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jeudi 7 mai 2026

Le bateau de l’angoisse – Chronique du 8 mai

 



Le «MV Hondius» le navire du « Hantavirus »

 

 

Bonjour-bonjour

 

Le professeur Anne-Claude Crémieux, experte en épidémiologie et qui avait déserté les plateaux télé depuis la fin de la pandémie au covid, y fait ces jours-ci un retour massif pour nous rassurer : dans le cas de la contamination à l’hantavirus une nouvelle pandémie n’est pas à craindre, mais… il est bon que les leçons du covid nous aient enseigné la prudence et la rigueur dans la lutte conte la contamination.

 

Mais rien n’y fait : délaissant pour un temps les nouvelles de la guerre du Golfe et les gesticulations venues de Washington, les médias en continu se ruent sur la nouvelle angoisse qu’ils ont à nous proposer : la peur d’un nouveau virus qui se répandrait sur la terre entière et nous obligerait à un nouveau confinement. Comme les petits enfants qui jouent à se faire peur (« On dirait que je serais la Princesse et toi l’affreuse sorcière »), on nous détaille les modes de diffusion du virus (est-il encore temps d’arrêter son expansion depuis le cluster du bateau ?), et puis l’effet de la maladie, la durée de son incubation, les moyens de lutter contre lui (vaccin, pas vaccin ?). Là-dessus madame Crémieux vient avec un large sourire détailler les morts qui nous attendent si nous ne nous protégeons pas assez.


 

Bref : notre soif de frisson de terreur après s’émoussée aux nouvelles de la guerre (tout le temps les mêmes bombardements, les mêmes civils écrasés sous les mêmes bombes, les mêmes larmes et les mêmes colères), se régénère avec cette menace, totalement virtuelle selon les plus éminents spécialistes, mais pourtant éventuelle si l’on oublie les protections dont nous sommes entourés.

Nous l’avons dit : il y a un plaisir morbide à vivre en imagination les malheurs en oubliant que nous leur échappons grâce à la science médicale.

D’ailleurs Robert Kennedy Jr est là pour ajouter à nos angoisses : qu’est-ce qui va se passer aux USA maintenant qu’il est au pouvoir ?

mardi 3 janvier 2023

La Chine comme une cage ouverte – Chronique du 4 janvier

Bonjour-bonjour

 

La Chine est comme la cage de l’oiseau dont la porte serait désormais ouverte : le serin effrayé regarde les alentours craignant une mauvaise surprise s’il consent à sortir. Un régime autoritaire comme l’est celui de Xi Jinping semblait ne pouvoir revenir complètement sur ses décisions sans y perdre à la fois la face et l’autorité.

Et pourtant c’est vrai. Alors, devant les hôpitaux embouteillés et les cercueils qui s’amoncellent à la porte des crématoires, les citoyens chinois pensent qu’il s’agit d’une manœuvre destinée à leur faire sentir combien les mesures de confinements étaient judicieuse ; et que bientôt la fermeture du pays allait reprendre sous la menace d’un effondrement dû au déchainement de la pandémie. Il n’en fut rien et aujourd’hui c’est le gouvernement chinois qui s’offusque des contrôles opérés dans les pays étrangers pour leurs citoyens librement lâchés dans la nature. (Lire ici)

Comment comprendre un tel revirement ? Peur de la contestation populaire venue de gens fous de colère ? Peut-être ; mais en politique aucune décision n’a jamais qu’un seul sens et l’ambiguïté est la règle la plus constante. Il ne faut donc pas oublier une chose : la « politique zéro covid » était en train de ruiner le pays, mettant en jeu à la fois les revenus des dirigeants et leur position même. Les usines fermées ou menacées de l’être du jour au lendemain ; des travailleurs susceptibles de manquer faute d’autorisation ; des contrats qui se perdaient au profit de pays plus laxistes en matière sanitaire – il ne faut pas croire que les autocrates chinois ne le savaient pas : leur volonté de ne jamais plier a été moins forte que celle de conserver leur fortune et leur pouvoir. Après, les innombrables morts du fait d’un déconfinement brutal et sans mesures d’accompagnement, voilà qui les indiffère. D’autant que les chinois eux-mêmes applaudissent ces mesures, quand bien même ils iraient en même temps enterrer la grand-mère.

mercredi 27 juillet 2022

Le pire ennemi de l’homme : c’est l’homme – Chronique du 28 juillet

Bonjour-bonjour

 

Les enquêtes visant à établir l’origine du coronavirus continuent, opposant les tenants de l’origine animale à ceux qui pensent que le virus a « fuité » hors d’un laboratoire de Wuhan (lire ici). Malgré les difficultés pour valider l’une ou l’autre de ces hypothèses, les efforts continuent : c’est qu’il s’agit avant tout de savoir si la Chine a lancé – même involontairement – une guerre bactériologique. 

Symbole (au centre) de la guerre biologique voir ici

Je dis : involontairement, car on assisterait alors à une attaque dont elle serait la première victime. Dans une guerre, la difficulté principale est de ne pas être victime des attaques lancées contre l’ennemi. De même que les gaz de combats ne peuvent être utilisés qu’à condition que le vent ne souffle que dans la direction de l’ennemi, et que les attaques nucléaires ne produisent pas de nuages radioactifs revenant sur le territoire du pays qui utilise la bombe – de même les virus destinés à infester l’adversaire ne doivent pas venir ravager le pays d’origine. C’est d’ailleurs l’échec de cette condition qui fait penser que la Chine n’a pas voulu lancer une telle attaque.

Toutefois, on peut toujours imaginer que le coronavirus soit un « virus de combat » et donc de profiter de sa diffusion pour en étudier les effets particuliers. Une guerre bactériologique est en effet une guerre qui vise à frapper les hommes sans distinction de classe ni de pays ni de sexe ou tout ce qu’on voudra. Guerre aveugle et cruelle elle est interdite par tous les traités internationaux, mais ne nous faisons pas d’illusion : toutes les nations qui sont en mesure de trafiquer des virus fabriquent des agents pathogènes destinés à éradiquer des hommes – tous les hommes. 

- L’hypothèse est donc que la nature ne pourrait pas produire un tel virus et que l’ingénierie bactériologique est nécessaire. Et en effet, en dehors de ses capacités naturelles à muter et à infecter des cellules humaines afin de s’y reproduire, le coronavirus a encore cette faculté extraordinaires de toucher des organes aussi différents que le nez, les poumons, le cerveau, les… testicules, etc (voir ici). L’indice de l’origine artificielle vient donc du fait qu’on croit la nature incapable de produire un virus aussi mortifère.

Le pire ennemi de l’homme : c’est l’homme.

mardi 4 janvier 2022

Une conception aristocratique de la biologie – Chronique du 5 janvier

Bonjour-bonjour

 

En pleine polémique sur le pass vaccinal, la mort des frères Bogdanoff est venue apporter un peu de poésie dans ce bourbier où les noms d’oiseaux volent très bas.

En effet, si ces deux célébrités ont succombé au covid pour ne pas avoir accepté de se faire vacciner, ce n’est pas parce qu’ils auraient été sensibles aux théories « antivax » : « Quand, au mois de décembre, Igor comprend qu’il est atteint du Covid, il est comme outré. « Les jumeaux pensaient être hors de portée de ce virus minable, eux qui étaient venus du big bang », souligne Jean-Paul Enthoven, leur ami et éditeur depuis 1975. « C’est un virus trop collectif pour eux, renchérit l’ex-épouse d’Igor, Amélie de Bourbon-Parme. Ils étaient si singuliers. » (Lire ici)

Il y a dans notre rapport à cette maladie quelque chose de symboliquement très fort, comme si, venue du fond des âges, cette pandémie ressuscitait de veilles et ancestrales réactions devant un tel fléau : pour parvenir à nous terrasser, il doit avoir été envoyé par le Très-haut. 

C’est ainsi que l’histoire d’Œdipe a pour fond l’épidémie de peste qui décime la ville de Thèbes : elle a été envoyée par les Dieux qui veulent châtier les habitants qui se sont rendus coupables de protéger l’assassin de Laïos, le précédent roi. Ce n’est pas la peste qui est redoutable, c’est la colère de Dieu. 

C’est très logiquement donc que les Bogdanov ont méprisé le corona virus : selon eux, cette misérable cellule virale, quand elle n'est pas venue de la main de Dieu est entièrement soumise aux lois génériques de la biologie : elle ne peut rien contre la singularité qu’ils incarnent. Comment un être humain pourrait-il être sensible aux mécanismes de réplication de l’ADN ? 

Nous sommes donc en présence d’une conception aristocratique de la biologie : il y a une hiérarchie, telle que les lois qui régissent le niveau inférieur ne pourraient avoir d’effet sur le niveau supérieur ; les aristocrates n’ont-ils pas du sang bleu ? (1)

Et ça marche en sens inverse : durant les grandes épidémies de peste qui ont ravagé l’Italie au 16ème siècle, on faisait venir de la montagne des paysans chargées de convoyer les cadavres jusqu’au bûcher : on pensait alors que leur nature si fruste ne pourrait être sensible à la maladie qui détruisait les bourgeois de la ville. C’est donc avec une grande stupéfaction qu’on observa qu’ils mourraient avec les mêmes symptômes que les citadins.

On pense toujours la maladie comme étant l’effet d’une volonté malfaisante - mais elle devrait aussi avoir un rapport spécifique avec le corps qu’elle infecte. C’est pour y avoir cru que les frères Bogdanov sont morts.

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(1) On notera l’ex-épouse d’Igor s’appelle Amélie de Bourbon-Parme. Les ci-devant nobles devraient songer que leur particule ne les protège pas des miasmes infectieux

samedi 18 décembre 2021

"Je suis ici ce soir d'humeur sombre" – Chronique du 19 décembre

Bonjour-bonjour

 

Qui donc nous avertit ainsi que son humeur est devenue maussade ? Mark Rutte le Premier des Pays-Bas, qui annonce le re-confinement pendant les fêtes de Noël.

Oui il est sombre, le Premier Ministre. Regardez ce montage-photo :

  

= à gauche comme il est d’habitude ; à droite tel qu’il était en annonçant les mesures de protection contre le coronavirus.

 

Et il n’a pas tort d’être déprimé – on le serait à moins. Écoutez plutôt : 

            - Tous les magasins non-essentiels, restaurants, bars, cinémas, musées et théâtres doivent fermer leurs portes de dimanche au 14 janvier, 

            - Les écoles doivent garder portes closes au moins jusqu'au 9 janvier.

            - Le nombre des invités que les gens sont autorisés à recevoir chez eux est parallèlement réduit à deux, sauf pour le jour de Noël. (Lu ici)

 

Brrr ! Ça fout les boules comme disent nos enfants. En tout cas, comme message de Noël, il y a mieux !

Et comme post du dimanche de ce précieux Blog, vous n’auriez pas mieux ? Parce que là, pardon, mais on va aller voir ailleurs.

- Pardonnez-moi, chers lecteurs, mais vous devez le savoir : ici on tient le langage de la vérité. Si vous voulez seulement des vannes ou des fakenews bien jouissives, effectivement, il faut aller voir ailleurs.
D’ailleurs je tiens à vous faire observer que je n’ai pas encore terminé mon Post. J’allais vous faire remarquer que ce nouvel épisode du covid comporte un volet plutôt réconfortant : les incessantes mutations du coronavirus qui prennent en défaut nos vaccins nous apportent en effet la preuve de la réalité des mutations biologiques sans lesquelles la vie n’existerait pas sur cette planète. Nous ne sommes certes pas des virus mais il est probable que la vie sur terre soit apparue avec eux. Et surtout, s’ils ont évolué, c’est parce que, dans son fondement, c’est à dire dans ce brin d’ADN qui la constitue, la vie est mutante. On sait même que dans notre génome se trouvent intriqués des fragments de génomes viraux. Par exemple cette partie de génome qui synthétise la protéine permettant au placenta de neutraliser les anticorps maternels vient d’un virus parfaitement identifié.

- Alors, comme ça non seulement on se trimbale des gènes de Neandertal, mais en plus on a toute sorte de saloperies venues de microbes ! Tu parles d’un bonne nouvelle !

- Au moins on peut fermer leur caquet aux créationnistes. 

C’est ça la bonne nouvelle.

vendredi 17 décembre 2021

À Noël réveillonnez à 6... pas plus ! – Chronique du 18 décembre

Bonjour-bonjour

 

La France tremble, et ce n’est pas de froid, mais de peur. Peur du virus epsilon, peur de cette maladie plus contagieuse que la varicelle, peur de finir l’année intubé.

Le gouvernement lui-même manifeste sa trouille en imposant à présent la vaccination comme seul et unique moyen d’obtenir le pass qui devient « vaccinal ».

Philippe Besset, le président des pharmaciens soutient cette mesure et appelle à respecter "les mesures barrières, dont le fait d'être peu nombreux ensemble".

 


 - Ça y est ! On nous refait le coup du réveillon à 6 maximum ! Papa+Maman+Papi et Mamie+les 2 rejetons = 6 / Fermez le ban.

 

Bon : on connait – c’était déjà comme cela l’an dernier.

Mais ça va être comme ça encore pendant combien d’années ? Car à ce train on va se prendre un nouveau variant tous les10 mois. Juste le temps de terrasser le virus actuel et hop ! voilà la nouvelle version qui débarque d’un pays dont la population croupit dans un bouillon de culture.

On devine que les mesures barrières sont encore peu de choses devant ce qui nous attend. Car d’ici peu on va être mis en demeure de vacciner tous ceux qui sont trop pauvres ou trop occupés à survivre pour être vaccinés par leur gouvernement. On va devoir vacciner l’Inde, l’Afrique (et en particulier l’Afrique-du-sud), le Brésil, l’Amérique centrale... On va pouvoir retrousser nos manches, pas pour se refaire vacciner, mais pour produire les milliards de doses nécessaires.

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P.S. Je vous sens un peu chagrin après la lecture de mon Billet. Rassurez-vous, j’ai pensé à tout : pour vous redonner le moral, pensez à la Saint-Sylvestre, avec ses vœux et ses promesses de nuits endiablées. Heu... avec modération quand même ! Mais qu’importe : voyez ces vœux déjà proposés sur ce site : 

Alors, bonne fin d'année.

Bonnes fêtes de la Saint Sylvestre.

Bon gueuleton. Bon breuvage.

Bonne bouteille...de chez Lamblot.

Bonne musique, bonne bouffe et bonne compagnie.

Bonne ambiance.

Avec de bon amis.

Bonne fin de soirée.

Bon rêve...heu! Beau rêves.

Mais avant, bon crac-crac..

mardi 30 novembre 2021

Covid : la "lumière au bout du tunnel" ? – Chronique du 1er décembre (2)

Bonjour-bonjour

 

Voilà une info qui décoiffe : le nouveau variant « omicron » serait sur le point de nous débarrasser de la pandémie, et cela d’une façon très naturelle (qui d’ailleurs a dû déjà fonctionner bien des fois – peut-être en 1920 pour la fin de la grippe espagnole).

 

- Reprenons : le variant omicron serait extrêmement contagieux mais très peu agressif. « Les autorités sanitaires des pays du sud de l'Afrique, particulièrement touchés, indiquent que les cas d'Omicron souffrent plutôt de symptômes bénins moins virulents que ceux du variant Delta, devenu majoritaire dans le monde depuis cet été. Les personnes contaminées avec ce virus muté semblent beaucoup moins souffrir de difficultés respiratoires notamment ». (Lu ici)

Du coup, dans la compétition pour gagner de nouveaux organismes à infecter, ce variant devrait normalement supplanter les autres formes du virus, en particulier le delta qu’on sait très nocif. Et devenant inoffensif, l’omicron pourrait devenir un hôte ordinaire de l’organisme, avec juste quelques petits désordres, comme le rhume automnal. C’est alors que le covid serait une « gripette ». 

Voilà : rien de bien extraordinaire, sauf que dans certains cas les bonnes nouvelles ont du mal à se frayer un chemin.

On devrait pourtant le savoir : dans la vie sociale aussi, c’est cela qui se produit : les moins nocifs sont aussi ceux qui, lorsqu’ils ont le pouvoir, le conservent le plus longtemps et en tirent le plus de bénéfice. Comparez la durée du règne de Napoléon, en guerre constante avec toute l’Europe et celui de la Reine Victoria dont les exploits guerriers n’ont pas été la marque de fabrique.

De l’optimisme béat ? Pas tant que ça quand même : car ça veut dire que les parasites les plus opiniâtres sont ceux qui conservent leur proie en vie le plus longtemps possible.

jeudi 25 novembre 2021

Ça s’en va et ça revient... – Chronique du 26 novembre

Bonjour-bonjour

 

Vous vous y attendiez, n’est pas ? Et pourtant maintenant que c’est arrivé vous avez du mal à vous projeter dans l’avenir : aurons-nous des fêtes à Noël ? Et les vacances de février à la montagne, pourrons-nous y aller ? Et même l’anniv’ du petit avec ses copains-copines : est-ce qu’on pourra l’organiser ?

 

- Oui, c’est exact : la 5ème vague est là, nos hôpitaux sont sur les genoux avant même d’avoir commencé, et on va retourner faire la queue devant les vaccinodromes (quand ce n’est pas pour avoir accès à Doctolib). On a reculé de six mois, perdu la victoire qu’on croyait décisive sur le virus ; et quand bien même on nous promettrait de nous donner une vie tranquille avec rappel tous les six mois, qu’est-ce qui nous dit qu’un nouveau variant ne va pas surgir avec des capacités qui vont mettre en déroute nos vaccins actuels ?

Alors on se prend à fredonner la chanson de CloClo, tout en se disant que ça n’a rien de rassurant. Car dans cette chanson on nous annonce l’éternel retour. Éternel retour, pourquoi pas, mais éternel retour de quoi ? On devine que tout dépend de quelle période on parle : dans la chanson, il s’agit du recommencement de l’amour y compris avec « ses ailes blanches dans le dos » et sa cruelle rupture. Mais, quant à nous, qu’est-ce qui nous garantit que ce sont les six derniers mois qui vont revenir et non  l’ensemble  de la pandémie ?

 

- Justement, on apprend ce matin qu’un nouveau variant bien méchant vient d’apparaitre en Afrique du Sud, capable de se transmettre très vite et porteurs de troubles bien graves.

... Ah ! L’Afrique du sud, berceau de l’humanité – oui, c’est là que devait se trouver le jardin d’Éden, et c’est là qu’un nouveau virus (appelons-le « omicron ») vient de voir le jour. Faudrait-il entendre que l’humanité après avoir péché une première fois, serait chassée un second fois de ce calme et bien heureux refuge ? Et pour quel péché ? 

Avoir démoli la planète ?

vendredi 19 novembre 2021

Emmanuel Macron : la 3ème dose va dans le sens de l’histoire – Chronique du 20 novembre

Bonjour-bonjour

 

Alors qu’il a y juste une semaine le covid n’était qu’un mauvais souvenir, voici que non seulement il occupe à nouveau la première place de l’actualité mais encore notre Président attribue un vecteur de l’histoire pour lui tout seul. 

- Rien que ça ? Oui, puisque la détermination du nombre de doses à inoculer est fonction de sa situation dans le champ évolutif des grandes maladies infectieuses pour lesquelles on sait à quel rythme il faut vacciner et faire des rappels. La grippe : tous les ans ; le covid : tous les six mois.

- J’avoue avoir sursauté un lisant cette information : déjà parce que mobiliser un « sens de l’histoire » ça fait appel à l’autorité mystérieuse de l’Histoire qui avancerait poussée par une force occulte et invincible – on sait ce que ça a signifié du temps de Hegel et surtout de Marx.

Et puis, sans nous prévenir, nous nous retrouvons avec une pandémie indéracinable, le vaccin parvenant juste à endiguer les formes les plus graves de la maladie – et encore : les Pays-Bas malgré la vaccination en sont à relancer le couvre-feu, déclenchant des émeutes au cours desquelles la police a tué par balles des émeutiers (1). 

o-o-o

En tout cas, voilà ce qu’il en est pour nous : à tout jamais il faudra porter le masque, se saluer en nous checkant du coude et renoncer à nous faire la bise – sans oublier les jauges restreintes au ciné ou dans les bars. Et sans doute télé-travailler de temps à autres, pendant que les enfants suivront leurs cours sur l’écan de leur smartphone. 

Belle occasion de renoncer à notre arrogance : nous ne vallons pas mieux que nos ancêtres victimes d’épidémies périodiques : variole, choléra, peste. On dira que nous pouvons encore faire reculer la maladie avec nos vaccins ; c’est du moins ce que nous croyons. Au 13ème siècle on savait aussi se prémunir du retour de la peste : il suffisait de massacrer les juifs empoisonneurs de puits.

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(1) : « La police néerlandaise a tiré des coups de sommation vendredi après que des « émeutes » ont éclaté lors d'une manifestation à Rotterdam contre des mesures de confinement liées à la pandémie ». (Lu ici)

jeudi 4 novembre 2021

« Le pass sanitaire n’a jamais suffi ! » – Chronique du 5 novembre

Bonjour-bonjour,

 

Flambée de covid dans la Creuse : en cause les thés dansants ou soirées moules-frites. Ce sont en effet ces rassemblements de seniors qui ont porté la recrudescence de covid-19 dans la Creuse où le taux d'incidence a doublé en moins d'une semaine, pour s'établir à 100 pour 100.000 habitants, et même quadruplé chez les plus de 65 ans, pour atteindre 200 pour 100.000 habitants. Virginie Darpheuille la préfète de la Creuse a déclaré : "Aujourd'hui les situations de contaminations, ce sont dans les ERP (établissement recevant du public) pour des temps festifs". 

Les autorités ont fait le lien entre cette forte poussée épidémique et la tenue de plusieurs événements festifs pour les retraités tels que des bals et thés dansants, des soirées d'anniversaire, des concours de pétanque ou des repas moules-frites. Selon la préfecture ce sont eux qui responsables des foyers de contaminations.

D’ailleurs la préfète n’y est pas allée par quatre chemins : "Le pass sanitaire n'a jamais suffi (...) Il y a seulement deux solutions pour que situation s'améliore : faire sa 3e dose, quand on est dans la cible c'est-à-dire les plus de 65 ans, et maintenir les gestes barrières et porter le masque chaque fois qu'on est dans une situation l'imposant » (sur tout cela, lire ceci)

o-o-o

- On nous aurait donc menti quand, au plus fort de l’épidémie on nous promettait un retour des beaux jours dès que l’on serait vaccinés : plus de masque, plus de distanciation, retour des frotti-frotta dansant... 

 

Image d'archive
De toutes ces belles promesses, il ne reste plus que l’assurance qu’on ne retournerait pas en réanimation au cas où...

C’est avec un certain découragement que l’on découvre que les promesses des médecins sont toujours vraies à court terme mais fausse à moyen terme. Elles ont comme ces météos qui vous annoncent avec certitude le temps qu’il va faire dans l’heure suivante, mais qui se trompent presque toujours quand il s’agit de prévoir le temps qu’il fera demain.

Au point qu’on ne demande même plus à la préfète – non pas quand serons-nous débarrassés du pass – mais quand il suffira ?

lundi 29 mars 2021

On ira à la morgue en dansant ! – Chronique du 30 mars

Bonjour-bonjour

Allons-nous vers un débordement des services de réanimation tel qu’il va falloir choisir parmi les malades entre ceux qui seront pris en charge et ceux qu’on laissera mourir faute de place ?

- On ne parle que de ça depuis plusieurs jours et la rumeur enfle : les atermoiements du gouvernement qui a les yeux fixés sur le chiffre des vaccinés, oubliant du coup de vérifier celui des malades admis en réanimation, finit par angoisser.

Le refus du Président de reconfiner, et qui ne veut même plus entendre prononcer ce mot, obligeant les médecins à faire un « tri » (encore un horrible mot !), est pointé comme une irresponsabilité insoutenable : comment peut-on ainsi sacrifier des vies qu’on aurait pu sauver, non certes en admettant en réanimation des gens très vieux, mais en intervenant bien avant en cassant la courbe des contaminations par un confinement strict ?

Mais en réalité c’est depuis le début de cette épidémie qu’on voit les autorités politiques décider ainsi de notre vie ou de notre mort. La vérité, c’est que ce n’est pas seulement l’épidémie qui nous fait courir ce risque : l’arbitrage des responsables politiques qui s’effectue par un savant dosage entre des impératifs économiques, sociétaux, mais aussi politique, laisse délibérément de côté les morts qui vont découler de ces options.

 

- Trop scandaleux pour être vrai ? Soyons alors plus clair : il suffit d’écouter ce que les ministres et les médecins ont à nous dire ; ils sont en désaccord entre eux, mais ils ont au moins une priorité commune : assurer la fluidité des services de réanimation. Supposez qu’on ait, comme en Allemagne, des lits de réa en nombre bien supérieur à celui que nous possédons ; alors on laissera les gens et leurs virus circuler gaillardement, puisqu’on pourra hospitaliser tout ce beau monde après. Autrement dit, que vous ou votre aïeul risque la mort par contamination n’est pas essentiel pour décider des mesures à prendre ; ce qui compte, c'est la  capacité à absorber le flux des malades – et des morts si les morgues ou les cimetières risquent de déborder.

Mais le gouvernement a bien raison de laisser filer les chiffres de la maladie : si peu qu’il fasse pour la combattre, c’est encore trop ! Que réclament les contestataires, le poing levé, comme le groupe HK Saltimbank ?

 


La revendication c’est : Nous on veut continuer à danser encore, Voir nos pensées enlacer nos corps… (Lu ici)

écouter ici.

dimanche 13 décembre 2020

Bonne année 2021 ! – Chronique du 14 décembre

Bonjour-bonjour

 

Pour peu qu’on ait du temps libre, nous voilà à chercher des formules adaptées pour souhaiter une bonne année 2021 à nos amis. – Chercher sans trouver, car pour cela il faudrait arriver à caractériser l’année épouvantable qui vient de passer, lui trouver un sens par rapport au quel situer nos vœux pour l’année nouvelle.

Certains ont voulu saluer rétrospectivement 2020 de cette manière :

 


 

 … Hélas ! Parmi ceux qui se contenteront de cette formule, bien peu font partie de nos amis. 

- Oui, nous voulons trouver le sens de cette épidémie et ce qui est terrible, c’est que si la science nous apporte contre cette maladie l’efficacité pratique, dans le même temps elle en détruit le sens éventuel – d’où notre désarroi. Et le sens c’est l’essentiel de la vie, loin devant le plaisir immédiat : je mange un excellent gâteau, ou je bois un très bon vin, ou encore je sens un parfum particulièrement suave – bref : mes sens m’apportent un message de satisfaction extrême. Une part de nous-même s’absorbe entièrement dans cette sensation (1). Mais une autre partie veut rapporter cette sensation à une cause, et aussi à son effet.

Chercher cela, c’est chercher un sens : « Qui a voulu créer ce virus ? » ; « Qui (ou quoi) a permis que j’en réchappe ? » Devant ces questions  la médecine est muette, mais même notre époque déchristianisée, sans spiritualité affichée n’échappe pas à l'exigence d'y répondre : – On n’a pas su rester à notre place dans le monde du vivant : en détruisant ces barrières nous avons ouvert la porte à des contacts dangereux avec des animaux sauvages ; à moins qu’on n’incrimine des responsables qui auraient inventé le virus dans un but inavouable.

Stupide ? Et qu’importe ? La question qui nous est posée c’est : avec quoi faire continuité, dans quelle trajectoire inscrire cette pandémie ? Un évènement comme celui-là nous désespère parce que simple effet du hasard il ne signifie rien, ne nous instruit de rien, et du coup parait ne devoir aboutir à rien, et surtout pas à une fin décisive.

Telle serait l’origine de la dépression diffuse qui obscurcit les esprits en cette fin d’année. (D’ailleurs, je viens d’écrire le mot « fin » en sachant que c’est une convention arbitraire : croyez-vous que le coronavirus soit programmé pour se modifier au 1er janvier ?)

o-o-o

Bon… Le philosophe serait-il désarmé par cette situation, lui dont le métier a toujours été de trouver du sens à la vie ? Bien sûr que non !

Vous croyez peut-être que c’est la science médicale qui vient vous sauver avec l’invention du si indispensable vaccin ? Mais le vaccin n’a de pouvoir que parce qu’existe le système immunitaire dont est doté notre organisme – doté, notez-le bien par la nature. Oui, chers amis, sachez-le : la nature nous protège encore et toujours, et même dans ce monde que les Dieux ont fui, elle reste cette force bienveillante qui agit pour nous sauver. La Nature nous protège et ce faisant elle nous enseigne la modestie et la justice : la modestie parce que nous ne devons pas chercher à la transformer et surtout pas à la dépasser : c’est en sauvegardant le capital qu’elle a donné à chacun de nous que nous resterons en vie. Et la justice, parce qu’elle ne connait pas les privilèges, ni les hiérarchies. Tous les hommes ont les mêmes capacités de réactions immunitaires, et peu importe qu’ils soient mendiants ou milliardaires.

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(1) Comme la statue de Condillac qui n’est d’abord qu’odeur de rose : on peut lire le passage ici

jeudi 26 novembre 2020

On coupe la bûche en deux – Chronique du 27 novembre

Bonjour-bonjour.

 

« On coupe la bûche de Noël en deux et papi et mamie mangent dans la cuisine.» Cette sortie polémique du professeur de médecine Rémi Salomon (Rémi, pas Jérôme) a fait florès dans la presse ces jours-ci, et l’intéressé s’en est lui-même excusé.

 


 

Oui, imaginer Papy et Mamie confinés à Noël dans la cuisine, après avoir été exilé du pied du sapin à l’heure où le Père Noël rend visite aux beaux petits enfants, c’est quand même un peu triste. D’autant qu’à l’âge de ces aïeux, c’est peut-être leur dernier noël ? Le professeur Salomon pourra démentir tant qu’il voudra, mais cette cruauté évoque un aspect véritable de la réalité. Car, oui, le virus est encore présent, et oui il est capable de circuler dans les embrassades de la Nativité.

 

En matière d’épidémie, on fait toujours la même erreur : on croit que la maladie se répand du fait d’une intention cachée mais toute puissante qui nous vise personnellement. Bien sûr nous n’avons plus comme au moyen-âge des juifs à accuser de propager la peste. Mais, si nous tombons malades, ce n’est quand même pas le fait du hasard. Ça a un sens, il n’y a qu’à consulter l’intention qui lui a permis de nous frapper. Par exemple, récemment ce furent les jeunes dont l’insouciance festive a été accusée de porter de contagion. On a aussi aussi accusé les joggeurs lors du 1er confinement, et supposé que partout où on se donnait du plaisir la maladie se développait. D’autres, adeptes des complots ont estimé que ce virus si pernicieux ne pouvait avoir été forgé par la nature : il était forcément issu d’un laboratoire humain – probablement en Chine d’où il s’est échappé. 

Malheureusement, toutes ces procédures de mise en accusation n’y ont rien fait : le virus n’obéit à aucune intention, et comme il ne possède aucun membre locomoteur, il ne se déplace que dans les nez par où il s’échappe – du petit dernier qui vient d’éternuer pour pénétrer dans le nez de Grand-Mère. D’où la nécessité pour elle de manger la bûche dans la cuisine.

Mais tout comme nous restons persuadés que le virus est trop méchant pour n’être que l’œuvre de la nature, nous croyons que la bûche de Noël n’a pas la même saveur au pied du sapin ou dans la cuisine où l’on serait confiné. Il n’y a pas de réalité sans un voile d’imaginaire qui la recouvre.

vendredi 2 octobre 2020

La roue de la fortune – Chronique du 3 octobre

Bonjour-bonjour

 

La contamination du président Trump par le coronavirus – ainsi que son hospitalisation –  inspire les pires quolibets sur les réseaux sociaux. C’est tellement facile et tellement petit d’attaquer un homme déconfit. Mais il y a quand même un tweet qui donne à réfléchir, c’est celui-ci : « Trump qui attrape le Covid juste après s’être moqué de Biden qui porte des masques, c’est tellement 2020 ».

Oui, voir des situations parfaitement établies se retrouver les pattes en l’air en l’espace d’un instant ; des pronostics démentis, des hommes qui étaient en haut de l’échelle être jetés en bas : depuis le début de l’année nous assistons, parfois incrédules, parfois effrayés, à ces bouleversements.

Mais il ne s’agit que du retour d’une très ancienne conception de la vie sociale, telle que le Moyen-âge en a élaboré, et connus sous le nom de « Roue de la fortune » :

 


 Hortus deliciarum, XIIème siècle


"Notre nature, la voici, le jeu interminable auquel nous jouons, le voici : / tourner la Roue inlassablement, prendre plaisir à faire descendre ce qui / est en haut et à faire monter ce qui est en bas." Boèce Consolation Philosophie (II, prose 2). Ici, Fortune actionne la roue depuis son trône, tandis que les puissants qui règnent sur le monde doivent s’apprêter à en tomber. C’est bien sûr un thème chargé d’idéologie, puisque la déchéance des puissants qui détiennent le pouvoir temporel est un thème répandu par l’Église du Moyen-âge. 

 

Mais pour nous, cette idée que rien n’est jamais établi, ni la misère, ni la fortune, que tout change et que rien ne nous permettra de conserver notre positon dominante et très étonnante, parce qu’elle contredit notre prétention à tout prévoir et à tout contrôler. C’est cela que nous a appris l’année 2020 : non seulement notre prétention à prévoir le futur immédiat est démentie, mais même imaginer les titres de la presse du lendemain est fort risqué.

Alors, faute de prévoir l’imprévu, pouvons-nous au moins y parer ? L’épidémie de la covid nous montre que c’est impossible. Le champ des possibles s’est d’un seul coup ouvert largement sur des horizons terrifiants.

 

Souvenons-nous qu’au Moyen-âge alors que les prévisions n’étaient pas très fiables, le plus sûr était de s’en remettre à Dieu et à ses saints ; peut-être devrions-nous faire de même ?

Mais les opposants à Donald Trump y ont déjà pensé : à l’annonce de son hospitalisation certains ont twitté « Ruth Bader Ginsburg vient d’avoir sa première audience avec le Bon Dieu ». (2)

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(1)  On imagine aujourd’hui que cette roue dont l’image reste vivante à travers le jeu de « Truc à gratter » ne peut que faire monter et jamais descendre. On laisse de côté le jeu de Tarot et la signification que cette carte y prend).

(2) Ruth Bader Ginsburg est cette juge de la Cour Suprême américaine, icône de la défense des femmes qui vient de mourir et que le Président s’efforçait de remplacer par une personnalité ultra-conservatrice

mercredi 19 août 2020

Nouvelle vague – Chronique du 20 août

Bonjour-bonjour

 

Les décrets qui imposent le port du masque tombent en ce moment comme pluie de mousson. Tout se passe comme si c’était devenu la seule arme contre le virus, et les milieux scientifiques sont désormais unanimes : le masque fait chuter le risque de contamination à un petit-rien-du-tout d’epsilon.

Bien entendu, les esprits chagrins notent qu’en février, alors que le stock de masques était au plus bas, les autorités scientifiques et politique étaient également unanimes : point n’est besoin de masques – si vous voulez lutter contre la maladie : restez chez vous.

Quelques mois et quelques centaines de milliards d’euros engloutis plus tard, on se prend quand même à se gratter le menton tout en hochant la tête : puisque le virus n’a pas muté (du moins si ça avait été le cas : on nous l’aurait dit ?), alors : 

    - Ou bien on nous enfume en nous faisant croire qu’on peut aujourd’hui continuer à bosser tout en portant le masque, alors qu’en réalité le corona passe à travers sans même s’en apercevoir. 

    - Ou bien à supposer qu’on ait eu des dirigeants un peu malins et prévoyants, le masque porté en février aurait permis de sauver notre économie.

Je sais bien qu’on ne peut pas repasser le film à l’envers et refaire l’histoire pour savoir ce qui se serait passé si la France, nantie de stocks de masques pléthoriques avait refusé le grand confinement et obtenu que chacun dans l’Hexagone le porte bien consciencieusement, sans être contraint à changer ses autres habitudes. Reste qu’à la différence des faits historiques, les faits scientifiques sont répétables – et que point n’est besoin d’historiens pour dire ce qui se passerait dans ce cas « si… ». On sait bien qu’autrefois lorsque les épidémies de peste se déclenchaient on aurait pu s’abstenir de brûler les juifs parce que ça ne protégeait pas.

 

Toutefois, le diagnostic de l’historien est toujours valable : la signification historique d’un évènement se mesure à la suite complète de ses conséquences. De ce point de vue-là la responsabilité de nos dirigeants en mars 2020 en décidant du confinement est évidente. Mais elle doit désormais être mise en relation avec le non-renouvellement du stock de masques dont on voit bien qu’elle n’est en réalité qu’une conséquence.

Jusqu’à présent les « réseaux sociaux » avec leur myopie habituelle reprochaient au gouvernement de ne pas avoir su gérer ce stock. Mais cette erreur doit maintenant être évaluée à ses conséquences – toutes ses conséquences.

mercredi 17 juin 2020

Covid – et nous aussi nous allons mourir ! – Chronique du 18 juin

Bonjour-bonjour

 

Vado mori (je vais mourir) est une chanson datant du début du XIVème siècle qui aurait été inspirée par les épidémies qui ont accompagné la Grande peste noire.

Cette période prolifique pour la Camarde a été célébrée comme on le sait par les fameuses danses macabres, fresques peintes sur les murs des cimetières ou des églises où on peut encore en voir.

 

 

Vu ici

Les danses macabres sont remarquables parce qu’on y voit la mort entrainant vers la tombe toutes les classes sociales : les mendiants aussi bien que les seigneurs, les bourgeois aussi bien que les évêques. Jeunes et vieux, riches et pauvres, tous sont emportés par cette farandole vers la tombe. (1)

S’il est quelque chose dans ces fresques qui nous remue, qui, par-delà les siècles nous fait « goûter » aux émotions du XIVème siècle, c’est bien ce caractère égalitaire de la mort. Aujourd’hui comme autrefois, la mort devient du fait de l’épidémie une menace qui pèse autant sur tout un chacun, qu’il vive dans le confort des milliardaires ou dans un bidon ville en Asie ou ailleurs. Aujourd'hui comme autrefois, la maladie menace chacun de mourir quelque soient les moyens mis à sa disposition pour le sauver. Certains ont voulu croire que seuls les plus vieux étaient menacées. Et puis voilà des cas assez nombreux de jeunes gens en pleine floraison de l’âge, hospitalisés et puis décédés. C’est là sans doute qu’est né ce mouvement extraordinaire consistant à dire : « Nous sauverons les plus de gens possible, quoiqu’il en coûte. La vie est au-dessus de la finance ! »

Pour se persuader de la réalité de ce principe, certains économistes n’ont pas hésité à calculer le ratio entre le nombre de morts évités et les milliards dépensés (ou non gagnés) : le prix de chaque vie est exorbitant ! Ces économistes se sont frotté les yeux : oui, c’est bien ça – chaque vie sauvée a couté un prix incroyable, mais cela a été imposé parce que cette vie sauvée, c’était la vie de n’importe qui : celle du PDG du CAC-40 aussi bien que celle du smicard qui galère dans ses usines. Celle du grand-père en Ehpad comme celle du petit-fils. 

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(1) Plusieurs thématiques sont évoquées par ces fresques : je me contenterai de renvoyer à cet article qui est assez complet. 

mercredi 18 mars 2020

Confinement : se rendre à un enterrement est interdit

En Italie, qui vit le confinement national depuis une semaine maintenant, les enterrements sont aussi strictement interdits. Mardi 10 mars, 48 personnes ont été verbalisées dans les rues de Porto Empedocle (Sicile) pour avoir suivi un cortège funèbre. Selon les médias italiens qui ont relaté l'affaire, le parquet d'Agrigente doit engager des poursuites pénales contre les personnes concernées, qui risquent jusqu'à trois mois d'emprisonnement et 206 euros d'amende. Lu ici

Et bien sûr, c’est exactement la même chose en France. Car voyez cette cohue lors d’un Enterrement à Ornans en 1850, immortalisé par Gustave Courbet :



Nous voici renvoyés une impossibilité radicale : on ne peut différer un enterrement, et faute de pouvoir célébrer sur le champ cette cérémonie on est contraint de la vivre dans le monde virtuel.
Oui, grâce aux moyens modernes, plus besoin d’aller se tremper les pieds dans un cimetière boueux pour accompagner le défunt : une vidéo conférence suffira amplement, avec un grand écran à la place de la tribune du crématorium pour qu’on voie la personne qui prononce l’éloge funèbre : « Moi, je l’aimais bien mon Papy, c’est lui qui me donnait des bonbons quand j’avais été bien gentille et qu’il me faisait des chatouilles quand j’étais sur ses genoux. »
Bon, c’est vrai que les larmes risquent d’être moins abondantes quand on ne voit pas les autres pleurer aussi. Et puis les condoléances avec leur serrage de mains, leurs baisers mouillés dans le cou, leurs accolades serrées sur la poitrine…, pfuittt ! envolées. Mais justement, ce sont elles qui empêchent la cérémonie de se tenir vraiment. Car on pourrait éviter la promiscuité telle qu’aperçue dans le tableau de Courbet ; et puis aussi à l’Église, on pourrait n’occuper seulement un prie-Dieu sur deux pour respecter la distanciation sociale. Seulement pour les condoléances, rien de tout ce qu’on vient d’énumérer ne doit exister – et donc a vidéo va épurer la cérémonie.

vendredi 13 mars 2020

Un deuxième patient officiellement guéri du virus du SIDA

Pour traiter le « patient de Londres », les médecins lui ont injecté dans la moelle osseuse des cellules souches provenant d’une personne présentant la mutation génétique CCR5Δ32. Cette dernière modifie les récepteurs membranaires des leucocytes, cellules immunitaires ciblées par le virus du SIDA. Ces récepteurs ainsi modifiés empêcheraient les virions du VIH d’infecter les leucocytes et donc d’entraîner une immunodéficience. L’injection de ces cellules souches “mutantes” a permis au patient de Londres de produire ses propres cellules sanguines et immunitaires mutées, protégées contre le virus. (Lire ici)

Finies les infos anxiogènes sur le corona-machin. Finis les tremblements et les angoisses.
De la victoire sur le virus, et pas n’importe lequel : le VIH !
- 2 malades guéris en 10 ans ! Certes, l’article cité énumère les obstacles qui s’opposent à faire de ce cas une méthode généralisable de traitement. Néanmoins c’est une avancée confirmée dans le domaine de la compréhension des mécanismes de la maladie et donc de son traitement.
… Et pourtant c’est bien une éclaircie dans le ciel d’orage du coronavirus !  Oui, même si nous sommes simplement à l’aube d’un nouveau traitement du Sida, cette victoire nous rappelle que c’est en termes de combat de la science que l’humanité peut espérer. Car nous voilà face au nouveau virus dans la même posture qu’au début du VIH : nous nous tournons non pas vers l’Église mais vers l’hôpital et nous demandons : « Des soins s’il vous plaît » et quand on nous répond « On n’a pas » – ou pire : « On ne sait pas » nous voilà scandalisés, habitués que nous sommes à avoir, à la demande, une solution scientifique et garantie à nos maux quels qu’ils soient.
« Encore un effort s’il vous plaît, messieurs les chercheurs : le corona va bientôt disparaitre grâce au vaccin que vous êtes en train de mettre au point ; le sida sera guéri grâce au génie génétique ; et le cancer, bientôt grâce au progrès de l’immunothérapie (?)… Comme ça nous pourrons enfin mourir en bonne santé. »