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dimanche 18 janvier 2026

Trump, le nouveau Père Ubu – Chronique du 18 janvier

Bonjour-bonjour

 

L’entêtement de Donald Trump devient pathétique : s’il n’obtient pas la possession du Groenland, il sabordera l’OTAN et détruira ses anciens alliés. 

On tremble car, même si nous autres européens nous le voulions nous ne pourrions pas lui donner satisfaction. C’est que le Groenland appartient aux Groenlandais

Bizarre ? Pas tant que ça. Récapitulons : le Groenland est un territoire constitutif du Danemark qui lui a accordé l’autonomie territoriale et l’autogouvernance. A ce titre, ce sont aux groenlandais et non aux danois de décider s’il est possible de vendre ce territoire aux USA. Mais voilà : les groenlandais cherchent principalement à consolider leur autonomie politique et territoriale – et surtout pas à se trouver un nouveau seigneur

- Au fond, Donald Trump est comme le Père Ubu. Celui-ci, après avoir par traitrise renversé Roi de Pologne pour s'emparer de son trône, devient un despote en guerre contre le peuple – en découvrant avec dépit « qu’il y a des polonais en Pologne », tout comme il y a des groenlandais au Groenland. 

Mais le rapprochement ne s’arrête pas là. Bien décidé à imposer son pouvoir, Ubu taxe les habitants avec un impôt de 10% sur tout ce qui existe dans le pays. 

Suite aux révoltes suscitées par cet abus, le voilà contraint à partir en guerre, monté sur son « cheval à phynances », pour encaisser l’impôt et décerveler tous ceux qui lui résistent. Après bien des péripéties, Ubu reviendra en France pour se faire nommer « Maître des finances à Paris ».

- Plus fort que le Père Ubu, Trump n’a même pas besoin de venir à Paris pour nous faire les poches : signer des décrets dans le bureau ovale lui suffit

 

Pour conclure : si Alfred Jarry a mobilisé les Russes en Ukraine pour arrêter Ubu, aujourd’hui ce sont les descendants des esquimaux qui vont résister à l'invasion.

Adaptant le slogan MAGA à leurs besoins, les voici qui crient :

Make America Go Away

mercredi 14 janvier 2026

Savez-vous où est Nuuk ? – Chronique du 15 janvier

Bonjour-bonjour

 

Alors, ça y est ? Le conseil de défense de l’Élysée d’hier a décidé d’envoyer un contingent français au Groenland, histoire de montrer aux Yankees que la Vieille Europe est encore là.

Lafayette, les voici !

Moi qui ne suis pas belliqueux pour un sou, je me délecte malgré moi d’imaginer un affrontement de soldats vêtus comme au 19ème siècle, avec des fusils longs comme le bras, qui se tirent dessus cachés dans l’embrasure d’une maison abandonnée – sauf qu’ici on aurait un igloo ébréché.

Ça aurait de l’allure ne croyez-vous pas ? – Mais hélas ! rien de tout ça ne risque d’arriver : l’immensité glacée du Groenland ne verra sûrement pas d’empoignades héroïques entre soldats vêtus de peaux de phoques. A notre époque, tout se passe par machines interposées, drones ou robots montés sur des skis – sans parler de missiles hypersoniques.

- Mais là encore, il n’y a que du rêve. La réalité est que les Américains n’ont sûrement pas besoin d’envahir quoique ce soit : ils n’ont qu’à décréter que leur volonté vaut titre de possession. Qui donc viendrait les déloger le jour où ils investiront Nuuk ?

- Quoi ? Vous ne savez-pas ce qu’est « Nuuk » ? Sachez donc que c’est la capitale du Groenland. Et que le temps que vous trouviez où ça se situe, les Américains en seront déjà repartis.

dimanche 15 juin 2025

Groenland : Macron est arrivé-éé / Sans s’presser-éé. – Chronique du 16 juin

Bonjour-bonjour

 

On aura lu dans la presse du jour le récit du passage du Président Macron au Groenland, invité par « les autorités danoises et groenlandaises ».

Une telle visite est très politique : entendez qu’elle répond à plusieurs objectifs à la fois.

- D’une part faire entendre le soutien d’un pays européen tel la France en faveur de l’intégrité du territoire groenlandais (versus appétit américain).

- D’autre part permettre au Président français d’exister alors qu’il a perdu l’essentiel de son pouvoir depuis la dissolution de l’Assemblée Nationale.

De tels objectifs sont très recherchés car ils permettent de satisfaire les parties prenantes tout en confortant la stature internationale du Président. Mais n’y aurait-il pas mieux à faire ?

Certes il serait difficile de faire des critiques à Emmanuel Macron quand à son activité internationale. Sa présidence de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan à peine achevée, le voilà qui bondit au Groenland, juste avant d’aller au G7 à Kananaskis, en Alberta (Canada).

… Mais certains voudraient que le président de la république française consacre son temps intégralement aux affaires française – et Dieu sait s’il y a de quoi occuper un Président jeune et actif. Après tout c’est cela le mandat que lui a donné le peuple français.

Certains remarqueront que le monde actuel étant interconnecté, se préoccuper de politique internationale c’est aussi se soucier des effets en retour sur la France. Mais d’autres, plus critiques, diront que c’est surtout le souci de briller devant les photographes et de se présenter, comme le Zorro de la chanson, comme un justicier à deux balles.

 

 

Justicier à deux balles ? Soit. Mais justicier quand même.

lundi 13 janvier 2025

Bienvenue au 18ème siècle – Chronique du 14 janvier

Bonjour-bonjour

 

C’est encore le petit opuscule de Kant « Vers la paix perpétuelle » (publié en 1795) qui occupe la politique internationale, suite aux prétentions de Donald Trump d’annexer divers pays ou contrées, tel que le Canada, le Groenland ou le Canal de Panama.

Une lecture attentive de Kant permet de voir dans la politique suivie par D. Trump, à l’opposé de Kant, la résurgence d'une conception vieille de 3 siècles des relations internationales, où les États sont traités comme des biens négociables dans un grand marchandage entre puissances. Une vision que le philosophe des Lumières dénonçait déjà en 1795 dans son traité intitulé « Vers la paix perpétuelle ».

Et en effet, les modalités d'acquisition territoriale évoquées par Trump dessinent une vision des relations internationales étrangement similaires à celle de l'Europe prémoderne.

--> Qu’on en juge (Lire ici) : 

* ses pressions économiques sur le Canada, présenté comme un territoire naturellement destiné à intégrer l'Union, 

*ses menaces à peine voilées d'intervention militaire au Groenland, 

* sa revendication d'une « propriété légitime » sur le canal de Panama fondée sur son histoire 

--> Tous ces mécanismes correspondent précisément aux modes d'acquisition que Kant condamnait – l'échange, l'achat, la donation, l'héritage.

 

On lit en effet que l’Article 2 de la Paix perpétuelle stipule : Nul État indépendant ne pourra être acquis par un autre État, par échange, héritage, achat ou donation.

Et surtout c’est la recherche d’une fédération des États soutenue par la liberté de circuler et de commercer qui nourrit chez Kant cette vision d’une paix voulue pour favoriser les intérêts de chacun au sein d’une fédération bonne pour tous.

Que notre période soit marquée par une régression de trois siècles en arrière n’étonnera personne qui soit un peu attentif à ce qui se passe depuis les années 2000 (environ).

Reste que pour moi, qui rêve depuis toujours de vivre au siècle des lumières, je découvre avec horreur que le 18ème, c’était ça aussi.