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jeudi 1 février 2024

Les nouvelles Nounous – Chronique du 2 février

Bonjour-bonjour

 

Le plus jeune premier Ministre qui tient le discours du plus vieux notable de sous-préfecture : voilà à quoi nous sommes confrontés depuis quelques jours.

Car, oui : Gabriel Attal, sous des apparences de jeunesse et de dynamisme, tient le même langage que tenait, il y a 50 ans, l’arrière garde de l’ordre moral : « Apprendre le respect à ceux qui l’ignorent ». 

Mais il n’est pas tout seul : le Président n’a pas hésité pas à crier « L’ordre, l’ordre, l’ordre ! » après les émeutes de juin dernier.

C'est tout ? Mais non : voilà les Lumières qui s’allument. La philosophie nous l’apprend : partout où la raison s’impose, la barbarie disparait. Mais il y a une condition pour cela : que la discipline soit enseignée dès le plus jeune âge.

C’est du moins ce que Kant disait : « …discipliner, c'est chercher à empêcher que ce qu'il y a d'animal /en l’homme/ n'étouffe ce qu'il y a d'humain, aussi bien dans l'homme individuel que dans l'homme social. » Et il ajoutait tout aussi tôt : « Quand on a laissé l’homme faire toutes ses volontés pendant sa jeunesse et qu’on ne lui a jamais résisté en rien, il conserve une certaine sauvagerie pendant toute la durée de sa vie » ; autrement dit, la discipline, on n’a que quelques années pour l’apprendre, les toutes premières de la vie ; après c’est trop tard. 

On lira ici (dans l’introduction) cet « ode » à la discipline. / 

 

- Nous voilà avertis : pour autant que nos ministre aient lu Kant (et on peut supposer qu’avec un Président-philosophe il y ait ce qu’il faut au moins dans la tête de la tête de l’État), hé bien nous devons recruter de nouvelles Nounous.

Qui ressembleront à ça :

  

 

Vous voilà rassuré ?

dimanche 16 avril 2023

Gentil le Toutou – Chronique du 17 avril

Bonjour-bonjour

 

Ils en ont de bonnes les biologistes quand ils s’occupent de l’évolution des espèces. C’est ainsi qu’ils prétendent avoir mis en évidence la preuve que l’espèce humaine, à l’instar des bonobos et autres chimpanzés, se sont « auto-domestiqués » au cours de leur évolution induisant une modification de leur morphologie, de leur comportement et surtout de leur patrimoine génétique liés à une « auto-sélection » des individus les plus dociles, les plus sociables, les moins impulsifs. 

Oui, ça ne colle pas vraiment avec l’expérience quotidienne, comme en témoigne cet article de presse intitulés ainsi : « TEMOIGNAGES. Incivilités, insultes, agressions, stress... Des vétérinaires brisent le tabou de leur souffrance au travail » - Et encore ne s’agit-il pas là d’une profession particulièrement exposée à la violence des usagers.

 

- Essayons d'y voir plus clair : lisons la suite de cet article  

Ce processus est décelable dans certaines espèces sauvages : ainsi des loups « qui sont ainsi devenus de gentils toutous, avec des cerveaux plus petits, un visage plus enfantin, un pelage plus tacheté, une queue qui rebrousse, une enfance prolongée, un comportement plus joueur, un langage plus développé. » On y ajoute pour faire bonne mesure « les porcs, les moutons, les vaches », avant de conclure : « c’est le syndrome de la domestication. » (Art. cité)

 

Il est tentant de voir dans ces exemples d’auto-domestication la preuve que la coopération entre membres d’une même espèce comporte un avantage évolutif que la violence ne comporte pas. Mais aussi, la description des effets de cette auto-sélection sur les individus laisse penser que la pérennisation des traits enfantins serait un effet de la domestication. Cela fait longtemps qu’on avait pointé la « néoténie » comme marque particulière de l’espèce humaine et des espèces domestiquées. (cf. cet article) Nous sommes des enfants attardés, tout comme nos chiens, nos chats et nos lapins.

L’humanité serait donc faite de gentils enfants ? Et notre Gourou s’appellerait Walt Disney ?

 


Toutefois, comme cet article le fait justement observer, en matière d’évolution il y a de la différence entre la théorie globalement vraie au niveau de l’espèce, et le détail de la vie des individus. Seulement on voudrait savoir comment – et surtout pourquoi – le gentil Toutou se transforme parfois en bête sanguinaire ?

Quand même : et si la gentillesse était un des grands ressorts de l’évolution ? 

--> Journée internationale de la gentillesse le 3 novembre prochain. D’ici là… à vous de voir.

mardi 26 juillet 2022

L’ensauvagement responsable – Chronique du 27 juillet

Bonjour-bonjour

 

Cette période de vacances est une porte ouverte sur la déconnexion, l’oubli des cadres et des contraintes, l’ensauvagement.

Et voilà que c’est ce moment qu’on choisit (voir ici) pour nous expliquer que les vacances ont une histoire, que cette histoire montre clairement que tout cela répond à des mécanismes socio-économiques, et que même en remontant aux congés payés de 1936 on ne trouve que des obligations sociales y compris celles de jouir et d’être heureux.

On régira en soulignant que les vacances évoluent par le rejet systématique des limites et que, si les Routards et leur célèbre Guide sont des organisations bien cadrées, à leur origine du moins ils jaillissaient du rejet des cadres et des limites.

C’est là que les spécialistes de l’article mentionné débarquent : on peut en effet percevoir cette aspiration au changement perpétuel, mais il faut aussi rester dans le cadre de la responsabilité.

Philippe Bourdeau, professeur à l’Institut de géographie alpine de l’Université Grenoble-Alpes et spécialiste de la transition touristique, le constate : « L’imaginaire du tourisme a longtemps été désinvolte : tout oublier, se libérer des contraintes vestimentaires et sexuelles… On a mis du temps à comprendre qu’on ne pouvait prétendre à une émancipation aussi poussée et qu’il fallait reprendre ses responsabilités. » (Article cité)

 

Les trois mots d’ordre de ces vacances-hors limites étaient : liberté, authenticité, mise à l’épreuve de soi. Liberté de vivre une sexualité sans tabous ? Soit mais pas en pratiquant le tourisme sexuel. Authenticité des peuples premiers et de leurs pratiques ancestrales ? Sans doute mais comment les rencontrer sans les dénaturer ? Mises à l’épreuve dans les voyages où les pieds sont le seul moyen de déplacement ? Oui-oui… Jusqu’à ce qu’on invente les treks avec les 4X4 pour les riches touristes.


Illustration de l’article cité

Mais l’histoire a des retournements absolument stupéfiants. Car voilà que ce sont les dirigeants des sociétés qu’on cherchait à fuir qui nous demandent de revenir aux pratiques des hippies et des routards. Oui, c’est eux qui aujourd’hui nous recommandent la sobriété énergétique pendant que les économistes nous en avertissent : pour les vacances, le « Quoiqu’il en coûte » c’est fini.

vendredi 6 mai 2022

Promenons-nous dans les bois.... – Chronique du 7 mai 2022

Bonjour-bonjour

 

Imaginez : vous êtes en train de marcher dans les sous-bois à la recherche du muguet de ce début mai. Tout à coup, un frémissement dans les buissons : vous sursautez, craignant d’avoir dérangé un animal peut-être dangereux, comme une laie avec ses marcassins. Et là, tout à coup, vous vous trouvez face à ... un loup !

 

C’est la panique qui vous saisit, comme si, remontant d’un lointain passé, la chèvre de monsieur Seguin et le petit Chaperon-rouge réunis s’étaient trouvés devant vous. Toute une imagerie venue du fond de l’histoire, avec les hurlements nocturnes de la meute et ses cadavres à demi dévorés dans le givre du petit matin venaient de surgir de votre mémoire – une mémoire biologique, venue du fond de l’espèce.

- Pourtant c’est avéré, la presse en parle, photo à l’appui : « La préfecture de la Marne vient de confirmer qu’un loup a été pris en photo le lundi 4 avril sur la commune de Pévy, située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Reims. » (Lu ici)

Faut-il croire à une mémoire biologique, comme celle qui alerte les poules quand un leurre en forme de rapace planant au-dessus d’elles déclenche la panique dans le poulailler ? Ou bien suffit-il des comptines apprises en maternelles ? (1)

D’une manière comme d’une autre, cette peur viscérale du loup s’articule sur un rejet de la nature sauvage, cantonnée dans un milieu dont nous voulons être séparés par une cloison étanche. Or, ce que des écologistes pratiquent depuis un certain temps, c’est le retour d’une vie où la nature sauvage est étroitement associée à la nature domestiquée – voire même en fait totalement partie, chacune prospérant grâce à l’autre, un peu comme nous l’enseigne la permaculture. C’est ainsi qu’on nous présente le loup ou l’ours des Pyrénées qui pourraient côtoyer les troupeaux de brebis, sachant que grâce à des précautions simples on limitera à quelques animaux les proies dévorées par ces prédateurs : la part du feu en quelque sorte, grâce à laquelle la nature retrouvera son équilibre. Car les prédateurs sont nécessaires à une bonne harmonie du milieu comme le montre l’exemple du Parc de Yellowstone en Californie dont les végétaux étaient détruits par une prolifération des caprins, dont le pullulement fut arrêté grâce à la réintroduction des loups : depuis la végétation a retrouvé son équilibre naturel.

 

... Se pourrait-il que des prédateurs de ce genre soient nécessaires en politique aussi pour stimuler la vie démocratique en lui permettant de voir les abimes qui la bornent aux extrémités qu’elle côtoie sans les voir ? Les Zemmour qui rôdent toujours dans nos bois suscitant des tremblements démocratiques seraient-ils utiles à la république ?

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(1) Comme celle-ci.