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mardi 10 mars 2026

Réforme Milei : un modèle pour la France ? – Chronique du 11 mars

Bonjour-bonjour

 

Alors que les élections municipales s'annoncent pour dimanche prochain, on entend de partout le bruit des programmes qui se préparent pour la présidentielle de 2027.

Ceux qui voudront alors exister malgré les difficultés à trouver une recette originale pour relever l’économie du pays, seront peut-être tentés par un virage ultra-libéral de l’économie française. C’est alors que l’aventure de l’Argentine sous la présidence de Javier Milei – l’homme à la tronçonneuse – pourra tenter des néo-candidats.

Devant la réussite au moins provisoire des réformes du Président argentin, la mise en parallèle des situations de l’Argentine et de la France pourrait séduire.

 

 

Comme la France, l’Argentine était « embourbée dans 70 ans d’assistanat. » ; « Le pays était marquée par une domination totale des moyens publics par le parti au pouvoir. », les déficits ont été l’objet de tentatives de réformes, soutenu par un groupe parlementaire faible, furent adoptées sans l’aval du Parlement, afin de réduire rapidement les déficits. (Lu ici)

Bien tendu la comparaison avec la France « post-30 Glorieuse » soulève la méfiance, et les souffrances endurées par le peuple argentin sous la présidence de Javier Milei laisse entendre que si jamais un Président néo-libéral était élu l’Élysée, ses réformes produiraient bien des misères et des pauvretés. Comment cela pourrait-il réussir alors que la moindre restriction de subvention est chez nous saluée par des cris d’égorgement ?

Regardons encore une fois ce qui s’est passé en Argentine. Certes il y eut bien des manifestations, mais les élections venues, Milei a été confirmé dans son poste. C’est que les Argentins se sont dit : « Vu la nullité et la corruption des politiques argentins, élire quelqu’un comme Milei ça ne pourrait pas être pire ».

Chez nous certains se disent aujourd'hui : « Ça, on ne l’a pas encore essayé. Tentons le coup. » Ils pourraient en venir eux aussi à dire : « Tous nuls. Les ultra-libéraux ne pourront pas être pires. »

jeudi 23 mai 2024

Milei : un Mélenchon à la puissance 10 – Chronique du 24 mai 2024

Bonjour-bonjour

 

Que doit-on penser du gouvernement mis à la tête de l’Argentine sous la présidence de Javier Milei depuis le 10 décembre dernier ?

Si j’en crois cet article, après avoir crié à l’attentat à le Nation argentine et à la menace sur la vie du peuple argentin, les résultats sont à la fois surprenants et balancés. 

- Ainsi des résultats très positifs en matière d’économie ont été enregistrés : baisse des déficits publics et de la dette, diminution de l’inflation, 50% des réformes structurelles abouties… Mais aussi casse sociale, avec la pauvreté, le chômage, le manque de soins, tout cela est vrai. Toutefois Javier Milei garde une bonne image de dirigeant dans le pays : « Un sondage de l’institut Proyeccion Consultores de début mai crédite Milei de 50,2 % d’opinions favorables (contre 38,7 pour Kirchner). Pour 53 % des sondés, Milei tient ses promesses ; pour 52 % il a un plan cohérent ; pour 49 % il est honnête ; pour 47 % il est crédible ; mais seuls 38 % lui accordent une stabilité émotionnelle et un sens du dialogue et à peine 35 %, de l’empathie pour les milieux sociaux les plus vulnérables. » (Article cité)

L’Argentine va mieux – mais les argentins vont mal, tel est la conclusion qu’on pourrait risquer, sauf que les argentins qui votent pour Javier Milei sont dans le secteur « dérégulé » (= entendez qu’ils travaillent au black) sans aucun secours de l’État, ni aucune garantie sur leur emploi. Milei, pour eux, ça n’empire pas leur situation.

 

Bref : et nous, dans tout ça ? Serions-nous également susceptibles de subir sans secousses monstrueuses de telles réformes ? Pourrions-nous avoir comme président un homme aussi radical et aussi hystérique que lui ? Une sorte de Mélenchon puissance 10 ?

mardi 12 décembre 2023

À la tronçonneuse ! – Chronique du 13 décembre

Bonjour-bonjour

 

Il y a bien des années, Arnold Schwarzenegger en campagne pour devenir gouverneur de la Californie n’apparaissait à la télé que muni d’un balais, signifiant son projet de dégager le gouverneur de l’État et les incapables qui occupaient le pouvoir.

Aujourd’hui Javier Milei a fait campagne pour la présidence muni d’une tronçonneuse symbole des coupes à réaliser dans le pouvoir de l’État.

 


Ce qu’il n’avait pas dit (à moins que ce soit le peuple qui n’ait rien compris) c’est que sa première intervention consisterait à dévaluer la monnaie et donc à réduire le pouvoir d’achat de argentins – déjà très désargentés.

« Le gouvernement du nouveau président ultralibéral Javier Milei, investi dimanche, a annoncé mardi une forte dévaluation de plus de 50 % du peso, pour stabiliser l’économie en proie à une inflation et un endettement chroniques. La monnaie nationale passe ainsi à 800 pesos pour un dollar. » (Lu ici)

Étant donné que l’Argentine importe la majorité de ses ressources alimentaires de l’étranger, on peut en conclure que les argentins passant de la pauvreté à la très grande pauvreté vont être guettés par la famine. Et ce n’est pas avec des mesures sociétales (suppression du droit à l’IVG, rétablissement de la peine de mort, libéralisation du port d’armes, etc.) qu’il va donner à manger à son peuple.

 

L’étonnement n’est pas qu’un ultra-libéral prenne de telles mesures ; c’est qu’il ait été élu avec un programme qui laissait deviner ce cortèges de mesures d’austérité. Comment des gens qui vivaient péniblement avec les aides publiques ont-ils pu voter pour quelqu’un qui promettait de les supprimer ?

On met en cause le « dégagisme » : « Compte tenu de la médiocrité de la classe politique au pouvoir depuis la fin de la dictature, mieux vaut n’importe qui, que le maintien au pouvoir de ces gens-là. » Ça me rappelle ce petit enfant qui vient de recevoir une claque sur le derrière infligé par sa maman (1), et qui en pleurnichant se réfugie dans ses jupes pour se faire consoler.

C’est donc ça ? Un peuple qui cherche la protection d’un père (Perón) et d’une mère (Evita) ?

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(1) C’était il y a bien longtemps quand ce n’était pas encore un délit.

jeudi 23 novembre 2023

A quoi pense le peuple ? – Chronique du 24 novembre

Bonjour-bonjour

 

Javier Milei, élu, va gouverner l’Argentine pendant 4 ans ; Geert Wilders leader du PVV vainqueur des élections aux Pays-Bas est le possible premier ministre. Quand on pense aux programmes de ces deux leaders populistes et extrémistes de droite, on se prend à songer que la démocratie est bien malade – malade de la tête !

Il y a celui qui, en Argentine, veut supprimer les droits des femmes, et qui veut également suspendre les aides sociales dont vivent pourtant la plupart de ses électeurs : on vote pour lui. Et puis celui-là qui veut déclarer l’islam interdit, supprimer les mosquées et interdire la diffusion du Coran : le voici aux portes du pouvoir.


Libé titrait récemment : « l’élection de Javier Milei ou la victoire du bullshitisme » ; bien dit, mais ce n’est pas nouveau, on le savait depuis l’expérience grandeur nature du mandat de Trump et de ses procès qui se succèdent depuis : quand le pire arrive à certains c’est en réalité pour eux le meilleur, car plus la justice démontre leur infamie, et mieux ils sont considérés par des citoyens persuadés que quiconque est poursuivi par ce qu’ils appellent « le système », et meilleur il est. 

C’est un effet d’opportunité qui consiste à tirer parti des frustrations populaires : donnez au peuple ce qu’il veut, des salaires et des vacances, des femmes et de la gnôle, etc., et vous verrez tout rentrer dans l’ordre.

Ça, c’est la conclusion optimiste. Mais il y a aussi un effet plus profond qui est d’aimer transgresser des lois, voire même la civilisation. Ces hommes déploient en toute impunité la promesse de crimes et de mesures anti-républicaines, ils promettent de les réaliser, et voilà qu’on les applaudit. On aimerait le faire soi-même, mais on accepte de déléguer ça à ces prometteurs de chaos.

Tout cela est du fantasme, certes. Mais que se passe-t-il quand ces fantasmes deviennent réalité ?

 


Jacob Chansley lors de l’attaque du Capitole le 2 avril 2021