Affichage des articles dont le libellé est Palestine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Palestine. Afficher tous les articles

dimanche 31 mai 2026

Netanyahou contre Saladin – Chronique du 1er juin

Bonjour-bonjour

 

On apprend que l’armée israélienne s’est emparées de forteresse de Beaufort au Liban (voir ici), et cette information n’est pas passée inaperçue. L’Histoire (avec un grand « H ») nous rappelle en effet le rôle de cette place forte dans les luttes que les croisés soutinrent contre Saladin.

- Je ne développe pas l’histoire de cette forteresse qui plonge ses racines jusque dans la période biblique et dont la dernière restauration remonte au 20ème siècle – on en lira un exposé par exemple ici.

 


Le fort transformé en avant-poste de l'armée israélienne (photo de 1995).

 

Cet épisode nous rappelle que, vu d’Israël, le conflit avec les palestinien rencontre à chaque pas des racines bibliques. Selon la Bible en effet, bien que « donnée » aux Israéliens, la terre en question fut plus « promise » que « donnée », et ses premiers occupants durent en être chassés pour que s’accomplisse la volonté de Dieu. On pourra lire ici cet exposé très documenté récapitulant les récits bibliques. L’important est de noter que pour les juifs, il n’y a aucune rupture entre le passé mythique et la présence historique, puisqu’il existe des monument qui, tout au long des temps, assurent la continuité entre cette origine et la réalité actuelle. Ils sont là comme pour conforter leur réalité objective : 

- Oui, le Seigneur donna bien cette Terre au Peuple israélien, et la preuve en est que ceux qui luttèrent pour accomplir la volonté divine le firent dans des murs qui résonnent encore des échos de ces premiers combats.

Bien entendu, les Palestiniens ne se sentent pas concernés par cette mythologie : pour eux l’histoire actuelle commence en 1948 avec la « Nakba » (« catastrophe ») qui désigne les événements de 1948, marqués par la création de l'État d'Israël et l'exode ou l'expulsion de nombreux Palestiniens. 

Le temps de la Bible contre celui des guerres de terrain : c’est cette rupture dans le temps de l’histoire qui alimente l’impossible réconciliation des Juifs et des palestinien.

mardi 6 mai 2025

Qui sont les Peaux-rouges d'aujourd'hui ? – Chronique du 7 mai

Bonjour-bonjour

 

Rappelez-vous : nous sommes en 150 av. J-C (ou à peu près), et chaque jour, Caton l’Ancien, le Censeur de Rome, martèle la même injonction : « Il faut détruire Carthage ! » - comme il est romain, il le dit en latin : « Delenda Carthago est ! ». Cette phrase est restée dans l’histoire (et dans les pages roses du Petit Larousse) comme un exemple de détermination ravageuses. La propagande allemande durant la guerre répètera cette prophétie sur les ondes de Radio Paris : « Comme Carthage, l’Angleterre sera détruite ! » 

 

- Nous voici en 2025, et en Israël, depuis hier, Benjamin Netanyahou le dit aussi : nous allons détruire les habitations de la bande de Gaza après en avoir expulsé les gazaouis. « Delenda Gaza est ! » Comme Carthage, rasée par les romains à l’issue de la 3ème guerre punique, Gaza devra être rasée pour que soit reconstruite la nouvelle ville – avec les places voulus par Trump ? Sans doute.

- Devant cette volonté déterminée et soutenue à grand renfort de dollars, on ne peut que s’interroger : et les gazaouis, que vont-ils devenir ?  C’est ici qu’il faut abandonner la référence à l’histoire antique pour se rappeler de l’installation de la nation américaine. Les palestiniens sont les Peaux-rouges du 20ème – puis du 21ème siècle : on va les installer dans des réserves, en Cisjordanie ou ailleurs, avec des jolies tentes fournies par le HCR – et là ils attendront qu’on veuille bien leur proposer un pays où s’installer. 

--> On parle du Soudan comme terre d'accueil : joli pays le Soudan quand on est palestinien.

mercredi 5 février 2025

Trump : l’indignation ne suffit pas – Chronique du 6 février

Bonjour-bonjour

 

Les IA, qui voient plus loin que nous ont déjà généré des images de Gaza, telle qu’elles la voient en 2035 :

 

Sympa, n’est-ce pas ? Surtout quand on pense aux images d’aujourd’hui :

 

Aujourd’hui, 74% de Gaza ressemble à ça – là-dessus, Donald Trump promet de prendre le contrôle de la zone, d’expulser les habitants en Égypte ou en Jordanie, de raser ce qui reste de la ville et de construire à la place une Rivera palestinienne – quant aux habitants il promet de les embaucher pour travailler sur place.


- Cet odieux mépris manifesté pour les Gazaouis a soulevé une indignation nauséeuse et ce n’est que justice. Pourtant aujourd’hui des voix discordantes se font entendre : Trump a tort de proposer de chasser les palestiniens de Gaza, mais il a raison de dire qu’il faut prendre en compte la situation réelle aujourd’hui :

- Selon Steve Witkoff, son émissaire à Gaza, « Il y a 30 000 munitions non explosées. Des bâtiments peuvent s’écrouler à tout moment. Il n’y a aucun service public, ni eau, ni électricité, ni gaz, ni rien. Dieu sait quel genre de maladie peut y couver. /…/ La « phase trois, la reconstruction, ne pourra pas se dérouler comme le prévoit l’accord, c’est-à-dire un programme de cinq ans. C’est physiquement impossible » (Lu ici)

Si Trump est odieux en prétendant résoudre le problème du relogement des gazaouis en leur imposant une déportation, il reste exact que le problème de leur avenir immédiat ne passe sûrement pas par une réinstallation sur place. De plus savoir qui va financer cette reconstruction et avec quel projet, la question est effectivement posée.

Si Donald Trump reste un provocateur, il n’en est pas moins vrai qu’il prend en compte des problèmes réels qu’il ne faut pas masquer par indignation.

samedi 30 mars 2024

A Gaza, l’après-guerre se met en place – Chronique du 31 mars

Bonjour-bonjour

 

Bonne nouvelle (ou pas) : la fin des combats se met doucement (!) en place à Gaza. La Paix serait donc déjà en marche ? Pas si sûr.

La preuve : ces travaux d’envergure menés tambours battants (!) sur la bande de Gaza par l’armée Israélienne :

« L'armée israélienne a donné un coup d'accélérateur à ses chantiers d'après-guerre dans la bande de Gaza comme le prouvent des images satellites. Ces opérations prévoient la création d'une « zone tampon » d'environ 1 km de large le long de la frontière, qui sera totalement interdite d'accès aux Palestiniens. »

Attendez, ce n’est pas fini !

« Pour compléter le dispositif qui sera mis en place après la guerre, Tsahal s'apprête à creuser un corridor coupant la bande de Gaza en son milieu. Le projet doit permettre un contrôle du passage des centaines de milliers de Palestiniens du nord de l'enclave ayant fui contraints et forcés les combats pour se réfugier dans le sud sous des tentes et qui voudraient retourner chez eux. L'ouvrage doit également permettre un accès rapide de forces militaires. Des fossés ont commencé à être creusés. »

Bilan ? « Au total l'opération va se traduire par la saisie de 16 % de la superficie de la bande de Gaza. »

 

Autrement dit, la situation des Palestiniens de Gaza sera pire qu’avant, avec un territoire qui se réduit comme une peau de chagrin, des contraintes physiques intensifiées, et une armée d’occupation toujours plus agressive. Tout cela serait-il très normal et ferait-il partie de l’exercice du droit d’Israël à organiser sa défense ?

Peut-être.


Reste que ça pose la question de la paix qui va s’établir alors. - Au fait, qu'est-ce donc que la paix ? « État de pays qui ne sont pas en guerre » ? Ou plutôt « Dynamique incessante d'interactions mutuellement positives, permettant d'atteindre ensemble l'harmonie, durablement. » (Lu ici) ?

Je vous laisse répondre…

vendredi 1 décembre 2023

Quand la victime devient bourreau – Chronique du 2 décembre

Bonjour-bonjour

 

De manifestations en manifestations, nous sommes sommés de choisir notre camp : soit on dénonce comme terroriste le massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas; soit on réclame que cessent les bombardements israéliens qui écrasent les malheureux gazaouis. 

--> Le principe est : quand on est victime on ne peut être bourreau ; réciproquement, le fait d’être bourreau efface la situation de victime.

On me dira qu’il ne faut pas chercher midi à quatorze heures et qu’il s’agit-là d’un combat politique vieux de 70 ans, opposants les juifs – éternels victimes de la shoah – et les palestiniens spoliés de leurs terres et qui réclament justice depuis 1948.

- Oui, c’est vrai. Mais la généralisation de ces situations à d’autres conflits en dehors du cadre de la Palestine montre que le statut de victime comme celui de bourreau sont des états ontologiques qui définissent l’essence de l’un comme de l’autre – essence qui ne laisse aucune place pour le mélange de l’un avec l’autre. 

Se révèle ainsi une caractéristique de l’essence du bourreau comme celle de victime : elle n’admet nul mélange : on ne peut être victime de lundi à jeudi et bourreau de vendredi à dimanche. Du coup la vengeance est sauvée : les atrocités que les victimes commettent à l’encontre de leurs anciens bourreaux n’ont rien à voir avec celles qu’ils ont subies. 

Honte aussi à ceux qui les renvoient « dos-à-dos » : ils font comme si, faute de pouvoir se mélanger, ces deux essences pouvaient se succéder dans le même être : on veut que les Israéliens ne puissent inscrire dans leur essence de victimes des nazis celle de bourreau des palestiniens. Et réciproquement : les malheureux palestiniens, dont les souffrances sont patentes ne peuvent avoir été les terroristes du 7 octobre qui ont éventré les femmes et décapités les nourrissons.



Ces considérations sont en retard sur l’histoire de la philosophie de quelques siècle ; elles n’en existent pas moins.

dimanche 15 octobre 2023

Les Palestiniens errants - Chronique du 16 octobre

Bonjour-bonjour

 

L’armée israélienne attend l’arme au pied d’entrer dans la bande de Gaza : 500000 hommes – des soldats, et toutes les fonctions nécessaires pour faire avancer et combattre une telle armée. Leur but ? On ne le sait pas : officiellement ils iront « jusqu’au bout » - mais quel est ce bout ?

Les gazaouis quant à eux le savent : on va les chasser de chez eux, les refouler dans le sud – vers la frontière et … le désert. Ils sont un million soit plus que les 700000 palestiniens qui ont fui à l’arrivée des juifs en Palestine. Raison pour la quelle on évoque une « seconde nakba » pour comparer ces évènements à l’exode de 1948.

Les faits sont avérés : Israël a demandé à plus d'un million de Gazaouis de quitter le nord de l'enclave avant une invasion terrestre, des hommes politiques israéliens ont proposé de repousser les Palestiniens vers l'Égypte voisine.

Un ultimatum a été lancé aux Gazaouis le 13 octobre pour évacuer le nord de la bande de Gaza en vue d’une intensification de l’offensive militaire israélienne. Les habitants de l’enclave craignent une nouvelle “Nakba”, un exode sans espoir de retour, et adhèrent à l’appel du président égyptien à rester sur leur territoire.

 

Le terme de nakba a été proposé pour désigner cet exode par Constantin Zureiq un célèbre intellectuel syrien. L’écrivain libanais Elias Khoury a précisé : « Ce qu’il n’avait pas compris à l’époque, c’est que la Nakba n’est pas un événement mais un processus » (lu ici). 

Processus ? Quel processus ? Celui de l’expulsion des palestiniens vers des contrées extérieures à la Palestine ?

Allons-nous voir des « palestiniens errants » - comme il y eut le « juif errant », figure tragique du peuple juif ?

dimanche 8 octobre 2023

Palestine : l’autruche est notre totem– Chronique du 9 octobre (2)

Bonjour-bonjour

 

Le conflit palestinien avait disparu des radars. Plus aucun reportage sur les territoires occupés, aucune information aucun suivi de la mentalité des population, rien. Qu’était devenue la Palestine face aux punaises de lit ? Quel poids à côté du harcèlement scolaire ? Et que pouvait donc signifier les violences venues des colons, comparées aux violences de nos policiers porteurs de LBD ?

 

 

L’autruche est devenue notre animal totem

Oui, mais voilà : ce n’est pas parce qu’on refuse de la voir que la réalité n’existe plus. Ce sont les petits enfants qui se cachent les yeux pour faire comme si ce qu’ils redoutent n’existait plus. Les combattants du Hamas sont animés par une haine que rien ne peut faire disparaitre, ils sont soutenus par les palestiniens dont certains sont des enfants des premiers réfugiés chassés de leur terres par la venue des juifs. Comment donc avons-nous pu oublier cela ?

- Il n’y a pas que cela : que nous l’ayons oublié, passe encore. Mais les israéliens eux-mêmes ont perdu la perception de cette violence ; ils ont (d’après ce que l’on dit) toléré le Hamas comme un mal nécessaire pour le fonctionnement des territoires – et oublié que la violence amoncelée contre eux était sans limite.

 - Bien sûr la solution n’est pas si évidente : entre la haine et le calcul rationnel des intérêts de chacun, les Israéliens ont oublié de choisir, laissant à leurs ennemis le pouvoir de s’organiser pour leur porter ces coups très durs. Et ce n’est pas la violence qui va faire disparaitre la violence ; si ça marchait comme ça, ça se saurait. Trouver une solution politique (à deux états), donner une perspective d’avenir aux jeunes palestiniens appliquer les accords d’Oslo et laisser s’épanouir l’espoir qu’ils ont porté : tout cela n’est pas facile, mais c’est toujours plus efficace que de bombarder les civils de la bande de Gaza, épargnant les installations militaires cachées dans le sous-sol.

On enverra Tsahal pour débusquer ces installations et les détruire, au prix de mortels combats de rues – mais quand faudra-t-i recommencer ?

------------------

N.B. Le massacre dans la rave-party nous rappelle celui du Bataclan : mais il faut comparer les évènements pour prendre la mesure de ce qui se passe en Israël (260 morts, des commandos venus pour tuer et enlever les jeunes). Malgré son caractère absolu, l'horreur, comporte encore des degrés.