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samedi 21 décembre 2024

Lost in translation – Chronique du 22 décembre

Bonjour-bonjour

 

L’attentat de Magdebourg dont nous parlions hier produit une rumeur qui enfle au fil des heures.

Mais ce développement ne produit pas de clarté, juste une incompréhension galopante : un psychiatre qu’on dit « perturbé » ... psychologiquement ; un saoudien qui agit en lutte contre l’islamisme dont il accuse l’Allemagne de vouloir empoisonner l’Europe ; un terroriste qui se rend tranquillement à la police qui l’encercle au lieu de mourir en héros…

Robert Frost a dit un jour que, « C'est la poésie qui se perd dans la traduction /Lost in translation/ » : à Magdebourg aussi on ne s’y reconnait plus du tout.

 

Mais ne l’oublions pas : l’une des causes de la stupeur du public, c’est qu’un pareil attentat – dont tout le monde soupçonnait le risque – ait pu se produire tout bêtement parce qu’on n’a pas su sécuriser le passage du tram à travers le Marché de Noël. Simplement parce que les blocs de béton efficaces contre le passage de voiture bélier auraient empêché les rames de passer : 

– Et alors, qu’est-ce qu’on fait capitaine ? 

– On ouvre l’œil !

Si je me permets de revenir sur ce sujet, c’est qu’à Reims on a la même configuration et qu’on a juste maintenu le tram en dehors de l’emprise du Marché de Noël. Dira-t-on que c’est tout simple après coup ? Oui, mais il y a des erreurs qu’on ne commet pas deux fois : lors de l’attentat de Nice en 2015 on avait barré l’accès avec des voiture en travers de la rue ; seulement le terroriste a contourné en passant… sur le trottoir ! Alors comment a-t-on pu oublier que ce qui permet au tram de passer pourrait laisser passer la voiture du terroriste ?

 

Bref: qu’est-ce qui est le plus incompréhensible ? Qu’un arabe soit islamophobe ou que le service de sécurité de Magdebourg soit à coté de ses pompes ?

- Les deux mon capitaine !

vendredi 22 mars 2024

Le Bataclan en Russie – Chronique du 23 mars

Bonjour-bonjour

 

Il est bien difficile de parler d’un évènement alors qu’il est pratiquement encore en cours, ou du moins que son bilan matériel est à peine fait. Toutefois – et à supposer que la revendication de l’État Islamique soit authentique – la comparaison avec l’attentat du Bataclan saute aux yeux. Même attaque d’un public réuni pour un concert de musique populaire, même façon de procéder avec des kalachnikovs et surtout avec un commando qui a tiré méthodiquement dans la foule à l’extérieur de la salle, puis dedans.

Toutefois, à part ces observations, il est à l’heure où j’écris ces lignes (6 heures du matin le 23 mars) à peu près impossible d’en dire d’avantage. Reste qu’évoquer le Bataclan est utile pour se donner des points d’observation susceptibles de nous renseigner sur le sens de cette attaque.

- D’abord, le fait de frapper la foule qui assite à un concert, activité interdite par l’Islam rigoureux, caractérise la nature religieuse de cet action et donc son attache avec l’Islam politique : c’est à l’application de la charia qu’appellent ces massacres.

- Ensuite le fait que tuer ces gens-là revient à tuer des infidèles qui méritent de toute façon la mort : nous avons donc la signature de musulmans radicalisés. 

- Enfin, a minima c’est un acte terroriste chargé de répandre la terreur et l’insécurité dans le pays tout entier.

Sur ces trois points, aurons-nous confirmation que l’attentat de Moscou se donne pour but de répandre ce message, ou bien trouverons-nous d’autres caractéristique qui ne coïncident pas à ce qui s’est passé à Paris ?

A suivre donc.

samedi 14 octobre 2023

La peur ne guérit pas du danger – Chronique du 15 octobre

Bonjour-bonjour

 

Bien qu’elle semblât armée pour le faire, l’étroite surveillance dont faisait l'objet le terroriste qui a assassiné un professeur à Arras n’a rien pu éviter. Peu après, des fausses alertes ont conduit hier samedi à fermer sans raison valable autre que la peur des attentats le Musée du Louvres et le Château de Versailles. (Voir ici)

On se dit alors qu’il ne sert à rien de chercher à éviter ce genre d’évènements, les mailles du filet étant toujours trop lâches pour les retenir, ou trop étroites pour être compatibles avec une vie sociale normale – du moins compte tenu du taux d’échec prévisible.

 

Le concept mis en cause est celui de prévision des attentats. Pour éviter les grossières erreurs qui seraient entrainées par la mise à l’écart systématique de ceux qui sont susceptibles de commettre des attentats, on a mis au point des fiches « S » – Voir ici la fiche d’information (!) du ministère de l’intérieur.

Alors que le tout ou rien de la réaction aux alertes a montré ses failles au Louvres et à Versailles, la surveillance modulée des fiches S, qui repose sur des indices de risque de passage à l’acte a montré à Arras son insuffisance. Concernant un terroriste « individuel » rien ne pouvait signaler l’imminence du passage à l’acte, car nous avons à faire non aux directives d’une organisation politique et encore moins à des contacts avec elle, mais aux émotions qui déterminent les décisions d’un individu. 

En effet, à l’heure où ce sont les individus isolés qui se radicalisent seuls, face à leur ordinateur, la surveillance telle que celle qu’exerce le ministère de l’intérieur, principalement centrée sur les déplacements des individus est condamnée à l’échec. Et quand bien même on les suivrait à la trace 24h sur 24, faute de savoir pourquoi ils bougent, on n’aurait aucune chance d’en déduire quoique ce soit d’utile pour notre sécurité.

Les dictatures ont résolu ce problème en faisant de chacun un délateur qui surveille non seulement les agissements de ses voisins mais aussi ses intentions : les mouchards seuls nous préserveront des terroristes. 

Si le cœur vous en dit…