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mercredi 26 août 2026

Et un high five pour Sophie ! – Chronique du 27 aout

Bonjour-bonjour

 

Sophie Adenot effectuera une troisième sortie dans l'espace, à l'extérieur de la Station spatiale internationale (ISS), le 1er septembre, indique aujourd’hui la Nasa sur son site internet. Cette sortie aura pour but de "remplacer un dispositif d'aide à la navigation et effectuer diverses tâches de maintenance liées aux opérations de la station" et elle doit durer plus de six heures.

Décidément la NASA ne peut plus se passer de notre française, vu qu’elle vient de remplacer une antenne après deux sorties, réussies au point qu’elle a claqué un « high five » avec son collègue américain

Un high five

 

Le président de la République, Emmanuel Macron, a qualifié sa première sortie de « fierté française », voyant en elle « le visage de tous les possibles ».

Tiens, puisqu’on en parle : et vous, vous l’avez ce matin le « visage de tous les possibles » ?

Un coup d’œil dans la glace, et le doute n’est pas permis : non, décidément votre visage avec ses poches sous les yeux et ces joues qui pendent lamentablement, ça ne colle pas avec l'idée de performance tous azimuts.. Sauf que le Président utilise ici un sens imagé. « Visage : apparence, aspect que prend ou présente une chose ; image », nous dit le CNRTL. En vous voyant on pense que vous êtes prof de physique ou bien videur de boite de nuit, ou boucher, ou encore boulanger ? 

 

Un boucher ?

 

Ou encore un boulanger ?

 

Non, bien sûr : le visage de « tous les possibles » veut donc dire non pas que votre figure donne une idée de ce que vous faites dans la vie, mais plutôt donne à penser que vous avez la force et l’intelligence pour tout entreprendre, rien ne serait trop difficile ni trop dur pour vous. 

Notez que vous avez peut-être été comme cela - mais c’était avant de vous être déterminé à un choix donné. Après, c’est trop tard. Qui vous dit que ces messieurs dont la photo apparait ci-dessus n’avaient pas eux aussi le visage de tous les possibles avant de devenir boucher ou boulanger ? Et d’ailleurs, n’est-ce pas là le sens de la crise de l’adolescence, lorsque le jeune se demande ce qu’il va choisir. Car n’est-ce pas justement cette abondance qui fait problème ?

Trop de choix tue le choix.

vendredi 18 octobre 2024

Une gestion de raclures de balai – Chronique du 19 octobre

Bonjour-bonjour

 

Gouverner c’est choisir : on connait par cœur cette formule de Pierre Mendès-France, qui a été prononcée à l’Assemblée Nationale le 3 juin 1953.

Pierre Mendès-France précise sa pensée en ces termes : « Choisir, cela ne veut pas dire forcément éliminer ceci ou cela, mais réduire ici et parfois augmenter ; en d'autres termes, fixer des rangs de priorité. »

Cette déclaration est fort habile car elle repousse le soupçon de politique de l’austérité – il n’est pas question de se priver mais seulement de donner ici ce qu’on a supprimé là. Aujourd’hui, l’exemple en viendrait (selon la rumeur) de l’Éducation Nationale qui renonce au budget-formation pour réinvestir l’argent dans … le payement des salaires des enseignants.

Pas beau ça madame !

- Laissons de côté ces polémiques et tournons-nous vers le contenu plus politique que politicien de cette formule. A quels choix notre actuel gouvernement est-il contraint ? Renoncer à des dépenses qui sont superflues (mais y en a-t-il ?) ou du moins dont le sacrifice est générateur de nouveaux programmes : par exemple laisser Sanofi vendre le Doliprane mais investir dans l’usine qui fabrique le paracétamol.

Si vous me permettez, tout cela c’est quand même de la gestion de raclures de balai : on pense que les choix budgétaires devraient être coordonnés à une vision à moyen ou long terme, et non plus au court terme qui limite le bénéfice de l’investissement au gain en voix pour les prochaines élections. 

Par exemple, pour empêcher les inondations de villes et de villages, ne pas se contenter de digues mais investir dans des travaux plus longs pour reconquérir les terrain inondables et permettre à l’eau de s’écouler normalement. Et puis persuader les citoyens d’avoir un comportement vertueux en termes de réchauffement climatique.


- Et c’est là que la citation de Pierre Mendès-France prend toute sa force : si gouverner est un art que tout le monde n’a pas, et si gouverner c’est choisir, alors ces choix relèvent d’une habileté qui est plus rare que le talent de se sauver la mise dans des circonstances politiquement dangereuses. Et pour être plus explicite encore, disons que l’art du choix politique ne comporte pas seulement celui de la science qui sauve, mais aussi qui connait le « kairos » capable de se saisir du moment opportun pour faire accepter son choix (1). 

- Comme l'indique cette référence au kairos le choix politique suppose l'art de choisir le moment de choisir - comme par exemple, faire accepter les mesures de contrôle du dérèglement climatique juste au moment où les français sortent tout mouillés de crues qui de centennales sont devenues annuelles.

 

 

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(1) Chez les grecs la sagesse comporte deux volets :

- l’un qui est la sophia, faite de science capable d’éclairer le jugement qui va guider l’action ;

- l’autre la prudence (phronêsis) qui est l’art de délibérer de l’action selon qu’elle est bonne ou mauvaise lorsque la science n’y suffit pas. A la sagesse théorique elle s’ajoute comme sagesse pratique.

samedi 11 février 2023

Eloge du kairos – Chronique du 12 février

Bonjour-bonjour

 

Je tombe ce matin sur cet article qui évoque les récits de ceux qui ont réussi - qui ont trouvé un bon travail, ou qui ont découvert l’âme sœur, ou même qui ont simplement gagné au loto.

Frank Ramus l’auteur de cette chronique (1) montre que généralement ces succès sont attribués à la ténacité, à la volonté de vaincre – voire même à la confiance en l’avenir.

Mais la vérité est tout autre : pour connaitre le succès il faut deux choses :

            * d’une part y être prédisposé par d’heureuses qualités génétiques : « Sans les bonnes prédispositions, l’entraînement et le travail le plus acharnés amélioreront sans aucun doute la performance, mais ne permettront jamais d’atteindre le très haut niveau ou la reconnaissance internationale. » peut-on lire dans l’article référencé.

            * il faut également avoir de la chance. Et cela les perdants le savent sans doute beaucoup mieux que les gagnants. Imaginez que vous ayez été favorisé par un tirage favorable lors d’un oral de concours. Allez-vous admettre que vous avez eu beaucoup de chance et donc que votre mérite ne dépasse pas celui des candidats malheureux qui ne l’ont pas eue ?

 

- C’est l’occasion de revisiter notre passé en cherchant les moments où notre vie a pris une bifurcation bénéfique : à quoi tient donc ce succès ? A notre mérite personnel, ou à l’occasion aléatoire qui nous a proposé l’issue heureuse que nous cherchions ? 

La réponse est sans doute dans le hasard qui gouverne nos vies beaucoup plus qu’on voudrait le reconnaitre. 

- Mais il y a un bémol : le mérite en l’occurrence est de savoir profiter du moment opportun qui se présente : là est le secret du succès.

Tout cela est bien connu depuis les grecs qui ont forgé un mythe là-dessus sous le nom de kairos. En voici le résumé : 

« Le dieu grec Kairos est représenté par un jeune homme qui ne porte qu'une touffe de cheveux sur la tête. Quand il passe à notre proximité, il y a trois possibilités :

            * on ne le voit pas ;

            * on le voit et on ne fait rien ;

            * au moment où il passe, on tend la main, on « saisit l'occasion aux cheveux » (Lire ici)

 

Il y a un exemple célèbre d’échec dû à l’hésitation qui empêche de saisir le moment opportun : c’est Perceval.

Au cours de son errance, Perceval - l’un des chevaliers de la Table ronde - est mis en présence des instruments de la passion du Christ, dont une lance qui saigne et un plat qui est en réalité le Graal. Mais Perceval n'ose pas questionner sur ces apparitions miraculeuses et ces objets disparaissent à tout jamais. 

Le mérite des winners est de ne jamais laisser passer leur chance.

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(1) Frank Ramus est directeur de recherche au CNRS

mercredi 19 janvier 2022

Pas de long terme sans court terme – Chronique du 20 janvier

Bonjour-bonjour

 

Que diriez-vous, pour commencer la journée, d’une pensée philosophico-politique ? Vu comme ça ce n’est guère engageant, je vous l’accorde. Mais quand je vous aurai soumis le thème peut-être serez-vous plus enthousiaste ?

Écoutez ça : « Il n’y a pas de long terme là où il n’y a pas de court terme » – François Hollande 

Hum... Je vous vois perplexe : « Qu’est-ce que ça veut dire ? Vous n’auriez pas un exemple par hasard ? »

Un exemple ? Tenez, en voilà un : sur la politique énergétique, la production de l’électricité suppose des choix à long terme – éventuellement très long même, si on y inclut le temps nécessaire à l’extinction des risques provoqués par les déchets des centrales nucléaires. Les décisions prises aujourd’hui sont déterminantes pour de longues dizaines d’années à venir, qu’on pense à l’impact environnemental des centrales construites il y a 50 ans.

- Long terme donc. Mais en même temps, décider de relancer cette filière c’est poser dès maintenant le problème du stockage des déchets en question. C’est maintenant qu’on doit vivre-avec, qu’on les enfouisse ou qu’on les stocke en plein air. C’est dans le court, très court terme même qu’on va devoir soit limiter drastiquement notre consommation d’électricité soit accepter de vivre au pied de ces monstres de béton et de neutrons

 

On voit à présent plus clairement ce que signifie la pensée de François Hollande : quand vous prenez une décision dont la portée est lointaine, vous devrez assumer ses conséquences le jour même de votre décision. Cette remarque vaut principalement lorsqu’on serait tenté d’oublier le court terme comme si on pouvait décider aujourd’hui et payer la note après-demain.

La tentation est alors de ne rien décider du tout ne serait-ce que pour ne pas ajouter une difficulté de plus à celles qui se bousculent déjà dans notre présent.

Mais la non-décision est déjà une décision, et même s’ils sont infimes, ses effets se feront sentir dans l’actualité. On l’a vu avec la question de la réforme des retraites repoussée par les gouvernements successifs au prix d’une dette qui explose aujourd’hui même.

 

 Sartre avait raison : ne pas choisir, c’est déjà un choisir.

mardi 2 février 2021

Épidémie : le pire n’est pas certain ; il n’est que probable – Chronique du 3 février

Bonjour-bonjour,


Le pire n’est pas certain ; il n’est que probable : voilà la formule de l’optimiste (sachant que le pessimiste dira exactement l’inverse : « Le pire n’est pas probable, car il est certain. »)

J’aime bien cette formule – non pas pour son optimisme modéré ; mais parce qu’elle coïncide assez bien avec les propos de l’épidémiologie qui dominent ces jours-ci et qui sont toujours centrés sur des statistiques. La maladie ainsi considérée ne fait pas des morts individuels, mais établit des lots de morts, des ensembles de malades en réanimation – classement dont l’évolution constitue l’une des principales études de cette science.

C’est exactement ce qu’on voit aujourd’hui avec la décision du gouvernement de ne pas reconfiner le pays : on veut croire que la progression de la maladie ne sera pas au point de submerger les hôpitaux ; quant à savoir si votre grand-mère va mourir faute de mesures sanitaires adaptées, ce n’est pas son problème : on dirait même qu’une certaine proportion de cadavres supplémentaires ne pèse pas bien lourd face à la meilleure santé de l’économie sauvée par la décision de non-confinement.

Quand l’épidémie s’est déclenchée, le Président a déclaré : « Nous sommes en guerre ». On lui a beaucoup reproché cette déclaration, disant que ces propos anxiogènes étaient maladroits. Mais dans quel cas peut-on voir les individus ignorés au profit de la masse ? Quand un général décide d’une offensive, il sait que des hommes, des individus concrets, des pères de familles, des jeunes pleins d’avenir vont être anéantis. Mais ce n’est pas cela qui compte pour lui : c’est simplement de savoir si ces pertes ne vont pas transformer son offensive en débâcle.

Cette comparaison montre à quel point le pouvoir politique nous cache la vérité lorsqu’il nous dit qu’il privilégie les vies humaines, quoiqu’il en coûte à l’économie, puisque face à la récession économique, les pertes occasionnées par un éventuel reconfinement ont assez peu pesé dans la balance de la décision.

On me reprochera sûrement de ne pas tenir compte de la santé mentale des gens, qui sont sur le point de sombrer dans la dépression au fond de leur isolement. Oui, je le concède. Mais alors pourquoi ne pas avoir remis le marché dans les mains du peuple – « Choisissez : ou bien le confinement ou bien la vie de votre grand-mère. » C’était à coup sûr un moyen de ne plus infantiliser les citoyens.

dimanche 10 janvier 2021

Gouverner c’est choisir – Chronique du 11 janvier

Bonjour-bonjour


La seule chose dont on soit certain quand on est un responsable politique en charge du bien-être de la collectivité est que, quoiqu’on fasse, ce sera mal. Ainsi de la lutte contre la pandémie, qu’on décide de fermer les cinémas, théâtres ou autres commerces, supposés responsables de la diffusion du virus – les poussant à la faillite ; ou bien qu’on les laisse ouverts pour éviter tous ces dépôts de bilan, permettant alors à la maladie faire toujours plus de morts. 

S’opposent ainsi la fin et les moyens – ou, pour le dire de façon un peu plus précise le but premier et les effets secondaires.

Les sciences sociales ont expérimenté cette situation avec le cas imaginaire du dilemme du tramway. 

Le dilemme du tramway, qu’est-ce que c’est ? Voyez ce schéma :



Vu ici 

Le personnage (un quidam) qui est près de la commande d’aiguillage peut soit ne pas le manœuvrer, laissant 5 personnes mourir écrasée par le tram, soit décider de le bouger, sauvant les 5 précédentes personnes, mais causant la mort de la personne isolée sur l’autre voie. Quelle décision doit-il prendre ? Présentée comme cela, la réponse parait simple : un contre cinq, le dilemme n’en n’est pas un, le choix de la manœuvre s’impose.

--> Sauf qu’il y a un peu plus de complexité dans cette situation : en faisant la manœuvre, certes il sauve de la mort 5 personnes, mais il choisit aussi, en toute conscience, de sacrifier l’homme qui serait resté indemne sur l’autre voie s’il n’avait rien fait. Le dilemme est clair : soit il refuse de causer la mort de qui que ce soit, au risque de laisser périr d’autres victimes ; soit il choisit de sauver le plus de monde possible même au prix du sacrifie du plus petit nombre (1).

On reconnait le dilemme auquel est actuellement soumis le pouvoir politique qui doit sacrifier ou l’économie ou les vies. Tout sauver en même temps est impossible, c’est même pour cela qu’on parle de dilemme.

Il est vrai que la situation se complique encore avec la prise en compte de l’intérêt politique.

Si, pour sauver les vies vous êtes responsable de la disparition des commerces, restaurants cinés etc., vous voilà accusé d’ignorer la réalité et menacé de perdre les prochaines élections. Par contre si vous vous maintenez ouverts les établissements précédents, vous devenez le dirigeant cynique qui accepte de sacrifier des êtres fragiles victimes du regain de l’épidémie et accusé de ne respecter que le pouvoir de l’argent.

 

« Gouverner, c’est choisir » disait Pierre Mendès France. Personne n’a dit que cette obligation de choisir excluait le dilemme.

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(1) On retrouve ici les éléments qui chez Max Weber servent à opposer l’éthique de la conviction (où seul le but final incarné par la valeur suprême est pris en considération) ; à celle de la responsabilité (qui prend en compte essentiellement les conséquences intermédiaires de l’action). 

samedi 22 septembre 2018

ALORS AU FINAL PARCOURSUP FAIT-IL MIEUX QU'APB?

Lors du premier été de son quinquennat, Emmanuel Macron avait annoncé, dans Le Point, «une révolution de l’éducation» et le cap de son action : parmi les « impostures » auxquelles il compte bien mettre fin, celle « d’un pays inégalitaire, mais qui ne fait pas sa place au mérite». (Lu ici)

- Les propos du Président sont on ne peut plus clairs : il ne s’agit pas de supprimer les inégalités, mais de faire en sorte que seules les inégalités de talent soient productives.
Discours qui fait tâche dans un décor habituellement égalitariste : on imagine que « des chances égales pour tous » signifie aussi des diplômes également valables ; mais ce n’est pas tout à fait cela qu’on entend à présent dans les discours du pouvoir. Mais ne l’oublions pas : cet éloge du mérite est bien reçu dans les classes défavorisées qui ne demandent qu’une chose : ils veulent bien qu’il y ait une élite à condition que leurs enfants y aient accès.

Mais il y a une autre caractéristique qui signale l’originalité de Parcoursup.
- En faisant leurs vœux sur Parcoursup, les candidats ne peuvent pas hiérarchiser leur choix, et ils s’engagent d’avance à aller non pas où ils le souhaitent, mais là où leur donne une place.
N’est-on pas alors dans la même situation que le jeune chômeur diplômé d’horticulture à qui Emmanuel Macron conseille de se faire embaucher dans un restaurant pour faire de la plonge, parce que là, il n’y a qu’à traverser la rue pour trouver un emploi ?
On se retrouve alors dans la situation de l’individu subordonné  à la collectivité : que nous importe que tu souhaites être horticulteur si nous n’en avons pas besoin ? Fais-toi plongeur de restaurant même si tu n’as pas la vocation pour ça, car la France a besoin de jeunes gens qui acceptent de mettre les mains dans l’eau de vaisselle.
C’est avec cette désinvolture qu’on  traite donc ces jeunes bacheliers qui sont à une charnière très importante de leur vie – car Parcoursup va orienter leur vie de façon durable, peut-être définitive.
Notre Président, comme quelques autres, a eu plusieurs fois dans sa vie à faire un tel choix : carrière de philosophe, carrière de banquier, carrière politique – et ce n’est peut-être pas fini.

Et si notre statut social se définissait par le nombre et le contenu des choix qui nous permettent d’orienter notre existence ?

jeudi 18 janvier 2018

GOUVERNER, C’EST CHOISIR

C’est par ces termes qu’Alain Juppé a approuvé la déclaration d’Edouard Philippe rejetant la décision de construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes :
« "Gouverner, c’est choisir". C’est ce qu’après des années de tergiversations, vient de faire courageusement @EPhilippePM.  #NDDL »
Bref : il fallait trancher et c’est que l’exécutif a fait, contrastant avec des dizaines d’années d’incertitudes et d’atermoiement.
o-o-o

Alors, on va ironiser : « Oui pour gouverner il faut faire des choix : la belle affaire ! Car le tout c’est de faire les bons choix. »
- Ah !... si seulement c’était ça le problème ! Car, il y a pire que mal choisir : c’est de ne pas choisir du tout
… Rappelons-nous : nous sommes le 3 juin 1953, Pierre-Mendès France est à la Tribune de l’Assemblée nationale et il prononce un discours pour demander l’investiture en tant que Président du Conseil. Et c’est là qu’il énonce ce fameux principe : « … on ne peut pas tout faire à la fois. Gouverner, c'est choisir, si difficiles que soient les choix. », autrement dit, nous sommes dans une logique ternaire : on peut mal choisir ; on peut bien choisir ; et on peut ne pas choisir du tout (en faisant tout ou en ne faisant rien : souvent ça revient au même).

- Nous sommes à présent en 2018, et durant de nombreuses années le gouvernement à choisi… de ne pas choisir pour ne pas fâcher ceux-ci ou ceux-là.
Le Premier Ministre l’a déclaré : quoique l’on fasse on est certain d’une seule chose : ça fera des mécontents. Moi, ce qui m’étonne, c’est que l’utilité publique d’un tel choix soit finalement secondaire par rapport à son degré de popularité. On serait donc dans les marchandages d’arrière-boutiques politicienne « Tu me laisse faire mon projet d’aéroport et moi je laisse passer ta réforme de la taxe foncière » ?
Eh bien, pourquoi non ? Car en 1953, ce que Mendès France fustigeait c’est la pratique constante de l’Assemblée Nationale de faire passer tous les projets en même temps : tout faire c’était se condamner à ne rien faire, ou si peu : une pincée de subvention ici, une autre là… et rien ne bouge. Mais en même temps tous ces élus pouvaient dire à leurs électeurs :
« Voyez, j’ai fait entendre votre voix à l’Assemblée. Si rien n’a changé ce n’est pas ma faute »


Quoique… Laisser NDDL dans l’état, c’est laisser les zadistes dans leurs cabanes boueuses rêver à Thoreau et à sa vie dans les bois. Voilà des gens qui, si on veut bien oublier qu’ils sont des rebelles, proposent un projet de société pour nos enfants. Allez-y les petits ! Laissez tomber l’école et oubliez vos Smartphones. Prenez un Opinel et de la ficelle et fichez le camp dans la foret ; construisez des cabanes dans les arbres et allez à la chasse au champignons. Vous êtes l’humanité de demain.