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vendredi 3 octobre 2025

Peut-on assassiner Dieu avec un colt ? – Chronique du 4 octobre

Bonjour-bonjour

 

La guerre des étoiles, version Far-West : vous êtes spationaute, sorti de votre vaisseau, vous tirez votre révolver de votre poche de combinaison spatiale, et vous tirez. Supposons qu’il ne s’agisse pas d’un pistolet-laser, mais d’un bon vieux colt.

 

Que se passerait-il ?

- Dans le vide spatial votre balle conserverait sa vitesse initiale et continuerait à se déplacer jusqu’à ce qu’elle heurte quelque chose, comme un astéroïde ou une planète. Bien sûr selon la 3ème loi de Newton, le tireur partirait dans la direction opposée à la balle, à vitesse égale et donc indéfiniment. 

--> Mais peu importe : supposons encore qu’il ait tiré par conviction anarchiste. Il veut assassiner Dieu coupable selon lui des souffrances endurées par les hommes.

- Dieu étant une entité impliquant l’infini on suppose qu’il faudrait que la balle de révolver aille frapper sa cible à l’infini. Est-ce pensable ?

Hé bien oui, car selon Matija Cuk, astronome à l’Université de Harvard, « La balle ne s’arrêterait jamais, car l’Univers se dilate plus vite que la balle. » (Lu ici) Même si Dieu recule en même temps que l’espace se dilate, il sera toujours menacé par ce projectile. Qu’Il ne s’arrête jamais de fuir !

Bon – tout ça est bien trop spéculatif pour intéresser un anarchiste qui se contente de crier, dressé contre le ciel « Ni Dieu ni maitre ! ». Mais supposez qu’il accompagne son cri d’un coup de feu tiré vers le firmament

 


On pourra se courroucer : abominable blasphème ! Mais justement : ces spéculations ont le mérite de montrer jusqu’où la créature est capable d’aller pour outrager son Créateur.

dimanche 20 octobre 2024

Les fesses de Dieu – Chronique du 21 octobre

Bonjour-bonjour

 

Un peu de spiritualité pour changer : je suis tombé par hasard ces jours-ci sur cet article reprenant l’analyse du plafond de la Sixtine, avec la représentation de la création divine : on sait que l’interdit musulman de représenter Dieu ne joue pas chez nous. On peut croire que c’est Dieu lui-même qui a donné l’exemple puisqu’il s’est auto-représenté en Adam qu’il a créé à son image. 

C’est ainsi qu’au plafond de la Sixtine Dieu apparait comme un vieillard puissant donnant vie et énergie à sa créature par le simple contact de son doigt. C’est en effet cela la puissance : un maximum d’effet pour un minimum d’effort : un simple froncement de sourcil de Zeus ébranlait le ciel tout entier.

- Pourtant il y a au plafond de la Sixtine une autre représentation de la puissance de Dieu. Il s’agit de… ses fesses :

 

 

Art. référencé


Et c’est ainsi que les cardinaux voient Dieu lorsqu’ils se réunissent dans la Sixtine en conclave : Dieu, pourtant lumière dématérialisée est représenté pour la première fois de l'Histoire de l’art sous forme humaine. « Si l'on observe minutieusement le plafond, on y voit différentes actions ou moments de la création du monde. Ainsi, Dieu est en mouvement et s'active pour mener à bien son œuvre. C'est en utilisant ce stratagème que Michel-Ange fait "aller et venir" Dieu jusqu'à lui faire opérer un demi-tour offrant ainsi aux yeux de tous "son postérieur" » (article référencé)

Certains y ont vu une « figure » du désir de Michel Ange dont on sait qu’il fut un sodomite.

Plus sérieusement on a noté que les fesses ont été considérées comme le « siège » ( !) de la puissance : certains psychologues disent même que, pour le regard féminin, la zone la plus érotique du corps masculin est le fessier. Car c’est là que se situe la force, et si c’est vrai de l’homme, c’est également vrai de Dieu.

Et tout cas je note que la pudibonderie des cardinaux a fait caviarder le sexe d’Adam, mais qu’un revanche les fesses de Dieu sont restées apparentes. Et que jusqu’à nous inclus personne n’y a vu un abominable blasphème.

lundi 29 juillet 2024

Tous en Cène – Chronique du 30 juillet

Bonjour-bonjour

 

Encore un billet inspiré de la cérémonie d’ouverture des J.O., ou plutôt par la polémique qu’elle a inspirée. (Toutes références trouvées ici)

Voyez ceci :


 

On reconnait la séquence où des drags Queens font un numéro avec le chanteur Philippe Catherine costumé en Bacchus.


- Là-dessus l’épiscopat a déploré « des scènes de dérision et de moquerie du christianisme », y voyant « l’image d’un groupe à table, dont plusieurs drag queens, faisant penser à "La Cène", la peinture de Léonard de Vinci évoquant le repas de Jésus avec ses apôtres. »

Comme cela :

 

 

 

- Certains y ont vu un rappel du tableau "Le Festin des dieux" peint au XVIIe siècle par Jan Harmensz van Biljert et exposé à Dijon : 

 


Thomas Jolly, le concepteur de la cérémonie a tenu à préciser ceci : « Je crois que c’était assez clair, il y a Dionysos qui arrive sur cette table. Il est là, pourquoi parce qu’il est dieu de la fête (…), du vin, et père de Sequana, déesse reliée au fleuve. L’idée était plutôt de faire une grande fête païenne reliée aux dieux de l’Olympe… Olympe… l’olympisme »

 

Et que dit le Gouvernement ? Écoutons Gérald Darmanin : « Les évêques de France font la communication qu’ils souhaitent […]. Depuis toujours l’art, et ce qu’on a vu était de l’art, a été critiqué par les responsables religieux et par d’autres, mais il faut accepter ce débat autour de l’art et cette liberté de création des artistes, sinon nous ne sommes pas la France", /…/ "les goûts et les couleurs ne se discutent pas". »

 

Et moi ? Qu’est-ce que j'en pense ? A vrai dire je n’ai pas une seule seconde douté qu’il s’agissait d’un pastiche de la Cène de Leonard, avec une mise à distance par les Drags Queens et Dionysos pour illustrer la fête - puisqu’il s’agissait visiblement en cette soirée d’incarner la fête. J’ai pensé que pour cela Philippe Catherine était bien à sa place. 

En revanche faire de la Cène quelque chose qui évoquait cette fête païenne évoquée par Thomas Joly , je n’y ai pas pensé du tout : ça n’a pas marché.

Du coup, ça a fait « flop ».