vendredi 3 avril 2026

Hello, le soleil brille sur Téhéran – Chronique du 4 avril

Bonjour-bonjour

 

 

Hier le pont B1, encore en construction et devant devenir le plus grand pont d'Iran et du Moyen-Orient, a été détruit par un bombardement américain.



Les restes du pont « B1 »

 

En Iran, des ingénieurs pleurent leur grand pont, comme Hamed Zekri, un ingénieur de 41 ans : « "Nous avons travaillé sur ce pont pendant deux ans, matin et soir, avec tout notre cœur. Nos efforts ont été anéantis en l'espace de trois heures", entre la première et la seconde frappe. Mais "si Dieu le veut, nous le reconstruirons". » (Lu ici)

On comprend que ce pont était beaucoup plus qu’un ouvrage de génie civil. C’était une œuvre des constructeurs iraniens qui incarnait leur intelligence et leur savoir-faire – et que rien ne pourra remplacer.

 

- On songe aussitôt à l’histoire que raconte « Le pont de la rivière Kwaï », le film de David Lean, où l’on voit des prisonniers anglais contraint de bâtir un pont au service de leur ennemi japonais au prix indescriptibles souffrances. 


  

Image extraite du film « Le pont de la rivière Kwaï »

 

Pourtant au moment de saboter l’ouvrage, Nicholson, le colonel anglais qui a été placé par les japonais à la tête des prisonniers-bâtisseurs, refuse. Perdant tout à fait de vue que la construction du pont sert l'ennemi, le colonel Nicholson prévient le colonel japonais Saïto pour empêcher l’explosion.

Pour Nicholson, le pont est avant tout un ouvrage reflétant les souffrances et l’extraordinaire capacité créatrices des prisonniers anglais – qu’importe alors qu’il appartienne à l’ennemi ?

- On l’a compris : dans les deux cas, les ouvrages écrasés sous les bombes contenaient un peu de la personne de ceux qui les ont bâti, et les détruire c’est la détruire elle aussi.

Bien sûr, ce qui se révèle avec ces destructions de ponts est aussi présent dans les autres destructions. Téhéran est un champ de ruines où gémissent des vies de créateurs humains.

jeudi 2 avril 2026

Philosophie du « petit-coin » - Chronique du 3 avril

Bonjour-bonjour

 

Il y a quelques jours la nouvelle venait du Golfe Persique : le porte-avions de pointe, l’USS Gerald Ford, était fragilisé par… des toilettes constamment en panne.

Et hier, voici l’information venue de la NASA : « Lors du décollage de la fusée Artémis 2 en route vers la lune, les toilettes du vaisseau spatial ont été hors service quelques heures après le décollage de la fusée »

 

--> Autant le dire : les ch***tes sont trop souvent négligées, mais elles se rappellent à nous par des messages venus de notre corps.

 


Voici qui nous appelle à un peu d’humilité. Nous nous croyons les maitres du monde, légitimes pour en commander les moindres soubresauts, et puis voilà que cet organe auquel nous ne pensons jamais, je veux dire notre vessie, nous impose un supplice devant le quel nous n’avons d’autre solution que de capituler.

Mais qui sommes-nous pour oser défier notre corps dans ses fonctions les plus humbles ? A quoi sert de savoir fabriquer des vaisseaux grands comme des iles flottantes, ou de lancer des fusées qui font trembler la terre en la quittant, si cette fonction possède la priorité sur tout le reste ?

- Imaginez ce que Pascal aurait tiré cette humiliation : « Le plus grand philosophe, au milieu de sa leçon de métaphysique est contraint de courir au petit coin pour soulager sa vessie ». Comment prétendre défier Dieu quand on est une fragile créature de ce calibre ?

- Loin de cette transcendance, voici une petite anecdote : lors du premier débarquement des hommes sur la Lune, la NASA avait doté ses cosmonautes de garnitures urinaires : pas question de déposer le scaphandre spatial au moment de poser le pied sur la lune. 

Après Neil Armstrong, voici Buzz Aldrin qui apparait en haut de l’échelle. Et que fait-il ? Il urine dans ses garnitures étant comme il l’a dit plus tard « le premier homme à avoir pissé sur la Lune ».

- Notez qu’à bord d’Artémis 2 on a aujourd’hui un peu civilisé l’endroit où l’on se soulage, mais qu’il y a encore des progrès à faire.

mercredi 1 avril 2026

En Israël, la peine de mort pour les terroristes

Bonjour-bonjour

 

Lundi l’extrême droite israélienne a voté au parlement une loi instaurant « la peine de mort pour les terroristes ». Une loi taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’à des Palestiniens jugée manifestement incompatible avec les obligations d’Israël en droit international, notamment en ce qui concerne le droit à la vie. En effet, « En établissant une hiérarchie racialisée du droit à la vie, cette loi viole l’interdiction absolue de la discrimination en vertu du droit international. » (Selon chef des droits de l'homme de l’ONU, Volker Türk.)

 

Nous voici confronté au processus d'abandon de la démocratie, comparable à celui qui se déroule aux Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump.

On objectera qu’en Israël un processus démocratique est toujours en place. Des élections législatives sont prévues en octobre prochain. « L’occasion de voir si « le discours fasciste a été accepté dans l’opinion publique », interroge Anna Zielinska. Avec le risque d’atteindre un point de non-retour. » (Lire ici)

Faut-il attendre d’en être là ? Devra-t-on dire qu’une dictature reste démocratique lorsqu’elle est soumise à la sanction des urnes, le dictateur soumettant son pouvoir à sa réélection ? L’Afrique est remplie de tels régimes et ça n’empêche pas l’ordre républicain d’être aux mains des autocrates.

Plus intéressant est de se demander pourquoi des électeurs libres de leur vote acceptent de renoncer au pouvoir démocratique qui leur est conféré pour se soumettre à celui d’un homme seul.

Mais ça, c’est une autre histoire.