Bonjour-bonjour
S’il est un état affectif qui mériterait une longue étude, c’est bien la colère qui est évoquée partout et tout le temps pour expliquer – voire justifier – les éclat violents qui émaillent la vie publique, qu’elle soit collective ou individuelle. Il semble que cet affect soit ce dont on doit tenir compte et qu’il faille la calmer par des mesures appropriées : ainsi de cette info matinale : « Grève du 5 novembre : vers une hausse du Smic pour calmer la colère ? Le gouvernement envisage un geste » (Lire ici)
La colère, nous dit Wiki est « un état affectif violent et passager, résultant du sentiment d'une agression, d'un désagrément, une frustration, traduisant un vif mécontentement entraînant des manifestations physiques ou psychologiques par une personne. »
Le propre de la colère se montre alors : c’est sa démesure dans sa violence. C’est ainsi que selon la tradition catholique la colère est un péché sauf si, comme le dit Thomas d’Aquin « l'on s'irrite selon la droite raison, à savoir un objet juste, une intention droite et une réaction mesurée ». Cette violence reste néanmoins stérile dans la mesure où, comme le note Spinoza dans l’Éthique, elle est désir de faire subir un mal à ce qui nous en a fait subir auparavant, selon un cercle où la violence s’auto-engendre.
De nos jours, la colère est considérée avec respect comme une marque de la souffrance du peuple, effet de l’injustice dont il est la victime. Toutefois, comme on l’a vu avec Spinoza, elle peut déclencher des violence considérables, pillages où incendies.
Il y aurait en effet deux colères envisageables :
- une colère mesurée conforme la définition de Saint Thomas, et qui prendrait la forme de manifestations pacifiques, comme celles qui vont avoir lieu aujourd’hui – du moins on l’espère.
- Et la colère qui ne connait pas de limites où les colériques se transforment en monstres
Hulk, surnommé le « Titan vert »
Et c’est là que la sanctification de la colère trouve sa limite : marque d’une injustice sa violence est justifiée comme manifestation du caractère insupportable de la situation subie. C’est ainsi que les pillards et les casseurs sont considérés comme des produits de l’incurie gouvernementale.
Hélas ! Voir dans la colère un marqueur de l’injustice permet de sanctifier à peu près n’importe quel dérèglement.
Et seul Dieu avait le privilège de la sainte colère ?

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