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mercredi 1 avril 2026

En Israël, la peine de mort pour les terroristes

Bonjour-bonjour

 

Lundi l’extrême droite israélienne a voté au parlement une loi instaurant « la peine de mort pour les terroristes ». Une loi taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’à des Palestiniens jugée manifestement incompatible avec les obligations d’Israël en droit international, notamment en ce qui concerne le droit à la vie. En effet, « En établissant une hiérarchie racialisée du droit à la vie, cette loi viole l’interdiction absolue de la discrimination en vertu du droit international. » (Selon chef des droits de l'homme de l’ONU, Volker Türk.)

 

Nous voici confronté au processus d'abandon de la démocratie, comparable à celui qui se déroule aux Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump.

On objectera qu’en Israël un processus démocratique est toujours en place. Des élections législatives sont prévues en octobre prochain. « L’occasion de voir si « le discours fasciste a été accepté dans l’opinion publique », interroge Anna Zielinska. Avec le risque d’atteindre un point de non-retour. » (Lire ici)

Faut-il attendre d’en être là ? Devra-t-on dire qu’une dictature reste démocratique lorsqu’elle est soumise à la sanction des urnes, le dictateur soumettant son pouvoir à sa réélection ? L’Afrique est remplie de tels régimes et ça n’empêche pas l’ordre républicain d’être aux mains des autocrates.

Plus intéressant est de se demander pourquoi des électeurs libres de leur vote acceptent de renoncer au pouvoir démocratique qui leur est conféré pour se soumettre à celui d’un homme seul.

Mais ça, c’est une autre histoire.

mercredi 7 mai 2025

Députés, priez l’Esprit Saint – Chronique du 8 mai 2025

Bonjour-bonjour

 

S’il fallait dire en quoi le conclave des cardinaux de Rome est original on devrait à coup sûr noter le renfermement où les électeurs sont tenus de rester tant qu’ils n’ont pas effectué le choix qui leur est demandé. Au 14ème siècle Grégoire X a même ajouté de nouvelles restrictions : au bout de 5 jours de conclave, les cardinaux sont réduits au pain, au vin et à l'eau, ils doivent vivre en commun sans séparation dans la pièce — ce qui provoque un tollé parmi les cardinaux.

 


 

On se rappelle encore les débats houleux et interminables de l’Assemblée Nationale avec obstruction parlementaire nourrie par les milliers d’amendements inutiles dont le but était visiblement d’empêcher le vote de conclure. Qu’on leur dise : « Non seulement vous allez rester confinés, mais désormais la cantine de l’Assemblée ne vous servira que du pain et du vin. En outre vous devrez dormir dans un dortoir où vous serez tous mélangés – et cela jusqu’à ce que vous ayez voté le budget. » : on verra si ça n’ira pas un peu plus vite.

 

- Le Conclave des cardinaux est une leçon de démocratie pour nous aussi. Mais il possède quelque chose que nous autres démocraties n’auront jamais : c’est la caution de l’Esprit Saint. C’est que Dieu le sait bien : même les plus saints des hommes sont imparfaits, ils peuvent se tromper, voire même être corrompus. L’Esprit Saint est là pour orienter leur choix, et il va même rester au côté du Pape pour éclairer ses décisions.

Qu’en est-il de nos Républiques laïques ? D’où va venir la légitimité de leurs choix ? Comment allons-nous expliquer à la minorité qu’il faut se soumettre à la majorité parce que c’est elle qui incarne le peuple ? Quelle est donc cette magie qui fait que la moitié plus une voix devient la totalité du peuple ? Pourquoi n’agit-elle parfois qu’aux deux tiers du collège électoral ?

Là où la foi manque on ne distingue qu’un enfumage

mardi 12 novembre 2024

« On dirait qu’on est député » - Chronique du 13 novembre

Bonjour-bonjour

 

En ce moment il ne se passe pas de jour sans qu'on apprenne un coup d’éclat à l’Assemblée Nationale durant la débat sur le budget : telle taxe supprimée, tel impôt voté, telle subvention accordée aux pauvres, aux chômeurs, aux entreprises.

Le citoyen ébahi apprend que le gouvernement a été battu par le NFP, par le RN, voire même par le centre – et bientôt par les macroniens ? Et pourtant de ce côté, rien ne bouge, Michel Barnier monte à la Tribune de temps à autre pour recentrer les débats, affirmant qu’in fine son projet passera.

Et il a raison : mettant en fin de débat un coup de 49.3, il est assuré de le voir adopté, tous les votes précédents étant renvoyés aux oubliettes. Du coup, plus personne ne peut prendre au sérieux ces nouvelles lois qui d’ailleurs sont adoptées par une assemblée clairsemée : les députés, connaissant l’issue inévitable du vote final, ne se dérangent même plus pour prendre part au vote.

 

Alors, pourquoi donner à la Nation le spectacle désolant d’une assemblée qui dérive sans boussole, même pas celle du sérieux ? Aymeric Caron a même proposé un amendement au budget 2025 pour soulager les Français qui ont un chien ou un chat – à quand un avoir fiscal pour ceux qui doivent nourrir un canari ?


- En fait c’est tout simple : il s’agit de votes obtenus sans grande difficulté par des représentants du peuple qui se savent déchargés de la responsabilité du budget, qui a été préparé par le gouvernement qui a les moyens d’en forcer l’acceptation (sachant qu’une coalition qui renverserait le gouvernement chasserait tous les députés de l’hémicycle pour un nouveau tour devant les électeurs). Dès lors il s’agit de jouer à faire semblant d’être en effet un député en charge du véritable budget de la Nation en faisant « comme si » - « on ferait comme si on était vraiment députés », comme si on avait un pouvoir de décision.

Ce spectacle navrant serait en fait plutôt amusant si on le replaçait dans une cours de récré, là où les scénarios les plus fantaisistes peuvent être crus.




mardi 8 octobre 2024

Une motion kantienne – Chronique du 9 octobre

Bonjour-bonjour

 

L’opposition a préparé contre le gouvernement Barnier une motion de censure kantienne : entendez qu’elle fut décidée a priori, annonçant la censure de ce gouvernement alors qu’il n’était qu’une liste de noms – et donc avant toute manifestation (politique) concrète.

Chez Kant ce qui est a priori est ce qui est connu antérieurement à toute expérience sensible. Personne n’a besoin de compter les haricots pour connaître les règles de l'addition.

Par contre vous ne savez pas automatiquement quel sera le vote de la gauche face à un gouvernement qui prône la retraite à 64 ans : voteront-ils la confiance ou pas ?

Hé bien, c’est justement ce que prétendent faire aujourd’hui les partis de gauche, s’appuyant sur l’origine jugée antipopulaire de ces députés.

Alors, bien entendu ce jugement n’est pas vraiment a priori, il aura fallu à ces partis faire appel à l’expérience mémorielle de l’attitude de la droite dans le passé, en dérivant ces attitudes de postures politiques jugeant qu’en France « on ne travaille pas assez » pour n’avoir pas à attendre la déclaration de politique générale pour censurer le gouvernement.

Toutefois, si cette décision politique fut bien a posteriori dans son origine, elle a été aussi à partir d’un certain moment bel et bien a priori, lorsque les députés de gauche estimèrent qu’un gouvernement marqué à droite ne pouvait décider de rajeunir l’âge du départ en retraite.

C’est qu’il y a des marqueurs de doctrine politique dont on n’a pas à attendre autre chose que ce que les hommes qui s’en réclament ont toujours fait – comme de privilégier le profit sur la vie des hommes. Il s’agit d’un savoir empirique tel que celui qu’on met en oeuvre dans les sciences de la nature, et qui permet de dire que la chute des corps obéit à une loi générale. Une fois constaté l’existence de ce phénomène, tout le reste se déduit des calculs du physicien.

A tort ou à raison ?