Bonjour-bonjour
En Iran, de nombreux manifestants sont victimes de tirs de la police ayant pour effet de les éborgner. En France, on se rappelle du « Gilet-Jaune » Jérôme Rodrigues qui avait perdu un œil lors d’une manifestation en janvier 2019. Il n’avait pas été le seul mais à l’époque on avait conclu qu’il s’agissait d’une brutalité policière parmi d’autres.
Mais voilà qu’on observe que la République islamique d'Iran a une tradition de blessures oculaires : « Autrefois rare, ciblé et assumé, l'aveuglement est aujourd'hui diffus, nié par les autorités, produit par des armes dites « non létales » et rarement sanctionné. La fonction politique demeure pourtant comparable : neutraliser sans tuer, marquer les corps pour dissuader, empêcher toute réémergence de la contestation. » (Voir ici).
L’article cité évoque aussi la fonction symbolique du regard considéré comme une manifestation de la puissance de l’individu. L’aveugler c’est l’en priver : « On associe explicitement la perte de la vue à la disqualification du pouvoir et à la fin de toute prétention souveraine. » (Art. cité)
Tout cela nous rappelle que le regard porte avec lui plus que la fonction visuelle. Il est chez nous considéré comme la « fenêtre de l’âme » tant son expression nous livre l’intime de l’être. Les yeux ouvrent sur la profondeur de la personne, et l’en priver c’est anéantir non seulement son expression, mais aussi sa puissance – on se rappelle le rôle que Sartre fait jouer au regard dans le pouvoir d’aliénation qu’Autrui exerce sur nous (exemple de la honte)
Rappelons-nous aussi du mythe d’Œdipe. Celui-ci ayant découvert l’horreur du crime qu’il vient de commettre, se crève les yeux pour éviter que son regard ne souille ce sur quoi il pourrait se porter. Pour les grecs, le regard est bien la réalité même de l’être.
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