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lundi 2 mars 2026

Le canard sans tête – Chronique du 3 mars

Bonjour-bonjour

 

Est-ce qu’on détruit une dictature en tuant le dictateur ? Ou bien ne risque-t-on on pas de voir ce régime, privé de son dirigeant autocrate, continuer comme avant, un peu comme le canard à qui on a coupé la tête et qui part en courant.

Donald Trump a prétendu abolir la dictature lorsqu’il a enlevé Maduro et tué Ali Khamenei. Si le Venezuela semble mieux respirer depuis l’enlèvement du dictateur, rien ne dit que le régime autoritaire et corrompu qu’il avait mis en place ait réellement disparu. Quant au pouvoir des mollahs en Iran, rien n’est fait encore. 

 

Si nous réfléchissons un peu nous arrivons à cette question : la dictature est-elle le fait du dictateur ou bien au contraire, n’est-elle pas antérieure à lui ? Le bon sens est de dire que c’est la première hypothèse qui est vraie : un général d’armée s’empare du pouvoir et s’y maintient grâce à ses troupes : alors, sa disparition peut permettre au pays de retrouver la démocratie.

Mais il se peut que la dictature soit d’abord l’effet d’un parti qui s’est construit peu à peu contre un occupant étranger, et qui s’empare du pouvoir après l’avoir chassé. Alors, pas d’opposition, rien qu’une force issue du pays et qui en libère la puissance – imaginez la France-Libre du général de Gaulle en 1946 qui aurait choisi de rester au pouvoir et de gouverner la France sans élections démocratiques.

Il se pourrait que l’Iran fasse partie de ce genre d’État ; quoiqu’on y fasse la Nation iranienne restera farouchement revendiquée par le pouvoir politique : quand bien même ce serait un parti corrompu il serait toujours préféré à une démocratie importée avec la marque de l’étranger.

dimanche 22 février 2026

Donald, rends l’argent ! – Chronique du 23 février

Bonjour-bonjour

 

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a réclamé que l’administration Trump rembourse les familles et les entreprises américaines des droits de douane jugés illégaux après leur annulation par la cour suprême.

Alors que D. Trump semblait avoir acquis un pouvoir qui le mettait au-dessus des lois grâce à une Cour suprême jugée partisane, voilà que celle-ci se met à prononcer ses arrêts selon la Loi des Etats-Unis. Le Président fulmine, dénonçant cette décision comme « extrêmement décevante » et « honteuse » et saluant les trois juges qui s'y sont opposés pour « leur force, leur sagesse et l'amour de leur pays ». (Lu ici)

Mais dans le même temps, les démocrates américains rappellent que Thomas Paine, qui a inspiré la Déclaration des droits de l’homme française et l’un des plus ardents partisans du républicanisme américain, n’hésitait pas à écrire, dans un ouvrage publié en 1776, « Aux Etats-Unis, la loi, c’est le roi.» (Entendez bien sûr : c'est la loi qui dispose du pouvoir légitime et non le Roi)

Comment mieux définir l’État de droit ? Comment mieux l’arrimer à la démocratie qu’en montrant qu’il n’est autre que l’inverse du principe monarchique « Le Roi, c’est la loi » ? 

/= C'est lui qui fait la loi/

On dira que tout état possède le droit de changer sa constitution : une démocratie peut bien décider de devenir une monarchie. Seulement le mandat reçu par D. Trump et par lequel il est entré à la Maison Blanche n’avait pas du tout pour objet de devenir un dictateur, même démocratiquement élu.

Ce problème juridique est aujourd’hui réduit à ses effets les plus immédiats : savoir qui doit payer des décisions non conformes à la constitution. Et en notre époque mercantile, c’est cela l’essentiel : qu’on se rappelle comment Margaret Thatcher apostrophait l’Union Européenne : 

« I want my money back ! »

mercredi 15 octobre 2025

Superdupont, le dictateur qui nous menace – Chronique du 16 octobre

Bonjour-bonjour

 

Après quelques mois d’exercice, il faut se rendre à l’évidence : Donald Trump est un dictateur et les Etats-Unis d’Amérique sont devenus un pays entièrement soumis à sa volonté.

Ainsi des compétitions sportives que les E.U. doivent accueillir prochainement, à savoir la Coupe du monde de footballet les J.O. de 2028. Qu’on lise en effet ceci : le président américain a renouvelé sa menace de priver des municipalités démocrates de grandes compétitions sportives, à commencer par la Coupe du monde de football 2026.

La nouveauté du jour a été de voir le président des Etats-Unis lever la même menace en vue des JO de Los Angeles 2028 : « Je pourrais dire la même chose à propos des Jeux olympiques, a-t-il ainsi lancé. Si je pense que Los Angeles ne fait pas du bon travail, je les déplacerai. » (Lu ici)

Bien entendu les choses ne se feraient pas si simplement. Mais la simple affirmation de ce projet, produit par la rancune du Président à l’encontre des villes démocrates qui doivent accueillir ces compétitions montre combien il est coutumier du fait de broyer le droit sous sa botte d’autocrate.

La question est : « Comment cela est-il possible ? » Comment ce grand pays, considéré comme le cœur du monde libre, là où une constitution pluri-centenaire a été écrite pour protéger les citoyens contre les abus du pouvoir politique, a-t-il pu basculer dans la dictature, sans qu’aucune des lois constitutionnelles n’ait été violée ? Car c’est démocratiquement que les Etats-Unis ont cessé d’être une démocratie.

- Oui, voilà la leçon à retenir. On nous serine sans cesse que notre démocratie est fragile, qu’il faut la protéger des abus de politiciens, qu’il faut être prêt à se battre pour cela. Mais on ne nous dit pas assez que ceux qui risquent de manier les armes pour combattre nos libertés, ce sont nos concitoyens.

Tenez : lui par exemple

 


Gotlib – Superdupont

vendredi 13 décembre 2024

Enfin, les ennuis commencent ! – Chronique du 14 décembre

Bonjour-bonjour

 

François Bayrou nommé hier premier ministre, a rappelé cette citation de François Mitterrand au lendemain de son élection de mai 1981 : « Enfin, les ennuis commencent ». On aura reconnu une allusion à l’opiniâtre lutte pour le pouvoir qui prend fin avec la victoire… et qui débute avec d’autres luttes pour le conserver.

- Il s’agit d’un rappel du Prince de Machiavel pour qui la conquête et la conservation du pouvoir résument l’essentiel de l’art du Prince, dont même le talent pour bien gouverner et pour faire le bonheur de son peuple est subordonné à l’utilité pour bénéficier du pouvoir.

Et on se prend à s’interroger à propos de François Bayrou : à supposer que son acharnement depuis 50 ans à occuper la première place en politique soit avérée, s’agit-il d’une disposition naturelle dont on ne peut rendre compte parce qu'elle ne dépend de rien, étant elle-même une passion fondamentalement inscrite dans la nature de cet homme ?

Ou, si l’on veut, y a-t-il des personnes qui, de naissance, possèdent le talent et la volonté de dominer les autres non pour les détruire, mais pour obtenir qu’ils le suivent dans leur volonté de dominer ? Si c’est le cas, alors soyons bien attentifs : on doit trouver de gens comme ceux-là non seulement parmi les jeunes loups de la politique, mais encore dans les compétiteurs de tous genres, que ce soit en sport ou dans le monde de l’entreprise – voire même dans les familles ?

- Pourquoi pas ? Mais n’oublions pas l’essentiel : si la gouvernance dont nous parlons doit être reconnue comme une tendance fondamentale, il faut bien la discerner de la violence qui conduit certains à détruire tous ceux qu’ils dominent. L’autorité politique, et toutes les formes de pouvoir dont elle est une variété, exerce cette domination dans le but de démultiplier sa volonté par la volonté de tous. Par contre, le dictateur finit toujours soit par détruire son peuple, soit par être détruit par lui. La politique ce n’est pas cela.

Ça ne suffit pas pour être rassuré.

dimanche 8 décembre 2024

Plus de guerre = moins de guerre – Chronique du 9 décembre

Bonjour-bonjour

 

Il y a des gens qui sautent de joie en apprenant que Bachar al-Assad a fui le pays abandonnant le pouvoir aux milices islamistes coalisées contre son régime. Et puis il y en a d’autres qui se taisent, ou qui murmurent que l’avenir nous dira si le régime qui va se mettre en place sera meilleur ou pire que celui qui vient de tomber. Car, si barbare soit-il, le pouvoir d’al-Assad pourrait en effet avoir été un moindre mal, du moins au point de vue des occidentaux. 

--> Du fond de l’horreur sourd une faible lueur qui laisse penser que ce serait pire si elle venait à s’éteindre. Voilà ce qui fait réfléchir : que cette lueur ait été captée par des personnes extérieure au pays, qu’elles aient été de simples espoirs et non des réalité, peut-être. Mais au moins on a pu avoir l’espoir que les choses changent – ce qui signifie qu’on n’était pas tout à fait en Enfer, car l’Enfer ne peut être qu’absolu, c’est-à-dire sans espoir.

La question n’est pas tellement de savoir si on a de l’espoir en voyant s’installer au pouvoir des islamistes : l’avenir n’est pas écrit. Mais, nous retournant sur le passé immédiat, on peut se demander ce qui a permis le renversement de Bachar al-Assad, ce pouvoir qui précédemment paraissait inébranlable. S’agit-il de circonstances qui ont affaibli les deux soutiens du régime syrien, à savoir la Russie et l’Iran ?

Dans ce cas, on découvre que la Russie occupée par la guerre en Ukraine n’était pas en situation de soutenir une autre guerre ; ainsi que l’Iran, déjà affaibli par les frappes israéliennes sur le Hezbollah, qui n’a pas pu défendre les positions du pouvoir, par exemple à Alep. 

--> Ainsi plus de guerre signifierait moins de guerre ? Ce n'est pas encore la paix, mais c'est enfin une bonne nouvelle !

dimanche 10 novembre 2024

Dans quel sens va l’histoire ? – Chronique du 11 novembre

Bonjour-bonjour

 

 

Le 11 novembre 1918, les soldats sortis vivants des tranchées ont crié « Cette guerre, c’est la Der des Der ! » Ils ont cru maitriser la marche de l’histoire - qui n’a pas demandé plus de 20 ans pour les démentir. 

En 1990, la chute de l’Empire soviétique a fait croire qu’on venait d’enterrer le totalitarisme. Après la chute du régime soviétique, Francis Fukuyama, politologue américain publia en effet un livre qui fit beaucoup de bruit. Il s’agissait « La fin de l’histoire et le dernier homme » dans lequel il soutenait que la dislocation du bloc soviétique marquait la dernière étape de l’histoire. Plus précisément « la fin de l'Histoire ne signifie pas, selon lui, l'absence de conflits, mais plutôt la suprématie absolue et définitive de l'idéal de la démocratie libérale, lequel ne constituerait pas seulement l'horizon indépassable de notre temps mais se réaliserait effectivement. » (Art. wikipédia)

Et pourtant…

Les récentes élections américaines ont plongé les démocrates dans un profond désarroi. Certes on sait que, ce qu’un vote a fait, un autre peut le défaire. Mais on ne peut manquer d’être frappé par ce mouvement général qui, à travers le monde entier, pousse nombre de démocraties historiques (celle des Etats-Unis date de 1787) à renoncer aux libertés civiles (telle l’IVG) pour aller vers plus d’autorité, allant jusqu’à l’illibéralisme, voire même la dictature pure et simple.

30 ans plus tard on ne parle plus que des autocrates, des tyrans, des gouvernants illibéraux. 

Pour quelle raison ce mouvement s’est-il inversé ? L’histoire revient-elle sur ses pas par un mouvement de balancier qui la ramène vers ses positions passées ? Ou bien faut-il avouer notre myopie qui nous condamne à voir la marche de l’histoire sur des périodes de quelques dizaines d’années où elle est insignifiante ?

Cette dernière hypothèse nous invite à suspendre notre réponse, car – ou bien c’est en effet un vaste mouvement de balancier et alors l’histoire ne peut signifier qu’existe une marche en avant, mais seulement enregistrer nos efforts pour juguler les malheurs dont notre espèce est affligée et qui renaissent périodiquement ; ou bien la responsable c’est notre ignorance totale, masquée par notre arrogance à vouloir connaître ce qui nous reste inaccessible.

Une autre réponse reste pourtant possible et cela depuis l’antiquité : c’est Platon qui nous l’explique. Chez lui, la démocratie marque non pas la fin de l’histoire, mais son avant-dernière étape. Et cette évolution n’est pas celle d’un progrès mais celle d’une chute, car le peuple étant incapable de se gouverner lui-même, il doit remettre son destin entre les mains d’individus qui ne sont pas plus savants que lui, qu’il nommait les "démagogues" et que nous nommons aujourd’hui les "populistes" (lire ici). 

- Et pour Platon, la dernière étape de l'histoire quelle est-elle ?

Pour lui, la démocratie (avant-dernière étape) met en place la tyrannie qui signifie l’écrasement du peuple par un pouvoir non seulement absolu, mais surtout illégitime. C’est sous ce double aspect qu’il revient aujourd’hui encore au premier plan : « /les grecs/ donnaient indifféremment /le nom de tyrans/ aux bons et aux mauvais princes dont l’autorité n’était pas légitime. » disait Rousseau. C’est ainsi que les américains sont prêts à renoncer à quelques-unes de leur libertés, à condition d’avoir le pouvoir d’achat promis.

jeudi 23 mai 2024

Milei : un Mélenchon à la puissance 10 – Chronique du 24 mai 2024

Bonjour-bonjour

 

Que doit-on penser du gouvernement mis à la tête de l’Argentine sous la présidence de Javier Milei depuis le 10 décembre dernier ?

Si j’en crois cet article, après avoir crié à l’attentat à le Nation argentine et à la menace sur la vie du peuple argentin, les résultats sont à la fois surprenants et balancés. 

- Ainsi des résultats très positifs en matière d’économie ont été enregistrés : baisse des déficits publics et de la dette, diminution de l’inflation, 50% des réformes structurelles abouties… Mais aussi casse sociale, avec la pauvreté, le chômage, le manque de soins, tout cela est vrai. Toutefois Javier Milei garde une bonne image de dirigeant dans le pays : « Un sondage de l’institut Proyeccion Consultores de début mai crédite Milei de 50,2 % d’opinions favorables (contre 38,7 pour Kirchner). Pour 53 % des sondés, Milei tient ses promesses ; pour 52 % il a un plan cohérent ; pour 49 % il est honnête ; pour 47 % il est crédible ; mais seuls 38 % lui accordent une stabilité émotionnelle et un sens du dialogue et à peine 35 %, de l’empathie pour les milieux sociaux les plus vulnérables. » (Article cité)

L’Argentine va mieux – mais les argentins vont mal, tel est la conclusion qu’on pourrait risquer, sauf que les argentins qui votent pour Javier Milei sont dans le secteur « dérégulé » (= entendez qu’ils travaillent au black) sans aucun secours de l’État, ni aucune garantie sur leur emploi. Milei, pour eux, ça n’empire pas leur situation.

 

Bref : et nous, dans tout ça ? Serions-nous également susceptibles de subir sans secousses monstrueuses de telles réformes ? Pourrions-nous avoir comme président un homme aussi radical et aussi hystérique que lui ? Une sorte de Mélenchon puissance 10 ?

vendredi 1 septembre 2023

Funeste connerie – Chronique du 2 septembre

Bonjour-bonjour

 

Habitué à jouer des niveaux de langage, Emmanuel Macron a su trouver le mot qui fait mouche en évoquant la perte d’autorité liée à l’impossibilité de se représenter enfin de mandat comme une « connerie ».

Bien sûr on ne se laissera pas tromper par l’usage de ce terme peu usité dans hautes sphères du pouvoir pour se concentrer sur le propos : moyen de capter la lumière des médias ? Sans doute, mais pas seulement. Le Président fait porter à cette situation (inusitée jusqu’à présent dans la 5ème République) la responsabilité de la perte d’autorité qui aurait été la sienne suite à sa réélection – oubliant au passage le résultat des législatives qui en le privant de majorité absolue l’empêche effectivement de transformer ses volontés en lois de la République.

Et puis, quel rapport aurait la mise en jeu de la réélection avec l’autorité ? Et de quelle autorité parle-t-on ? Tout cela à interpréter dans le cadre d’un échange verbal avec Jordan Bardella, le Président du RN. 

 

Tout cela est bien décevant, et on ne peut s’empêcher de penser à tous ces dictateurs qui ont fait sauter le verrou constitutionnel s’opposant à leur candidature pour déguiser leur maintien au pourvoir en décision démocratique après des élections truquées (comme récemment au Gabon) 

Notre si brillant Président transformé en roitelet africain ? Abomination !

 

C’est pourtant l’occasion de se remémorer la phrase de Montesquieu : « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. » (1) Et de rappeler la sentence de Nicolas Sarkozy disant que le pouvoir était « une drogue dure » raison pour laquelle il fallait verrouiller le nombre de mandat successif.

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(1) « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. Qui le dirait! La vertu même a besoin de limites » (Esprit des lois, l.9 ch.6)

dimanche 25 décembre 2022

Les chinois victimes d’un « rhume sévère » - Chronique du 26 décembre

Bonjour-bonjour

 

Loin de moi l’idée de rire du malheur des autres, en particulier de celui des chinois victimes d’une vague sans précédent de contamination au covid. En revanche, comment ne pas rire en voyant les contorsions désespérées de la censure pour trouver une cohérence entre les cris de victoires poussés, trois année durant, à propos de la politique « zéro covid », et l'obligation aujourd’hui de justifier sa suppression comme une décision de la sagesse du puissant président Xi Jinping – tout cela pour faire oublier que les chinois sont à présent livrés à eux-mêmes, sans soins, sans hôpitaux, sans secours, au déferlement du virus ? (Lire ici)

 

- Tout ce que les communicants du parti ont trouvé, c’est de dire que « la politique zéro Covid a effectivement démontré la supériorité du système socialiste chinois », ajoutant que son évolution est une « optimisation » permettant désormais de s’adapter aux nouveaux variants du virus tout en « donnant la priorité à la vie et à la santé du peuple ». Oui, vous avez bien lu : il s'agit de donner la priorité à "la vie et à la santé du peuple chinois" : là le rire s’étrangle dans ma gorge : ce sont des millions de morts qui sont passés à la trappe, comme s’ils n’étaient pas le prix que la Chine a accepté de payer pour parvenir à l’immunité face au virus.

Mais la mauvaise conscience ne se laisse pas étouffer comme ça : les restes de réseaux sociaux chinois ne laissent pas passer des annonces comme celle qui prétend que la mort de Wu Guanying, concepteur des mascottes des Jeux olympiques de Pékin de 2008, résulte d’un « rhume sévère » à l’âge de 67 ans. 

--> Lorsque les menteurs continuent de mentir dans l’indifférence générale parce que personne n’écoute plus leurs mensonges, alors la honte de leur propre impuissance est à son comble. Ne reste plus qu’à faire comme en Corée du Nord où le mot « covid » est interdit comme criminel.

samedi 17 décembre 2022

Réponse à tout – Chronique du 18 décembre

Bonjour-bonjour

 

Aux élections législatives de Tunisie, seuls 8,8 % des électeurs, soit 803 000 électeurs sur 9 millions, ont voté. (Lu ici)

Alors que l’opposition avait appelé aux boycott le président de l’autorité électorale, Farouk Bouasker, a reconnu un « taux modeste mais pas honteux ». Il a toutefois estimé que ce taux s’expliquait par « l’absence totale d’achats de voix (…) avec des financements étrangers », contrairement au passé, selon lui. 

Cet homme a décidément réponse à tout, et on tire son chapeau à l’imagination et à l’aplomb du pouvoir qui nous persuade que ce résultat est la preuve de son honnêteté. Le scandale aurait été que ces élections aient eu plus de 50% de votant, preuve que 40% des électeurs tunisiens auraient été achetés par une puissance étrangère. Dans le genre post-vérité, on ne fait pas mieux.

Mais l’opposition qui avait, rappelons-le, appelé au boycott a-t-elle raison de plastronner ?  

 

De fait les tunisiens ne croient plus au pouvoir des urnes : depuis des mois, la crise économique est la préoccupation majeure des 12 millions de Tunisiens, avec une inflation de près de 10 % et des pénuries récurrentes de lait, de sucre ou de riz. (Art. Référencé). 

--> Vous pouvez être certain que venir parler aux tunisiens de droits de l’homme, liberté d’expression et d’opinion ne suffira pas à les faire sortir de chez eux pour aller voter. Mais qu’un dictateur démontre qu’il sait comment donner à tous un travail et un salaire – oui : ça pourrait les intéresser. Ce que veulent les tunisiens, c’est un pouvoir qui assainisse l’économie et qui assure un revenu décent à tous. C’est pour avoir chassé les incapables et corrompus qui s’étaient installés à la tête de l’État que l’actuel dictateur a été accueilli à bras ouvert par le peuple. L’inconvénient des dictateurs c’est qu’ils ne savent pas rendre le pouvoir en temps opportun.

lundi 29 novembre 2021

Le ministère du bonheur – Chronique du 30 novembre

Bonjour-bonjour

 

Durant ma maraude matinale en vue de capter des informations dont faire mon miel, je tombe sur l’info suivante : « Le général émirati Ahmed Nasser al-Raisi, visé par plusieurs plaintes pour "torture" en France et en Turquie, a été élu président d'Interpol, a annoncé l'agence de coopération policière. »  

- Un super policier ex-tortionnaire en chef, voilà qui est riche de sens. Piqué par cette stupéfiante information, je poursuis ma recherche, et j’apprends ceci : « Du temps où il était inspecteur général au ministère de l’Intérieur des Emirats, Ahmed Nasser al-Raisi avait “créé la direction générale du bonheur au sein du ministère de l’Intérieur”, chargée d’améliorer le fonctionnement de l’administration. »

De mieux en mieux me dis-je : il n’y a donc pas que le Bhoutan pour avoir un tel ministère ? (1)

Mais, qui donc va définir le bonheur ? Ne risque-t-on pas de rencontrer un régime de dictature épouvantable qui, sous prétexte de leur apporter la félicité, s’efforce de prendre le contrôle des esprits ? Les habitants de la Corée du nord par exemple ne sont-ils pas supposés heureux du simple fait que Kim jong-un dirige le pays ? 

Cherchant la réponse à mon interrogation, j’arrive sur cet article de Wiki qui élargit le champ d’investigation : « C’est en 2016 qui les Émirat Arabes Unis ont créé le poste de ministre d’État responsable des plans, des programmes et des politiques pour parvenir à une société plus heureuse. Trois ans après la création des ministères du bonheur, de la tolérance et de l'intelligence artificielle, les Émirats Arabes Unis ont créé en 2019 un ministère des « possibilités » » (2).  

--> Pour prendre en charge le bonheur des citoyens, il faut donc aussi préserver la tolérance (s’agissant des Émirats on se demande en quoi ça peut consister, mais ne critiquons pas, poursuivons) ; il faut également promouvoir l’intelligence artificielle, sans qu’on sache si elle figure ici à titre de moyen ou de source d’inspiration ; enfin, cerise sur le gâteau, le ministère des possibilités chargé d’éradiquer le mot « impossible » du vocabulaire des Émirats Arabes Unis bien évidemment indispensable pour parvenir au bonheur (si vous ne me croyez pas lisez ceci). Et c’est là qu’on reprend contact avec la notion commune chez nous de bonheur.

Car pourrait-on être heureux là où l’impossibilité survit ? Si je suis heureux aucun obstacle à mon bonheur ne doit survenir, et surtout pas ce qui le réduirait et le menacerait dans la durée.

- En 68 le mot d’ordre était « Jouissez sans entraves ! ». Heureux de savoir que c’est aussi le souci de Ahmed Nasser al-Raisi.

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(1) Sur le Bhoutan, lire ici.

dimanche 14 février 2021

La junte birmane ouvre les prisons – Chronique du 15 février

Bonjour-bonjour

 

La junte birmane coupe Internet, lance les blindés de l’armée dans les rues de Rangoun et… libère 23000 prisonniers. Là on sursaute : ça parait plutôt incohérent, puisqu’on s’attendrait plutôt à des arrestations massives : pourquoi les militaires videraient-ils les prisons alors que d’habitude ils les remplissent ?

Lisons l’information : « Certains Birmans craignent aussi que la libération massive cette semaine de plus de 23 000 prisonniers par l’armée n’ait été orchestrée pour semer le trouble en relâchant des individus peu recommandables, tout en faisant de la place dans les prisons pour les détenus politiques ». (Lu ici)

 

- Bien sûr la répression soulève toujours le même problème : que faire des prisonniers qu’on vient de rafler dans les manifestations tant qu’on n’a pas encore construits les camps pour les retenir ? Les stades comme à Santiago ou en Argentine, ça peut se concevoir, mais seulement pour peu de temps – Et puis de toute façon, il faut encore arrêter les gens et les amener là.

Mais déstabiliser la population avec cette libération qui, du même coup fait de la place pour emprisonner les manifestants, voilà qui est habile… et cruel en même temps.

En effet, l’hostilité manifestée par une telle mesure saute aux yeux : il s’agit pour les militaires d’affaiblir le peuple et pour cela on le déstabilise en lâchant des asociaux qui vont voler, piller, assassiner. On aurait lancé une guerre bactériologique, en empoisonnant l’eau ou en diffusant des virus pestiférés on n’aurait pas fait mieux. C’est même plus malin de libérer des criminels dont on sait se protéger quand on a des casernes et des fusils d’assaut, alors que les virus peuvent revenir à leur source et là, nulle arme ne pourrait les arrêter.

Mais quand même : on voit que le pouvoir s’est allié avec la pègre et que si les honnêtes gens sont dans les prisons, ça veut dire que ceux qui sont dehors, ce sont les criminels.

dimanche 21 janvier 2018

BORIS JOHNSON VEUT CONSTRUIRE UN PONT SUR LA MANCHE

- Le tunnel sous la Manche a, quant à lui, coûté 15 milliards d'euros, au prix d'un désastre boursier. Son trafic est aujourd'hui loin d'être saturé.

Lorsqu'il était maire de Londres, Boris Johnson rêvait déjà de construire un nouveau pont jardin sur… la Tamise. Un chantier de 200 millions de livres (226 millions d'euros) qui, faute de fonds, a été enterré par son successeur Sadiq Khan. Il avait aussi envisagé de construire un nouvel aéroport sur une île artificielle dans l'estuaire de la Tamise, surnommée «Boris Island».

- Bref, tout cela ce sont des agitations qui ne nous concernent pas, seulement des étranges étrangers… Quoique…
Regardons-y mieux : ne trouvez-vous pas une curieuse ressemblance entre deux des dirigeants les plus déroutants et les plus inquiétants de la planète ? Je veux dire Boris Johnson et Donald Trump ?


Oui, n’est-ce pas ? Ils sont blonds tous les deux, et on a là peut-être un indice : évitons les candidats au pouvoir s’ils ont une pareille caractéristique.
On me dira : et Kim-Jon-Un ?


Lui au moins il n’est pas blond ! Mais peut-être s’est-il fait teindre – alors que sa couleur naturelle était celle des blés mûrs…

Ah !... Que d’enfantillages ! Ne croyons pas qu’il puisse y avoir un indice de la paranoïa du chef d’Etat, de la volonté de puissance montante du candidat à la Magistrature-suprême, etc.

--> Tout homme si équilibré soit-il devient totalement timbré dès qu’il approche du Pouvoir. Un seul remède : ne faisons plus de chefs, gouvernons-nous tout seuls et si possible chacun pour soi. Inutile de regarder quelle est la couleur des cheveux de Bakounine, de Louise-Michel, de Kropotkine…