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vendredi 23 mai 2025

Débout, Pépé ! C’est l’heure d’aller au taf ! – Chronique du 24 mai (1)

Bonjour-bonjour

 

Le Point l’annonce triomphalement cette semaine : « Le Danemark adopte la retraite à 70 ans » avant d’ajouter : « l’idée germe ailleurs en Europe »

 

Pourquoi aller jusqu’à 70 ans ? Parce que l’espérance de vie s’allonge également, au point que le parlement danois a voté une loi qui indexe l’âge de départ en retraite sur l’espérance de vie de la population. (1)

« Espérance » ! Vous parlez d’une espérance ! S’entendre promettre une vie allongée de quelques années de travail, c’est donc ça notre horizon ! Comme dit le proverbe, on préfèrerait ajouter de la vie aux années que des années à la vie – pour autant qu’il s’agit d’années de labeur.

 


Et alors ? En route pour des centenaires en bleu de travail ? 

Peut-être pas. Voici la conclusion de l’article du Point : « En 2024, la cheffe du gouvernement socialiste danois, Mette Frederiksen, avait indiqué qu'elle serait prête à revoir le système du pays quand serait atteinte la barre des 70 ans, assurant : « Nous ne croyons plus au caractère automatique de la hausse du départ à la retraite. »

Ah bon ? Il y aurait un âge physiologique qu’il ne faudrait pas dépasser pour arrêter le travail ? Mais alors, que restera-t-il des forces humaines encore vaillantes ? Quand on n’a plus de forces pour travailler, alors on n’en a plus non plus pour randonner autour du le Mont-Blanc. 

Mais aussi comment définissons-nous la retraite ? Une protection de la vieillesse ou un droit au bonheur ?

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(1) Ce jeudi 22 mai, le Parlement a adopté une loi repoussant l'âge légal de départ, aujourd'hui fixé à 67 ans. Dans le pays scandinave, celui-ci est indexé sur l'espérance de vie et révisé tous les cinq ans depuis 2006. Il passera donc à 68 ans en 2030, 69 ans en 2035, et 70 ans en 2040 – et ce, pour toutes les personnes nées après le 31 décembre 1970.

jeudi 20 juin 2024

Dors en paix, Donald Sutherland – Chronique du 21 juin (2)

Bonjour-bonjour

 

On annonce la mort de Donald Sutherland survenue hier à l’âge de 88 ans.

 

 

De l'étoile qu'on lui décerna à 75 ans sur le « Boulevard de la Gloire » d'Hollywood, Donald Sutherland affirma qu'elle valait mieux qu'une pierre tombale. (lu ici)

La gloire de la reconnaissance comme seule épitaphe à inscrire sur sa pierre tombale, voici le choix d’un homme qui n’a pas cherché ailleurs que dans le souvenir des autres hommes la seule trace qu’il voulait laisser.

Il ajouta aussitôt : « Vieillir », confia-t-il au magazine Esquire, « c’est comme avoir un nouveau métier mais qu'on n'aurait pas choisi ». Étonnante affirmation : vieillir n’est pas simplement un état : c’est aussi une activité aussi sérieuse que l’exercice d’un métier, qui requiert à la fois de la compétence et – pourquoi pas ? – une formation continue.

Irons-nous jusqu’au bout de la métaphore proposée par Donald Sutherland ? Comme de dire que la mort n’est finalement qu’un licenciement lors que le vieux ne fait pas bien son boulot de vieux ? Ce qui supposerait qu’on meurt par incompétence à vieillir ?

dimanche 7 avril 2024

Génération bagnole – Chronique du 8 avril

Bonjour-bonjour

 

Ce matin je tombe sur un article qui encourage les amateurs de voitures d’occasion à acheter sans hésiter des véhicules ayant 15 ou 20 ans d’âge et affichant 200000 km au compteur.

Ce qui sollicite mon attention, c’est le fait que, réciproquement, les possesseurs de ces voitures les ont gardées une vingtaine d’années. Pendant 20 ans ils ont su résister aux pressions commerciales qui les invitaient à acquérir le dernier modèle, celui qui ne roulait pas encore dans les rues, et qui affichait les meilleurs chiffres en matière de puissance, de sécurité ou de respect de l’environnement. Là-dessus les municipalités en ont rajouté avec les vignettes Crit’Air qui prétendent interdire l’usage de ces vieilles voitures dans les centres villes.

Ces amoureux des vieilles bagnoles ont donc oublié les pulsions sensuelles qui les portaient vers le Premium technologique ou esthétique. Comme les vieux couples qui deviennent de plus en plus solidaires avec le temps, ces automobilistes conservateurs se sentent liés à leur antique véhicule, comme si leur confort et leur sécurité dépendait de la longue habitude qu’ils en avaient.

Et pourtant… Dans les années 60 il existait bien une « libido carrulus », qui a fait de la fierté d’avoir une voiture une véritable passion amoureuse. Faute de pouvoir la mettre dans leur lit, ces personnes auraient aimé coucher dedans, et d’ailleurs les constructeurs ne se faisaient pas faute de les émoustiller d’avantage encore avec des détails esthétiques : c’était l’époque où la hiérarchie des chromes battait son plein.

  


De 1960 à 2024, que s’est-il passé pour que l’amour de la nouveauté incarné dans la voiture devienne une fidélité à l’ancienneté ? Devons-nous croire que, comme la libido qui vieillit avec l’âge, l’amour pour la voiture se soit assagi, puis modifié en attachement ?

Cette bonne vieille voiture, qui a connu mes joies et mes tourments depuis 20 ans, je vais la conserver comme on conserve les vieux pots de confiture. 

mardi 26 mars 2024

Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! – Chronique du 27 mars

Bonjour-bonjour

 

Du Japon nous vient cette information : « Chute des naissances au Japon : un fabricant arrête les couches pour bébés… pour les protections adultes » Après tout l’essentiel est d’écouler sa marchandise.

Hé oui, la vieillesse n’est autre que le retour à la petite enfance : les couches pour le pipi-au-lit et ailleurs ; des Ehpads pour remplacer les crèches ; les auxiliaires de vie qui sont les nouvelles nounous.

Accablement et désolation… Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N'avons-nous tant vécu que pour cette infamie ? Allez : une tisane du voyage sans retour et n’en parlons plus….

Quoique… Les séniors sont l’objet de soins attentifs de la part des producteurs de garnitures qui non seulement fournissent le produit adapté, mais aussi les conseils qui font du bien.

« L’arrivée du printemps, les journées qui rallongent et l'approche des week-ends du mois de mai vous donnent des envies d’évasion ? Vous avez peur que vos fuites urinaires gâchent vos projets ? Il est tout à fait possible de vivre avec l’incontinence en continuant vos activités quotidiennes. Grâce à quelques conseils, vous pourrez également profiter pleinement de vos vacances quelle que soit votre destination ! »

 


Détaillons : 

* Mesdames, les maillots de bain incontinence possèdent une doublure étanche parfaitement ajustée pour permettre l’utilisation d’une protection absorbante. Plongez dans la joie de vrais moments de détente en achetant un maillot de bain incontinence Benefactor !

* Messieurs, si vous faites partie des douillets et frileux qui pratiquent quand même des activités de plein air, pensez à choisir un body adapté à l'incontinence : discret, il couvre bien le dos et les reins, tout en étant pratique à l'usage.

* Et si vous avez encore besoin d’activer votre zizi-panpan, passez donc la nuit tout contre votre bien-aimé(e), sans craindre que les fuites urinaires ne s’immiscent entre vous, Benefactor vous propose ses sous-vêtements intraversables : achat en ligne et livraison simples et faciles sur notre site !

Ici, le chroniqueur est désarmé : que pourrait-il ajouter ? 

... Si, quand même : Benefactor, l'autonomie sans compromis, c'est ici.

mercredi 18 janvier 2023

La retraite : à quoi bon ? – Chronique du 19 janvier

Bonjour-bonjour

 

Aujourd’hui, panne géante d’énergie chez les actifs qui sont saisis d’effroi devant l’éventualité de devoir travailler deux ans de plus avant de goûter au paradis de la retraite.

Car le travail, même quand on a le bonheur de l’aimer, demande une énergie suffisante pour faire face aux exigences de la fonction. C’est ainsi que Jacinda Ardern, la première ministre néo-zélandaise, vient d’annoncer sa démission : à 42 ans quittera ses fonctions le 7 février. « Je n’ai plus assez d’énergie pour continuer », a-t-elle expliqué, jeudi, lors d’une réunion de son parti. (Lire ici)

Bon : la fonction de première ministre est exigeante, mais je suppose que tout le monde n’est pas exposé comme madame Ardern. Voyons comment ça se présente chez nous – par exemple pour cette femme de 55 ans, professeure de maternelle : « J’adore mon métier ! J’aime partir en classe découverte, initier mes élèves à la voile, au surf, engager ma classe dans des projets artistiques… Mais tout ça demande de l’énergie et de la patience. Est-ce que je les aurais jusqu’à 64 ans ? », avant d’ajouter, paraphrasant peut-être sans le savoir une chanson paillarde : « Plus j’avance, plus ma retraite recule. »

Bref : avec le recul de l’âge de la retraite, c’est la panne énergétique qui menace. 

 

- Et cette inquiétude est bien normale : la raison même qui a conduit à créer des retraites, à savoir accompagner les travailleurs épuisés par leur labeur pendant quelques années avant la mort, se retrouve devant la menace de devoir prolonger l’effort.

- Pourtant lorsque les principaux opposants au projet de réforme parlent de la retraite, ce n’est pas en terme sénilité. Ce qu’ils réclament c’est d’avoir enfin le droit de vivre pleinement, de faire des voyages, de s’occuper de leurs petits-enfants, et même de faire la fête. Fabien Roussel le secrétaire du PC, qui avait fait sa campagne électorale pour les présidentielles sous le signe des « apéroussels » – ce droit à un niveau de vie suffisant pour alimenter des loisirs merguez-rosé-copains, n’a pas raté le coche : avec la retraite, c’est le droit à vivre enfin pleinement qui est en cause.

Pourquoi pas ? Mais dans ce cas, notons que l’argument du gouvernement, le même depuis des dizaines d’année, à savoir l’allongement de l’espérance de vie rate son objectif. Car si on devait considérer cette espérance, il faudrait lui adjoindre celle de jouir des forces de la jeunesse un peu plus longtemps.

Associer à cette réforme un élixir de jouvence… ou un pacte faustien avec le Diable !

samedi 6 août 2022

L’âge du capitaine – Chronique du 7 août

Bonjour-bonjour

 

Joe Biden, âgé de 79 ans, est en butte à des critiques qui le considèrent comme étant sénile et donc inapte à exercer son mandat. Ronny Jackson, un ancien médecin de la Maison Blanche sous Trump, a dit sur Fox News que l'actuel président souffrait de "troubles cognitifs". A noter que cette attaque vient du camp de Trump, qui de son côté affiche 76 ans – Il est vrai que le même Ronny Jackson a laissé entendre que l’ancien Président pourrait vivre jusqu'à 200 ans, ce qui ne devrait pas étonner ses partisans qui entendent souvent la Bible à la lettre – la quelle affirme que les premiers héros bibliques pouvaient vivre très vieux, comme Mathusalem qui vécut 969 ans, et Noé jusqu’à 950 ans ; plus modestement, Moïse mourut à 120 ans, pendant qu’Abraham s’éteignait à 175 ans. (Article lu ici)

 

C’est l’occasion de revisiter la question de l’âge de la mort et simultanément de l’impact de la vieillesse sur l’existence. L’homme étant mortel on peut tenir pour inessentielle la durée de sa vie : qu’importe que tu vives 100 ans ou 30 fois autant, si tu dois revivre ce que tu as déjà vécu ? disaient les stoïciens. Pour les chrétiens la vie a un rôle, celui de nous permettre de racheter nos péchés ; mourir à 30 ans n’est pas un malheur si on a vraiment consacré cette existence à mériter son salut ; par contre s’il faut vivre jusqu’à 150 ans pour cela, c’est bien sûr une catastrophe. L’importance donnée à cette durée traduit le sens que nous donnons à notre vie. 

- S’il s’agit de devenir un saint il n’y a pas d’âge pour cela.

- S’il s’agit de performances physiques et des plaisirs qui vont avec, la perte de la jeunesse suffit à dénaturer notre vie. 

- Si par contre, comme aujourd’hui on veut faire de la vie une succession de tâches à accomplir dans le monde d’ici-bas, valorisant ainsi l’efficacité dans la réalisation de sa mission, alors il importe de vivre jusqu’au bout avec la lucidité et la force nécessaire pour y parvenir.

On le voit, la vie de Joe Biden est évaluée à cette aune : jugeant sa vie à l’effet de ses actes, le dynamisme inattendu de l’économie américaine fait briller l’aura du Président.

On critiquera peut-être cette corrélation entre l’économie américaine et la vitalité de Joe Biden ?

Vous préféreriez qu’on lui applique le critère permettant de vérifier la vitalité de saint Eloi ? (1)

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(1) « Non, non, non, Saint Eloi n'est pas mort ! / Car il bande encore ! » (bis)

Pour ceux qui l’ignoreraient il s’agit d’une chanson de carabins (à retrouver ici)

vendredi 17 avril 2020

Vivent les vieux ! – Journal du 18 avril 2020

Devant la banalité des infos et durant toute la période de confinement, je remplacerai mes commentaires par ce journal.


Bonjour-Bonjour

Ça y est ! Ouais : On a gagné ! On a gagné !
Euh… Gagné quoi ? 
Le Président vient de le dire : il n’a pas du tout l’intention de garder les vieux confinés après le 11 mai. Il fera appel à la responsabilité individuelle. Pas de discrimination !



Je suis comme tout le monde : l’idée de pouvoir sortir de chez moi le 12 mai sans avoir des argousins sur le paletot, ça me convient tout à fait.
Mais imaginer que les virus vont obéir à la volonté du Président et éviter d’infecter les vieux sous prétexte qu’ils sont désormais munis d’un permis de plein air, ça fait bien rire. 
De même que l’indignation des défenseurs des droits de l’homme estimant que ces mesures de confinement sélectives étaient liberticides me paraissent un peu tardives : car le confinement généralisé ne nous soumet-il pas depuis 5 semaines à des restrictions de déplacement, ce droit fondamental dont seul le détenu de droit commun a été par châtiment privé ? Et le fait que cette privation ne soit pas sélective ne change rien, bien sûr, à son caractère de sujétion.
En fait ici encore on mélange tout et la distinction entre le droit et le fait qui parait si élémentaire échappe à beaucoup d’esprit embrumés par la passion. Car que nous soyons soumis à des lois votées par le pouvoir législatif, lois établies comme étant des expressions de la volonté générale, voilà qui place l’obéissance aux lois dans le registre de la liberté du citoyen. En revanche qu’une situation exceptionnelle dûment identifiée, soumette l’ordre politique à l’ordre des choses, voilà qui devrait aussi paraitre parfaitement clair. D’ailleurs personne n’a manifesté contre la privation de liberté de sortir. Certains on bien essayé de justifier leur désobéissance par l’impossibilité de supporter d’avantage le confinement ; mais ça revenait à opposer un état de fait à un autre état de fait.
Bref. Moi qui du haut de mes 78 ans ai le droit de parler de ma vieillesse je vais dire ceci : « Oui, je préfère choisir moi-même si je suis capable de sortir ou pas. Mais je ne vais quand même pas négliger les mises en garde : « Sortez tant que vous voudrez, car, sachez-le : maintenant nos services de réanimations sont désengorgés et quand vous tomberez suffoquant sur le trottoir, nous pourrons vous intuber ».

lundi 9 mars 2020

Covid-19 : le bilan s'alourdit en Italie

« Parmi les victimes, il y a un grand nombre de personnes âgées, l'âge moyen des victimes est de 81,2 ans. L'Italie est le deuxième pays le plus âgé au monde après le Japon. Dans les hôpitaux italiens, la situation est délicate, les médecins ne s'en cachent plus » confie Alban Mikoczy journaliste. Lire ici

81 ans d’âge moyen dans le pays dont la population est pratiquement la plus âgée au monde. Deux réactions :
- L’une un peu cynique des jeunes qui se sentent protégés par leur âge : « Voilà une épidémie qui tombe à pic, en plein dans le débat sur le financement des retraites – un bon coup de balai = c’est un bon virus. » On dit alors que des vieux qui ne sont plus que des épaves qui nous coûtent les yeux de la tête, ça suffit comme ça ! Les japonais avaient autrefois la pratique de larguer leurs vieux sur les pentes de la montagne où ils attendaient une prompte mort, débarrassant et la communauté d’une charge insupportable et eux-mêmes d’une vie qui ne signifiait plus rien.
Nous n’avons plus les mêmes habitudes que du temps de La ballade de Narayama (1), comment faire ?
Simple ! Prenez un chanteur apprécié dans les Ehpad (comme ça) :

Invitez les plus de 70 ans à un récital dans une Arena de plus de 5000 places et invitez également des malades du coronavirus bien postillonneurs et bien tousseurs et vous les dispersez dans le public.
Et hop ! 5000 pensions des vieux à payer en moins.
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(1) La balade de Narayama est le titre d’un film de Shōhei Imamura sorti en 1983, Palme d’or à Cannes la même année. L'action se déroule au Japon, dans un village pauvre et isolé vers 1860 dans les hauteurs du Shinshū. La coutume veut que les habitants arrivant à l'âge de 70 ans s'en aillent mourir volontairement au sommet de Narayama, « la montagne aux chênes », aidés par leur fils aîné. C'est là que se rassemblent les âmes des morts.

mardi 5 novembre 2019

Warren Buffett ne sait plus où investir ses 128 milliards de dollars de liquidités

«Nous espérons utiliser une grande partie de nos liquidités pour acquérir des activités que nous garderons à long terme dans notre portefeuille, écrivait-il en février dans sa dernière lettre à ses actionnaires. Cependant, les conditions actuelles n’y sont pas favorables: les cours sont beaucoup trop élevés pour des investisseurs concentrés sur le long terme. Toutefois, avec son associé Charlie Munger, ils continuent d’espérer «réaliser une acquisition colossale». «Même à nos âges - 88 et 95 ans -, cette perspective nous excite», ajoutait en février le «sage d’Omaha» pour persuader les marchés qu’il n’a pas perdu le goût des grosses opérations. »

Qu’est-ce qui donne du sens à la vie ? Grâce à quoi peut-on espérer en l’avenir même quand on a 88 ans ? Le salut éternel ? Peut-être, mais ça, c’est de l’autre côté de la barricade, quand on est parti ad patres. Alors se retrouver, bon grand père, entouré de tous ses petits enfants - et arrière-petits enfants ? Mais ça c’est pour le présent immédiat du thanksgiving, pas pour demain ni après-demain. Demandons plutôt à Warren Buffet : c’est l’investissement boursier qui met encore une fois en érection  même les vieillards. Et si c’est Buffet qui le dit vous pouvez le croire, il sait de quoi il parle !

Je sens comme un scepticisme à cette idée : non seulement personne autour de moi  n’a les milliards pour vérifier cette affirmation, mais nous sommes peut-être encore beaucoup à refuser d’imaginer les opérations boursières comme capables d’illuminer une vie sur le déclin, de revigorer les neurones et de faire couler à flot la sérotonine, la dopamine, l’ocytocine et les endorphines dans nos veines. Pourtant je crois qu’il y a une part de vérité là dedans. Qu’est-ce qui fait grisailler la vie des vieillards ? C’est qu’ils n’ont pas de futur - no future, comme dit le proverbe. De la tasse de thé du matin à la camomille du soir, de la toilette furtive avec l’aide de la soignante à l’édredon vespéral, rien n’arrive sauf des écrans de télé pour bercer une somnolence sans rêves…
Brrrr !!! Un peu de vie que diable ! Et pour cela il faut du futur c’est à dire de l’imprévu, du risque, de l’espoir ! Ah ! Voir l’instant qui vient apporter du meilleur ou du pire… Et pour cela, le jeu de la bourse est souverain, même s’il s’agit de peu de choses. « Tout investissement comporte des risques » dit la formule d’avertissement.

Hé bien, justement : bazardez votre livret Ecureuil et achetez de la Française des jeux - s’il en est encore temps !