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lundi 23 mars 2026

La France célébre un politicien intègre – Chronique du 24 mars

Bonjour-bonjour

 

Le destin a voulu que Lionel Jospin s’éteigne alors que l’élection municipale de 2026 battait son plein – et que les épithètes élogieux fusent autour de la carrière de l’ex-premier ministre, dans le silence glacé des jugements portés sur les membres actuels du Parti socialiste.

Voici un homme dont on va célébrer le sens du devoir et de l’honneur, le respect des principes et la rigueur morale – alors que dans le même temps on moque l’échec des alliances purement électorales conclues par des hommes aux abois électoraux.

Le message est clair : ce sont des hommes comme Lionel Jospin qu’il nous faudrait aujourd’hui – et ce sont eux qui nous font défaut.

 

- Alors, ce n’est pas nouveau. Rappelons-nous Diogène-le-Cynique recherchant un homme authentiquement honnête – à midi, sur l’agora athénienne, armé d’une lanterne.

 


 Diogène à la recherche d'un honnête homme

Tout homme politique est confronté à deux combats : 

*l’un pour faire entendre son message moral qui le guide vers des valeurs essentielles pour lui : la liberté, l’égalité, l’équité sociale, mais aussi la sécurité et la juste répartition des récompenses.

* et puis le combat pour le pouvoir sans lequel ces objectifs restent lettre-morte.

 

On l’a compris : le malheur survient quand ces deux combats sont séparés l’un de l’autre, en particulier lorsqu’on ne lutte plus pour ses principes mais pour des postes dominants dans l’affrontement politique.

On fait gloire à Lionel Jospin d’avoir su renoncer à la lutte politique au lendemain de l’élection perdue d’avril 2002. En réalité on devrait dire qu’après avoir annoncé qu’il se retirait de la vie publique, il l’a effectivement fait.

Même 24 ans après, une promesse tenue, ça marque les mémoires…

lundi 30 décembre 2024

Bilans et promesses - Chronique du 31 décembre 1 et 2

 Bonjour-bonjour

 

31 décembre : C’est le « moment double face », quand on peut faire en même temps des vœux prospectifs et des bilans qui englobent l’année passée. Mais la différence est réelle : alors que les vœux sont de l’ordre du possible, le bilan est de l’ordre du réel – raison pour laquelle on l’évite en cette période de fête autant que possible parce que le réel est rarement festif.

En sera-t-il ainsi ce soir avec les traditionnels « vœux du Président » ? Imaginez-vous que le Président Macron va nous dire : « Voici ce que j’avais promis d’engager comme actions il y a un an, classées selon que mes promesses ont été réalisées ou non, et réussies ou non. »

Bien sûr que non, mais vérifier, n’importe qui peut le faire. Comme cette station de radio qui, reprenant la promesse de désengorger les urgences prononcée il y a un an, s’est placée hier matin armée d’un micro à la sortie du service d’Urgence d’un grand hôpital pour demander aux patients qui en sortent comment les choses se sont passées. Le patient interrogé ce matin (et on veut croire qu’il n’a pas été sélectionné en fonction de sa réponse) répond : « 7 heures d’attente ». Certes il se peut qu’il s’agisse d’un jour défavorable, mais cette réponse recoupe l’expérience commune : rien n’a changé.

Et ainsi de bien des choses : si on ne s’intéresse ni à ce qui a réussi ni à ce qui a été raté et qu’on fasse un simple bilan qualitatif des engagements du Pouvoir, ce dernier risque bien d’être qualifié « d’impuissant ».

Et justement ce mot – « le pouvoir », désigne-t-il exactement la nature de cet exécutif qu’on a pris l’habitude de considérer comme responsable de tout ce qui arrive dans le domaine politique, juridique et économique ? Le seul qui pourrait détenir valablement ce titre serait un régime qui contrôlerait tout ce qui peut arriver dans le pays, y compris (si possible) les ouragans et les sécheresses, comme par exemple avec le régime de Pyongyang.

- Mais alors, c’est juste le contraire qui se passe dans une démocratie : pour obtenir un effet notable, les dirigeants démocrates doivent espérer que le seul fait d’énoncer des projets suffirait à les réaliser. Par exemple – croyant que les Urgences sont en train de se désengorger comme l’a promis le Président, les gens inquiets de leur santé s’abstiendraient de se rendre dans ce service pensant qu’il serait toujours temps d’y aller plus tard – si ça persiste. On sait que c’est le contraire qui arrive.  

Allez – Bonne année quand même !

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La promesse du petit doigt – Chronique du 31 décembre (2)

 

(Re)-bonjour,

 

La promesse du petit doigt est une façon courante de promettre quelque chose, en s’appuyant sur cette comptine : 

« Pinky, pinky bow-bell, / Whoever tells a lie / Will sink down to the bad place / And never rise up again. » (« Petit doigt, petit petit carillon / Celui qui dit un mensonge / Sombrera au mauvais endroit [ira en enfer] / Et ne se relèvera jamais [ne ressuscitera jamais] »)

 


Ferez-vous une telle promesse ce soir, au lieu de faire des vœux totalement irresponsables ?

C’est pourtant une curieuse façon de s’engager dans une promesse : geste fort certes puisqu’il évoque une alliance physique avec celui qui en est le bénéficiaire, mais aussi geste faible, le petit doigt étant le plus faible maillon de chair possible – que ne se serre-t-on pas la main ?

- Mais n’est-ce pas une manière réaliste de promettre quelque chose ? Je veux dire : l’union des petits doigts sont une façon de promettre quelque chose de ridiculement petit, mais qui peut être réitéré à n’importe quel moment la journée. Ça ferait comme si le Président nous annonçait le matin « Aujourd’hui les services d’Urgence seront engorgés mais que ça ne durera pas plus de 7 heures avant de pouvoir consulter. » Et l’après mdi : « Je fais le nécessaire pour que le RER n’ait pas de retard – sauf si quelqu’un se jette sur les voies »