développement. » Lu ici

mardi 25 juin 2024

A poil ! – Chronique du 26 juin

Bonjour-bonjour

 

« Lucy », notre lointaine ancêtre était glabre. Cette découverte ouvre à quelques hypothèses concernant la perte des poils qui primitivement recouvraient le corps de ces préhominiens.

Et en effet, quel est l’avantage évolutif de cette disparition ? On évoque « la thermorégulation qui pourrait avoir joué un rôle crucial : une diminution de la couverture de poils aurait en effet permis une meilleure dissipation de la chaleur corporelle, particulièrement avantageuse dans des environnements chauds où la régulation de la température corporelle est essentielle pour la survie ». (Lire ici)

Bon. Mais l'article en question ajoute : « si Lucy était effectivement moins poilue, cela change notre conception de son adaptation environnementale et sociale. Par exemple, l’idée que les premiers humains étaient en grande partie nus pendant une période significative de l’évolution remet en question notre compréhension des interactions sociales et des comportements de ces ancêtres. »

Ah-ah... Voilà que l'idée se précise : « la réduction de la pilosité pourrait être liée à des facteurs d’attraction sexuels et sociaux. Une peau nue aurait en effet pu permettre une meilleure reconnaissance des signaux visuels et olfactifs entre individus, facilitant ainsi les interactions sociales et renforçant les liens au sein des groupes sociaux. »

A poil, mais sans les poils. D’ailleurs certains paléo-anthropologues ajoutent à cela la permanence des seins qui dans d’autres espèces de primates disparaissent en dehors des périodes d’allaitement : preuve selon eux que l’attrait sexuel est déterminant.


... Imaginons donc Adam et Eve d’il y a 3 millions d’années :

 


Cette absence de poils même associée à des nichons : pas sûr que ça suffise à rendre Lucy attractive. Mais il faut aussi imaginer à quoi ressemblaient les messieurs d’alors.

 

 

mercredi 6 septembre 2023

La guerre du feu n’a pas eu lieu – Chronique du 7 septembre

Bonjour-bonjour

 

Si nous ne sommes pas tous frères, nous sommes néanmoins tous cousins

C’est ce que montre cette découverte récente d’un « goulot d’étranglement de population » durant l’évolution de notre espèce il y a 900000 ans, au cours duquel nos ancêtres (des « Homo heidelbergensis ») auraient vu leur nombre fondre pour atteindre… 1300 exemplaires ! 

 

 

Goulot d’étranglement génétique (voir ici)

 

A supposer que l’éloignement de cet évènement le rende trop incertain pour affecter notre jugement, sachez que le même épisode a dû se répéter plusieurs fois au cours de l’histoire de l’espèce. (Dans le schéma ci-dessus il se situerait plutôt à - 400000 ans)

Mais ce qui compte, c’est qu'on estime que cet épisode s’est répété au cours des temps, jusqu’à limiter notre espèce à 15000 individus il y a 70000 ans.

 

D’où plusieurs faits significatifs :

            *D’abord cette réduction nous libère du fantasme d’une humanité en lutte contre elle-même, s’autodétruisant durant une « guerre du feu ») : les conditions naturelles sur lesquelles nous n’avions à l’époque aucune prise sont la cause exclusive de ces quasi-apocalypses. 

            * Autre fait important : nous sommes largement consanguins puisque ce faible nombre d’ancêtres fait de nous des cousins ; c’est d'ailleurs ce que les analyses génétiques des hommes d’aujourd’hui établit.

            * Les divergences raciales perdent alors tout intérêt : survenues après ce dernier « goulot », elles n’affectent pratiquement pas le patrimoine génétique humain établi, rappelons-le, depuis moins de 70000 ans.

 

--> Reste que cette différenciation accélérée montre s’il était nécessaire que l’évolution de notre espèce a toujours fonctionné, n’en déplaise aux créationnistes.

C’est d’ailleurs ce qu’explique excellemment le Chat de Philippe Geluck :



samedi 22 avril 2023

Poil au zizi – Chronique du 23 avril

Bonjour-bonjour

 

Une question qui, sans être existentielle, n’en est pas moins interpellante : « Pourquoi les humains, contrairement aux autres primates, n'ont pas le corps recouvert de poils ? »

Étrange, ne trouvez-vous pas ? D’autant que « Techniquement, nous avons des poils sur tout le corps, mais ce sont des follicules miniaturisés », comme l’explique Tina Lasisi, biologiste anthropologiste à l’Université de Californie du Sud. Entendez que chacun d’entre nous a le corps couvert de duvet transparent, qui correspond à un pelage avorté. Pourquoi donc cette « régression » puisque nous avons encore aujourd’hui les restes d’un pelage originaire ?

D’ailleurs, ce pelage, l’avons-nous définitivement perdu ? Des études scientifiques indiquent que les humains possèdent les gènes pour un pelage corporel, mais que notre régulation actuelle des génomes ne permet pas à ces gènes de s’exprimer. Nous n’avons plus de poils, parce que ça a bien arrangé nos ancêtres chasseurs-cueilleurs qui avaient besoin de se rafraichir assez vite, mais ça pourrait revenir. (Lire cet article)

 

- Comme nous sommes dimanche et que nous avons l’esprit badin, nous pouvons encore nous demander pourquoi nous avons conservé des poils à l’endroit du sexe ou des aisselles ?

Et en effet, Charles Darwin, pensait que la perte de notre pelage était due à la sélection sexuelle. Nos ancêtres auraient simplement privilégié des partenaires moins poilus. Aujourd’hui on rejette cette hypothèse, même si elle alimente notre cerveau de quelques fantasmes bien mignons.

Qui donc irait fricoter avec une femme à barbe ?



Conchita Wurst


Alors, quid des poils au zizi ? Nos chercheurs qui sont plus sérieux, avouent qu’ils ne savent pas trop sauf à supposer quelque accointance avec les primates : notre sexe est resté velu parce qu’il perpétue la bête en nous.

 

- Bof… What else ? 

Attendez : j’ai gardé le meilleur pour la fin : « Une compréhension plus évoluée de ce sujet pourrait avoir des implications pour les personnes faisant face à une perte involontaire de cheveux suite à un dégarnissement, une chimiothérapie ou d’autres dysfonctionnements entraînant la perte de cheveux. » (Article cité)

Là, ça commence à vous intéresser, n’est-ce pas ?

dimanche 16 avril 2023

Gentil le Toutou – Chronique du 17 avril

Bonjour-bonjour

 

Ils en ont de bonnes les biologistes quand ils s’occupent de l’évolution des espèces. C’est ainsi qu’ils prétendent avoir mis en évidence la preuve que l’espèce humaine, à l’instar des bonobos et autres chimpanzés, se sont « auto-domestiqués » au cours de leur évolution induisant une modification de leur morphologie, de leur comportement et surtout de leur patrimoine génétique liés à une « auto-sélection » des individus les plus dociles, les plus sociables, les moins impulsifs. 

Oui, ça ne colle pas vraiment avec l’expérience quotidienne, comme en témoigne cet article de presse intitulés ainsi : « TEMOIGNAGES. Incivilités, insultes, agressions, stress... Des vétérinaires brisent le tabou de leur souffrance au travail » - Et encore ne s’agit-il pas là d’une profession particulièrement exposée à la violence des usagers.

 

- Essayons d'y voir plus clair : lisons la suite de cet article  

Ce processus est décelable dans certaines espèces sauvages : ainsi des loups « qui sont ainsi devenus de gentils toutous, avec des cerveaux plus petits, un visage plus enfantin, un pelage plus tacheté, une queue qui rebrousse, une enfance prolongée, un comportement plus joueur, un langage plus développé. » On y ajoute pour faire bonne mesure « les porcs, les moutons, les vaches », avant de conclure : « c’est le syndrome de la domestication. » (Art. cité)

 

Il est tentant de voir dans ces exemples d’auto-domestication la preuve que la coopération entre membres d’une même espèce comporte un avantage évolutif que la violence ne comporte pas. Mais aussi, la description des effets de cette auto-sélection sur les individus laisse penser que la pérennisation des traits enfantins serait un effet de la domestication. Cela fait longtemps qu’on avait pointé la « néoténie » comme marque particulière de l’espèce humaine et des espèces domestiquées. (cf. cet article) Nous sommes des enfants attardés, tout comme nos chiens, nos chats et nos lapins.

L’humanité serait donc faite de gentils enfants ? Et notre Gourou s’appellerait Walt Disney ?

 


Toutefois, comme cet article le fait justement observer, en matière d’évolution il y a de la différence entre la théorie globalement vraie au niveau de l’espèce, et le détail de la vie des individus. Seulement on voudrait savoir comment – et surtout pourquoi – le gentil Toutou se transforme parfois en bête sanguinaire ?

Quand même : et si la gentillesse était un des grands ressorts de l’évolution ? 

--> Journée internationale de la gentillesse le 3 novembre prochain. D’ici là… à vous de voir.

jeudi 29 septembre 2022

Et si Néandertal avait gagné ? – Chronique du 30 septembre

Bonjour-bonjour

 

Nous sondons le passé pour comprendre le présent : ainsi de la réussite d’Homo sapiens en concurrence avec Homo néandertalensis. Si nous comprenions grâce à quelle faculté nos ancêtres ont réussi à s’imposer là où l’espèce Neandertal triomphait depuis des centaines de milliers d’années, alors nous saurions peut-être mieux à quelle faculté nous confier pour réussir face aux dangers de l’avenir.

 


Voyez cette photo : à gauche Sapiens ; à droite Neandertal. Vu comme ça, il n’y a pas beaucoup de différences, sauf pour la forme du crane : front bombé pour l’un, crâne tiré en chignon pour l’autre. C’est peu et c’est beaucoup, car avec son front bulbeux le sapiens a eu la possibilité de loger dans l’espace frontal d’avantage de neurones que son cousin : « La production de neurones dans le néocortex au cours du développement fœtal est plus importante chez l'homme moderne qu'elle ne l'était chez l'homme de Neandertal, en particulier dans le lobe frontal », résume Wieland Huttner dans ce récent article. « Il est tentant de supposer que cela a favorisé les capacités cognitives humaines modernes associées au lobe frontal. » 

Bref, ce qui est la marque de l’homme moderne, ce sont ses capacité cognitives car ce sont elles qui lui ont permis de dominer la réalité – non seulement en la comparant au passé, mais encore en évaluant son évolution grâce à des projections sur l’avenir. Et pour cela il a suffi d’une toute petite mutation de rien du tout, qui a facilité la prolifération des neurones (cf. art. cité).

 

- La cause est entendue : ce sont nos facultés cognitives qui seules peuvent nous sauver des dangers du monde, à commencer par les changements climatiques induits par… les productions de notre intelligence.


L'intelligence serait donc capable du pire comme du meilleur ? Voilà le doute qui s'installe : faut-il se réjouir ou se désoler du triomphe de Sapiens ? Où en serions-nous si c’était Néandertal qui s’était imposé ? Lui qui devait gérer sa vie uniquement avec ses émotions (1) et les traditions qui les canalisaient, n’aurait-il pas su mieux que nous préserver les ressources de la planète ? Les humains seraient peut-être moins nombreux aujourd’hui, mais justement n’est-ce pas cela que la Nature nous impose avec violence à présent ? À quoi bon cette anticipation rationnelle si c’est pour se désoler du résultat ? 

Dans ce cas, le philosophe du jour c’est Rousseau – celui du Discours sur les sciences et les arts.

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(1) Sur la production des émotions dans le cerveau moderne, voir ceci

mercredi 10 novembre 2021

L’homme : un bipède sans queue – Chronique du 11 novembre

Bonjour-bonjour

 

L’actualité du jour me laissant en panne d’inspiration je reprends cette information émanant de Bo Xia, un centre de recherche basé à New-York. Ces chercheurs qui se sont intéressés au génome des hominidés, ont constaté qu’une seule mutation génétique avait suffi à faire disparaitre la queue des hominidés il y a environ 25 millions d’années, très longtemps donc avant l’homme moderne.

Cette transformation morphologique aurait eu lieu de façon soudaine et non progressive. L’article qui rapporte cette source ajoute qu’il est impossible d’expliquer pourquoi cette mutation a été sélectionnée au cours de l’évolution.

 

En effet, pour qu’une mutation parvienne à modifier une lignée d’êtres vivants, il faut deux facteurs : 1° une mutation génétique ; 2° que les porteurs de cette mutation en soient avantagés pour se reproduire. Et c’est ici que commence le mystère : en quoi cette disparition a-t-elle été un avantage décisif pour l’espèce ? Les hommes primitifs étaient-il plus séduisants sans leur queue ? Et les demoiselles ? Etaient-elles plus attirantes sans cet appendice ?

D’ailleurs on ne sait trop à quoi il ressemblerait : il pourrait être fort encombrant 



Imaginons que les hommes d’affaire qui se pressent dans les buildings de la Cité ou de N-Y en soient encore munis. Comment le porteraient-ils ? Jeté sur l'épaule, comme le tuyau de la pompe à essence ? Ramassé dans un sac porté en bandoulière ? En tout cas, le laisser trainer par terre, ça serait risquer qu'on lui marche dessus : demandez au minet ce que ça donne.

En vérité, la nature a laissé leur queue à des espèces qui s’en seraient bien passé – et qui s’en passent d’ailleurs comme les chiens dont certains sont « anoures ». Car, oui, les hommes ne sont pas les seuls dans le monde animal à être privés de queue et on ne pourrait les définir comme des « bipèdes sans queue ». Mais c’est sans doute le seul à s’en étonner.


vendredi 18 décembre 2020

Pourquoi Homo sapiens a-t-il remplacé Neandertal ? – Chronique du 19 décembre

Bonjour-bonjour


 Je me doute que cette question vous ne vous la posez pas le matin en vous levant. Ni même plus tard en vous rasant…

On nous dit que nous autres sapiens nous n’aurions, à cette lointaine époque, pas du tout été des massacreurs de race inférieure. Que c’est par l’amour et non par la guerre que ces gens auraient disparu. Que cette extinction s’expliquerait par le métissage plus que par la violence. En effet, comme les néanderthaliens étaient à l’époque très peu nombreux et dispersés sur un territoire immense, ils auraient eu des difficulté d’accouplement vu le faible nombre de partenaire possibles ; et que les sapiens, plus nombreux et sans doute mieux organisés en clans ou en tribus se seraient reproduits plus facilement. Alors on peut supposer que les malheureux néanderthaliens sautaient sur tout ce qui passait de copulable, y compris les sapiens présents dans leur secteur, engendrant des rejetons qui au cours des générations ont peu à peu peu leur caractères originels.

Bien sûr nous présumons que ça marchait dans les sens néanderthal-sapiens et non l’inverse. Mais après tout qu’en savons-nous ? Pourquoi l’esthétique de l’époque aurait-elle été opposée à l’aspect physique des néanderthals – même avec leur crâne en forme de ballon de rugby et leur visière suborbitale ? Regardez la femme que nos ancêtre sapiens ont statufiée :

 


La Vénus de Willendorf, - 25000 ans. À voir en 3D, ici

 

Certains diront que nous avons toujours des femmes comme celles-là, mais que tant qu’à faire de sculpter une statuette féminine on choisira un modèle plus glamour – à moins d’être adepte des rondeurs féministe – ou artiste comme Niki de Saint Phalle)


Mais ces étonnements portent la preuve de l’erreur que nous commettons à juger du passé en fonction du présent, comme ici de croire que la sexualité serait dominée par le désir érotique. En fait ces statuettes aux attributs féminins hypertrophiés sont probablement liées à des cultes de la fécondité célébrée à travers les organes qui la favorisent. Si la préoccupation dominante de l'époque était elle-là, alors nous imaginerons facilement que, quand un monsieur Néanderthal voyait passer une madame Sapiens il ne se disait pas « Qu’est-ce qu’elle est b*** celle-là ! » mais plutôt « En voilà une à qui je vais pouvoir faire un rejeton histoire de dupliquer mes gènes » 

Car c’est là la difficulté que les hommes comme les femmes de Néanderthal ont rencontrée : comment se reproduire ? On voit bien que même les communautés humaines actuelles sont dans cette problématique : en cas de sous-population, les hommes qui ont pour eux la force et la violence vont enlever des femmes des villages à côté pour leur faire des enfants – qui vont perpétuer leurs gènes. Là est la loi des espèces – de toutes les espèces.