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lundi 13 janvier 2025

Bienvenue au 18ème siècle – Chronique du 14 janvier

Bonjour-bonjour

 

C’est encore le petit opuscule de Kant « Vers la paix perpétuelle » (publié en 1795) qui occupe la politique internationale, suite aux prétentions de Donald Trump d’annexer divers pays ou contrées, tel que le Canada, le Groenland ou le Canal de Panama.

Une lecture attentive de Kant permet de voir dans la politique suivie par D. Trump, à l’opposé de Kant, la résurgence d'une conception vieille de 3 siècles des relations internationales, où les États sont traités comme des biens négociables dans un grand marchandage entre puissances. Une vision que le philosophe des Lumières dénonçait déjà en 1795 dans son traité intitulé « Vers la paix perpétuelle ».

Et en effet, les modalités d'acquisition territoriale évoquées par Trump dessinent une vision des relations internationales étrangement similaires à celle de l'Europe prémoderne.

--> Qu’on en juge (Lire ici) : 

* ses pressions économiques sur le Canada, présenté comme un territoire naturellement destiné à intégrer l'Union, 

*ses menaces à peine voilées d'intervention militaire au Groenland, 

* sa revendication d'une « propriété légitime » sur le canal de Panama fondée sur son histoire 

--> Tous ces mécanismes correspondent précisément aux modes d'acquisition que Kant condamnait – l'échange, l'achat, la donation, l'héritage.

 

On lit en effet que l’Article 2 de la Paix perpétuelle stipule : Nul État indépendant ne pourra être acquis par un autre État, par échange, héritage, achat ou donation.

Et surtout c’est la recherche d’une fédération des États soutenue par la liberté de circuler et de commercer qui nourrit chez Kant cette vision d’une paix voulue pour favoriser les intérêts de chacun au sein d’une fédération bonne pour tous.

Que notre période soit marquée par une régression de trois siècles en arrière n’étonnera personne qui soit un peu attentif à ce qui se passe depuis les années 2000 (environ).

Reste que pour moi, qui rêve depuis toujours de vivre au siècle des lumières, je découvre avec horreur que le 18ème, c’était ça aussi.

lundi 8 juillet 2024

En toute modestie – Chronique du 9 juillet

Bonjour les fashion victimes ! 

 

Avez-vous complété votre garde-robe pour l’été ?

Non ? Il serait temps ! Alors voici le magazine Vogue qui vient à votre secours.

Vous pourrez y lire en effet cette information : « Après le tee-shirt à messages, accessoire manifeste utilisé pour exposer des missives publicitaires ou même politiques, calqué sur le retour des tendances des années 2000, c'est au tour de la chemise et du top brodés de faire son grand retour mode. » (Lu ici)

Et d’ajouter : « La chemise brodée a aussi fait une entrée remarquée. Mieux que le tee-shirt immaculé ou à messages, elle apporte à l'allure une touche fun et bohème pile dans la tendance du moment. »

 

Pour être plus explicite, voici une illustration du propos :

 

 

A gauche la chemise brodée d’Ermano Scervino, à droite celle de Max Mara 

 

… On dira ce qu’on voudra mais si on gagne en esthétique, on voit bien qu’en perdant le T-shirt à message, on perd aussi de l’originalité. 

J’aime en particulier ces T-shirt vantant le mérite de celui qui le porte – comme celui-ci :

 


Remarquez que ce T-shirt est vendu sur catalogue directement avec ce patronyme, qui est, vous l’aurez deviné, également le mien. Si l’on prend au sérieux cette proclamation, on doit noter qu’au minimum on a quelque chose à faire savoir aux autres à propos de soi-même - mais qu’en déclarant que l’on est presque parfait, on conserve la modestie sans la quelle cette proclamation serait vaine.

vendredi 28 juin 2024

J’peux pas, j’ai piscine – Chronique du 29 juin

Bonjour-bonjour

 

Maintenant que la campagne électorale est terminée il est temps, sans quitter ce domaine, de se tourner vers d’autres questions, comme celle du respect de la parité homme/femme dans la future assemblée.

Voici le bilan dressé par le site internet du gouvernement qui recense ces données : « Sur les 4.009 candidats aux élections législatives, seulement 41,1% sont des femmes. »

 

Vu ici


Depuis l'an 2000 l'Assemblée nationale s'est tout de même féminisée, même si la parité absolue n'a jamais été atteinte. En 2002, les femmes représentaient 12,3 % de l'hémicycle pour atteindre un record historique en 2017 avec 38,7 % de députées. Mais seulement 37,3% en 2022 en recul depuis le record de 2017.

Qu’est-ce qui empêche cette parité de se réaliser ?

Le tableau ci-dessus suggère que la volonté des appareils est sans doute en cause, mais tout de même, on peut s’étonner que 80 ans après leur accession au droit de vote et à l’éligibilité (1944-2024) les femmes n’aient pas obtenu une meilleure représentation à l’Assemblée nationale. Les suffragettes ont montré un peu plus de pugnacité pour parvenir à leurs objectifs ; pourquoi pas la parité ? 

Et si les femmes elles-mêmes n’étaient pas suffisamment enthousiastes pour revendiquer cette fonction ? Si – par exemple – les diffusions télé des sessions de l’Assemblée, montraient une représentaon nationale qui n’est pas à la hauteur de ce qu’elles en attendaient ?

Au point qu’elles refusent de s’engager dans une telle aventure ?

- Moi, candidate ? J’peux pas, j’ai piscine !