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lundi 27 avril 2026

Élu au premier regard – Chronique du 28 avril

Bonjour-bonjour

 

Voici venue la période où la vie politique française s’emballe et fonce tête baissée vers le mur des élections présidentielles : encore un an à attendre ! L’opinion publique tourne sur elle-même comme un taureau dans l’arène ne sachant qui élever aux nues, et qui précipiter dans l’enfer de l’oubli. En tout cas l’expérience passée montre que celui qui arrive en tête des sondages un an à l’avance est assuré de ne pas être élus.

 

Ne pourrait-on pas utiliser les sciences de l’opinion actuelles pour éviter cette période d’incertitude ?

Voyez par exemple cette émission de télé-réalité intitulée « Marié au premier regard ».

Le thème de l’émission est le suivant : « Dans Mariés au premier regard, les candidats se rencontrent le jour de leur mariage, avec l'assurance de deux experts qu'ils seront parfaitement compatibles avec leur moitié selon les résultats des tests qu'ils ont eu à passer. » (Voir ici)

Supposons un instant que ça marche : pourquoi ne pas appliquer ce principe aux élections françaises ? Il suffirait de réaliser des sondages assez perfectionnés portant à la fois sur les attentes des électeurs et sur les capacités des candidats. On ferait coïncider les deux listes et on déclarerait élu le candidat le mieux placé eu égard aux demandes des citoyens. Plus d’élections, qui d’ailleurs ne font la plupart du temps que confirmer les statistiques.

 

L’idée n’est pas nouvelle ; elle a toujours été repoussée comme indigne d’une démocratie où le vote est un engagement du citoyen à soutenir l’action des hommes qu’il a choisis. Au vu des résultats des élections (en particulier s’agissant des législatives) on se dit qu’une pareille solennité ne garantit vraiment rien.

Et puis, que risque-t-on ? Quand on voit ce que la démocratie a apporté aux américains qui ont choisi Donald Trump, on se dit qu’un peu de science n’aurait peut-être pas fait de mal.

dimanche 22 mars 2026

Et maintenant, 6 ans sans dessouler – Chronique du 23 mars

Bonjour-bonjour

Regardez un peu cette « Une » de l’Hebdo Hara-kiri en date de juin 1969, pour saluer l’entrée de Georges Pompidou à l’Élysée, suite à son élection à la Présidence.

 


Ça a fait rire, parce que Pompidou n’a pas tenu un septennat entier à la Présidence. Mais en même temps on avait là une vision simplement un peu radicale du mandat présidentiel qu’on pourrait comparer à celui de maire en ce matin d’élection.

Nous autres démocrates rigoureux, nous qui avons été nourris aux diatribes de Robespierre, nous ne pouvons croire que les abus des individus puissent subsister dans le comportement de celui qui a reçu délégation de pouvoir de la part du peuple souverain. Les Principes républicains supposent que le Bien soit la seule mire de l’avenir sur laquelle le chef de l’exécutif puisse régler son action. Et cela, même Donald Trump l’affirme malgré les fantaisies de ses décisions – du moins il le dit : il sait ce qu’il doit faire parce qu’il sait que c’est le « Bien », qu’il le ressent jusque dans ses os.

- Un peu plus cynique, Hara-Kiri conclut : le chef élu a le pouvoir de faire ce qu’il veut même si on voit bien clairement qu’il s’agit-là de sa fantaisie personnelle. Et d’ailleurs, ce pouvoir n’est pas seulement de choisir ce qu’il aime faire, mais de surcroît il peut le définir comme la valeur devant laquelle chacun devra s’incliner.

On croyait que c’était une fiction et que le peuple, ou les mécanismes démocratiques prévus, arrêteraient un tel comportement. Les Gilets-Jaunes français avaient clamé que le peuple reste à tout moment en état de retirer le pouvoir à celui qui en abuse.

Peut-être… ou pas.

En tout cas à la Maison-Blanche, on ne dessaoule pas.

mercredi 18 février 2026

Le beurre et l’argent du beurre – Chronique du 19 février

Bonjour-bonjour

 

Nous n’avons plus de mythes pour deviner l’avenir à partir d’une histoire venue du passé, mais nous avons les séries TV devenues légendaires, qui pourraient tenir ce rôle. Ainsi de la série Dallas qui fit fureur sur nos écrans TV dans les années 1980.

 


Et que nous révélait cette histoire ? Que le méchant-très-méchant JR nous fait penser aujourd’hui au brutal et cynique Donald Trump – actuel Président des USA. Mais surtout que le dénommé JR avait pour adversaire l’obstiné et benêt Cliff Barns, son beau-frère, qu'il bernait et ridiculisait à longueur d’épisodes.

--> Et donc nous devons à notre tour nous interroger : si JR c’est Trump, qui donc est l’incarnation actuelle de Cliff Barns ?

Et c’est là qu’il faut avoir un peu de discernement. Il se peut en effet qu’on ne trouve pas de correspondance terme à terme entre le réel et l’imaginaire, pas de copié-collé pour décoder le monde d’aujourd’hui. En revanche l’idée que la méchanceté brutale ait besoin d’avoir en face d’elle une naïveté bornée pour s’exercer – ça pourrait bien marcher. Et du coup, ce serait le peuple américain qui, collectivement, jouerait le rôle de ce personnage ridicule. Et c’est ainsi qu’existeraient des gens pour élire celui qui pourrait leur faire croire qu’ils auraient les bénéfices sans avoir à payer pour obtenir. Ceux qui croiraient qu’on peut avoir « le beurre et l’argent du beurre » – expression que chez nous, le gouvernement de gauche utilisait déjà en 1982 pour dire que le passage aux 35 heures ne pourrait se faire avec compensation intégrale du salaire – ce que la CGT combattit victorieusement (lire ici).

Vous voyez que nous aussi nous avons eu nos JR – et donc que nous aussi nous avons été Cliff Barns. 

--> Ce dernier va-t-il se réveiller en 2027 ?

mardi 1 avril 2025

Question de dignité – Chronique du 2 avril

Bonjour-bonjour

 

Le journal l’Humanité a détourné le slogan du FN pour les législatives de 93 pour l’adapter à la situation d’aujourd’hui. Et ça fait ça :

 


On ne ferait que sourire de ce rapprochement si les citoyens français ne le disaient également dans divers sondages : « Oui, Marine Le Pen a été prise les doigts dans le pot de confiture ; oui elle mérite d’être sanctionnée ; oui encore elle devrait garder la tête basse. Mais non, elle ne mérite pas d’être privée de candidature élyséenne. »

Alors, certes, certains électeurs ont la dent plus dure : « Quand on voit ce qu’elle a pu faire en tant que simple députée européenne, on frémit en pensant à ce qu’elle pourrait faire comme Présidente de la France ! » Mais c’est pour ajouter tout de suite : « Mais c’est à nous électeurs de décider de ce qu’elle mérite de devenir ».

Et voilà l’essentiel : faisant fi des pauvres arguments du RN (du genre : « Il n’y a pas de délit parce qu’il est normal que les assistants parlementaires travaillent pour les députés en France et n’aient rien à voir avec le Parlement européen qui les rétribue »), le citoyen réclame le droit de juger lui-même de la dignité ou de l’indignité de Marine Le Pen en tant que candidate à la fonction suprême de Président de la République Française.

vendredi 28 mars 2025

Le Canada convoque des élections existentielles – Chronique du 29 mars

Bonjour-bonjour

 

Des élections qualifiées d'existentielles par l’actuel 1er ministre du Canada vont avoir lieu dans un mois dans ce pays. « Élections existentielles » ? Qu’est-ce que c’est que ça ? On est habitué à entendre parler d’élections présidentielles, législatives, municipales, etc. mais rien d’existentiel.

- Et puis, lorsqu’il entend le mot « existentiel », le philosophe dresse l’oreille. Car dans son jargon, le mot « existentiel » (qui a donné le substantif « existentialisme ») a un sens bien défini qui consiste dans le primat donné à l’existence humaine par opposition à toute métaphysique fondée sur une analyse abstraite de l’âme ou de l’essence humaine. 

Mais aujourd'hui, dans le français contemporain, tout ce qui est qualifié d’existentiel renvoie simplement à l’existence concrète, celle qui s’oppose à la mort ; s’agissant de l’État du Canada on comprend qu’il faut par de telles élections rendre manifeste que la souveraineté populaire est toute entière réunie dans ses représentants qui auront à affronter des forces mortifères pour le pays. Et aussi que le pays affronte une crise qui marque un pic par rapport à toute la durée de son existence.

 

Si le Canada s’apprête à donner à des élections fédérales (en réalité législatives) un tour du genre « la patrie en danger » c’est que la menace est à la hauteur. Lisez plutôt : « Le président américain a multiplié les provocations, en répétant à l'envi son intention de faire de son voisin et allié historique « le 51e État des Etats-Unis » et qualifiant régulièrement le chef du gouvernement canadien de « gouverneur ». »

L’histoire humaine est marquée à la fois par une cohérence durable par laquelle on s’habitue à considérer les frontières et la souveraineté qu’elle protège comme déterminée pour la longue durée. Mais l’histoire nous enseigne également qu’il arrive que ce temps long soit sujet à des ruptures qui détruisent pour des durées également très longues ces structures stables. La chute du mur de Berlin fait partie de ces expériences qui nous ont sur le moment laissés sidérés, mais qui une fois assimilées, doivent servir de modèle pour anticiper l’évolution de crises futures. L’État souverain du Canada a été créé en 1867. Mais aujourd’hui, en 2025, il n’est pas invraisemblable qu’il disparaisse. Comme la RDA a disparu en 1990.

Ni plus – ni moins.

vendredi 28 juin 2024

J’peux pas, j’ai piscine – Chronique du 29 juin

Bonjour-bonjour

 

Maintenant que la campagne électorale est terminée il est temps, sans quitter ce domaine, de se tourner vers d’autres questions, comme celle du respect de la parité homme/femme dans la future assemblée.

Voici le bilan dressé par le site internet du gouvernement qui recense ces données : « Sur les 4.009 candidats aux élections législatives, seulement 41,1% sont des femmes. »

 

Vu ici


Depuis l'an 2000 l'Assemblée nationale s'est tout de même féminisée, même si la parité absolue n'a jamais été atteinte. En 2002, les femmes représentaient 12,3 % de l'hémicycle pour atteindre un record historique en 2017 avec 38,7 % de députées. Mais seulement 37,3% en 2022 en recul depuis le record de 2017.

Qu’est-ce qui empêche cette parité de se réaliser ?

Le tableau ci-dessus suggère que la volonté des appareils est sans doute en cause, mais tout de même, on peut s’étonner que 80 ans après leur accession au droit de vote et à l’éligibilité (1944-2024) les femmes n’aient pas obtenu une meilleure représentation à l’Assemblée nationale. Les suffragettes ont montré un peu plus de pugnacité pour parvenir à leurs objectifs ; pourquoi pas la parité ? 

Et si les femmes elles-mêmes n’étaient pas suffisamment enthousiastes pour revendiquer cette fonction ? Si – par exemple – les diffusions télé des sessions de l’Assemblée, montraient une représentaon nationale qui n’est pas à la hauteur de ce qu’elles en attendaient ?

Au point qu’elles refusent de s’engager dans une telle aventure ?

- Moi, candidate ? J’peux pas, j’ai piscine !

lundi 4 mars 2024

Y a un truc ! – Chronique du 5 mars

Bonjour-bonjour

 

Hier les représentants de la Nation se sont réunis en Congrès à Versailles :

902 parlementaires présents 

780 voix pour

72 contre

Soit à peine 8% d’opposants. Et tout ça dans le calme, loin des vociférations stériles auxquelles nous ont habitués les élus de cette législature.

 

- On se prend à songer : Comment est-ce possible ? Y a sûrement un truc. 

Et quand on répond que c’est possible parce qu’il s’agit du droit des femmes, du risque pour elles de perdre ce droit à la maitrise de leur corps qu’elles possèdent depuis 50 ans, on reste incrédule.

 


Pourtant c’est vrai : tout ce qui touche au droit des femmes est devenu sacré. On l’a vérifié récemment avec ces agressions sexuelles qui sont devenues insupportables même dans le milieu du cinéma où elles existent depuis que le ciné existe, – on comprend que, oui : il a fallu une cause sacrée et ce sont les femmes (plutôt que LA femme) qui sont devenues l’objet de cette considération.

 

--> Le respect, c’est bien cela qui explique cette soudaine unanimité. Et dans les multiples sens pris par cette idée.

- D’abord le respect au sens moral : ce « sentiment d’infériorité de chacun devant une valeur qu’il ressent comme supérieure » (pour paraphraser Kant) explique bien pourquoi personne ne souhaite paraitre sacrilège au point de le bafouer. Même les abuseurs ne disent plus « Oui, c’est vrai, j’ai troussé la mignonne. Et alors ? »

- Mais aussi le respect pris au sens de ce qui tient à distance, comme lorsqu’on dit qu’une arme « tient en respect » un agresseur. Et là, on est sorti du contexte moral, pour entrer dans celui du rapport de forces.

Voter contre l’inscription dans la constitution ne signifiait donc pas « Je souhaite qu’on puisse supprimer le droit à l’IVG » mais seulement « Personne ne souhaite remettre ce droit en cause, donc ce vote est sans objet » Excuse jugée hypocrite qui est là simplement pour éviter de subir des calamités électorales. 

Car, ne pas courir le risque de perdre les prochaines élections, voilà qui fait l’unanimité.

jeudi 23 novembre 2023

A quoi pense le peuple ? – Chronique du 24 novembre

Bonjour-bonjour

 

Javier Milei, élu, va gouverner l’Argentine pendant 4 ans ; Geert Wilders leader du PVV vainqueur des élections aux Pays-Bas est le possible premier ministre. Quand on pense aux programmes de ces deux leaders populistes et extrémistes de droite, on se prend à songer que la démocratie est bien malade – malade de la tête !

Il y a celui qui, en Argentine, veut supprimer les droits des femmes, et qui veut également suspendre les aides sociales dont vivent pourtant la plupart de ses électeurs : on vote pour lui. Et puis celui-là qui veut déclarer l’islam interdit, supprimer les mosquées et interdire la diffusion du Coran : le voici aux portes du pouvoir.


Libé titrait récemment : « l’élection de Javier Milei ou la victoire du bullshitisme » ; bien dit, mais ce n’est pas nouveau, on le savait depuis l’expérience grandeur nature du mandat de Trump et de ses procès qui se succèdent depuis : quand le pire arrive à certains c’est en réalité pour eux le meilleur, car plus la justice démontre leur infamie, et mieux ils sont considérés par des citoyens persuadés que quiconque est poursuivi par ce qu’ils appellent « le système », et meilleur il est. 

C’est un effet d’opportunité qui consiste à tirer parti des frustrations populaires : donnez au peuple ce qu’il veut, des salaires et des vacances, des femmes et de la gnôle, etc., et vous verrez tout rentrer dans l’ordre.

Ça, c’est la conclusion optimiste. Mais il y a aussi un effet plus profond qui est d’aimer transgresser des lois, voire même la civilisation. Ces hommes déploient en toute impunité la promesse de crimes et de mesures anti-républicaines, ils promettent de les réaliser, et voilà qu’on les applaudit. On aimerait le faire soi-même, mais on accepte de déléguer ça à ces prometteurs de chaos.

Tout cela est du fantasme, certes. Mais que se passe-t-il quand ces fantasmes deviennent réalité ?

 


Jacob Chansley lors de l’attaque du Capitole le 2 avril 2021

dimanche 23 juillet 2023

À quoi bon voter ? - Chronique du 24 juillet

Bonjour-bonjour

 

«¡No pasarán!» : en effet, « ils » ne sont pas passé – et même personne n’est passé. 

Devant ce résultat des élections espagnoles, les politologues vont tartiner des kilomètres de commentaires et de prédictions. 

- Mais pour le modeste philosophe – celui qui comme la chouette de Minerve ne s’éveille qu’au crépuscule, quand les évènements se sont déjà produits – l’étonnement ne vient pas de ces résultats et des évènements qu’ils portent dans leurs flancs, mais simplement du fait que personne ne l’ait vu venir.

==> Oui, ces élections sont objectivement la défaite des instituts de sondage, qui ont été impuissants à prévoir la relative faiblesse de la droite et la relative bonne tenue de la gauche.

 

- Occasion de revenir sur le déterminisme que semble porter en lui la prévision du comportement électoral : de quelle liberté fais-je preuve en glissant mon bulletin de vote dans l’urne alors que depuis une semaine les sondages prévoient que c’est ça que je vais faire ? Et d’ailleurs, à quoi bon voter ? Un simple sondage ne suffirait-il pas à déterminer qui doit gouverner le pays ? C’est d’ailleurs ce que croient les manifestants qui se réclament d’un pays entier supposé derrière eux alors qu’il ne s’agit que de résultats de sondages ?

Mais, si ce déterminisme existe, alors pourquoi se battre comme l’ont fait les révolutionnaires de 89 pour la liberté ? Si l'IFOP avait existé en 1789, plus d'émeutes, plus de canons, plus de guillotine... 


Mais aussi que signifie le fait de voter ? S'agit-il de l'expression de l'humeur du moment ("je ne décide de mon vote que dans l'isoloir") ?

Moi je dis : l’échec des instituts de sondage me fait du bien.

vendredi 17 mars 2023

Souveraineté : pour y voir plus clair - Chronique du 18 mars

Bonjour-bonjour

 

Les contre-vérités pleuvent comme si nous étions en période de mousson. Ainsi de la souveraineté populaire, parfois opposée à elle-même à travers ses représentants élus sans qu’on sache exactement de quoi on parle.
- Écoutons Mathilde Panot qui, faisant allusion aux sondages d’opinions donnant des scores proches de 90% aux opposants à la réforme des retraites, déclare que la légitimité n'est plus à l’Assemblée nationale mais à la rue qui est soutenue par « la quasi-totalité du peuple », 

 

On reconnait cet argument déjà soutenu par les Gilets-jaunes, mais aussi par beaucoup d’autres réformateurs du passé. L’idée est que le pouvoir souverain ne pouvant se diviser, est en permanence entre les mains du peuple qui peut s’en dessaisir au profit de représentants dûment élus, mais qui peut aussi le ressaisir à tout moment (1). C’est ainsi que les élections exprimant la volonté populaire figée pour une durée fixe sont opposées aux sondages d’opinion qui en tiennent lieu dans la permanence. C’est de cette façon que les élus et les principaux responsables pourraient également être révoqués sur simple consultation du peuple, ou du moins d’une fraction représentative des citoyens. 

 

- Si je fulmine contre ces thèses, c’est qu’elles ne posent jamais ces deux questions fondamentales :

            * Peut-on comparer le sondage d’opinion au scrutin ? Ce dernier supposant un engagement qu’on ne peut révoquer sans mesures exprès, définies par la constitution, s’oppose à l’opinion publique évaluée selon des algorithmes opaques, et surtout émis dans l’instant et pour l’instant. Ajoutons que l’opinion est versatile - du moins celle dont se saisit le sondage (c’est du moins le point de vue des sondeurs eux-mêmes)

            * Peut-on gouverner un pays sans accorder aux gouvernants une légitimité dont la durée est pré-définie par la constitution ? L’idée qui s'impose est alors que le peuple souverain doit accepter de se dessaisir légalement de ses prérogatives - du moins s’il veut bénéficier d'un minimum d’efficacité exécutive.

- Entendons-nous : dans le système actuel le peuple n’est souverain qu’une fois tous les cinq ans, lors des scrutins présidentiel et législatif. Le reste du temps il est constitué de citoyens passifs.


La démocratie directe est un système qui veut réagir dans l’instant, peut donc être accepté de façon théorique. Mais les reproches qu’on lui fait d’impuissance car soumise aux soubresauts des émotions populaires ; et d’incompétence faute d’être guidée par les plus expérimentés (condamnés comme élites) – restent sans réponse.

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(1) Ce passage est inspiré du livre de Jean Bodin (1576) partiellement consultable ici.

dimanche 22 janvier 2023

C’est oui ou c’est non ? – Chronique du 23 janvier

Bonjour-bonjour

 

Hier, élection partielle dans la Marne. Les résultats montrent que le tout dernier dans la liste des candidats est Salvador Ribeiro (sans étiquète) qui a obtenu… une seule voix (0,01 %). Sauf à imaginer qu’il n’a pas pu ou pas voulu se déplacer pour aller voter, on suppose que cette seule et unique voix était la sienne. Et j’essaie d’imaginer quel peut être son état d’esprit ce matin en découvrant que personne – à part lui-même – n’a voulu lui apporter son suffrage. Occasion de mesurer la confiance que lui apportent les amis qui lui restent, et de constater que même sa femme n’a pas cru nécessaire de voter pour lui. Bien sûr d’autres candidats sont dans une situation assez proche ; mais eux, qui n’ont eu que quelques voix ne peuvent pas être absolument sûrs de la défaillance de leurs proches et c’est ça qui fait toute la différence.

- Supposons en effet qu’un candidat n’ait eu que 2 voix – en raison de l’anonymat, il peut supposer que n’importe qui, soit dans son entourage, soit croisé dans la rue, est celui qui a voté en sa faveur. Sa situation ressemble à celle de ces soldats qui doivent exécuter un condamné : certains de ces pelotons d’exécution aux US, comportent une arme chargée à blanc et chaque soldat peut supposer que c’est lui qui l’a reçue – et donc qu’il est innocent de la mort de l’homme exécuté.

 

Le fait est que nous ne raisonnons jamais en termes de probabilité : quand bien même il n’y aurait qu’une chance sur un milliard que notre vœu se réalise, nous agissons comme si nous devions en bénéficier : les loteries n’existent que grâce à ce mécanisme. On l’a vu aussi lors de la pandémie de covid : quand les chiffres des contaminé baissaient ou qu’on annonçait les performances des vaccins, il arrivait que nous n’ayons plus que 5% de risque d’être contaminés. Hé bien malgré tout chacun se voyait déjà dans la peau de ce malheureux intubé dans un service de soins intensifs où il aurait été tout seul. 

Oui, les probabilités ne comptent pas pour nous, nous raisons de façon binaire : par oui ou par non, jamais par peut-être.

dimanche 8 janvier 2023

Brésil : un coup d’éclat ou un coup d’État ? – Chronique du 9 janvier

Bonjour-bonjour

 

Après l’assaut contre le Capitole américain par les « trumpistes », il y a juste deux ans, voici que les lieux de pouvoir du Brésil (le Congrès, la Cour suprême et le palais présidentiel à Brasilia) ont été pris d’assaut par les militants pro-Bolsonaro. Lire ici.

 

Le rapprochement de ces deux informations  peut troubler : 

1° Certes considérer qu’on a là deux manifestations identiques du populisme, avec son indifférence à la démocratie et son complotisme voyant dans la perte du pouvoir la preuve d’un trucage électoral peut tenter. Toutefois il serait plus exact de dire que la contestation du résultat des élections repose moins sur la dénonciation d’un trucage que sur la certitude de connaitre intuitivement la volonté populaire, qui ne peut perdre et qui s’incarne dans la personne du chef. On a affaire à une conception organique de la vie politique, qui fait du chef une tête pensante et agissante, qui se ramifie dans ces partisans-activistes sorte d’extension de sa volonté.

 

2° On peut aussi observer que la prise des lieux de pouvoir n’a pas été soutenue par l’armée, ou du moins par sa passivité bienveillante – tandis que la foule populaire venue proclamer un chef charismatique comme nouveau président a fait défaut – ce qui aurait été le cas avec un coup d’État classique. Et en effet, dans le cas du Capitole américain comme dans celui de Brasilia la police a suffi à chasser les manifestants, ce qui montre que ceux-ci étaient sans soutien véritable. 

Là encore, ces assauts étonnent :  comment ceux qui y ont participé n’ont-ils pas imaginé que leur coup d’éclat ne se transformerait jamais en coup d’État, faute de soutien militaire ?

La seule hypothèse plausible est qu’ils ont cru que leur conviction, illustrée par leur violence, suffirait à faire basculer l’opinion, qui reconnaitrait d’un coup leur légitimité .

- En saccageant les lieux de pouvoir ils ont montré la fragilité de ceux qui les occupent, donc leur nullité politique. Car pour eux, le seul gage de la légitimité est la violence incarnée dans la destruction.

--> D’ailleurs, en France les Gilets-jaunes, s’ils n’ont pas pris le Palais Bourbon d’assaut ont quand même investi et saccagé ce lieu symbolique que constitue l’Arc-de-triomphe.

Il s’agit donc d’un phénomène assez large pour que la science s’y intéresse.

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P.S. Je rédige cette note le 9 janvier au petit matin : les conséquences des événements du Brésil sont encore incertaines. Peut-être l'armée sortira-t-elle de ses casernes, au quel cas il me faudrait réécrire ce Post.

samedi 17 décembre 2022

Réponse à tout – Chronique du 18 décembre

Bonjour-bonjour

 

Aux élections législatives de Tunisie, seuls 8,8 % des électeurs, soit 803 000 électeurs sur 9 millions, ont voté. (Lu ici)

Alors que l’opposition avait appelé aux boycott le président de l’autorité électorale, Farouk Bouasker, a reconnu un « taux modeste mais pas honteux ». Il a toutefois estimé que ce taux s’expliquait par « l’absence totale d’achats de voix (…) avec des financements étrangers », contrairement au passé, selon lui. 

Cet homme a décidément réponse à tout, et on tire son chapeau à l’imagination et à l’aplomb du pouvoir qui nous persuade que ce résultat est la preuve de son honnêteté. Le scandale aurait été que ces élections aient eu plus de 50% de votant, preuve que 40% des électeurs tunisiens auraient été achetés par une puissance étrangère. Dans le genre post-vérité, on ne fait pas mieux.

Mais l’opposition qui avait, rappelons-le, appelé au boycott a-t-elle raison de plastronner ?  

 

De fait les tunisiens ne croient plus au pouvoir des urnes : depuis des moisla crise économique est la préoccupation majeure des 12 millions de Tunisiens, avec une inflation de près de 10 % et des pénuries récurrentes de lait, de sucre ou de riz. (Art. Référencé). 

--> Vous pouvez être certain que venir parler aux tunisiens de droits de l’homme, liberté d’expression et d’opinion ne suffira pas à les faire sortir de chez eux pour aller voter. Mais qu’un dictateur démontre qu’il sait comment donner à tous un travail et un salaire – oui : ça pourrait les intéresser. Ce que veulent les tunisiens, c’est un pouvoir qui assainisse l’économie et qui assure un revenu décent à tous. C’est pour avoir chassé les incapables et corrompus qui s’étaient installés à la tête de l’État que l’actuel dictateur a été accueilli à bras ouvert par le peuple. L’inconvénient des dictateurs c’est qu’ils ne savent pas rendre le pouvoir en temps opportun.

mercredi 22 juin 2022

In medio stat virtus - Chronique du 23 juin

Bonjour-bonjour

 

La vertu est éloignée des extrêmes : vous n’avez pas besoin qu’on vous fasse un dessin, n’est-ce pas, chers amis ? C’est le discours du Président d’hier soir qui m’inspire ce commentaire.

Car entre gouverner en formule « union nationale » et cesser toute tentative de faire des lois nouvelles il reste à trouver au coup par coup des majorités d’occasion pour faire passer les lois. 

- Bien sûr une telle formule manque d’allure, mais c’est ce que le peuple a choisi.

On dira en effet qu’Emmanuel Macron vient d’inventer l’eau tiède : un peu d’Insoumis et un peu de Rassemblement national : vous mélangez et vous servez bien tiède. Beurk ! Mais si c’est le peuple qui l’a voulu, alors….

- Car ce qu’on peut dire, c’est que le président n’avait guère le choix : il a pris ce qu’on lui a laissé, avec humilité, sans faire semblant d’avoir choisi une telle situation, sans paraphraser Cocteau (Puisque ce chaos me dépasse feignons d’en être l’organisateur). Bref : profil bas.

- Mais revenons à notre propos liminaire : et si c’était là la meilleure position, au point que l’échec relatif du précédent quinquennat avait été lié à la puissance d'un l’exécutif appuyé sur une trop grande majorité ? In medio stat virtus, trop de puissance, comme trop de faiblesse, rend impuissant. 

- Une démocratie aurait-elle donc besoins d’une dilution du pouvoir ? L’avenir prochain nous le dira, mais gardons présent à l’esprit cette hypothèse afin de ne pas passer à côté d’une signification essentielle. 

dimanche 19 juin 2022

Ce matin c’est Youpi !!!! ou c’est Sniff ? – Chronique du 20 juin

Bonjour-bonjour

Ce matin, nous sommes un certain nombre à nous gratter la tête d’un air dubitatif :


Car que mettre en premier ? Le fait que plus d’un électeur sur deux ait jugé inutile d’aller voter ? Ou bien que les électeurs aient modifié leurs votes, contraignant l’État à en passer par une coalition pour gouverner ? Et peut-on faire tenir ensemble ces deux attitudes du corps électoral ? 

- Estimer que ces deux attitudes soient cohérentes et reflètent le même mouvement parait bien difficile. 

            * Car on a d’un côté le refus des citoyens d’accorder leur confiance à la classe politique toute entière, comme si le but qui lui était assigné était définitivement hors de sa portée. A quoi bon voter pour des gens qui nous mentent et dont l’action fera toujours plus de mal à ceux qui n’ont déjà rien ? Sniff ! Tirez les mouchoirs.

            * Symétriquement on peut quand même admirer la capacité des électeurs à casser les ailes des partis trop conquérants et à les forcer à entrer dans des coalitions qui les contraignent à des concessions qu’une majorité absolue leur aurait évitées. Moins de pouvoir aux partis = moins de mesures extrêmes = moins de souffrances pour le peuple. Youpi !

o-o-o

Quant à moi, je suis plutôt satisfait que les démagogues les plus radicaux aient été privés de la majorité qu’ils espéraient. Mais je reste embarrassé par le chiffre élevé des abstentions souvent soutenues par des déclarations du genre « Si je ne vote pas c’est parce que ça ne sert à rien – autrement dit, que je vote ou pas, le pouvoir fera toujours la même chose »

Car si la politique c’est le choix des valeurs en fonction des quelles on va utiliser le pouvoir collectif, autant dire que : 

            * Ou bien nous sommes tous d’accord sur ces valeurs (droits de l’homme, fraternité, liberté-égalité, etc.) mais nous considérons que les hommes et les femmes qui se présentent à l’élection sont incapables de faire le taf.

            * Ou alors – et c’est selon moi le plus probable – nous donnons pour but à l’action politique la tâche de transformer le monde pour le rendre conforme à nos aspirations.

Et c’est là qu’on se dit qu’une petite dose de stoïcisme ne serait pas inutile.

dimanche 12 juin 2022

T’as pas cent balles ? – Chronique du 13 juin

Bonjour-bonjour

 

Une abstention record à 52,5% et voilà qu’on s’affole : le premier parti de France serait devenu celui des pêcheurs à la ligne qui ont trouvé hier mieux à faire que d’aller voter. Alors la démocratie est-elle minorée ?  La montée des extrêmes en serait-elle donc la preuve ?

Pas seulement, car c’est le spectre des Gilets-jaunes qui ressurgit : voilà revenue l’angoisse des élus mal élus contestés dans la rue par ceux qui clament que le peuple est le seul à détenir le pouvoir légitime et qui ajoutent que le vote n’est qu’un moyen parmi d’autres de l’expression des citoyens : il y a l’opinion défavorable mesurée dans les sondages ; mais aussi la grève et donc la manifestation de rue.

 

- Derrière cette situation actuelle se profile quelque chose de plus grave : car la participation aux élections baisse de façon régulière depuis les années 80, preuve qu’il ne s’agit seulement d’une attitude circonstancielle et que la vérité est à rechercher plus en profondeur (1). La régularité de cette tendance montre en effet qu’à côté des « intermittents » de l’abstention, il y a aussi une abstention déterminée par le mépris des acteurs politiques : pourquoi aller voter lorsqu’on est persuadé qu’ils sont « tous pareils », entendez « tous aussi incompétents – voire même : « tous aussi menteurs » ? - Que nous a fait Hollande que ne nous aurait pas fait Sarkozy ? Et en 2018, le jeune Macron n’a-t-il pas supprimé l’ISF et mis en place la Flat taxe sur les revenus du capital – comme n’importe quel suppôt de la finance ?

 

On s’y attendait, mais 50% de gens qui méprisent les dirigeants du pays, ça fait quand même beaucoup. Ces accusations sont à mettre en parallèle avec l’indifférence vis-à-vis de l’engagement politique, l’élu n’étant pas perçu comme gauche ou de droite, mais comme un distributeur de prébende.

On peut en effet mettre en parallèle la baisse du taux de participation avec la volatilité de l’électorat. Hier on votait selon son milieu social, voire même selon l’engagement de ses parents. On était communiste de naissance ou de droite parce qu’on était un « vieil abonné du Figaro ».

Aujourd’hui ça ne marche plus comme ça. On vend son vote au plus offrant : le mieux-disant en matière de santé ou de sécurité doit fournir des chiffres à l’appui de sa déclaration d’intention : tant de milliards, tants d’emplois crées, tant d’établissement construits. 

- Tu me promets de m’aimer ? Dis-moi combien tu mets sur la table. Un point c’est tout.

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(1) Comme on s’en fera une idée en lisant ce passionnant article

dimanche 24 avril 2022

Et maintenant ? – Chronique du 25 avril

Bonjour-bonjour

 

Tout juste réveillé, avec de la brume qui traine encore dans les oreilles, j’entends : « Emmanuel Macron réélu à l’Élysée pour 5 ans »

Mes circonvolutions cérébrales se reconnectent paresseusement pour me faire savoir que, enfin, on va pouvoir roupiller plus longtemps pendant cinq longues années.

Et voilà que...

- Les ministres sont déjà convoqués mercredi prochain pour s’entendre dire officiellement que le nouveau gouvernement est en préparations et qu’on va les virer, eux, les anciens encore couverts des crachats de la plèbe.

Maintenant l’équipe présidentielle est au turbin pour mettre sur pied le futur gouvernement.


- La candidate battue hier dans les urnes appelle également à la mobilisation le 12 juin pour les législatives.

Maintenant il faut penser au 3ème tour. 


- Les journalistes restent eux aussi mobilisés : il ne faudrait pas que l’intérêt des auditeurs refroidisse. 

Maintenant  il faut vite remonter sur les plateaux polémiques pour exciter la haine et la souffrance.


Car dès hier soir - 20 heures 05 - des manifestants ont envahi certaines rues pour crier leur ras-le-bol du nouveau Président.

Maintenant, disent-ils, il faut exiger la démission d’Emmanuel Macron.


- Ce matin, les gilets jaunes repassent leur gilet défraichi, histoire d’être très vite prêts à envahis l’Arc-de-Triomphe.

 

Maintenant, c’est comme avant.

lundi 11 avril 2022

Les partis ? Tous partis ! - Chronique du 12 mars

Bonjour-bonjour

« T’as pas cent balles ? » Cette question on l’a entendue hier prononcée avec angoisse par quelques-uns des candidats déchus de l’élection présidentielle : ayant recueillis moins de 5% des voix, les voilà obligés de payer de leur poche leurs frais de campagne.

 

Ci-dessus, Valérie Pécresse appelle aux dons : "Je suis endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros" (Voir ici). 

 

On ironisera : Valérie Pécresse en faillite ? On n’est pas prêts à lui confier les clés de Bercy ! Mais la vérité, c’est qu’aucun parti n’est épargné 

- Il fut un temps où on était communiste de père en fils ; où, vieil abonné du Figaro, on avait été toute sa vie du parti conservateur. Mais aujourd’hui, vous pouvez être le matin socialiste, l’après-midi centriste – mais le soir après le pastis, mélanchonniste.

Beaucoup d’électeurs l’ont dit lors de récents sondages : ils se sont déterminés à voter pour un candidat la veille du scrutin, voire même dans l’isoloir.

Oui, imaginez : vous collectez les 12 bulletins présents et, entré dans l’isoloir, vous vous dites : « Au fait le quel vais-je mettre dans l’enveloppe ? » Comment est-ce possible ? Sommes-nous devenus à ce point indifférents à la politique que nous jouions un vote à pile ou face ? Sûrement pas. Mais peut-être notre orientation politique varie-t-elle selon les inclinations, les émotions, les passions qui nous envahissent ? Un attentat islamiste, et je vote pour le fielleux qui promet, une fois élu, de jeter tous les musulmans à la mer ; si c’est une mère de famille qui pleure de faim avec ses trois enfants devant l’Armée du salut, me voilà soutien de l’Abbé Pierre ; le chômage augmente ? Vite, je choisis le libéral de service (Emmanuel ! Au secours !)

Le choix politique ne s’effectue plus qu’à court terme et avec lui l’élection Présidentielle relève du concours de beauté. Plus aucune visibilité : les résultats escomptés s’inversent au cours des sondages et celui qui rit le matin, l’après-midi pleurera.

 

Les sociétés démocratiques comme la nôtre deviennent impossibles à gouverner, mais ce n’est pas grave : en cas de défaillance des hommes, la nature reprend ses droits et c’est elle alors qui pilote le pays, le laissant dériver vers les gouffres pour qu’au dernier moment les matelots reprennent la barre. Et quand ils sont trop occupés à se chamailler pour le faire ? Qu’importe : ça fera un pays libre et indépendant de moins, mais ce qui compte pour notre Mère-Nature, c’est le global, c’est l’espèce : croyez-vous que l’humanité disparaitrait si la France, pays libre et de haute culture venait à disparaitre ?

samedi 9 avril 2022

Le 10 avril : Qu’ai-je le droit de faire dans un bureau de vote (à part voter) ?


Nouveauté : ce matin, avant d’aller voter vous devrez répondre à cette question : 

Qu’ai-je le droit de faire dans un bureau de vote (à part voter) ?

Voici le questionnaire à remplir (source : libération) – Pour répondre rayez la réponse fausse.

ATTENTION ! En cas de résultats inférieurs à la moyenne, votre droit de vote vous sera retiré jusqu’à un nouvel examen réussi.

  


 

1 - Ai-je le droit de venir avec un t-shirt floqué « Votez Poutou » ?

OUI/NON

 

2 - Ai-je le droit de signer avec mon stylo quatre couleurs ?

OUI/NON

 

3 - Ai-je le droit de venir avec ma carte Vitale ou avec un passeport à la place de ma carte d’identité ?

OUI/NON

 

4- Ai-je le droit de venir avec mon propre bulletin de vote ?

OUI/NON

 

5 - Dois-je obligatoirement prendre tous les bulletins des candidats ?

OUI/NON

 

6 - Ai-je le droit de remplir mon enveloppe en dehors de l’isoloir ?

OUI/NON

 

7 - Puis-je bavarder de politique avec le mari de ma voisine croisée dans le bureau de vote ?

OUI/NON

 

8 - Ai-je le droit de venir avec mon chien ?

 OUI/NON


9 – Ai-je le droit de venir avec mes enfants ?

OUI/NON

 

10 - Ai-je le droit de venir sans mon masque ?

OUI/NON

 

11 - Puis-je rester derrière mon écran et voter sur internet ?

OUI/NON

 

12 - Est-ce que j’ai le droit de faire un selfie dans l’isoloir ?

OUI/NON