jeudi 15 janvier 2026

Êtes-vous cultivé ? – Chronique du 16 janvier

Bonjour-bonjour

 

Quand j’entends le mot culture, je cours me cacher. Car c’est l’occasion de prendre des mauvais coups, soit comme assassin de la civilisation, soit au contraire comme adepte d’un élitisme prétentieux.

Dans les deux cas on oublie que la culture est soumise à trois variables :

« Il existe, dans la société, plusieurs régimes légitimes de culture. 

* Certains, ceux des professionnels, reposent sur la contemplation artistique, 

* d’autres sur l’hédonisme et le plaisir, 

* d’autres encore sur l’intérêt relationnel et la dimension sociale de la pratique. (Lu ici

Traiter cette dernière forme de culture comme secondaire ou « non culturels » revient à nier la diversité des expériences esthétiques qui structurent aujourd’hui les usages culturels réels. 

Prenez les Festivals : 

* les uns sont destinés aux amoureux d’opéras, tels ceux de Wagner qui se retrouvent chaque été au Festival de Bayreuth : pour eux l’extase du souffle wagnérien est l’expression la plus pure de LA Culture.

* Pour d’autres le Festival est l’occasion de se rencontrer entre festivaliers comme à Avignon par exemple. Ça crée une solidarité entre initiés.

* Mais le plus gros des festivaliers se retrouvent dans grands concerts de variété qui rassemblent des dizaines, voire des centaines de milliers de passionnés qui vont danser pendant 3 jours sans s’arrêter. On ne parlera pas d’élites à leur propos, mais ils constituent exactement la même solidarité que les gens de Bayreuth ou d’Avignon.

 

La conclusion est selon moi qu’il est vain de chercher un concept commun à mettre sous le vocable « culture ». Il s’agit d’un phénomène social qui remonte sans doute à une lointaine préhistoire des sociétés humaines et dont la signification est de vivre ensemble un certain divertissement.

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