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dimanche 18 janvier 2026

Trump, le nouveau Père Ubu – Chronique du 18 janvier

Bonjour-bonjour

 

L’entêtement de Donald Trump devient pathétique : s’il n’obtient pas la possession du Groenland, il sabordera l’OTAN et détruira ses anciens alliés. 

On tremble car, même si nous autres européens nous le voulions nous ne pourrions pas lui donner satisfaction. C’est que le Groenland appartient aux Groenlandais

Bizarre ? Pas tant que ça. Récapitulons : le Groenland est un territoire constitutif du Danemark qui lui a accordé l’autonomie territoriale et l’autogouvernance. A ce titre, ce sont aux groenlandais et non aux danois de décider s’il est possible de vendre ce territoire aux USA. Mais voilà : les groenlandais cherchent principalement à consolider leur autonomie politique et territoriale – et surtout pas à se trouver un nouveau seigneur

- Au fond, Donald Trump est comme le Père Ubu. Celui-ci, après avoir par traitrise renversé Roi de Pologne pour s'emparer de son trône, devient un despote en guerre contre le peuple – en découvrant avec dépit « qu’il y a des polonais en Pologne », tout comme il y a des groenlandais au Groenland. 

Mais le rapprochement ne s’arrête pas là. Bien décidé à imposer son pouvoir, Ubu taxe les habitants avec un impôt de 10% sur tout ce qui existe dans le pays. 

Suite aux révoltes suscitées par cet abus, le voilà contraint à partir en guerre, monté sur son « cheval à phynances », pour encaisser l’impôt et décerveler tous ceux qui lui résistent. Après bien des péripéties, Ubu reviendra en France pour se faire nommer « Maître des finances à Paris ».

- Plus fort que le Père Ubu, Trump n’a même pas besoin de venir à Paris pour nous faire les poches : signer des décrets dans le bureau ovale lui suffit

 

Pour conclure : si Alfred Jarry a mobilisé les Russes en Ukraine pour arrêter Ubu, aujourd’hui ce sont les descendants des esquimaux qui vont résister à l'invasion.

Adaptant le slogan MAGA à leurs besoins, les voici qui crient :

Make America Go Away

samedi 13 septembre 2025

« Liberté – Égalité – Réalité » – Chronique du 14 septembre

Bonjour-bonjour

 

Courrier International nous rapporte ici un condensé des réactions de la presse internationale suite à la crise de la dette publique en France – crise assortie du départ de François Bayrou, 1er ministre.

- Article présenté avec une question : la France est-elle « le pays de l’irresponsabilité collective ? »

- Question développée ainsi : en matière de dépenses publiques, les Français sont-ils une « bande d’irresponsables joueurs ? » Ou font-ils preuve d’une résistance saine contre le dogme de l’austérité ? 

Les avis divergent mais je retiens le ton général : « Il y a dans le pays “une forme d’abandon de soi”. “Si la faillite financière n’est pas encore là, ce n’est pas le cas de la faillite morale. […] Mieux vaut la crise de l’État que les économies, la révolte plutôt que les réformes. »

Vu de l’étranger, la crise de la dette publique française aboutit à une crise politique, et le choix du budget n’est en réalité pas autre chose qu’un choix de société – d’où la violence des réactions politiques au vote du budget. 

Depuis 1789 la France montre la voie de la liberté et de la dignité morale au monde entier, et elle prétend continuer à le faire indépendamment du déni de réalité que cela suppose. Enrichir les pauvres sans prendre aux riches, voilà la nouvelle forme de ce credo.

Mais les marchés sont là, qui veillent. Et pour eux la crise française est perçue sur fond de la nouvelle donne internationale, qui demande aux pays européens de fournir un effort, considérable pour se réarmer, tout en perdant des parts de marchés à l’international. Dans ce cadre, la France ne pourrait s’en tirer qu’avec le soutien de l’Europe qui devrait émettre de la dette sous forme de titres de créance européens. Autrement dit, le problème n’est même plus de savoir si nous allons résorber notre dette souveraine, mais à qui nous allons continuer à devoir de l’argent.

- Mais qu’est-ce que ça change ? Voyez ce qu’est devenu le français, ce fier libérateur de l’Humanité :




jeudi 10 avril 2025

Le Peuple français contre la planète – Chronique du 11 avril

Bonjour-bonjour,

 

- « La majorité de droite et du centre a fait adopter plusieurs textes qui scandalisent les défenseurs de l'environnement, à commencer par une proposition de loi afin d'assouplir le très critiqué ZAN (zéro artificialisation nette) ».

Cette info (qu’on lit ici) n’est qu’une parmi beaucoup d’autres qui relayent ces débats au cours des quels les principales lois destinées à engager la transition écologique sont défaits à l’Assemblée. Le plus récent débat en cours de « détricotage » concerne l’institution des ZFE (= zones à faible émission) qui bloque les vieux véhicules hyper-polluants, empêchés de rouler dans les centres-villes au motif que ceux qui possèdent ces vieilles guimbardes n’ont pas d’argent pour s’en procurer d’autres.

On se rappelle que la révolte des Gilets-Jaunes a eu la même origine : le refus de payer la taxe carbone frappant le carburant pour inciter à moins utiliser la voiture. Le « petit peuple » relégué dans les lointaines banlieues ou à la campagne pour des raisons économiques a fait savoir qu’avant de protéger la planète il fallait songer à protéger les français – tous les français, y compris les plus pauvres. Et de brandir la Révolution française et sa proclamation de la souveraineté populaire.

C’est à cela que nous revenons ces jours-ci : la démocratie voudrait que le pouvoir souverain possédé par le peuple s’applique à la réalité – par exemple celle du réchauffement climatique. On pourrait alors voter contre l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, ou encore contre la pauvreté, la maladie etc…

Faut-il le rappeler : la souveraineté populaire exerce son pouvoir sur les volontés humaines et non sur les lois de la physique. Tout au plus peut-on contraindre les forces vives de la société à prendre en charge les malheurs ainsi occasionnés aux plus pauvres des citoyens.

vendredi 17 mars 2023

Souveraineté : pour y voir plus clair - Chronique du 18 mars

Bonjour-bonjour

 

Les contre-vérités pleuvent comme si nous étions en période de mousson. Ainsi de la souveraineté populaire, parfois opposée à elle-même à travers ses représentants élus sans qu’on sache exactement de quoi on parle.
- Écoutons Mathilde Panot qui, faisant allusion aux sondages d’opinions donnant des scores proches de 90% aux opposants à la réforme des retraites, déclare que la légitimité n'est plus à l’Assemblée nationale mais à la rue qui est soutenue par « la quasi-totalité du peuple », 

 

On reconnait cet argument déjà soutenu par les Gilets-jaunes, mais aussi par beaucoup d’autres réformateurs du passé. L’idée est que le pouvoir souverain ne pouvant se diviser, est en permanence entre les mains du peuple qui peut s’en dessaisir au profit de représentants dûment élus, mais qui peut aussi le ressaisir à tout moment (1). C’est ainsi que les élections exprimant la volonté populaire figée pour une durée fixe sont opposées aux sondages d’opinion qui en tiennent lieu dans la permanence. C’est de cette façon que les élus et les principaux responsables pourraient également être révoqués sur simple consultation du peuple, ou du moins d’une fraction représentative des citoyens. 

 

- Si je fulmine contre ces thèses, c’est qu’elles ne posent jamais ces deux questions fondamentales :

            * Peut-on comparer le sondage d’opinion au scrutin ? Ce dernier supposant un engagement qu’on ne peut révoquer sans mesures exprès, définies par la constitution, s’oppose à l’opinion publique évaluée selon des algorithmes opaques, et surtout émis dans l’instant et pour l’instant. Ajoutons que l’opinion est versatile - du moins celle dont se saisit le sondage (c’est du moins le point de vue des sondeurs eux-mêmes)

            * Peut-on gouverner un pays sans accorder aux gouvernants une légitimité dont la durée est pré-définie par la constitution ? L’idée qui s'impose est alors que le peuple souverain doit accepter de se dessaisir légalement de ses prérogatives - du moins s’il veut bénéficier d'un minimum d’efficacité exécutive.

- Entendons-nous : dans le système actuel le peuple n’est souverain qu’une fois tous les cinq ans, lors des scrutins présidentiel et législatif. Le reste du temps il est constitué de citoyens passifs.


La démocratie directe est un système qui veut réagir dans l’instant, peut donc être accepté de façon théorique. Mais les reproches qu’on lui fait d’impuissance car soumise aux soubresauts des émotions populaires ; et d’incompétence faute d’être guidée par les plus expérimentés (condamnés comme élites) – restent sans réponse.

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(1) Ce passage est inspiré du livre de Jean Bodin (1576) partiellement consultable ici.

jeudi 8 septembre 2022

La reine est morte – Vive le roi ! – Chronique du 9 septembre

Bonjour-bonjour

 

Oui, la Reine Elisabeth 2 est morte et beaucoup de britanniques ont le sentiment d’avoir perdu leur grand-mère.

- Leur grand-mère, peut-être – mais pas leur reine. Car celle-ci est immortelle en tant que dépositaire de la souveraineté qui constitue la part incorruptible des monarques ; Elisabeth 2 est morte mais elle s’est immédiatement réincarnée en la personne de Charles 3, son fils. Tel est le sens de l’adage « Le Roi (ou la Reine) est mort(e), vive le roi » signifiant que le roi succède à la reine dans l’instant même de son dernier souffle. Cette théorie distingue le corps naturel faillible, sujet à la maladie, à la décrépitude et à la mort – du corps social, qui survit à la mort du roi et des sujets, qui les incorpore, et n’est soumis ni à la maladie ni à la décrépitude.

Le théoricien qui a dégagé le premier cette conception (1) voulait montrer que cette représentation  de la souveraineté est directement issue de la théologie christique : Jésus est en effet à la fois homme et donc mortel, et en même temps Christ ressuscité qui trône à la droite du Père. « Le roi, dans son corps naturel et charnel, est un homme mortel tout comme Jésus de Nazareth, qui fut crucifié sous Ponce Pilate et mis au tombeau. Le même roi, succédant à son prédécesseur défunt (« le roi est mort, vive le roi »), oint lors du sacre, paré de ses insignes, de la couronne, du globe et du sceptre, est semblable au Christ ressuscité, tête de l’Église des croyants, qui est son corps sur terre » précise cet article de Wikipédia.

 

… Tout ça est bien beau, mais voilà que nous sommes en train de comparer le nouveau roi Charles 3 au Christ – rien que ça. 

 


o-o-o

- Que va-t-il devenir maintenant que sa maman n'est plus là ?

- Moi, ce qui m’intéresse c’est de voir comment les britanniques aux prises avec une crise économique sans précédent vont digérer cette perte. Vont-ils comme pour Diana se réunir afin de pleurer tous ensemble ? Ou bien sans attendre la fin de la trêve de 12 jours de deuil, vont-ils ressortir les banderoles et installer des piquets de grève ?

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(1) Il s’agit de Ernst Kantorowicz, professeur à Princeton, qui publia en 1957 « Les Deux Corps du roi. Essai sur la théologie politique au Moyen Âge », repris en Folio histoire n° 293.

jeudi 2 juin 2022

Le roi règne mais ne gouverne pas – Chronique du 3 juin

Bonjour-bonjour


« Le roi règne mais ne gouverne pas » : c’est par ce slogan que je souhaite revenir ce matin sur le jubilé de la reine Elisabeth II (1). Je souhaite en effet tenir compte des multiples commentaires faits sur son rôle et donc sur l’évaluation du règne dont on célèbre aujourd’hui le jubilé. 

- En effet on reproche parfois à Elizabeth II de ne pas avoir su intervenir dans les décisions politiques majeures prises par son gouvernement, lorsqu’elles impliquaient des décisions historiques – et aussi lorsque ces décisions allaient à rebours de ce qu’on croyait être son option. Ainsi du brexit auquel on sait qu’elle fut opposée, quoiqu’elle n’en ait rien dit qui puisse infléchir les choix faits en cette occasion.

On a alors évoqué la particularité du régime monarchique britannique : la Reine doit contresigner toutes les lois pour qu’elles soient valides ; mais elle ne peut en aucun cas ni les modifier ni les refuser.

En bref, beaucoup s’indignent que la Reine puisse régner sans gouverner. Mais rappelons que c’est là une particularité partagée par toutes les monarchies constitutionnelles, ainsi que le manifeste ce slogan des opposants de gauche durant la monarchie de Juillet : « Le roi règne mais ne gouverne pas » (2)

Mais on ne doit pas oublier que la distinction entre « régner » et « gouverner » remonte aux premiers chrétiens qui à l’époque romaine reprenaient à leur compte la distinction entre « potestas » et « auctoritas ». L’auctoritas est divine parce qu’elle soumet les hommes en apportant approbation ou désapprobation des dieux à leurs décisions. La potestas désigne la force et la compétence qui sont nécessaires pour réaliser les décisions des lois. Elles sont toutes deux des forces, mais elles ne sont pas de même nature. Il semble que cette distinction soit déjà présente dans la Bible avec la distinction entre Dieu qui prononce ses décrets et le Saint-Esprit qui le porte dans le monde : Dieu décide, mais le Saint-Esprit réalise.

 


Le Saint-Esprit représenté habituellement par une colombe mais présent dès la genèse sous forme de souffle divin

 

Cette distinction n’est pas seulement biblique comme on le verra avec cette très intéressante analyse : d’origine grecque, présente chez les romains, elle est pour finir reprise par Max Weber pour qui elle suppose un mélange de conviction (autorité) et de violence (pouvoir).

- Bref, toute la subtilité de la monarchie britannique est de séparer l’autorité du pouvoir – à la reine la force de conviction, et au Premier ministre la violence du pouvoir. 

Le président Macron a bien essayé d’en faire autant en 2017 : ça n’a pas marché.

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(1) J’avais en effet il y a 2 jours abordé la question du pouvoir de la Reine d’Angleterre comparé à celui de Louis XIV – voir ici

(2) « Le Roi garde le trône, poste toujours menacé, pour qu’un ambitieux ne s’en empare pas. Le pays se gouverne sous ces yeux avec son assentiment et sa gloire, car on vient tous les ans le féliciter de la prospérité publique qu’il n’a pas faite mais qu’il a suffisamment faite s’il ne l’a pas empêchée. En un mot, il règne et le peuple se gouverne. » Adolphe Thiers à propos de Charles X

mardi 10 mai 2022

Union européenne : si c’est bon pour nous, alors c’est bon pour eux – Chronique du 11 mai 2022

Bonjour-bonjour

 

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne et Emmanuel Macron ont évoqué lundi 9 mai, leur volonté de faire modifier en profondeur les traités européens avec en ligne de mire la question de l’abandon du vote à l’unanimité des Vingt-Sept dans des domaines clés dont ils sont pour le moment exclus. « Le principe qui prévaut dans le cas de l’UE est le principe de l’égalité entre les États, quel que soit le poids politique ou économique de ces Etat » peut-on lire ici ; le vote à l’unanimité permet de ce fait à un seul État de paralyser les réformes voulues par la majorité.

 

- Bien entendu remplacer le vote à l’unanimité par la majorité qualifiée ne peut se faire que par… un vote à l’unanimité, ce qui, dans l’état actuel, ne risque pas d’arriver. Toutefois c’est l’occasion de réfléchir à la souveraineté dont la possession par chaque État membre impose ce mode de scrutin. Si on reprend en effet les thèses de Jean Bodin, le théoricien du pouvoir souverain ayant vécu au 16ème siècle, « la souveraineté est caractérisée comme une puissance continue, absolue et surtout indivisible », ce qui justifiait la monarchie absolue et disqualifiait la démocratie. (1)

Aujourd’hui encore, la souveraineté reste définie comme le pouvoir absolu reconnu à l’État de décider des lois et les mettre en pratique. Cette souveraineté implique que l’État ait également les pleins pouvoirs dans les domaines législatifs, exécutifs et judiciaires. 

Dans l’organisation européenne, la souveraineté absolue de chaque État est préservée par l’interdiction de prendre des lois qui seraient contraires à la volonté d'un seul d’entre eux – par exemple pour décider des impôts ou de la politique étrangère.

 

On a vu récemment comment Victor Orban utilisait ce pouvoir de blocage pour empêcher qu’on applique à la Hongrie des sanctions en raison de ses écarts par rapport à l’État de droit - et on l'a blâmé pour cela..

Toutefois on sait que le Général de Gaulle a toujours bloqué les décisions européennes lorsqu’elles étaient contraires au choix de la France - et aujourd’hui encore, la France serait-elle prête à ce que les decisions de politique étrangère soient prises éventuellement contre son avis ?


- Comme toujours il est très simple d’imposer aux autres ce qu’on refuse pourtant pour soi-même. On l’a vu avec de cas des travailleurs détachés, qui nous scandalisaient lorsque les plombiers polonais venaient concurrencer les nôtres avec des charges sociales réduites pratiquées en Pologne ; alors qu’on trouvait naturel que les travailleurs français jouissent des avantages sociaux français même lorsqu’ils travaillent dans un pays de l’Europe Unie.

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(1) On trouvera les Six livres de la République de Jean Bodin en ligne ici

mercredi 16 mars 2022

Devrons-nous apprendre à parler corse ? – Chronique du 17 mars

Bonjour-bonjour

 A peine a-t-on parlé d’autonomie en Corse qu'un débat enfiévré s’est rallumé : en quoi une telle autonomie peut-elle consister ? Jusqu’où doit-on céder aux corses pour reconnaitre leur qualité de peuple autonome ? Et quelle ligne rouge ne doit-on pas franchir sous peine de renoncer à une partie du territoire français, chose absolument défendue par le Constitution ?

 

Les philosophes n’ont certes pas la compétence pour entrer dans ce débat qui suppose une spécialisation que seuls les constitutionnalistes possèdent. Toutefois, la souveraineté politique est un concept qui est depuis longtemps dans le champs de la réflexion en philosophie politique ; je n’en veux pour preuve que l’existence des œuvres de Bodin (1529-1596) et de Montesquieu (1689-1755). Ces auteurs auraient-ils des réponses à apporter pour éclairer l’idée d’autonomie régionale ?

 

Selon Bodin, la souveraineté est caractérisée comme une puissance continue, absolue et surtout indivisible ; qu’on délègue ce pouvoir – par exemple à une assemblée – et alors, ou bien il passe tout entier du côté de celle-ci ; ou bien il reste entre les mains du souverain, le quel peut dissoudre cette assemblée d’élus. L’autonomie corse signifierait que leur assemblée doit pouvoir statuer en toute légitimité et en toute indépendance sans craindre que Paris ne vienne casser ses choix : il faut donc que ce pouvoir soit divisé : une partie à la République française, et une autre au Pays corse – mais dans ce cas la Corse ne deviendrait-elle pas une nation indépendante, séparée de la France, ce qui comme on vient de le dire est interdit par la Constitution ?


Reste donc à délimiter différents domaines dans cette souveraineté, comme l’ont fait la plupart des États fédéraux. On ne discutera pas ici de leur domaine de compétence, rappelant simplement que Montesquieu en concevait trois : le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Pour éviter les abus du pouvoir, il faut disait-il le fragmenter, non pas pour l’affaiblir, mais pour qu’il s’auto-limite. Quand on voit aujourd’hui quels problèmes soulève la confusion entre le pouvoir exécutif (celui du Président) et le pouvoir législatif (celui du parti du Président) on voit combien il avait raison.

Mais la question du statut de la Corse doit être tranchée par un autre type de division de souveraineté : aux corses les lois qui ne concernent que la Corse ; à Paris les lois qui concernent tous les français.


- Sans doute : reste quand même à savoir quel serait le périmètre de ce domaine national. 

Par exemple, les Corses veulent que leur langue soit reconnue langue nationale comme en Belgique pour le flamand et la wallon. Leur autonomie peut-elle aller jusque-là ?

La question n'est pas encore tranchée, mais on voit bien que si l'autonomie de la Corse ne va pas jusque là, alors elle n'existe même pas.

lundi 10 janvier 2022

L’État : ni loup ni agneau – Chronique du 11 janvier

 

Bonjour-bonjour

 

Notre actualité est depuis plusieurs mois déchirée entre les anti-pass qui manifestent contre la dictature dont ils s’estiment victimes et les revendications des entreprises et des travailleurs qui réclament d’avantage d’aides en raison de leur perte d’activité.

On dira : « Tout ça, c’est une histoire de fric. L’État n’est qu’un tiroir-caisse qui n’est apprécié qu’en fonction de l’argent qu’il distribue » Et de rappeler que les réductions d’impôts sont largement signalées, bien plus que les augmentations. 

- Mais ne nous égarons pas : il ne s’agit pas seulement de cela, car entre secours et contrainte nous sommes pris entre deux fonctions majeures de l’État. Ce que Paul Valéry caractérisait de la façon suivante : « Si l’État est fort, il nous écrase ; s’il est faible, nous périssons. » Et il ajoutait : « C’est une question de dosage » - nous étions en 1930 et il faisait allusion aux États démocratiques comparés aux totalitarismes.

o-o-o

Conçu comme une structure destinée à protéger la société contre les forces extérieures qui la menacent mais aussi contre ceux qui, issus de la société elle-même, peuvent remettre en cause son autorité, l’État est donc à la fois indispensable et dangereux. Car quel pouvoir va contrôler le pouvoir souverain ? Les Gilets jaunes ont résolu à leur façon le problème en décrétant qu’en votant, le peuple souverain n’avait pas abandonné ses prérogatives et qu’il pouvait donc imposer ses volontés au pouvoir politique qui n’est selon eux rien d’autre qu'un exécutant. Ce à quoi d’autres ont rappelé que la démocratie représentative était un régime où le peuple détient le pouvoir une fois tous les cinq ans. (1)

- Ce que nous vivons à l’heure actuelle, avec les agression des élus de la nation qui font écho aux violences des Gilets jaunes qui allaient jusqu’à menacer de ressortir la guillotine des sans-culottes, n’est rien d’autre que la mise à l’épreuve d’une des solutions imaginées pour résoudre ce problème propre aux démocraties : « Comment le pouvoir souverain doit-il être exercé pour qu’il conserve sa puissance afin d’œuvrer pour le bien public sans se laisser affaiblir par ... » - par qui au fait ? Par les citoyens déçus des mesures prises en leur faveur par leurs élus ? Mais qui peut déterminer ce qu’est « le bien public » ? Les élus du peuple ou bien le peuple lui-même ?

Et en cas de désaccord, qui donc doit trancher ? Les urnes ?  Ou bien les élus ont-ils le droit de faire le bien du peuple contre la volonté du peuple ? (2)

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(1) Une démocratie est un régime où l’on croit qu’il est possible de déléguer le pouvoir souverain, mais que dans ce cas cette délégation impliquait un abandon de souveraineté à la fois total et en même temps limité dans le temps. 

Ce que conteste l’ouvrage de Jean Bodin Les six livres de la République édité en 1576. Bodin est le théoricien de l’absolutisme : il définit ce pouvoir comme étant celui qui ne peut ni se déléguer ni se fragmenter. Il élabore le concept clé de l’État moderne dont l’existence se définit par la souveraineté, et dont l’attribut principal est la « puissance de donner et casser la loi ». Lire ici

(2) Sur ce sujet on pourra lire ma chronique d’hier.

mercredi 15 septembre 2021

Notre santé passe par celle des autres – Chronique du 16 septembre

Bonjour-bonjour

 

« Le projet de structure, baptisée HERA, destinée à dépister et contrer les prochaines pandémies doit être dévoilé aujourd’hui à Bruxelles (1).

Toutefois, les États, dont la santé est une compétence exclusive, devront donner leur feu vert, et le texte ne sera ni débattu ni voté par le Parlement européen. Un camouflet pour les eurodéputés réunis cette semaine à Strasbourg. » (Lire ici)

 

- C’est tout de même intéressant d’observer comment les États européens défendent becs et ongles leurs prérogatives souveraines, car nous pouvons ainsi observer le contenu de cette souveraineté que chaque État se vante de préserver contre ceux qui voudraient l’envahir – on pense au fameux « pré carré » dont la France depuis Louis XIV défend les frontières.

Toutefois, si le pouvoir régalien s’exerce naturellement sur l’armée, la police, la justice et l’éducation (j’en oublie peut-être qu’on me pardonne) par contre il devient de plus en plus problématique d’inclure là-dedans la santé publique. Or c’est précisément ce que l’Europe-Unie prétend faire aujourd’hui – mieux même : ce qu’elle fait déjà avec ses directives prises durant lutte contre l’actuelle la pandémie. Plus encore : on voit qu’aujourd’hui même, en France, le pouvoir qui prétend nous imposer des mesures spécifiques pour la préservation de notre santé ainsi que celle de nos concitoyens est contesté, alors même que cette obligation ne provient pas de l’étranger. Que serait-ce si l’obligation vaccinale était imposée par la Commission de Bruxelles ! On comprend que faire un pas de plus dans cette direction soit éminemment problématique.

 

- Une fois observé ce phénomène, la question qui vient à l’esprit c’est : « Pourquoi ? » Car les pouvoirs ne sont « régaliens » que dans la mesure où les États sont effectivement autonomes et indépendants. Or de moins en moins de situations peuvent se définir ainsi. Si l’armée européenne n’existe pas, chaque pays considérant que sa défense ne doit dépendre que de lui-même, cela n’empêche que l’idée d’une armée européenne seule capable de faire face aux menaces internationales ne fasse son chemin. Que l’Ecole de la nation soit protégée comme facteur de civilisation propre à chaque pays n’empêche pas que chacun se compare aux autres et fasse son possible pour s’aligner sur d’autres systèmes éducatifs plus performants. De la même façon nous avons observé durant cette pandémie combien il était irréaliste de prétendre faire comme si le virus respectait nos frontières, et comme si les mesures prises ailleurs n’avaient pas de valeur pour nous. 

 

Mais restons modestes et concluons qu’avant de songer à la prochaine pandémie, nous devrions chercher d’abord à en finir avec celle-ci ; si ce virus nous a montré quelque chose c’est que notre santé passe par celle des autres... Il y a en Afrique bien des peuples qui seraient heureux de recevoir les doses de vaccins que certains chez nous refusent obstinément.

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(1) Baptisée HERA (« Health Emergency Response Authority »), la nouvelle structure supposée être l'équivalent de la puissante Autorité pour la recherche et développement en biomédical (BARDA) aux États-Unis, doit « renforcer la capacité de l'UE à prévenir, détecter et contrer rapidement » les prochaines crises sanitaires, en assurant le développement, l'approvisionnement, le stockage et la distribution des traitements médicaux nécessaires.

mardi 9 mars 2021

Elizabeth II dort-elle avec ses chapeaux ? – Chronique du 10 mars 2021

Bonjour-bonjour

 

Ayons une pensée pour la Reine britannique qui, malgré son grand âge doit intervenir encore une fois, faire encore une fois preuve d’autorité pour rétablir la paix dans sa famille.

Que savons-nous de cette très vieille dame, et comment pourrions-nous comprendre ce personnage à la fois public et secret, qui parait toujours selon une étiquette soigneusement étudiée ? Les britanniques ont des tonnes de documents sur le sujet, des photos, des films, des analyses très documentées sur ses 69 ans de règne : comment pourrions-nous prétendre – nous français - découvrir encore quelque chose de neuf et d’instructif à son sujet ? 

Pourtant il y a bien une chose que nous savons tous : la reine Elizabeth II porte en toutes circonstances publiques des chapeaux… comment dire ? Des chapeaux très excentriques – et pour tout dire – difficilement portables

 


Ces chapeaux, pourquoi s’y intéresser ? La reine sait bien ce qu’elle porte sur la tête, elle y consent, on ne peut croire qu’elle soit la proie d’un chapelier fou qui lui imposerait ses créations délirantes. Ils sont donc l’expression de ses choix, ils sont non seulement signes d’élégance, mais aussi et surtout l’expression de son humeur, de sa personnalité.

Chapeaux coordonnés au manteau, très classiques dans leur élégance, et en même temps d’une fantaisie exubérante, avec des motifs floraux ou des plumes : quelle est donc la personnalité qui s’exprime à travers cette débauche de signes baroques et luxuriants ?

--> Et si c’était une façon de montrer qu’elle est la Reine, qu’elle est la seule à pouvoir porter ce qui lui plait sans que personne ne puisse lui en faire le reproche. ? « La mode, c’est Moi et personne n’a le droit de me démentir » dirait-elle à travers ces couvre-chefs.

Le chapeau a toujours été un signe de souveraineté : du temps de Louis XIV le couvre-chef était tellement lié au pouvoir que seul le Roi avait le droit de paraitre couvert de son chapeau dans les salons de Versailles. Alors certes on n’imagine pas Elizabeth allant se coucher avec son bibi sur la tête. Mais c’est une simple concession à la démocratie.

mercredi 3 avril 2019

EMMANUEL MACRON A-T-IL INTERDIT LE DRAPEAU CORSE LORS DE SON PROCHAIN DÉPLACEMENT SUR L'ÎLE ?

L'Elysée confirme que le drapeau corse ne sera pas présent à la tribune, mais les habitants pourront tout à fait "se promener dans la rue" avec la tête de Maure, symbole de l'île.
Pour l'Elysée, les règles du protocole des déplacements du président de la République sont très claires. "Lorsque le président intervient publiquement, les deux seuls drapeaux existants sont l'européen et le français, continue l'entourage d'Emmanuel Macron. C'est à chaque fois la même chose." (Lu ici)

C’est toujours pareil, avec ces fakenews on ne sait jamais ce qui est totalement faux et ce qui est relativement vrai. Si les corses s’indignent de l’absence de leur drapeau alors que sur la tribune présidentielle ne figurent que les drapeau français et européens – correspondant à la double citoyenneté des électeurs français et corses – c’est qu’en vérité ils revendiquent la citoyenneté corse. Qu’on mette leur drapeau sur la tribune, et qu’on marque sur leur passeport : « citoyen corse » !



Ci-dessus drapeau corse que certains (voir ici) ont voulu interdire sur tous les édifices publics pour la raison que voici : « Comment en 2018, alors que nous vivons dans un pays civilisé, peut-on laisser une région de la France avoir comme symbole un être humain décapité ? ». Bien sûr on ajoute également que le Maure décapité est en réalité un maghrébin. (1) Savoureux.
Mais plus sérieusement, l’enjeu de ce drapeau est le même que celui de la reconnaissance de la langue corse comme langue officielle de la France : le but est de proclamer que les corses sont autre chose qu’une communauté : un peuple au sens politique du terme. Ce qui ouvrirait la voie à la même revendication venue d’autres communautés : les bretons, les basques, les alsaciens et les auvergnats.
Et les musulmans de France ?
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(1) Comme on le disait, les fakenews peuvent avoir leur part de vérité : le Maure en question désigne en effet un habitant arabo-berbère du nord de l'Afrique. Et la tête sur le drapeau représente bien une décapitation survenue lors d’une bataille racontée ici.

mardi 5 mars 2019

HEURE D’HIVER OU HEURE D’ÉTÉ ?

Heure d’hiver ou heure d’été ?
La Commission européenne a proposé en septembre 2018 une nouvelle directive qui mettrait fin à ces changements qui impliquent d’avancer sa montre d’une heure en mars et de la reculer d’une heure en octobre et permettrait aux États membres de choisir leur fuseau horaire.
"L’heure d’été, c’est plutôt pour les urbains, pour prendre l’apéritif au soleil." Pour les agriculteurs, l’heure d’été peut entraîner des heures de récolte tardives, et des horaires décalés pour certains salariés. Lire ici

Lors de la consultation en ligne, un certain nombre ces citoyens français a peut-être choisi l’heure d’été en pensant que du coup les journées d’hiver seraient aussi longues que celles d’été : le pastis sur la terrasse à 19h pour Noël… Mais, même en laissant de côté cet affligeante erreur, songeons que l’heure d’été en hiver, ça voudra dire arriver au bureau quand il fera encore nuit. Et quand au pastis mieux vaudra oublier la terrasse, et le siroter au coin de la cheminée.
 Mais je retiens aussi cette étonnante proposition de la commission européenne : permettre à chaque pays de choisir son fuseau horaire. Quelle étrange pouvoir accordé aux Etats que de se positionner comme bon leur semble sur la mappemonde ! Et si je choisissais de me mettre sur le fuseau horaire d’Hawaï ? Ou de Pékin ?
Ridicule ? On nous propose bien de choisir entre Berlin (notre fuseau actuel) ou Londres (équivalent à Paris) ; et Hugo Chavez n’a-t-il pas décrété que le Venezuela serait sur un demi-fuseau (= 30 minutes) ? Dans le monde qui est le nôtre, y a-t-il plus grande manifestation de souveraineté que de choisir son fuseau horaire ? Celui-ci n’a-t-il pas une signification politique ? Car la Chine entière est bel et bien calée sur l’heure de Pékin alors que l’ouest du pays est à 5 fuseaux horaires de là. (1)
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(1) Sur ce sujet, lire ceci.

mercredi 27 février 2019

THERESA MAY POUR UN REPORT DE LA DATE DU BREXIT

Theresa May a proposé aux parlementaires, de choisir entre une sortie sèche de l'Union européenne ou un report du Brexit le temps que de nouvelles négociations aient lieu.
Désormais, l'idée serait de faire voter les citoyens britanniques sur du concret, et en l'occurrence l'accord qui serait trouvé entre Londres et Bruxelles. "Et c'est aussi pour certains le seul moyen de s'en tirer sans un no deal".
Les opposant l’affirment : « Les partisans de ce scénario veulent faire voter les gens entre le fait de rester dans l'Union européenne et l'accord de Theresa May », mais bien d’autres hypothèses sont également envisageables, comme le montre la suite de l’article (lire ici)

Tout reposerait sur une simple décision des députés des Communes ? La fameuse question de la frontière entre l’Irlande du nord et celle du sud serait donc si facile à trancher ? Et les déchirements qui traversent le pays ainsi que ses principaux partis politiques si aisés à raccommoder ? Et quand le pouvoir des députés se concrétiserait par un dessaisissement au profit du peuple via un nouveau référendum, qu’est-ce que ça changerait ? Les citoyens auraient donc une idée meilleures que celles qui ont germé dans les cerveaux des élus depuis 2 ans ?
Oui, bien sûr : car le peuple souverain a le pouvoir d’effacer ce que sa souveraineté a décidé, comme de quitter l’Europe Unie en 2016. Plus de Brexit = plus de problèmes avec les irlandais. Mais peut-être pas avec les anglais ou les gallois qui ne peut plus supporter de voir la tronche d’un polonais ou d’un roumain et qui seraient fort dépités par une telle solution.

Donc le cauchemar politique sera d’imaginer un nouveau référendum qui duplique le résultat de celui de 2016.

jeudi 3 janvier 2019

EMMANUEL MACRON DÉTERMINÉ À REPRENDRE LE FIL DE SON QUINQUENNAT

A ceux qui réclament sa démission, il a aussi rappelé que, si « le peuple est souverain », il « s’exprime lors des élections », et non pas dans la rue. (Lu ici)

Ce n’est certes pas la première fois que les élus se dressent contre la prétention des manifestants à imposer leur volonté, y compris celle leur départ : « Ce n’est pas la rue qui peut dicter aux représentants du peuple sa volonté. » Sauf que cette fois les Gilets-jaunes ont pris soin de déclarer qu’ils ne représentaient personne parce qu’ils étaient tout le monde : le peuple des ronds-points est le peuple souverain français. Aucune loi ne peut lui résister parce qu’il est la source de la légitimité ; aucun élu ne peut tenir devant lui, car il a exclu la représentation pour être la démocratie directe.

- Sur le principe, on ne peut critiquer : la souveraineté ne se partage pas, elle ne se délègue pas, elle désigne des exécutants qui ne sont rien face à cette force politique. Telle était l’analyse de Jean Bodin (Les 6 livres de la  république, rédigé en 1570, édition française 1576 – pour mémoire, la Saint Barthélémy a eu lieu en 1572) (1)
Mais on doit admettre que cette analyse, forte de sa logique, oublie de détailler les effets d’une démocratie directe sur le gouvernement d’un pays. Sans aller jusqu’à imaginer les guerres civiles qu’une telle prétention à être le peuple peut provoquer quand on n’est qu’un groupe particulier, on doit aussi remarquer qu’elle va porter atteinte à la nécessaire continuité dans l’organisation des affaires d’un pays. On voit un peu partout (on pense à Donald Trump, mais il a fait « des petits ») des populistes défaire les pactes que les gouvernants antérieurs avaient conclu, et on  constate les méfaits que commencent à produire de telles incohérences.

Aujourd’hui, si le peuple est souverain, il ne l’est que dans le moment où il glisse son bulletin de vote dans l’urne : ensuite ce sont les élus qui prennent les commandes et rien ne peut remettre en cause leurs décisions – rien, sauf les élections suivantes. Le jacobinisme est exactement là, et on sait qu’il ne correspond plus à notre époque, si hostile à l’autorité mal assurée dans le temps (= en 1968, la rue criait au général de Gaulle: « 10 ans, ça suffit ! »)
Si la démocratie reste représentative, on veut quand même avoir qui elle représente au jour le jour. Nous vivons dans une démocratie sondagière, et si l’opinion publique n’avait pas été favorable aux Gilets-jaunes leur mouvement n’aurait pas duré 15 jours.
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(1) On peut lire un abrégé du texte ici